LA DISPERSION DES ACADIENS
Voilà un problème d'histoire bien digne assurément de fixer l'attention de cette Société, mais dont la solution finale, selon nous, devra être ajournée jusqu'au moment où nos archives pourront s'enrichir des documents que l'historien Parkman a eu l'inapprécable avantage de consulter à l'étranger, et qui forment la base de son brillant récit. !
Le travail sérieux le plus récent sur cette question est celui de M. Parkman. Nous tacherons de l’analyser, en y mélant nos propres commentaires, et sans nous croire tenu d'accepter toutes ses conclusions.
Il en est peu parmi nous qui ignorent les détails de la dispersion des Acadiens, Ce qui, selon moi, est moins connu, ce sont les circonstances qui la précédèrent.
La proscription par voies de fait, ou la suppression des faibles nationalités par la dispersion, n'était pas, comme je viens de le faire voir, un fut inoui dans les annales de la France et de l'Angleterre. Le duel à mort pour la possession de la partie nord de ce continent, qui se continua près d'un siècle entre ces deux puissances, faisait pressentir que l'extermination des premiers habitants du sol, d'abord, puis l’anéantissement de colonies entières, deviendraient aux yeux des souverains des deux pays des éventualités fort possibles, désirables même. Point important à constater.
Ce sont done les causes et les circonstances qui inspirerent ce lugubre coup de théâtre, que je me propose d'exposer succinctement en ce travail. Je laisse à dessein de nombreuses lacunes à combler, un champ vaste que mon savant collèwue, M. Casgrain * saura exploiter avec son habileté bien connue,
‘ Le conflit en Acadie, dit Parkman, possède un sombre intérêt, puisqu'il se termina par une catastrophe que la prose et la poésie ont commémorée, mais dont les causes ont été incomprises.”
L'Acadie, c'est-à-dire, la péninsule de la Nouvelle-Ecosse avec l'addition, selon la prétention des Anglais, de ce que constitue présentement le Nouveau-Brunswick, fut conquise par le général Nicholson, en 1710, et formellement cédée par la France à la couronne anglaise, trois années plus tard, par le traité d'Utrecht
Par ce traité ‘il fut expressément stipulé, que ceux des habitants français, qui désirent y demeurer et d'être sujets du royaume de Ja Grande-Bretagne, devront avoir la libre jouissance de leur religion, selon le rite de l'Eglise romaine, en autant que les lois de la Grande-Bretagne le permettent,” mais que ceux qui désireraient émigrer, pourraient le faire avec leurs effets, pourvu qu'ils émigrassent dans l'année, On prétend même que la reine Anne aurait étendu indéfiniment cette période,
Peu de colons se prévalurent de ce droit d'émigrer dans l'année, et, ce terme expiré, ceux qui restaient furent requis de prêter serment d'allégeance au roi George If. Il n'est pas douteux, ajoute Parkman, qu'avec un peu de temps, ils se fussent soumis, si on ne les
1 Montealm and Jolfe . Boston, 1884, M. l'abbé H. R, Casgrain devait traiter un autre côté du sujet, à la même séance, dans son intéressante étude intitulée: Un pèlerinage au paus d'Evangeline.
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eut pas troublés ; mais les autorités françaises du Canada et du Cap-Preton firent de leur mieux pour les en empécher, et employèrent des agents pour entretenir leurs sentiments d'hostilité contre l'Angleterre,
Les commandants anglais, à Annapolis, eurent plus d’une fois ruison de soupconner que les attaques dirigées contre eux par les sauvages, étaient inspirées par les Français, Ce ne fut que dix-sept ans après le traité que les Acadiens se déterminérent à prêter le serment, sous des réserves qui le rendaient presque illusoire. Enfin, vers 1720, la plupart des habitants, ne sachant écrire, apposaient leur croix à un serment ! qui reconnaissait George IT, souverain de l'Acadie, Jui promettant fidélité et obéissance, La tranquillité régna jusqu'en 1745. La guerre éclata cette année-là. Une partie des Acadiens restèrent neutres, tandis que d'autres prirent les armes contre les Anglais, et que plusieurs fournirent aux ennemis de ces derniers des renseignements et des provisions. La puissance de l’Angleterre en Acadie, défendue seulement Jusque alors par une faible garnison à Annapolis et un détachement encore plus faible à Cancean, s'acerut vers ce temps d'une maniere notable, Louisbourg, pris par les Anglais pendant la guerre, avait été restitué par un traité. Les Français se préparèrent de suite à convertir cette ville en une redoutable station navale et militaire.
Le cabinet anglais, pour contrecarrer cette mesure, se mit à l'œuvre et créa une autre station.
On choisit le havre de Chibouctou, sur la plage sud de l'Acadie.
