L.\ TJIANSKJGIHATION IHl
L I uni 1.1 • Musolalioa donnée aux âmes que ludoclriuc du Calvaire veiiail d'aballre. C'i'lail la vivante explication de rtuigme qu'il avait proposée: Quiconque perdra sa ' i'- pourMoi et pour VÈvangiUy la sauvera... Car i que le Fils de f Homme doit venir dansla gloire 'Ir son Père ' . Mourir avec Jésus-Christ, c'est surgir à /i -'loirc avec Jésus-Chrisl. Sacrifier le temps, c'est uiier rélcrnité; perdre des biens périssables c'est > i-surcr d'étemelles richesses.
I. \ ■ la promesse de sa Transfiguration et Taccuiiij . :il, Jésus lai>sa quelque intervalle : il fallait
donner aux Apûlrcsle temps de la méditer, de la désirer, de s'en préoccuper, afin qu'un aussi grave événement no passât pas inaperçu, mais se grav&t pour toujours dans leur souvenir. Ainsi en fiU-il, puisque nous entendrons plus tard saint Pierre fonder la foi en Jésus-Christ et l'i-spémnce de la ^'loiro future sur la vision merveilleuse; dont il aval: l'babor. « Ce n'est pas, écrU
vait-il aux premic; c.s, en suivant de doctes fables
que nous vous prêchons la puissance do Notre-Seigncur Jésus-Christ et sa présence dans le monde, mais c'est après avoir contemplé de nos yeux sa divine Majesléi •lor» que couvert de gloire par Dieu son Père, il reco- '^ de la Voix sortie 'les
. - ... disait: Celui-ci est moi i i umé
dans lequel Je me suis complu ; écoutex-Io. Celte voix
' Mail , \» i, -- :.
18i LA TKA.^SKIGtHATlUN
nous l'avons ouîo venant du Ciel, alors que nous étions avec Jésus sur la monlngnc ».
Quund arriva ce grand inira«ii . oi\ j. u>. dit buinl Matthieu ', apri>s le départ de Césarée de l'hilippe; huit jours, dit saint Luc * qui ajoute aux six jours pleins le soir de l'arrivée au Thabor et le malin où Jésus on descendit.
Tous les Apôtres ne furent pas admis au divin spectacle, mais trois seulement : Pierre, Jacques et Jean. Dieu suivait en cela sa marche ordinaire et ici comme partout et toujours révélait sa gloire par des témoins choisis et en petit nombre. Douze Apôtres seulement devaient fonder l'Eglise et subjuguer le monde ; trois d'entre eux devaient avoir un avant-goût des gloires du ciel.
Peut-Atre cslil téméraire de rechercher pourquoi ces trois sont choisis de préférence aux autres ? i*eut-étre aussi pouvons-nous en découvrir quelques raisons. Pierre, Jacques et Jean, seuls des Apôtres, allaient être les témoins de l'agonie du Sauveur à Gethséiuani : spectacle terrifiant ; vision déconcertante cnlru toutes ! Un homme Dieu tombé tout à coup des hauteurs de sa forco dans d'incomparables faiblesses, dansd'incompréhcnsiblesabatlemenls, «. triste jusqu'à la mort », n'offrant plus aux yeux que l'aspect de la plus miséraldc et de la plus brisée des N vision du Thubor sera la contrc-j»
anéantissements de (iethsémani. D'autre part, ne irouveriuus-nuus pas en chacun des trois Ap«'»tres quelques tilieb lus désignant au choix de Jésus ? l'ierru venait de
> Malt . XVII. I.
r.A TRANSFIGURATION |S3
*'■''" 'i Christ, linpé-
^ ix, il raclieUil
i-fauts par un arUenl amour, et c'est de cet amour
luiiiit. que jaillissaipnl presque tous ses méruils. Puis
J.-u-i !«» voyait dans raballemcnt et la tristesse où venait
la sévère réprimande de son Maître : « Satan,
. iwi^^ii. -i.ji ! Tu ne sais rien corr- - ' •■ aux choses de
Dieu ». Il fallait relever cette âi le, et rien ne la
lit refaire autant que la vision du Thabor. Pierre,
urs, était désigné pour être « la colonne de la
- », le fondement de TËglise. Sur lui reposait le
or la pierre angulaire du Credo est
... j, -iis-Christ, fondateur de notre foi.
ni nous étonner de voir Jean au Thalxjr? Jésus-
- dit : « Bienheureux les cœurs purs
;il Uicu » ? A l'Apùlre vierge il semble
ent plus qu'aux autres la vision du Christ le. Il en gardera la hauteur de vues,
-i, qui marquent son i^vangile et son
«et Pont fait nommer l'Aigle de Fathmos.
ir.-,(.,,,i\.T...;--i!,,.iv i.i : '{ues? Resté au milieu
, i i-i i- 1.' il.' i l.ga■^.• d>.r Jcrusalem, set longues
innées d'apostolat furent particulièrement dures et
' I irrates. Les haine^ ' e oMêèrei •>,
, cumm«i le Sau>> ■• cooccni m
leituremémedesa taioteté et de ses bienfaits. C'est
pour complaire aux J ' î* î.- persécuta si
ftirientemeni, et c'c<»t p •■ ment combat lu
•ur la foi que. le premier des ApAtret, il subit le
■ iiarlyre.
