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Nos rivières et nos lacs [microforme]

La rencmmée qui s'attache depuis un certain nombre d'années à nos splendides rivières à saumon et à truite ainsi qu’à nos lacs éparpillés avec une profusion sans égale sur toute la surface de la province de Québec, a eu ce double résultat : d'attirer ici une foule de plus en plus considérable de sportmen étrangers et d'augmenter la valeur locative de nos rivières et de nos lacs. (1),

Cette renommée nous ne l'avons pas quémandée. Tout au contraire, il n’est peut-être pas une province dans le pays qui se soit moins prévalue que la nôtre de ses exubérantes richesses, qui ait sonné moins fréquemment le clairon de la réclame pour exalter ses incomparables nappes d’eau peuplées de légions de poissons de toute espèce.

Il y a plus; le service de la statistique—en ce qui regarde nos pêcheries à l’intérieur—est à peine ébauché, les renseignements fournis par elle ne portant encore que sur

1.) M. Rowand écrivait déjà en 1876: ‘ Je crois pouvoir aflirmer, sans crainte d’être contredit, qu'au Canada, la pêche à la ligne est la plus belle qu'on puisse trouver dans tout le monde.'’ (Emigrant and Sportsman in Canada.)

cinq à six cents rivières et lacs, alors que l’on en compte des milliers et des milliers. (rt).

Nonobstant cette lacune, qui, espérons-le, finira par être bientôt comblée, nos principales rivières à saumon cet un certain nombre de nos lacs, mieux c nnus que d’autres qui mériteraient de l'être autant, attirent chez nous chaque année, des touristes, des amateurs de pêche, des spurtsmen. Il n’est pas douteux que leur nombre doublera et triplera du moment que nous serons en mesure de leur procurer des données plus amples et plus précises sur la situation topographique de ces lacs et rivières et sur leur valeur réelle.

Ce n'est que depuis 1882, que l'administration des affaires relatives aux eaux des lacs et des rivières non navigables dans notre province, est passée sous le contrôle du gouvernement de Québec. Et cependant quoique ce service soit de création assez récente, il a accru sensiblement en importance. Le revenu provenant de l’affermage de nos lacs et rivières ne rapportait encore en 1883 que la somme de $2,167.50. En 1892, ce revenu atteint le chiffre de $9,886.-

40, en 1893, $17,547.31, en 1894, $19,047.25, et en 1895, plus de $20,000. (2).

(1) Si la pêche au saumon et à la truiteau Canada est la source pour les amateurs d’inénarrables jouissances, pour l’économiste, elle a son côté utilitaire: nos estuaires à saumon dépassent le chiffre de 6, et nos lacs et rivières à truites, surtout depuis l’ouverture de la nouvelle voie qui mène au Lac St-Jean, se comptent

ar centaines. Rien de tel chez nos opulents voisins, aux Etats-

nis; une bienfaisante Providence semble nous avoir presque assuré ce monopole; à nous de le faire fructifier. Protégeons et faisons connaître au loin, nos rivières à saumon: source si précieuse de revenu pour le domaine public.—(7. Af. Lemoine. Pêche ct chasse, 1881.)

(2) Ce contrôle a été accordé à la province de Québec, par un jugement de la Cour Suprême du Canada, en date du 23 avril 1882, in re: La Reine #s. Robertson.

Ces chiffres donnent plein espoir pour l'avenir. Le revenu provenant de cette source suivra nécessairement une progression d'autant plus rapide que nous aurons hâté l'exploration de nos lacs jusqu'ici inconnus, que les communications pour les atteindre seront devenues plus faciles, et que nous aurons pris les mesures nécessaires pour protéger nos stations de péche et empêcher la destruction en grand de notre poisson.

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