LE LAC SAINT-JEAN
Et puisque nous parlons de la vallée du lac Saint-Jean, comment pourrions-nGus passer sous silence le lac qui en porte le nom, et dont la renommée nous vaut chaque année la visite de milliers de curieux et de touristes venus des confins les plus éloignés de l'Amérique.
Il peut se rencontrer des nappes d’eau plus pittoresques, plus séduisantes, il n’en est pas de plus imposantes que le lac Saint-Jean. Quand :le touriste, arrivé sur les hauteurs de Chambord, voit se découvrir tout à coup à ses regards cette immense nappe d’eau, limpide comme un miroir, C’est une surprise mêlée d’admiration qui l’empoigne. Pour peu qu'il soit artiste, il demeurera en contemplation pendant quelques minutes devant ce tableau grandiose d'une mer jusque là inconnue à lui et qui couvre une superficie d'environ 510 milles carrés.
La forme du lac Saint-Jean est presque ovale, sa pre grande largeur étant de trente milles, de l'embouchure de la Métabetchouan à celle de la Péribonca, et sa moindre largeur de dix-huit milles. Sa profondeur est assez peu variable ; elle est de soixante pieds au centre et de quelques pieds seulement près du rivage.
Une particularité de ce lac c’est qu'au moindre vent, ses flots s’agitent et se gonflent comme la mer dans la tempête.
Le Lac Saint-Jean abonde en plusieurs sortes de poissons : le doré, la truite, le brochet. le poisson blanc, la carpe dorée. Mais ce qui attire surtout Is amateurs, et à
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bon droit, c’est la pêche de la owananiche, espèce de saumon d’eau douce et de taille moyenne. Ce saumon qui demande une certaine habileté pour être càpturé et dont la force de
résistance procure de vives émotions à tous les pêcheurs, pres un des plats les plus savoureux que l’on puisse goûter.
La ouananiche ne restreint pas son habitat aux eaux du lac Saint-Jean ; on la pêche également, et avec non moins de succès, dans les nombreux tributaires du lac : dans la Pe//e-Rivière, la Métabetchouan, la Ouiatchouan, Ouiatchouantiche, a rivière des Zroguvis, V'Askuaphmouchouan, la Péribonka, la grande et petute décharge etc.
On peut aisément se rendre à toutes ces rivières qui débouchent dans le lac Saint-Jean par chemin de fer, ou par les bateaux qui circulent sur le lac.
À quelques lieues d'Hébertville, comté du lac Saint- Jean, le principal lac est le lac X'énogami (nom dérivé de Thinogami, qui veut dire ‘ lac long ". Il a 18 milles de long sur trois milles de large et se décharge dans le S Saguenay par la rivière Chicoutimi et la rivière aux Sables. Ce lac reçoit plusieurs rivières dont les principales sont la Caseouia, l'Upica et la Picouba, toutes fort poissonneuses. Il est surtout remarquable par ses points de vue pittoresques.
Le lac X’enogamichiche (petit lac long) ‘séparé du précédent par un plateau d'une quinzaine d’arpents, est également poissonneux. Ce lac a cinq milles de long.
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Dans le canton Albert, comté du Saguenay, il existe une suite presque non interrompue de lacs. Nommons en quelques-uns :
Le /ac Charles.—Trois quarts de mille de long. Abondamment peuplé de petites truites dociles à l’hameçon.
Le Zac des Îles.—Séparé du précédent par un court portage de dix minutes. À deux milles de largeur. C’est un des plus beaux lacs que l’on puisse voir. Ses rives sont très élevées.
Le Zac Russell.—Trois quarts de mille environ de lon-
: gueur.
Le Zac Dazson—auquel on peut se rendre en faisant
portage du lac Russell, ou par un sentier escarpé de la \ ‘ ZZome Zoo! Station” sur la rivière Sainte-Margueritte. î Bien peuplé de truites de petite et moyenne grosseur.
La péninsule de Gaspé ne le cède à aucune autre partie
du pays pour le nombre de ses lacs et rivières et l'abondance du poisson.
