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On peut dire qu'il en est à peu près de même de toutes les parties de la province. Il n'est pas une région, si peu étendue qu’elle soit, pas un district dans notre province où la Providence ne se soit montrée prodigue de belles et grandes nappes d’eau toutes ou presque toutes regorgeant de poissons. L'amateur de pêche n'a vraiment que l’embar-
ras du choix.
Prenez, par exemple, la région de Montréal. Quel que soit le comté compris dans cette région où vous portiez vos pas, vous êtes sûr d'y trouver une myriade de lacs, presque tous poissonneux, et déjà fréquentés par des milliers de pêcheurs pendant la belle saison.
Quelques-uns de ces lacs jouissent même d’une grande réputation: les lacs du canton Wolfe, dans le comté d'Argenteu1!, presque tous les lacs du comté de Montcalm où. lon peut pêcher à satiété la truite, le brochet, le maskinongé, le poisson blanc, le doré, la carpe ; les lacs Cherrier, des Pins, et maints autres dans le comté de Joliette, les lacs de l’Assomption, etc.
Un membre du “North Lake Club” parlait naguère avec non moins d'enthousiasme devant le comité de chasse et de pêche de l'assemblée législative, des lacs poissonneux des comtés de Huntingdon et de Chateauguay. Ce sportman a vu prendre dans ces lacs des maskinongés pesant de 25 30 livres. Dans la rivière Chateauguay on prend rarement du maskinongé au dessous de 14 hivres. C’est fort gentil déjà,
Dans le comté de Terrebonne, les lacs ne se comptent pas. Il n'y en a pas moins de vingt et un dans un rayon de dix milles du village de Sainte Agathe des Monts. Du sommet d’une des montagnes des alentours on peut même apercevoir, avec une longue vue ordinaire, dix de ces belles nappes d’eau.
l'une des plus ravissantes est sans contredit le lac des Sables sur les bords duquel s'élève aujourd’hui le coquet et florissant village de Sainte-Agathe des Monts. Ce lac est entouré de hautes montagnes et coupé par des pointes de bois d'un effet absolument pittoresque à enchanteur. Le lac des sables est devenu très populaire depuis quelques années. On s’y rend en foule de Montréal, pendant la belle saison, pour y pêcher la truite et pour y jouir en même
temps des frais ombrages.
A quelques lieues de là, se trouve la Montagne Tremblante qui vient d’être transformée par le gouvernement de Québec en parc national. Cette montagne a 2,100 pieds au dessus du niveau de la mer. Sur son sommet, se trouve un grand lac qui se décharge dans un torrent tombant presque verticalement à une hauteur de 150 pieds.
Dans la région du Sàäint-Maurice et plus particulhèrement dans cette partie du territoire comprise dans l'angle formé par la jonction des rivières Saint-Maurice et Matawin, un explorateur y a dressé, en 1885, la nomenclature de 71 lacs.
Et tous ces lacs, grands et petits, pullulaient de poissons.
Le lac Zizsagonke, qui forme partie du groupe de lacs affermés au club Shawenegan, mérite une mention particulière. C’est un beau lac d’une longueur de huit milles.
Puis viennent—toujours sous le contrôle du même club —le ZLac-en-Croix, qui a la forme indiquée par son nom, le lac And, à peine un mille de diamètre ; le Grand SAawenegan, quatre milles de long; le Z’efit Lac, trois quarts de milles ;le lac Zrodeur, deux milles et demi à trois milles ; le lac Caribou, trois milles et plus de longueur.
Le lac aux Zsles, deux mulles de long et relié au lac Caribou par un canal naturel ;
Le lac Croche, un peu plus d'un mille ; Le lac Gauthier, de petite étendue ;
Lelac Antikaïakamak, généralement appelé Yagamak, de trois milles de longueur. On trouve dans ce lac le brochet, le doré, la louche, la perche, le gougeon. Des pêcheurs y ont pris du brochet et du doré, d'un poids variant de une livre à 812 livres.
La truite abonde dans tous ces lacs, mais elle est généralement petite.
Dans cette région si favorisée du Saint. Maurice, le club Laurentian dispose d'un groupe de lacs fort poissonneux :
Les lacs à la Z’êche (deux d’entre eux portent ce nom). ayant respectivement deux milles et demi à trois milles de
longuenr. Ils sont remplis de truite grise du poids de trois à cinq livres.
Puis, les lacs CZair, du Zrançais, jolies petites nappes d'eau d'environ deux tiers de mille de diamètre chacun. Ils fourmillent de truite. Ces lacs se trouvent situés à quelques milles de la gare du chemin des i/es.
À remarquer encore dans ce beau pays du Saint-Maurice, un autre groupe de lacs,—environ dix-huit, —qui tire son non du plus g:nd d’entre eux et qui en occupe le centre, le lac ou.
Ce lac ou a environ quatre milles de long et est de forme très irrégulière. Ce qui le fait remarquer, c’est le nombre de baies profondes qui se découvrent tout à coup devant vous et vous causent autant de surprises agréables. Il y a de la truite en quantité dans ce lac. On y prend des pièces de une et deux livres.
Dix-sept autres lacs de cette région forment un autre groupe désigné sous le nom de Lacs-des-cinq. Ils se déchargent dans la rivière Matawin, à environ cinq milles audessus de sa jonction avec la rivière Saint-Maurice. On les dit sans rivaux sous le rapport de la quantité de truite qui y abonde.
Dans les comtés de Dorchester, Beauce, Mégantic et Compton, la pêche est également fructueuse sur tous les lacs et rivières qui arrosent ces divers comtés. Dans quelques-uns, c’est la truite qui donne, dans d’autres, c’est le
poisson blanc.
Les comtés de Québec, Portneuf et Montmorency sont eux-mêmes parsemés “de rivières et de lacs—dont quelquesuns perdus dans la forêt—et remplis de truite, de doré et d’autres poissons de la plus belle qualité. Le comté de Portneuf renferme à lui seul une soixantaine de lacs, où les amateurs de pêche sont à peu près certains de faire bonne récoite. Sur le seul petit lac Batiscan, un particulier y a pris, en 1688, 3,050 truites.