‹ Nos rivières et nos lacs [microforme]Chapitre 39 sur 48 · CHEZ NOUS · texte numérisé non relu

CHEZ NOUS

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La chasse est si belle en l'Amérique du Nord, écrit Bénédict Henri Révoil, que ce n’est point ordinairement le gibier qui manque sur le passage du chasseur, mais la poudre et le plomb dans son sac, (1)

Cette appréciation, en ce qui concerne du moins la province de Québec, n'est pas aussi exagérée qu'on serait tenté de le croire au premier abord. Le gibier abonde en effet presque partout : dans nos immenses forêts, sur les battures, sur les grèves et sur nos innombrables cours d’eau.

Parmi les grandes espèces, citons au premier rang l'orignal, le Caribou, le chevreuil et puis l'ours.

L’orignal et le caribou fréquentent les deux rives du Saint-Laurent et de l'Ottawa jusqu’au lac Témiscamingue.

Au Labrador, le caribou se rencontre aussi en bandes nombreuses, au fond des grandes forêts solitaires.

(1) Chasse de l'Amérique du Nord.

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Le chevreuil vit dans les parties sud-est et oucst de la province.

L’orignal, à cause de sa taille imposante, a mérité d'être appelé le roi de l'espèce. Ce ruminant, à tête lourde et massive, est orné d’un bois pesant de soixante à soixantedix livres. Sa hauteur est celle d’un grand cheval, atteignant parfois jusqu’à huit pieds en stature et 1,500 livres en pesanteur. Durant l'hiver, son épaisse fourrure est brune ou noirâtre, quelquefois grise. En été, le poil est court et lisse.

Farouche et d'un accès impossible, le caribou, dit M. J. M. Lemoine (2) joint à une merveilleuse agilité, une rapidité sans pareille dans sa course. Ses bonds sont prodigieux ; il sait également marcher, trotter, galoper avec grâce. L'hiver, il fréquente les savanes et les endroits marécageux, où abondent les mousses et les arbustes tendres, sa nourriture de chaque jour.

La robe de cet animal est d’un brun tirant par endroits sur le blanc ; adulte, il mesure quatre pieds et demi de haut et pèse souvent au-delà de trois cents livres.

Feu M. le colonel Rhodes, qui portait beaucoup d’intérêt à la faune du pays, distinguait deux variétés de caribous : l’un, le ‘Caribou des Bois”, l’autre, le ‘“ Caribou des Champs”. Le premier est un cerf d’une plus for taille, d’une couleur plus foncée que l’autre. Son bois € néanmoins plus petit. Il voyage par petites bandes de cinq ou six, tandis que le caribou des champs va par troupes de vingt à trois cents individus. Le caribou des champs a le

(2) “ Chasse et pêche,” 1837.

pelage moins foncé que celui du caribou des bois ; son muffle est plus recourbé. Il égale presque ce dernier par le poids.

La chasse du caribou, dans notre province, est très populaire. Elle force ceux qui s’y livrent à déployer beaucoup d'adresse et de vigueur.

Le chevreuil est un gracieux ruminant qui change de couleur avec la saison. En automne, il est gris-bleuâtre ; au printemps, roussâtre ; 1l redevient bleuâtre en été. Le chevreuil adulte atteint un poids variant de 140 à 200 livres.

Nous trouvons aussi un peu partout le castor, la loutre, la martre, le vison, le pekan, la moufette, le renard), le ratmusqué, le lièvre, etc-

Le gibier à plumes est lui-même des plus variés. Citons parmi les espèces les plus connues :

La bécasse qui paraît se complaire dans les plaines ombragées et humides et dont la chair est si avidement recherchée des gourmets.

La bécassine dont le vol rapide demande un œil exercé pour l’abattre.

La perdrix, de couleur grise ou brune rougeâtre. On la rencontre dans tous les bois, particulièrement dans les forêts de bois francs.

Les sarcelles à ailes bleues et à ailes vertes, très communes à l’automne.

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Les canards, canards huppés. canards à tête rousse, le canard à longue queue, particulièrement commun sur la côte nord du Saint-Laurent, puis cette autre espèce de canard auquelle les chasseursdu bas du fleuve donnent le nom de Pisque, tandis qu'à Québec et Sorel, eile est désignée sous celui de Canard caille.

La macreuse, très répandue Gans le golfe et sur la côte nord du fleuve.

Les //arles, oiseaux qui se nourrissent principalement de poissons et plus généralement connus sous le nom de Dec-scie, à cause de leur bec garni de pointes. Le Harle fréquente surtout les eaux saiées. Son vol est haut, rapide et continu, dit M. C. E. Dionne, dans son estimable ouvrage sur les oiseaux du Canada.

Le Auard, couleur noire avec refiets verts et violets sur la tête et le cou, se rencontre sur presque tous nos lacs à l'intérieur.

Les soëlands. Deux espèces sont communes à notre province : ie goëland à manteau noir, et le goëland argenté. Se rencontrent dans le bas du fleuve. On voit aussi dans le golfe le goëland dit goëland de Delaware, Ce dernier a un bec jaune verdâtre entouré d’une bande noire vers l'extrémité.

Le pétrel, dont le plumage est brun de suie, se voit assez souvent dans le goife.

Le pingouin, noir brunâtre en desus, fréquente aussi le golfe.

L'outarde—appelée aussi la Parnèche du Canada— nous arrive en troupes considérables au commencement d'avril. Elle stjourne de préférence sur les grèves. Cet oiseau dont le plumage en dessus est brun grisâtre, est très farouche. Les chasseurs sont obligés d’user de subterfuges pour le tuer.

Puis enfin linnombrable série des oiseaux percheurs dont on peut trouver la nomenclature dans l'excellent ouvrage de M. C. E. Dionne, sur les oiseaux.

* *k % Les endroits de chasse dans notre pays, qui est resté

giboyeux malgré les colossales tueries de passé, sont fort 1ombreux.

Nous ne tenterons pas d'en faire l'énumération ; quelques indications générales suffiront à ceux qui ne sont pas très familiarisés avec les endroits où se rencontre d'ordinaire le gibier à poils et à plumes.

Les deux rives du Saint-Laurent, depuis l'entrée du golfe jusqu'aux chûtes du Niagara ; les tributaires de l’Outaouais, la Pointe au Père, la batture aux Loups-marins, la dune de l'Ile aux Lièvres, les Pélerins, les îles de Sorel, 1:

batture de la Baie du Febvre, les plages de Kamouraska, la batture aux alouettes, etc.

Si nous devions entrer dans les particularités, 1l nous faudrait citer au moins vingt à vingt- -cinq districts de la province offrant au chasseur la perspective d'un riche butin.

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Les explorateurs nous ont déjà signalé les comtés de Ferrebonne et de Montcalm où Les plus modestes veneurs sont toujours surs de récolter une ample moisson.

‘* Pour ceux qui recherchent les æmiusenients de là chasse ou de la pêche, écrivait M. l'ar5enteur G. E. MéeMartin, en 1886, je puis leur dire en toute sûreté que la contrée arrosée par la rivière du Diable et ses tributaires, est pour les chasseurs ün véritable séjour de délices, où l& rivière et la forêt abondent en gibier.

Le gibier tel que le chevreuil, le Caribou et l’orignal sont en abondance et rôdent en liberté, sans être inquiété, dans ces paistbles forêts.

6 Parnu les animaux à fourrures, l'ours, la loutre et lé vison sont en grand nombre. ”

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