En juin 1749, une flotte de transports anglais, y jeta l'ancre, chargée d'au moins 2,500 immigrants, des ouvriers, des gens de métier, des laboureurs, des soldats, des matelots, des officiers licenciés à la clôture de la guerre et séduits par les offres de terres que leur faisait le gouvernement anglais dans le nouveau monde, C'était une colonie créte par le roi lui-même, Edward Cornwallis, oncle de lord Cornvwallis, qui servit plus tard en Amérique, fut nommé souverneur et commandant en chef de la colonie, On assigna aux colons des lots de terre: on traca des rues : on bâtit; puis, on entoura le tout de palissades, etavant lhiver on eût pu voir la ci-devant garnison anglaise de Louisbourg monter la garde autour de ces remparts improvisés en bois. En 1752, la nouvelle colonie avait atteint le chiffre de 4,000 mes et plus. Ainsi naquit la florissante capitale de la Nouvelle-Ecosse — Halifax. Jin comptant la faible œarnison d'Annapolis et les détachements des petits forts, pour surveiller les Acadiens et Les Sauvages, Halifax représentait la puissance entière de l'Angleterre dans la péninsule acadienne,
Les Français, toujours chagrins de la perte de lPAcadie, étaient décidés à 1a reconquérir soit par la force, soit par la diplomatie, La fondation d'ITalifax indiquait que ce ne serait pas chose facile, et Jour faisait craindre évalement pour Louisbourg. Il y avait pour la France un point qui ne souffrait pas de contestation. Bien qu'un grand nombre d'Acadiens fussent nés sous le pavillon anglais, depuis 1710, il fallait tächer de les retenir français dans leurs allections, et leur mettre dans l'esprit qu'ils étaient encore sujets francais.
En 174$, on en fixait le chiflre À 550 communiants, soit de 12,000 à 13.000 âmes.
Voiei la formule du serment: je promets ct jure sincèrement, en Foi de Chrétien, que je serai entièrement
fidèle et obéirai vraiement à Sa Majesté le roy Gcorge Second, que je reconnais pour le souverain scieneur de
l'Acadie ou Nouvelle-Ecosse: ainsi Dieu me soit en aide,”
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L'émigration en 1752 les avait réduits à 9,000 environ, L'Acadie était divisée en six paroisses : d'abord Annapolis, la plus considérable; les autres centres étaient Crand-Pré, sur le bassin des Mines : Pisiquid, maintenant Windsor, et Cobequid, maintenant Fruro. Leurs prêtres étaient des missionnaires dépendant du diocèse de Québec, C'étaient aussi leurs magistrats. Ainsi régis au spirituel et au temporel par des sujets français, et franais par le cœur, ils représentaient dans cette province anglaise une organisation constainment en désaccord avec elle,
Bien que, par le douzième article du traité d'Utrecht, la France eût solennellement déclaré les Acadiens sujets anglais, le gouvernement français intriguait constamment pour les convertir en ennemis de Ja puissance anglaise,
L'historien Parkiman trouve la preuve de tout cela dans la masse de documents oliciels qu'il est allé consulter en France, en Angleterre et dans la Nouvelle-Hisosse ; malheureusement ces documents n'existent pas au Canada.
Ce n'est pas que les Acadiens eussent à se plaindre du traitement qu'ils avaient à subir des Anglais Bien au contraire, la foi des traités avait été respectée, IL est vrai que, de temps à autres, on arrêtait leurs missionnaires, quand ils s'oubliaient jusqu'au poin. de soulever les populations contre le gouvernement britannique, et qu'on les forçait sous peine de l'exil, de ne rien faire pour nuire aux intérêts du souverain anglais: le conseil d'Halifax les admonestait et les congédiait.
On était en 1749 ; une seconde génération avait vu le jour ; Halifax venait d’étre fondée.
Le gouverneur Cornwallis ne se contenta pas de la formule de l'ancien serment de fidélité et d'obéissance ; car les Acadiens répétaient que l'ancien gouverneur de la province — Phillips — leur avait donné l'assurance que l'on ne les forcerait pas à prendre les armes contre les Français ou les sauvages.
[est vrai qu'on n'exigea pas d'eux ce service militaire ; que virtuellement ils seraient demeurés neutres, si plusieurs d’entre eux, oublieux de leur serment, ne se fussent joints aux partis de guerre des Français. Ceci induisit Cornwallis à exiger une formule de serment aussi complète que celle que signaient les autres sujets anglais,
De là, grande consternation parmi les Acadiens, qui envoyèrent des délégués à Halifax, mais sans résultat satisfaisant ; ils s'inspiraient en ceci de conseils qui leur venaient de l'étranger.