Parmi les lacs de cette région que l’on peut atteindre en remontant les rivières débouchant dans la mer, figurent ceux du beau groupe qui se trouve à la tête de la rivière Madeleine et ceux d'un autre groupe à la tête de la rivière Sainte-Anne, dans le comté de Gaspé.
A signaler aussi le lac Cascapédia, sur là rivière du même nom, dans le comté de Bonaventure.
Le comté de Rimouski et la riche vallée de Matar édia donnent eux-mêmes asile à une série de lacs dont la romenclure demanderait plusieurs pages d’un livre.
Nommons—ne fut-ce qu'à titre de renseignement—les princ Ipaux lacs et les principales rivières de cette région, peut-être l’une des mieux arrosées du pays, et la plus riche en poissons de toute espèce.
10 Ja rivière Caribou ou branche nord de la riviére Rimouski.
20 La partie supérieure de la rivière Rimouski depuis la montagne Chiédos jusqu’à sa source.
30 Ja rivière Snellier.
49 La décharge du lac des Echos.
50 Ja rivière des Sables.
Go Le bras nord de la riviére Rimouski.
70 Je bras Sud-Ouest.
80 La rivière Plate.
90 La rivière à Sifrois.
100 La petite Kedzonich.
110 La rivière Mistigouèche.
120 La rivière Patapediac.
130 La rivière Métis.
140 La rivière Profonde.
150 La rivière de la Kennan.
160 La rivière Humqui.
170 Le ruisseau Savage.
180 La rivière Touradi et les Eaux mortes.
190 Les rivières Squateck, des Outres et des Aigles. 200 La rivière St-Jean.
210 Ja rivière Trois-Pistoles,
220 Ja rivière Ristigouche.
230 La rivière Matapédia.
Parmi les lacs de cette région, l’un des plus beaux territoires ouverts à la colonisation, il convient de citer en premier lieu le lac Aatapédiac, petite mer intérieure mesurant vingt et un nulles de longueur sur trois milles de largeur. Ce lac fournit ses eaux à la superbe rivière à saumon du même nom dont nous avons déja parlé.
Puis, les lacs Touradis, le lac des Aigles, le lac Saint- Jean, le lac de la Sauvagesse, les lacs Rimouski, les lacs Sifrois, les lacs Côté, les lacs Métis, le lac Ristigouche, le lac aux Saumons, le lac Humqui.
Toutes ces nappes d’eau fourmillent de poisson, et surtout de truite. Il y a du saumon dans le grand lac de la Branche Est de la Matapédiac. Dans le grand lac FHumqui, on pêche du poisson blanc, et du touradi dans le lac Côté. L'on trouve aussi beaucoup de truite dans la Ristigouche ct
les Eaux-Mortes.
Dans le comté de Témiscouata, une foule de lacs poissonneux sont d’un facile accès : les lacs des Sauvages, Mc- Lean, des Ilets, Sept Lacs, Saint-Hubert, des Fourches, des Roches, Baker, Long, etc. Les lacs Squateck et qu Iques autres sont surtout fameux pour l'abondance de leurs grosses truites rouges.
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Le lac Témiscouata, situé dans cette même région, à une longueur de 27 à 28 milles sur une largeur d'un demimille en moyenne ; ce lac que l'on a appelé à juste titre l’une des beautés, l’une des gloires de la nature canadienne, est-lui-même le rendez-vous favori des amateurs de pêche, en particulier des sportsmen américains qui s’y rendent tous les ans en grand nombre. On prend en abondance, dans ce lac, de la truite, du touladi, du pointu, du poisson blanc, du doré et de la ‘ queue d’anquille ” espèce de poisson qui se tient sur les fonds vaseux et qui pèse en moyenne de six à sept livres.
La contrée en arrière de Matane renferme également quantité de lacs, dont le plus grand nombre fourmillent de poissons. Ainsi dans l'été de 1890, trois excursionnistes qui s'étaient rendus au lac Tougadec, à vingt-cinq ou trente milles en arrière du fleuve, en revinrent avec r09 douzaines de grosses truites, pêchées à la ligne dans l’espace de trois jours.
