‹ Nos saint évangiles (volume 3)Chapitre 62 sur 101 · I- — C'est à Jérusalem, témoin de ses humiliations · texte numérisé non relu

I- — C'est à Jérusalem, témoin de ses humiliations

• t ilo sa mort, que les gloires de son Ascension devaient

.ipparaitrc. Aussi surlafln de son séjour ici-bas, Jésus

y convia-Uil ses Apôtres. Nous les trouvons réunis au

<:«'na< If qui sera désormais leur asile et le berceau de

IKgliHe, ei un dernier banquet est, au milieu deux,

partagé par le Sauveur. Ils y reçoivent leurs dernières

't le ma 'de conii ' f\

• vec un»- - liblelesjii i . ri-

lares. Mangeant avec eux Jésus leur commanda de

itr j. , rtir de Jérusalem, mais d'y attendre la

/jtu/, l'ère qur vous avez, leur dit-il, ouU de ma

bouche: car Jean a baptisé ttans Ceau, mais vous^

dans peu de jours, vous serez ' ■: ••- <^-ji% le Saint'

A' «/>ri7 *. Fuis, avant d'ouvrir I. u'ul les yeux

> MalL. XXVIII. M.

• Act I. i. 3, 4.

• Act. 1. 5.

208 L A8CKN810!*

de leur esprit sur les vérités révélées dans les Saints Livres, il prit soin lui-même de leur en donner la sabstance. L'Ecrilure entière se rapporte à Jésus-Christ, à son immolation, au rachat du genre humain, à la gloire inflnie rendue au Père. Jésus-Christ s'offranl à la souffrance et à la mort pour i" î" monde : voilà ce que les i

toutes leurs pages. Voici, ajouta Jésus, que s'accomplit ce que Je vous disais quand J'étais encore aire vous, qu'il fallait que tout ce qui a été écrit de Moi dans la Loi de Moïse, dans les Prophètes et les Psaumes s'accomplit •.

En ce moment il leur ouvrit Cesprit et leur donna l'intelligence des Ecritures •. Les pauvres pêcheurs Galiléens connurent alors dans son ensemble, ses détails, ses profondeurs, ses mystères, ses diflicullés de toute sorte, les Livres inspirés, et nous les voyons, dans leurs discours et Ipurs écrils, en rappeler les passages et en fixer le sens. Quant à nous nous savons désormais pour la durée des siècles la règle qu'il fanl suivre dans l'interprétation de la Bible. Cette interprétation n'est pas abandonnée à la fantaisie de chacun : l'Eglise seule a mission d'en élucider le sens et d'y trancher toute difficulté. Chaque fois que l'hérésie a voulu s'affranchir de cette règle et livrer la Bible à l'interprétation privée, elle a abouti au chaos et à l'exlravagance, après avoirpassé par des luttes sans fin eldes confusions sans issue.

C'est désormais à des auditeurs de pleine intelligence que Jésus continua : Voyez, ceri 'illait que le Christ souffrit, quil re^ If s

• I.Ur.XXIV. l\.

« I^c .XXIV. 4rs

L*ASCBNSio:« 299

mortSf le troisième Jotir, et qu'on prâchdt en son nom la pénitence et la rémission des péchés dans

(.■11^ ^'iii'n . / - > I, ir Jérusalem •. Dans ' - ■ .1 ■ ; . 'Ur ces v<''ril<^8 restaient voilées aux Apôlres et quand il essayait de les !' nr d.rni.\ -il i! ' '' >"t d'eux qu'ignorance et oubli. M .M.;, i, >i,; , - . M, il. Mais lu science du mystère 'ic la R<^demption que Jésus vient de leur donner, ils la ! ivenlàleur tour répandre dans tout l'univers. Pour . , vous êtes témoins de ces choses *. Mais cette Il -ion d'éclairer et de convertir le monde est de telle iiaiure, de telle impossibilité aux forces humaines, qu'il '•Mir faut pour l'accomplir l'effusion de l'Esprit-Saint. 'US enverrai le don que mon Père vous a promis », i prit dp Dieu qui vous rendra invincibles, de faibles ' ; i-i luiimes que vous êtes encore. Aussi u'entrepreand œuvre que quand la puissance vous aura . i. iU (ijrlic : demeurez dans la ville jusqu'à rf qnr vous soyez revAtus de la force d'en haut * .