Boishébert, par l'entremise des missionnaires, les exhorta fortement à refuser de prèter aueun serment d'allégeance formelle au roi de la Grande-Bretagne, les engageant à émigerer à l'ile Saint-Jean et autres iles françaises voisines. Louis XV était tenu au courant de tout ce qui se passait, et encourageait en sous main les Acadiens à molester les Anglais, afin de dégoûter ces derniers de leur nouvelle fondation — Halifax.
L'abbé LeLoutre se distingua par ses eflorts contre le gouvernement britannique : il préchait aux Acadiens fidélité à la France, et, au cas de refus, il menacçait les colons de livher sur eux ses féroces néophytes, les Micinaes. Tout cependant, à son dire, devait se lire dans l'ombre, afin de ne pas compromettre le gouvernement français.
Cornwallis, ! irrité de ces menées, écrivit à l'évèque de Québec, se plaignant amèrement de la conduite de ses missionnaires. [1 l'informa de plus, que, si cet ordre de choses continuait, les missionnaires en défaut seraient jugés et punis sévèrement.
L Cornwallis to tlu Bishop of Quebec, 1 December, 1749,
Sec, I, 1886, — 11.
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Les choses continuant d'aller de mal en pis; un malheureux incident vint encore aigrir les esprits: ce fut l'assassinat. par les Micmaes, alliés des Français, d'un oflicier anglais de distinction, le capitaine Edward Howe, au moment où, sous Îa protection d'un drapeau blanc, il s'avançait vers les Francais comme parlementaire,
Puis, vint la discussion, à Paris, de la question des Tinites du Canada, entre le roi de France et le roi d'Angleterre, Après trois années de débats, les « ommissaires nommés par les deux couronnes ne purent en venir à aucune solution satisfaisante.
Le traité d'Utrecht donnait, il est vrai, l'Acadie à l'Angleterre ; Inais en quoi consistait l'Acadie ?
Un grand nombre d'Acadiens, dociles aux conseils des Français, s'étaient retirés au lort Beauséjour, où flottait le drapeau de la France : d'autres avaient émigré aux possessions françaises avoisinantes : le Cap-Breton, l'ile Saint-Jean, à proxunité suffisante pour prendre part à un moment donné, à l'invasion de l'Acadie anglaise, Leurs compatriotes qui étaient demeurés sous le pavillon britannique, en comptant les Acadiens des Mines et de la vallée de la rivière Annapolis et de quelques autres établissements moindres, pouvaient fournir un total exeédant tant soit peu 9,000 âmes. IIS n'avaient pas à se plaindre de leurs maitres, qui ne les maltraitaient pas dans leurs possessions ; pour ne pas avoir émigré, ils n'étaient pas davantage des loyaux sujets du roi George IL.
La nouvelle interprétation du traité d'Utrecht, par la France, Jui accordant plus de la moitié de la péninsule acadienne et Ja presque totalité de la population française, hâta la marche des événements, bien que ce territoire eut été en la possession de l'Angleterre depuis plus de quarante ans.
La France, selon les idées du temps, pouvait en entreprendre la conquête par la voie des armes.
L'Angleterre, de son coté, réclanait beau oup plus de territoire qu'elle n'en occupait alors
Du côté de la France, une invasion de l'Acadie était probable.
Le roi de France, qui avait encouragé les pauvres Acadiens à résister à l'Angleterre, était, en honneur, tenu de leur prèter main forte dans leur soulèvement projeté,
La perte de l'Acadie nuisait beaucoup à la puissance et au prestige de In France au Canada. L'Acadie était un trait d'union entre Le Canada ot ln lorteresse de Louisboure : son sol fertile, su colonie de laboureurs industrieux, fourniraient en temps de œuerre des provisions de bouche aux garnisons et aux troupes françaises: ses havres serviraient de Stations navales pour menacer les colonies anglaises avoisinantes. Chez le militaire anglais, on disait qu'une escadre francaise chargée de troupes dans la baie de Fundy, serait Le signal d'un soulévement général des Acadiens du bassin des Mines et de la vallée d'Annapolis, aussi bien que des autres populations francaises,
Les chances de réussite d'une telle invasion étaient bonnes. Québec et Louisboure: enverraient des secours aux Acadiens, lesquels avec leurs sauvages alliés seraient en moyen d'opposer une armée supérieure en nombre à celle que Halifax et le petit fort délabré d'Annapolis pourraient réunir pour aider l'Angleterre, Le fort francais Beausé-
Jour était une menace perpétuelle pour les Anglais, qui avaient raison de s'alarmer, comme
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en référant aux lettres échangées entre le gouverneur du Canada, le marquis de Duquesne et le commandant du fort Beauséjour.