Vulnnt donc qu'il ett donné à nus faibles pensées de
> pens4'eH divines, nous pouvons nous rendre
Il quelque OMuière, dn eboix des trois Apôtres.
184 LA TRANSFIGUHATION
D'ailleurë tt'tls fureDt, un momenl, trois à connaître la vUion merveilleuse, tous les autres l'apprirent au jour
de la Uésurreclion et en forlififcrent leur f- • <■ et
leurfoi.Commeeux-m^mescnfortiÛèrentlu! lise
entière.
Car nous diminuerions étrangement la portée d'un tel miracle si nous le pensions destiné à la consolation des seuls Apôtres. En réalité, Dieu en faisait l'illumination et la joie de tous les siècles et lui donnait un but multiple, digne de sa sagesse et de sa bonté. Ce sont nos destinées éternelles qui se montrent, notre Royaume céleste avec ses béatitudes et ses gloires qui étincelle devant nous. Ce que nous apparaît Jésus-Christ, nous devons l'être, et saint Paul a soin de nous affirmer « que nos corps, refaits selon le modèle de celui du Christ, ressusciteront dans la même splendeur et la même beauté ». Un autre but de la Trans " i est de
mettre en scène, de dramatiser, pour a •■, l'afllr-
mation si souvent énoncée, si puissamment appuyée de la Divinité de Jésus-Christ. Sa vie entière montrait qu'il était Dieu, ses miracles ne cessaient de le proclamer : Pierre éclairé d'en haut venait de le confesser solennellement : au Thabor celle Divinité se montre ; elle se montre dans l'éclat dont elle inonde l'humanité. Le mot del'Ëcrilure se réalise: « Invisibilem tanquam videns • ; c nous voyons de nos yeux le Dieu Invisible ». Disons pour résumer que les trois vertus qui servent de fondement à notre sanctification entière, la Foi, l'Espérauce, la Charité, trouvent au Thabor leur plein épanouissement.
Comme aucun détail n'est minime ni h négliger dans les œuvres divines, demandons-nous pourquoi Jésus-Christ choisit une haute montagne et une piontagne solitaire
LA TRAIfSnGURATlON 185
•^r? Le Sauveur aimail la soiiiud»- des là que souvent, apr«'S les labeurs du jour. Use relirait pour prier. C'est làqu'ilniinailà réuuir ses I»- ■- ' - - V - '-plenir du Royaume de Dieu. Sur 11' il fit au peuple assemblé le
long et admirabic discours qu'il ouvrit par les t Béatitudes • . C'est sur le haut d'une montagne qu'il distribua aux foules, assemblées pour l'entendre, la mira- ' culense nourriture. Sur la montagne des Oliviers nou»; le voyons verser sur Jérusalem des larmes aroères. Presque tous les grands événements de sa vie ont pour thi-Alre une montaL'ne. Quand il inaugure sa vie publique pr son jcilne de quarante jours, c'est dans la solitude abrupte du « Mont de la Quarantaine » que nous lu •'lire. Quand il soutient contre Satan le dernier
u wmbats, c'est sur le sommet d' « une haute mon-
Uene ». Il choisit pour y mourir le sommet du Golgolha; Ml de la r des Oliviers il s'élève majes-
-icnl dans .i \, au jour de son Ascension.