lis mor nrontinent combien cette illumination

et cette fu:. .^ ... étaient nécessaires. Quelques instants

les séparaient du départ pour le Ciel de leur Maltru

aimé. Jésus s'était levé, et, précédant ses apôtres

ui gravi la pente du Mont des Oliviers jusqu'à l'endroit

'(i commence le territoire de Kéthanie *, et eux se rem-

plissaient l'Ame •' '•'sirs d'u^ me

terrestre! Ils res^. • beores" <iù

le ciel allait s'entr'onvrir et d'étemelles splendeurs appa-

i l.ii. YMV |M k".

• I V ^ . ». Aet, I. tL

300 l'ascension

raltre, les rftves jaifs sur la dominalion temporelle du Messie. Maitre^ direrU-ils^ est-ce maintenant que vous allez restaurer la / / ' ' '7 "* J^sus réprima celle curiosil*' si mêl/. wiis el d'ambitions enfantines, si peu en rapport avec leurs grandes destinées. Pauvre nature humaine ! Quand Dieu la grandit magain({uemenl, elle s'obstine à ses hochets cl 86 complaît dans ses riens ! Ces apôtres qui demandent un étroit royaume sont ceux-mômes que Dieu envoie conquérir le monde, fonder l'empire des Ames, dominer les intelligences, dompter les volontés, enchaîner les cœurs, exercer une dominalion que ni rois, ni empereurs, ni conquérants ne purent même rêver *. Mais au sein des grandeurs surnaturelles dont Dieu nous revél, nous ne devons jamais oublier qu'un Maître nuus domine et que d'impénétrables mystères nous refusent leur secret. Ce nV.</ /)a5 à vous, leur dit J^sus, dr connaître les temps et les moments que le Père ti mis en sa puissance *. Laissez à Dieu les secrets de son gouvernement suprême, et remplissez la ^'' sion qu'il s'apprête à vous confier : T" la vertu du Saint-Esprit qui descendra sur vous et vous serez mes témoins ô Jérusalem, d iir li Judée et la Samarie et jusqu'aur rrti - /(/ terre *.

Tel est l'ordre, telle est la marche irartc a j hvaii;;iie. \\ commence par les Juifs pour finir par les Gentils. Il recueillera dans la Judée tous ceux qui se rendront dociles à son illumination et qui formeront le nuyau dr l'Eglise, puis, à mesure que Tensemble de la nation déi-

• Aet, I, C.

• Act.. 1.7.

» Aft.. I, 8

l'asor^ision 301

cide repoussera le salut, il se luurnera vers les Gentils et s'étendra jusqu'aux extrémités du monde.

Jr- - ^.lit ces dernières par^ilcs et étendait les

bni> , uir la foule, quand il s »'*leva de terre, et

lentement, majestueusement, aux regards de tous, gagna env«! '' me nuée les profondeurs du ciel >.

Il avaii le ciel s'était refermé sur lui, que

tous les yeux le cherchaient encore, que toutes les mains s'étendaient vers lui, que toutes les âmes se remplissaient des joies d'une vision si céleste et de la douleur d'un tel •'•l<iijrnemenl.

Ji'sns à ces joies et à cette douleur envoya deux de ses anpes. Ifeux hommes vêtus de blanc apparurent et parlèrent ainsi : hommes de Galiiée, pourquoi rester ici, /es yeujc toujours fixes sur le ciel ? Ce J^svs qui vous a quittes pour remanier aux deux en desceiuira < omtne vous t'avez vu monter*. Vous venez de le voir •i.uis sa majfslé et sou éclat; pins majestueux encore et plus (^datant de gloire il reviendra sur la terre lors de son dernier Avènement.

C'est désormais dans l'attente de ce retour que vivra l'humanilé Chrétienne, adorant, priant, s'emplissant des Joies de l'espérance, rentrant dans le temple pour y prier, dans le monde pour le féconder de ses vertus. Le% Diiciples Cayant adoré, s'en retournèrent pleins

■ ' rusalem et ils étaient sans cesse dans le M i lit 9i bénissant lUeu*.

■ Telle est la scène qui se déroulait sur la terre ; que B ' - 'nit dans les Cieux? Qu'en pour- B lure ne nous soulevait un coin

< Lut. XXI y. 80<(I. Act I. 9.