Lawrence, le gouverneur de la Nouvelle-Ecosse. était désireux de chasser les colons
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français établis en cette province. La France se servait de ses pauvres Acadiens comme de dociles instruments pour pousser ses projets ambitieux, comme des jouets de ses caprices et de sa politique vacillante, sans toutefois leur accorder même un seul régiment comme renforts. [mpuissants à servir activement leur ancienne patrie, les Acadiens étaient deveñus un embarras permanent pour l'Angleterre.
La prise par Lawrence et Sherley, aidés des milices de la Nouvelle-Angleterre, du fort Beauséjour où commandait de Vergor, et du fort Gaspereau où commandait de Villerai, par Winslow, préludait à l'expulsion complète des Français hors de la péninsule; néanmoins les forces à la disposition de l'Angleterre étaient si faibles, qu'il leur serait impossible de tenir tête aux Acadiens, s'ils se réunissaient tous aux détachements français et aux sauvages ; com” ils refusaient de préter le serment de fidélité, le gouverneur de la Nouvelle-Ecosse refusait de compter sur eux.
Les Acadiens, bien qu'ils eussent pour habitude de se dire “neutres”, n'étaient en réalité que des ennemis campés au cœur d'une province conquise par l'Angleterre.
Le gouverneur Lawrence, enhardi par les succès récents des armes anglaises, à Beauséjour et à Gaspereau, crut le moment favorable pour exiger des Acadiens, sans distinction, un serment de fidélité sans réserve aucune.
Is refuserent formellement de le préter. Le général anglais parait avoir agi de la sorte sur sa propre responsabilité et quant à ce qui s'en suivit, sans les ordres de son sc 1verain.
L'armée, de suite, organisa dans le plus parfait secret, son terrible projet de proscription.
55, se consomma le lugubre drame, sinon avec toutes les
Vendredi, le 5 septembre 17 creonstances atroces que la poésie et la légende ont trouvé utile d'inventer, du moins dans des conditions lamentables à l'extrême.
Un peu plus de 6,000 hommes, femmes et enfants, perfidement parqués à Grand-Pré et ailleurs, furent déposés sur des vaisseaux, déportés et dispersés dans les colonies anglaises, depuis le Massachusetts jusqu'à à la Géorgie. La proscription dans le nouveau monde, rêvée par Louis XIV, se réalisait sous son petit-fils Louis XV.
I en est qui cherchèrent refuge jusque sous le pavillon français à Québec, et ce ne furent pas les moins malheureux. Des détachements furent dirigés de la Virginie en Angleterre, en France méme
La Nouvelle-Angleterr ! trouvé le moyen d’assouvir sa haine contre le nom français.
Les cruelles formalités que Louis XEV, en 1689, avait prescrites pour disperser et antantir la colonie anglaise de la Ncavelle-Vork, qu'il n'avait pu subjuguer, George II les exécuta sur ses sujets acadiens de la Nouvelle-Evosse: les pauvres Acadiens avaient commencé par être les instruments de Louis XV, ils finirent par en être les victimes.
Pour les bons et industrienux habitants de Grand-Pré, coupables d'avoir trop aimé une patrie ingrate, il y aura, Messieurs, comme pour bien d’autres nationalités, une renaissance, ane réhabilitation devant Le tribunal d’une impartiale postérité.
Messieurs, en vous soumettant ce résumé de trois incidents historiques fort connus,
Je me suis borné à vous signaler les motifs et les circonstances qui les ont inspirés. A vous
de les juger.
Vous aurez, où je me trompe fort, une note de censure à apposer à chacun. Louis
XIV, inspiré par l'intolérance religieuse autant que par li politique, n'échappera pas à In sentence de votre tribunal, bien que les circonstances l'aient empêché de donner suite au projet atroce qu'il avait formé contre la colonie anglaise et hollandaise de la Nouvel] York
Vous aurez également à décider du degré de culpabilité du roi George II pour avoir
laissé disperser d'une manière si cruelle, en 1755, la colonie française en Acadie, conquise en 1710, — du degré de culpabilité du colonel Lawrence, — et du rôle de la Nou elle-Angleterre dans ce triste drame,
Muis surtout vous jugerez sévèrement, j'espère, malgré ses éloquents apologistes, le grand prince anglais, Guillaume d'Orange, pour avoir autorisé le hideux massacre de Glencoe, et cela avec une perfidie peu ordinaire,
Puis vous avouerez avec moi, n'est-ce pas ? que les peuples ont dans leurs annales, chacun, des pages sombres qu'ils aimeraient à désavouer.
N.B. — Le lecteur curieux d'approfondir la question de la dispersion des Acadiens, telle que l'a traitée l'historien Frs Parkman, est invité à lire s deux chapitres IV et VIII dans Montcalm et Wolfe, vol, I, pp. 90-122 et 254-284,
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V et VIII