‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 42 sur 101 · J 1 . .XVIII · texte numérisé non relu

J 1 . .XVIII

< I M XVin. s. Lue .XXII.39. «trf.. Xnr.» MaU.XXVI.36.

178 l'ago!«ie au jardin des olives

86 montreront à Gethséniani dans leur plus vive réalil> Il sera Dieu quand d'un root il renversera la troupe envoyée pour le prendre, d'un geste guérira le valet blessé par l'épée de Pierre, mais il sera Homme quand il permettra à sa sainte àme de passer par le^ affres de la douleur. Cette douleur commence au moment où, franchissant le Cédron.il entre dans la villa de Gethsémani. Ses onze Apôtres entrèrent avec Lui, mais il ne les laissa pas pénétrer au cœur de la propriété * et il ne prit avec lui, comme témoins de l'étrange état dans lequel il allait entrer, que les trois qui, au Thabor, avaient contemplé le rayonnement de sa Nature Divine». Jéius dit à arx Disciples : « Asseyez-vous pendant que f irai plus loin pour prier. Priez, vous aussi, pour ne poin ■■i-

ber à la tentation' ». Paroles graves et b^. .. es entre toutes, à un pareil moment, moment de scandale et de danger. Ils n'eussent point fui 1' t. s'ils

eussent prié! Et nous-mêmes quand 8uc< h -nous, sinon quand Tinvigilance nous endort et Tabsence de prière nous exténue T Jésus prit s*-"' / avec lui

Pierre et les doux fils de Zébédée, / H Jean '.

Un terrible mystère s'accomplit en lui à cet instant. Il semhl . par l'effet d'une miraculeuse puissance,

une il -sable séparation entre les délices de la

Tision intuitive et les opérations de son âme. Il livre cette &me à toutes les douleurs qu'&me humaine peut éprouver. // devient saisi d'effroi et de dégotU, de tristesse et d'angoisse*. Rien ne manque à cette

* MaU., XXVI, 36.

* Marc. XIV. 33. MatL. XXVI, 37. Loc, XXII. 40.

* VaU , XXVI. 30.

* MaU.. XXVI, 37. Marc. XIV, Xi.

* Marc. XIV. 33. MaU.. XXVI, 37.

LAGOme Al' JARDIK DBS OLtVtS 179

suprême désolation. « L'époavanle », qui nous saisit en de qaelqne vision terrible, nous jette dans d'effroya- \ ' ' M » nous perdons sou- > lu objet qui ne nous apporte un surcroît de peine, nulle parole qui ne nous 6oil à charge. Que si la c tristesse » s'ajoute au dégoût, la vie même nous est insupportable et tout se fait douloureusement noir au dedans de nous. Mais que dire des effets de « Tangoisse » ? Elle fait invasion dans notre àme quand nous redoutons quelqu'alTreux mal Leur, et elle nous fait ressentir par avance les supplices que nous réserve le malheur mfime réalisé. Tous ces flots, toutes

|c«s lempéles, grondèrent à l'envi dans Tâmc du Sauveur, quand pAle, chancelant, méconnaissable, il se tourna versses ApôtreselleM- li» -r Monàtn'"<f triste jusqu'à la mort ' » / N'en doutons pas, noua vuici en face d'un profond mystère, le plus profond de tous ceux que la Passion nous fera parcourir. Partout ailleurs Jésus-Christ s'offrira à nous dans la majestueuse grandeur d'une Victime Divine ; même sous les fouets sanglants et les outrages furieux. Mais ici 1 Que dire quand il semble nous apparaître moins qu'un homme, et quand il n'a plus même la fière intrépidité que déploieront ses mar> tyrs? Pourquoi et comment un pareil état?

P 'Le» raisons abondent, car sans rt .^ nous

r«-- •• Voir eu Jé»u»-Chriikt un Saiiv«ur. Il faut

d'aliord qu'il nous apparaisse dans la réalité entière de iiolre nature : triste, ai nous le sommes, abattu si nous if devenons, secoué par nos épouvantes et nos angoisses etbriaé parnosamèret déaolalioDS. Uesl tout cela à

I MaU.. XXVI, ». Marc., XIV, U.

IHO l'aGONIB au jardin des OLIVBS

Gelbsémuai et c'est là que nous le trouvons le mieux à noire niveau. Non seulement il y est homme comme nous, mais il est homme en nous. 11 s'assimile nos désolations, il les fait siennes, il y môle sa sainteté inflnie, et il y transporte ses propres mérites : « dolores nostros ipse porta vit »>. Saint Paul nous découvre une nouvelle et bien touchante raison. « Il en sera, dit-il, plus miséricordieux ». A sa science divine de ce que nous souffrons il a voulu ajouter celle que donne l'expérience : « ayant tout éprouvé » il deviendra pour les âmes afQigées d'une compassion plus tendre et plus dévouée. Il veut eulin être en tout notre exemple. Oh ! sans doute il y aura des &mes héroïques qui sembleront se jouerdc la douleur, qui y garderont l'assurance et même la juie. Mais la foule ? Mais la multitude des âmes faibles et mal assurées que l'arDiction abat et brise? Quelle vue doui et fortiflante pour elles que celle du Sauveur lultain dans la même tempête et demeurant vainqueur dans le même assaut !

Mais si Jésus-Christ souffrit avec nous, ^uutfnl-il comme nous ? Non sans doute, car, au sein de lr^t: réelles désolations, il ne pouvait néanmoins souffrir qn comme Homme-Dieu. En nous ces secousses de la duu leur sont subies, en Jésus-Christ elles furent libres t volontaires. C'est k son ordre que son âme devint triste jusqu'à la mort. Quand les douleurs de l'Ame fondent sur nous, elles dévastent nos sentiments, écrasent notre volonté, et trop souvent nous éloignent de la piété et de la vertu. Bn Jésus-Christ elles ne troublèrent en rien la sérénité de son àme et rintégrité absolue de sa \niu. Enfin si en nous la douleur, n'a pour cause, la I> !>;> ifi du temps, que des frivolités ou des vir^s, en lu -Christ son origine, son objet et son but, n'étant

L'aGO.ME au JARDUf DBS OUVKS I8i

aulre que son zèle pour la gloire de son père et le salut do genre humain, revêtaient une sublimité infinie.

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