• ArU. I. ion.

* Luc , XXIV. 91-01. ACLJ. II-IS.

3Qâ l'abcbn8Io?c

dn voile? Elle nous montre notre divin Triomphateur au moment où il pénètre dans les Cieux. Des multitudes d'anges sont \ \ . ' ' f ; cortège. * Ils sont d<-

Psalmiste', et tous ivres de joie ». Et quand ils approchent de la rite de Dieu, ils avertissent les anges qui y sont domeuD's ot un sublime dialogue s'engage entre eux : « Elevez, ô princes, les portes de votre Cité éternelle, et le Roi de gloire entrera. — Et qui est donc ce Roi de gloire? — C'est le Seigneur tout puissant, c'est le Dieu fort, le Roi puissant dans les combats. — El quel est-il encore ce Roi de gloire? — C'est le Seigneur des Vertus, c'est lui-même qui est ce Roi de gloire' •. Mais voici qu'apparaissent sur ses pieds, sur son cCtU', les cicatrices de ses blessures. « Que sont ces plaies •, demandent les anges? » Et encore : «< Qui est Celui-ci qui \ient d'Edom. les vêtements teints de sang » ? Ils le savent, ils savent le grand mystère de la Rédemption par la Croix, ils savent la sortie et la rentrée du Verbe de Dieu dans la chair de l'homme. Et tous, toute leur innombrable multitude, au commandement que Dieu leur en fait, se prosternent et adorent l'Homme-Dieu. « Dieu dit : que tous les anges l'adorent* ! » Et aux cantiques des anges, les cantiques de la terre font écho : « C'est le Dieu très haut, c'est le Dieu terrible, c'est le grand Roi qui règne sur le monde •. ■ Dieu sVK la nue au sein d'une immense allégresse ». « i avec lui tous les captifs délivrés » et « il laisse tomber sur la terre la profusion de ses lai^esses* >.

> PmI., lvii.

• PsaL. XXIll.

• H.thr., 1.6.

• !■ ai.. LXVIl.

ifASCKNSlON 303

Certes nous n'avions pas besoin de celle preuve derni^re pour artirmer la Divinîlé de Jésus-Cbrist ; mais 'lt;menl loules les autres. Il esl Dieu ' -1 par sa propre verlu ; il esl Fil»

de Dieu Celui qui relourne an sein du Père qui Ta engendr<'>; il est Dieu Celui qui pénëlre aux Cieux comme en son domaine propre.

Il esl Dieu surtout Celui qui rouvre à une bumanil^* pécberesse un ciel qui devant elle sYlail à jamais ferm<^. Car si l'bomme pouvait souffrir, le Dieu seul donnait à sa souffrance une valeur infinie et satisfaisait infiniment aux exigences infinies de la Divine Justice.

Mais si Jt^sus triomphe pour nous, il jouit pour luiroAroe, au jour de l'Ascension, d'une incomparable gloire Ce corps que toutes les avanies ont couvert, que tontes les plaies ont déOguh^, qui n'apparaissait plus que comme le t lépreux *, le voilà maintenant environné d'une incomparable gloire, revêtu d'une divine beauté. Les anges sont avides de le contempler, el il fait à jamais les délices des Bienheureux.

Car telle est aussi la conséquence de l'Ascension. Jé-

sus-Cbrisl rend au ciel son plus magnifique ornement;

s chœurs angéliques, « il fait, comme l'avait

' ophèle, resplendir les Cieux'». David ne

s'écriait-il pas « qu'y a-t- il lu eiel sinon vous ? • Sans J> -us il n'y a plus même de ciel pour nous. Car c'est p.-ii lui seul que nous y eDlrona; nous sommes sa conquête, nous qui étions la conquête du démon.

Aussi l'Ecrilure nous montre-t-elle Jésus s'éjevant nu ciel, emportant avec lui les dépouilles arraclues A l'enfer, DOS àines ti longtemps enchaînées dans les bagnes

• Habac. III.

304 LA psirrKcâTB

du péché : « Ascendens in alluiii capUvam duxit captivitatem > . Quand il se présente à son Père c'est pour lui ofTrir en hommage ce riche butin qu'il a payé de son sang, celle famille des élus enfunléeparlui sur la Croix, ce royaume des Âmes qu'il est venu fonder sur la terre. Et maintenant « il est assis à la droite de I>ieun, t vivant toujours pour toujours intercéder >, « répandant • à profusion t ses dons sur la terre », et parmi tous ces dons le plus précieux et le plus nécessaire, qui est son Saint-Esprit.

