‹ Nos saint évangiles (volume 2)Chapitre 3 sur 40 · TOME PREMIER · texte numérisé non relu

TOME PREMIER

PARIS BERGHE & TRALIN, ÉDITEURS

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Arras, le 25 mars 1905.

Monseigneur,

Parmi les sy %, ptomes avec lesquels nous essayons de consoler nos tristesses et de réconforter nos âmes ', il en est un que vous avez voulu contribuer à mettre en lumière : c'est le retour a la lecture et à la méditation de l'Évangile.

Tout oscille actuellement, hommes et choses. Où est le point solide, fixe, indestructible, offert comme un refuge à la fermeté de la pensée et à la pureté de la morale ? Dans la doctrine et les exemples de Celui qui a été, qui est et qui demeurera le Sauveur du monde.

Pas un autre nom que le sien ne peut accomplir cet office, disait V apôtre Pierre (Act., XII, 4). Sans lui, les nations s'en vont à la dérive; il n'y a plus d'ancre pour la vérité ni pour la justice. Les orages emportent les peuples en même temps que leurs institutions. Une sorte de panique

envahit la terre; elle sent quelle n'a plus sa base essentielle dans l'ardre des choses de l'esprit et du cœur. Elle cherche instinctivement ce qui, une première fois, l'a tirée de V abîme, ce qui lui apparut alors comme la bonne nouvelle, le code du salut, c'est-à-dire V Évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ,

Publier cet Évangile est donc la grande affaire du moment.

S'il est bon que certains travaux apparaissent avec tout Véclat que réclame la haute critique, il est indispensable, avant tout, qu'il soit fait de la vie et des enseignements du Rédempteur une publication substantielle, conforme aux interprétations des Saints Pères, donnant aux âmes l'aliment dont elles ne jouissaient pas assez.

La génération actuelle a plus besoin de se nourrir que de discuter.

Vous l'avez compris, Monseigneur. C'est dans ce sens et sous cette forme que vous venez présenter l'Évangile à vos lecteurs. Ils l' attendent avec joie, sachant tout le mérite de vos précédents ouvrages.

Leur espérance ne sera pas déçue. Les trésors acquis au cours de votre carrière d'érudit et d'écrivain ornent la trame de ces précieux commentaires. Ils charment en même temps qu'ils instrui-

sent; la piété est mêlée au dogme et à la morale. C'est le Christ docteur, consolateur et sauveur qui vient remettre les choses à leur place et fournir la vie aussi bien que la lumière.

Lacordaire, parlant de V Évangile, disait : « II est debout, après dix-huit siècles, gardé par le respect de tous et même de ses plus grands ennemis. La pensée humaine, si féconde en ressources, ria pu lui découvrir ni un égal ni un dé fa::: On l'oublie un jour; le lendemain on le regarde et on se dit : V Évangile! »

Grâce à vos travaux, Monseigneur, et à ceux des hommes distingués qui ont saisi comme vous le besoin de notre époque, la France, oublieuse hier de VÉvangile, le regardera demain, et son grand cœur fleurira de nouveau sous la rosée du ciel.

Veuillez agréer l'expression de mes sentiments affectueux en N. S.

f ALFRED, évêque jl'Arras.

PRQV. TGWÉE

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