La région de l'Outaouais, qui comprend les comtés d'Ottawa et de Pontiac, compte presque autant de lacs que la vallée du lac Saint-Jean.
Tous les pêcheurs à la ligne font beaucoup d’éloges des lacs, des rivières Rouge, Petite-Nation, du Lièvre, Blanche, Coulonge, Noire et d’un bon nombre d’autres. La truite, l'achigan, le brochet. le doré, le maskinongé, le poisson blanc, l’esturgeon foisonnent dans tous ces cours d’eau.
Sur ‘. lac des Chênes, les pêcheurs à la ligne ont pêché en 1891 près de 10,000 livres de poisson.
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——… 39 sm.
Sur les lacs de la Gatineau, la pêche est exceptionnel-
à lement bonne.
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: Dans la saison d'été, sur les lacs Trente-et-Un Milles à. et Pémichogan, 1! a été pris 5,750 livres de truite grise, 3,500 dè livres d’achgan, 6,200 livres de poisson blanc, et 2,550 de ss brochet. ‘Tout ce e poisson, dit dans son rapport le gardepa pêche de POttawa Supérieur, a trouvé des acheteurs sur les 9 , ’ archés d'Ottawa.
ni marchés d'Ottawa de : | Huit personnes qui ont fait une pêche de six semaines sur les lacs des Cèdres et de la mer Bleue, ont pris, en snt moyenne, 300 livres de truite par semaine. de
Sur le lac Rond, un pêcheur a pris à lui seul, 4,500 livres de truite rouge et grise, de doré, d’achigan et de brochet.
La région du Nominingue est aussi l’une des mieux pourvues en lacs et en rivières. Voici d’abord le grand et petit lac Nominingue; le pres a huit milles de long et
cinq milles dans sa plus raide largeur, presqu'une mer intérieure. Puis, les lacs Laflêche, Bourget, Sxi.*-joseph, Sainte-Marie, le lac l'Eqierie, le grand lac des ii le lac Ù | Bianc et huit autres grands et petits. La plupart de ces lacs sont navigables et grouil'ant de poissons.
Cette immense région de lOutouais arrachait, en 1887, à l’un de nos écrivains ce cri d'admiration aqu' 2 crouvé du reste un écho chez tous ceux qui r'ont visé :
‘ Quels paysages, quelles places d'été, quel pays de chasse et de pêche ne trouve-t-on pas dar: cette Suisse du Canada ?
“ Voyez ces montagnes pittoresques, couronnées de verdure, gardées par des bosquets touffus où reposent comme dans un gîte inviolable l'ombre et le frais éternels. Voyez ces lacs innombrables dont tout le pays est parsemé, avec les ilôts verdoyants, les eaux limpides, où le canard provoque votre plomb meurtrier, où la truite énorme, le brochet monstre, le doré vorace tiennent en réserve tout exprès pour vous autant de vives impressions, de douces et pures jouissances que le cœur d'un pêcheur rafliné peut en contenir à la fois. ”
‘Partout, dans cet immense pays du nord de lOttawa, disait le même écrivain, vous trouverez de grandes, superbes et profondes nappes d’eau. La chaloupe à grandes voiles s’y balancera tout aussi bien à son aise que l’esquif à aviron, et le yacht À vapeur n’y sera pas plus déplacé que l’embarcation à double rangée de rames. Allez au Nominingue, aux lacs Maskinongé, Ouareau, Archambault, des Iles, du Poisson, Blong, Long, Tapenagouang ou Grand Lac, Piscatongue, et vous serez amplement satisfaits à moins que vous ne soyez trop difficiles. Dans ce cas, dirigez-vous vers le lac Victoria qui compte avec toutes ses ramifications ses 560 milles de superficie ; le lac A'epanee avec ses 250 milles
carrés ; le Grand Lac qui a 30 milles du nord au sud ; le Témiscamingue, 330 milles ; le Aekabonga qui s'étend sur plus de 30 milles de longueur et trois ou quatre milles de largeur.’
Que de gros poissons il doit y avoir dans toutes ces petites mers intérieures ! et que de grands palmipèdes à y découvrir et chasser !
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