II. — Selon l'ordre que Jésus liur .ivini rniéré, les Disciples s'étaient renfermés dans le Cénacle pour y attendre la venue de TEsprit-Sainl'. L'assemblée se composait de cent- vingt personnes*: les onze ApAtres : Pierre et Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélémy et Mathieu, Jacques (ils d'Alphée, Simon le Zélé et Jude, frère de Jacques*. Marie, objet dès lors de vénération et d'amour, présidait cette réunion augnsle que grossissait un nombre considérable de disciples^. C'est sur ces cent-vingt à la fois que descendra da(i>- "><'-lques jours l'Esprit-Saint.

Mais Dieu voulait que douze A poires fondasse ul son Egliseet la trahison de Judas avait laissé dans le (^>11**l'i Apostolique un vide douloureux. Pierre que nousu rons plus de voir à la tète de ses frères ..u-

à le combler. 11 pouvait de par son <> ^ luc

désigner l'élu ; il préféra consulter ses frères et Dieu avec eux. Mathias fut choisi et remplaça Judas dont Pierre

> Luc. XXIV, 49.

* Act., 15.

» Ad., I, 13.

» Act.. l, U.

LA pentecAtk 305

retraça la tragique histoire. // était, dit-il, du même rang que nou.<t dans te même ministère^ mais il ■■'I en posae'ision du Champ que non crime avait :.<^uis^ il s'y pendit et de son corps rompu par le milieu ses entraille» se répandirent. Pierre parlait ainsi dans celle Jérusalem pleine encore des témoins du drame: Tout celajes habitants de Jérusalem le savent, et ce Champ a été appelé dans leur langue Hacel. 'Inuia, • le Champ du sang • *.

Opendant le jour de la promesse approchait; les Apôtres et les disciples assemblés au Cénacle ne ces- ^lU'Ul d'appeler l'Espri ^' le leurs vœux, et ces vœux funiil fiiliii comblés. > //, des hauteurs du ciel>

un bruit formidable se fit entendre qu'on eut pris /jour f'apuroche d'une tempête et dont fut remplie la ni'iis.iu < /i/irre où /oii.s- étaient assis, lui m*^me temps se vit comme un feu d'où se détachèrent des tangues rf ■ " "inirs qui se posèrent su ' /// deux. Tous à furent remplit de il. ^ tint *.

Oi' notre éial acluel, ne peut être vu de nous

T" '"«'• forme sensible. Le Verbe se fait <^hair, et

•• nous devi«>nl visible. A son lour, l'Espril-

fail précéder du souffle de la tempête et se

u. ....... ,i nous sous l'apparence du feu. Au Baptême de

Jésus-Christ, c'est la Colombe qui plane; au Thabor, c'ékt la Nuée lumineuse qui enveloppe; au Cénacle c'est le feu qui se sépare en langues enflammé*'»: oi .^.^ ■•.•■..,<(. sur chacun des usitUnU.

1"' ^««nt, pourquoi le bruii , ;.!••,

•'l I ' ' p;ir la i»'inrM*l«*, «'l Ji'm 1»«-

* Act., 15-fti.

• Kt\., II 1. t. X 4.

306 LA rFre-ntcôm

mAme mise en émoi par le miracle ? Toul cela préHgur •

le vaste ébranlement que va sabir le monde, ^immen^'

commotion que l'K . '

peuples; car, ninsiqu ' .

voix retentit d'une extrémité à l'autre du monde ». S

nous nous ronfermonî? dans un sen- ' lut, le

souffle dont le C<^narle fut rempli ava. i »n de

réveiller les attentions et de disposer les Ames à la venue

du Divin Esprit.

C'est c soudain » que ce souffle impétueux s'élève. Car les dons de Dieu précèdent toute initiative humain*l'action de Dieu est aussi spontanée qu'elle est imp«tueuse et irrésistible. Quand le souffle de la grAce fuit irruption dans une Ame, d'admirables effets se produisent sans y avoir été préparés.

