Voir, p
2. lieUcia civitate Nazareth, venit et habitavit in Capliarnaum, dit saint Matthieu. La rentrée en Galilée est sans doute rattachée à l'époque de l'emprisonnement de Jean- Baptiste. Une nécessité du plan quadripiartite était de ne mentionner qu'un retour; saint Matthieu s'est arrêté à celui qui commence la période la plus importante. Mais la rentrée une fois inù-f.quée, la section Galilée se développe en
PREMIER SEJOUR A GAPHARNAUM 103
D'après saint Jean (ii, 12) Jésus resta alors à Capbarnaùm, non multis diebus. Cette expression peut comprendre les deux ou trois mois, pendant lesquels il commença à prêcher en ces termes (Matth., iv, 17) : Repentez-vous, car le royaume des deux est proche.
Le souvenir de la première manifestation du divin Maître à Gapharnaùm est resté particulièrement gravé dans la mémoire de ses disciples. Les premières impressions ne sont-elles pas les plus vives et les plus durables? Ils en ont conservé le souvenir précis, et de cette journée tout entière ils nous racontent en détail les divers incidents* (Marc, i, 21-39; Luc, iv, 31-44).
Le jour du sabbat qui suivit son arrivée à Gapharnaùm Jésus se rend à la synagogue.
Gomme àNazareth, les habitants sont émerveillés
réalité depuis la première rentrée jusqu'à la dernière sortie. D'ailleurs les temps du verset i3, étant à l'aoriste, pourraient se traduire par le plus-que- parfait. Quant à saint Jean (il, ii«)le post hoc descendit Capharnaûm, après le miracle de Cana, n'exclut pas une visite à Nazareth (nécessaire, on peut le dire, dans la circonstance). Les disciples ne paraissent pas avoir alors accompagné Jésus; mais de Cana ils avaient dû descendre à Capharnaûm, où Jésus les retrouve lorsqu'il vint y fixer son nouveau domicile.
I . Pour les besoins de sa thèse saint Matthieu a rompu le lien chronologique de ces faits et en a distribué les éléments en divers endroits. Saint Marc et saint Luc se sont gardés de briser la chaîne d'un cycle aussi précieux. Saint Luc, pour lui donner une place, a mieux suivi l'ordre chronologique ; saint, Marr^. cnnfî^Tit. r»lns de d^'*ails i>"écis.
de sa doctrine et frappés de sa manière d'enseigner, si différente de celle des scribes. La guérisondu démoniaque, naturellement, augmenta leur admiration. L'étonnement des assistants indique bien que Jésus les enseigne pour la première fois, et ils n'ont pas encore vu se déployer sa puissance sur les démons. Et, quoiqu'il opère cette guérison le jour du sabbat, il ne vient encore à la pensée de personne d'y
trouver une violation du repos sacré, comme on
le fit si fréquemment dans la suite. Le temps n'est pas encore à la jalousie, à Panimosité; il est tout à l'étonnement, à Tadmiration.
En sortant de la synagogue Jésus entra dans la maison de Simon Pierre pour prendre le repas du milieu du jour. 11 est accompagné de ce disciple et d'André, son frère. Jacques et Jean, leurs habituels compagnons de pêche, se joignent à eux. Le Sauveur guérit la belle-mère de Pierre et elle se met aussitôt à les servir. ' Le bruit de cette guérison se répand rapidement dans le bourg, déjà tout ému de ce qui s'était passé le matin à la synagogue. Mais c'est jour de sabbat : les habitants attendent îe coucher du soleil pour reprendre leur activité sans enfreindre la loi du repos sabbatique. Aussitôt de toutes parts on amène à Jésus des malades, des possédés : et il en guérit un grand nombre. La nuit seule avec ses ténèbres dut
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arrêter Fempressement des Gapharnaïtes. Pour calmer ce premier enthousiasme, Jésus se leva de grand matin et sortant de la ville gagna un lieu écarté et solitaire, où il se mit à prier. Simon Pierre et ses compagnons le cherchèrent, et. Payant enfin trouvé, lui parlèrent de Pempressement populaire, en l'invitant à rentrer. Il faut que f annonce la bonne nouvelle du royaume en d'autres cités^ leur répondit-il.
Il prêcha dans les synagogues de Galilée disent saint Marc (i, 38-39) et saint Luc (iv, 44). Au nombre de ces prédications dans les synagogues il faut placer ici celle qu'il fit à Nazareth dans une seconde visite. Il y reçut de ses compatriotes un accueil qui tranche avec la première réception, comme nous l'apprend la seconde partie du récit de S. Luc (iv, 23-30). Les habitants de Nazareth se montrent jaloux de voir Jésus commencer à faire des miracles à Gapharnaûm et non chez eux. Ils ne pouvaient croire à la mission divine du fils d'un charpentier. Leur incrédulité etleurs sentimentshostiles arrachent à Jésus cette réflexion proverbiale : « Un prophète n'est pas honoré dans son pays. »
Irrités de ses réponses qui visaient leur peu de foi, ses compatriotes tentèrent de le précipiter du haut d'une éminence située près de la petite ville. Mais il se déroba à leurs mains et
revint à Capharnauin, où le peuple se montrait avide d'entendre sa parole
Un jour, sur les bords du lac de Génésareth, pour éviter d'être trop pressé par la masse des auditeurs, il monta dans la barque de Pierre, et de cette chaire improvisée il se mit à enseigner. Il avait un autre dessein : voulant aller bientôt à Jérusalem et en Judée et y demeurer un assez long temps, il désirait s'attacher définitivement ses premiers disciples et, en les arrachant à leur métier et à leur famille, les consacrer uniquement au ministère évangélique. Par un miracle, qui est en même temps un symbole de leur mission, il les appelle, plus complètement que la première fois, à tout quitter désormais et à devenir avec lui pêcheurs d'hommes.
Dans saint Luc Tordre est exactement chronologique : car Fempressement des foules à suivre Jésus suppose les miracles des jours précédents. Pour saint Marc, l'intention de nommer ceux qui accompagnaient Jésus dans la maison de Pierre lui fait placer auparavant l'appel des disciples. Saint Matthieu se contente de mettre en premier lieu cet appel, et rejette le reste plus loin pour les besoins de sa thèse ; son plan n'est pas chronologique, mais didactique.
C'est tout ce que les disciples nous ont conservé des faits qui ont marqué ce premier séjour à Gapharnaûm : Il avait duré environ trois
PREMIER VOYAGE A JERUSALEM i07
mois, coupé par diverses sorties dans les cités voisines. Le temps de Pâque approchait et Jésus avait résolu de se rendre à Jérusalem pour la fête. Peut-être faut-il placer vers le moment du départ, ou déjà sur la route de la ville sainte, le miracle de la guérison du lépreux (Luc, v, 12-16; Marc, i, 40-45; cf. Matth, viii, 2-4)S
3*^ Premi&r voyage à Jérusalem pour la Pâque
Jésus vint donc à Jérusalem, comme nous le raconte saint Jean (ii, 12), accompagné de six ou sept disciples^. A sa première entrée dans le temple, il montra son zèle de la maison divine et chassa les vendeurs qui la profanaient. Nous avons montré plus haut pourquoi les synoptiques avaient dû rejeter cet épisode à la quatrième partie de leur récit 3.
Saint Jean signale, pendant les huit jours de la Pâque, des miracles qui paraissent avoir excité l'enthousiasme du peuple. Mais Jésus comprenait que ces sentiments étaient superficiels et qu'il n'y avait pas à se fier à ces premières dé-