Ce souffle impétueux venait des « hauteurs du ciel >< . D'où pouvait venir TEsprit-Sainl sinon des inarro-^sibles profondeurs du Ciel ? D'où vient la grâce sinon d'en haut? Et nous-mêmes où allons-nous, quelle est notre destinée, sinon de nous élever à c«8 hauteurs d'où Dieu daigne lui-même descendre ?

C'est sous l'apparence d'un feu que l'Esprit-Saint fut donné à Marie, aux .\pôtres, aux Disciples, l tères abondent ici. Le feu, par son éclat, sa 1 . a agilité, sa course irrésistible, représente admirablement Di' ' ■ . Aussi est-ce au milieu

df- - niné que Dieu apparaît à

Moïse. Si la Loi Ancienne donnée à Israél lui apparut sous un éclat terriÛant, il convenait que fût plus lumineuse encore la Loi Nouvelle dont les Apôtres étaient pour le monde entier les glorieux transmetteurs. C*est le feu qui marque le plus souvent la mission des Prophètes. C'est avec un charbon ardent que sont puriflées

LA PEîrTBCi'iT» li07

les U>rres d'Isaïe. « Elic, dit rEcclésiasUque, s'éleva comme un feu ardenl, comme un brasier qui dévore » ; el c'est sur uo char de feu qu'il dispariU dans les hauteurs du ciel, t Dieu, dit Jérémie, Ht pénétrer If feu dans mes os, et ainsi m'instruisit-il ■>. Et que disait le Sauveur lui-m<^me, annonçant le vaste incendie de fui et d'amour dont allait être embrasée la terre ? ' C'est le feu que je suis venu allumer dans le monde et ••3t ma volonlr sinon qu'il brftle ?» Le vrai feu <; -lie Saint- Eiiprit.

Or, au jour de la Pentec«'ite, ce feu se sépare en langues enflammées qui viennent se reposer sur la IHe des Apôtres et des disciples. Pourquoi cette forme de • langues • ? Nous sommes faits à l'image de Dieu et en nous la langue manifeste au dehors ce que nous avons pensé au dedans.Qu'allait-il se passer dans le monde? La solennelle divulgation des pensées de Dieu. Et par quelle I -0U8 quelle inspiration? L' Esprit-Saint

les Ap^lres devait être la langue de Dieu. Notre langue a une autre mission encore que eelle do la parole, •"" *■ ' nifue les saveurs bt'uignes el salutaires des sa\ . --aines et empoisonnées. Ainsi fait l'Esprit-Saint dans nos Ames; par lui nous guiMons les choses du ciel et nous repoussons les voluptueux attraits de la chair et du mond«. Knfln qui ne sait quel mal ter* riM*>ou quel .' «>st la langue? Les désastres qu'dle cause i^..»... .... Jucation a été pervertie, Tédi-

flenlion qo'dle répand quand tes inspirations sont sages et saintes f L'Esprit-Saint apparaît sous la forme de Uncriii.* pour nous faire entendre que lui seul sait diri^r er nos paroles.

Kl hi ces langues de fea • te posent t sur li!> rrniii>, n«)UH devon<(tMiroiirlure quelle sera la stahiliti iniiniiahlo

306 LA PKNTF.C'TE

de la prédication Evangéliqae, el le repos où elle établira nos Ames. Pout-Mre est-ce aussi pour laisser pressentir que les Apôtres furent, dès le jour de la Pentecôte, confirmés en grâce.

Beaucoup des divins phénomènes que nous venons d'énumérer restaient cachés dans l'intime de l'Ame, ou ne devaient se manifester que plus tard. Mais un grand miracle éclata dès lors el jeta Jérusalem dans une stupéfaction profonde. Au bruit extraordinaire que le souffle tempétueux avait fait, une foule énorme était accourue et entourait le Cénacle •, et à celte foule venue de toutes les parties du monde les Apdlres et les Disciples, hommes sans lettres, parlaient à chacun sa langue propre : Tous étaient hors deux-mfimes et s'rcrit^rrnt <!<in^ leur stupéfaction. « Ces fjens qui parlent ne sout-i ,■ pas des Galiiéens ? Comment se fait-il que chacun de noua /es entende dans sa langue propre? Parthes, MMen^ Elainites, Mésopotamiens, Juifs, Cappadociens, habitants du Pont, de CAsie, delà Phrygie, de la Pamphf/lie, de rEf/f/pte, de la Lybie Cyrénaïque, Juifs et Pros/h/tes. (Cretois et Arabeis, nous les rn/endons tous publier en notre langue les inertjeiUes dr Dieu n. Et dans leur épouvante ils demandaient l'un à r autre : * Qu'est-ce ceci * ? »

Ces rumeurs et ce mouvement des foules ne demeurèrent pas longtemps cachés aux Pharisiens et aux Princes des Prêtres, et leuf déconvenue fut grande. Alors qu'ils se croyaient débarrassés pour jamais de Jésus, «le i.;» rti^itiii'' "1 •'.' >;«>ti miracles, cette Divinîii' r/'.iiiii.irjii'i.

' Arl .11. 6.

• Act.. II. 4-12.

LA PEXTK«:ÔTE 300

- 1 I - •lutianle que Jamais dans les miracles de ses li> .,;..■«. (Jue faire ? Nier iHail impossible devant une pannlle foule qui voyait la merveille. Us reprirent leur

''nne tactique, mais plus maladroitement que jamais.

1ère ils rejetaient sur des malélices les miracles de Jésus-Christ ; ici ils attribuèrent à l'ivresse le don des langues, et préférèrent, comme le feront tous les incrédules «Tec eux, une absurdité aux lumineuses conclusions de U foi. Ces hommes sont ivres y dirent-Us ' !. La réponse ne se flt pas attendre et elle fut écrasante. Us n'avaient plus devant eux les hommes timides, illettrés, sans défense, qu'ils avaient connus. Le miracle de la Pentecôte les avait transfigurés. A leur pusillanimité première avait succédé une irrésistible force ;leurignontnot^ faisait pkce «ux vives illuminations de la doctrine , Ips Kcritures Sacrées n'avaient plus de secrets pour eux; et ces hommes si lents à croire à la divinité du Christ et tout n'r.inini'iil «iir.ire à sa I ' lion, les voici,

coiiiiii*' !•■ <iir<i ^aiiii Paul, • toi , delà Divinité ».

Us en ont la céleste ivresse, si ivresse il y a. Paroles, actes, vertus, souflriinres, tout en eux devient miracle de sainteté et d*efncacité. Pierre, leur Chef, prend la parole et, découvrant à la foule et aux pharisiens qui l'écoulent les secretsdes Ecritures, il leur montre ruminvux rv qui arrive était dès longtemps prédit, comment l'cffusiun de l'Esprit^Saint était annoncée, et surtout

rniiiiniTil la dutihli' ^av • ••■•"■• ' ■ '•• .-■>•:; : -Titne

du iiiir.K le .i(i|)iii<- ;; «lo

Jésus. • Ct Jésus de Saxarethy dont vous a9ez cott» ,. .....ij 1rs prodiges et les merveilles^ que tous avez

, i et fait mourir, . . . bieu Va ressuscité, . . ,

• 4ct.. 11. 13.

que toute la Maisim (Cisi lU . ,iU U* certainement que ce Jéfsus crucifié par vous^ Dieu i'a fait Chris ' et Seigneur •. Miracles et propb/'lies formëient ui invincible endcmble de preuves, uuxqui-lles lu parolt de feu de TApâlre pn^lail une chaleur et une lumière nouvelles. Trois mille i - se rendirenl à l'évi-

dence, reçur»'nt If lianir-!; n'-r-fnt I*' prcmiéT ii.ivnii

de l'Eglise ='

Bientôt un éclalaul miracle, la gucnsuii lusla boiteux de naissance accomplie devant tout i' , , plus encore peut-être de nouvelles prédications de Pierre . amen^rc•nl h J«'sus-^'' i n très adorateurs ^.

L'Ejflise do Jérusah'i,

iii. — La lian>f«)i-inatiMii de ces jirrmiri Foi ardente, \v\\v> vt-iius h'rMi.^ufs, leur • vreté, leur incessante prière, ne constituaient para"' '~ '-=; merveilles dont Jérusalem était le tbr. c 1. raient dans la doctrine des ApAtres, dm. .

communion de la fraction du Pain, et dans la prière. Us vivaient de la même vie. Entre eux tout était commun ; ils vendaient leurs biens et en distribuaient i< prix aux nécessiteux selon les besoins de chacun. Chaqui; jour ils se rendaient au temple. . . Ensemble ils louaient Dieu, aimés de tout le peuple. El de jour en jour le Seigneur augmentait le nombre de ceux qui trouvaient le salut dans cette communauté sainte » *.

Cumme en l'humanité déchue le mal doit toujour- • mêler au bien et les vices aux vertus, les Ap6l^e^

> Aet.. 11. 14-46.

* Acl., 11,38, 41.

» Ad., III. 1. II. IV, 4.

' \r\ IV .T.», 35.

Lr.> i'nr,Mir.n> n'il»> i>». I. KitLI^K •411

:<-vaM;nl parfuii» i>i*vir, cuinme l'ierro le til pour Sapbire

[ Anaaie. .Mais la crainle devenait olurs la piiissuuU!

lire de rarnour. * ' 'irisl élail d'autuiit plus

... daus celle adioiia-,. i.^.-e que ses cummandc-

icnls élaieDl plus respeclés. D'ailleurs pour nu

!•' sévt^rilécombiendebienfaisanlesiii ?

paris les miracles éclataieul daus J . :>i.

Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur allait sans cesse grandissant, de sorte qu'ils apporUiient les Inflnnes sur les places publiques, les posant sur des gca its et des lits, afin qu'au passage de Pierre, son omlut- " 'ils fusseii'

1 >s une III

lient à Jérusalem, amenant leurs malades et leui^ l Ettousélaieiil '.

dtion du peup >ii d'égal que la rage dc^

tdbédntes. Impuissants à nier, les Scribes, les Princes

' - ''" ■ ' !•-•♦ Tilphe en t<^te, s'im

iie naissant sous 1 •

de la persécution. « Que ferons-nous de ces gens,

• lii-ils dans leur conseil, leur miracle est connu do

)it Jénisalem, il est évident, et impossible à nous dt<

que tout cela ne se divulgue pas davnn«

' it iidons à qui que ce soit de parier au nom di*

". A leurs menaces Pierre et les aalres répuu-

par de nouveaux miracles et de plus puissantes

allons '.

Alors vinrent aux Apôlret les tribunaux, les chaînes, N, que leur Maître leur avait si rlair> Naguère iU in>in}i!a •ut : maintenaui ...

• Ad.. V. 14. 16.

• A.l V VI

•il 2 i.r.> i-HKMIKRS JOl RS DK lV^USK

exullaienl de joie d'avoir vlé Irouvég dignes de souffrir pour le Nom de Jésus ». D'ailleurs les prisons où on lr>8 cnferinail devenaient le théâtre de nouveaux pro<i les anges en ouvraient les portes, en leur enjoi^..a... d'aller au Temple prêcher Jésus-Christ '.Et quand on les amenait devant leurs persécuteurs, Pierre en leur nom à tous faisait la réponse qui est restée celle de l'Eglise à travers les siècles : 1 11 faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » '.

Un sage appréciait dès lors l'Eglise, sa divine origine, sa mission céleste, la preuve qu'elle donnait d'elle-même par son indéfectible -vie. « Laissez-faire cesgen-" ' lit Gamalicl au Conseil des Sanbédriles, si cettt- 1

humaine elle tombera, ù elle est divine, vous ne pai viendrez pas à la détruire, et c'est contre Dieu même que vous vous élèverez » *. Si cette manière de raisonner était déjà juste à la naissance de TEglise, combien plus l'est-elle après l'expérience des siècles ?

Mais l'orgueil humain ne l'u jamais voulu comprendi' Les persécuteurs s'acharnent aujourd'hui contre l'œuN ; de Dieu comme ils s'y acharnaient à Jérusalem, uu temps dHS Apôtres. Bientôt un autre illustre Saint concentra la fureur des Sanhédritcs. L'Eglise, en grandissant, réclamait, même pour les besoins matériels «)•ses membres, de nouveaux ministères. Les diacr* venaient d'être créés, et parmi ces diacres, un hh»magnanime faisait l'admiration des croyants. « Kti* >>>" rempli de grâce et de force, opérait des prodi. d'éclatants miracles parmi le peuple* ». C'en était liu|>

« Acl., V. 17, 18, 19, ». «I, i7.

• Acl., V, 34. 40.

♦ Acl., VI,«.

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