N'était-ce pas natur>*l qu'il choisit aussi une monil de donner à trois de ses ApA- <le la i:! irt- dont il jouit dans les Cieax T
Ar^'' - !«• <..if 1 I ,!■ .; - («n
gra\. M fi l.ii».>... . A '.'■ii'^ i'\-~<' apô-
tres, il se mil en pri6re. Jésus avait pris avrc lui Pirrrr, Jacquet H Jraik II in c' ' '' '<. àTécarf, sur une hautv iitoii!agnr et / prier. C'est du-
rant celte priJ^re que le grand miracle t'accomplit. Veii- (ittnt qu'il priait il fut transfitjuré. Son visage resjilriulit romme le snlril, ses vêtements ttevinrent comme la neige lorsqu'elle réfléchit une '•ur blancheur était telle que nul fou-
1H6 LA TRA!<Sn(irnAT107i
Ion sur la terre ve la pourrait obtenir *, Jésus-Chrisl ne prenait pas un autre corps, comme le prrtendronl certains hérétiques, il ne touchait pas à l'harmonie de l'Incarnation, il permettait seulement à la Divinil*'- d'irradier et de communiquer sa gloire à la nature humaine. Il montrait ce qu'eût été h tout instant un Homme-Dieu, si sa volonté et les exigences de l'expiation n'eussent reroulé la gloire qui lui était essentielle. La Transfiguration au Thabor est figurative de la gloire possédée par Jésus-Christ c dans son Royaume », au plus haut des Cieux. Tel ses Apôtres ravis le contemplèrent, tel nous le contemplerons nous-mAmes éternellement.
Jésus-Christ n'était pas seul au Thabor. Les Apôtres en se réveillant virrnt Jt'xus rayonnant dr f/loirr ft^ avec lui deux personnages d une imposante majesté. Cétairnt Moïse et Elie *. De nombreuses et graves raisons motivent la présence des deux Saints illustres des anciens Ages. Jésus-Christ apparaissant dans l'éclal de sa gloire au milieu d'eux, comme le Roi au milieu de ses ministres, comme le Souverain au milieu de ses sujets, les Apôtres entrevoyaient clairement sa supériorité sur ce que le ciel et la terre possédaient de plus haut et de plus parfait ; il était le Dieu de Moïse et le Dieu des justes et des PropliMes. Une rumeur déplus en plus persistante circulait dans le peuple, habilement exploitée par les Pharisiens, et dont les ApAtres euxmêmes avaient un instant pu s'émouvoir : c'était de no voir en Jésus-Christ qu'un prophète revenu sur la terre, un Elie quelconque, chargé d'annoncer l'Avènement prochain du vrai Messie. Au Thabor, la réalité s'adlrme.
< MaU.. XVII. I. 2. 3. Marc. IX. t, 2. Lac. IX,SR,29. » Mail.. XVII, .T Marc. IX. .3. Luc, IX, 30.
LA TRANSnOCRATION 187
Le Messie c'est Jésus-Chrisl qu'une gloire divine fait ^•tiaccler : Blie est, comme Moïse, son serviteur. Acdlé
■ t mis en circuLilion ! une, la plus perfide, était de faire de Jésus-Christ Tcnnemi et le destructeur de la Ix)i de Moïse : Moïse vient au Thabor d«'lniire par sa présence cette odieuse accusation. Mais une autre encore ne cessait de poursuivre le Sauveur, s'attachait à ses actes comme h ses paroles et allait bientôt fournir à Calphc le sujet d'une condamnation à mort : Jésus-Christ, n'étant qu'un homme, se faisait passer pour Fils de Dieu ! Ils ne cesseront plus de lui jeter cette accusation à la face. De là le rayonnement du Thabor, Téclat divin qui transfigure Jésus-Christ, la voix du rère qui le proclame « son Fils •. Ce que les mirncles ont tant de fois prouvé la Transfiguration le met en s(«''nc et le dramatise ; et afin que cette divinité apparût dans une réalité plus complète et que Jésus- Christ se montrât bien le Maître souverain de la vie et de la mort, la vie fut, au Thabor, personnifiée par Elie, la mort par Moïse.
Mais le mysl(>re de l'IIomme-Dieu ne se limite pas à M >' lui est essenlirlle, l'expiation, la
sonlî àont voulues de son cœur et décrétées dans le plan de la Rédemption. La Passion et U mor' -«l désormais riuccssanlc préoccupation de Jésu i ; son âme en est sans cesse remplie ; sa Joie mystérieuse, ses ardents désirs, se renferment « dans ce sanglant baptême », dans « cette Pàqne >, dans ce « passage », d'où sortiront à la fois la glorification de son Père, le salut des hommes, sa propre élévation m an-dessos de toute créature ». Saoi eetse U en parlera à sas ApAlres. il le prédira k ses ennemis, «>t
488 LA TRANi^nr.URATlON
c'osi encore do celle pngsion et de celle morl qu'il sVntrclienl sur le Thabor avec Moïse el Clie. «7/5 parlainii de sa sortie de ce monde qui devait s'accui/ipltr à Jérusalem • ». El ilsélaienl sur un tel sujel les inU-rloculeurs nalurcls do rilomme-Dicii, U(''dcinpleur du inonde par sa inorl sur la croix. Moïse avvil héroïquement affronté les fureurs de l'Egypte et sauvé son peuple par sa constance h souffrir, « portant, comme le dit saint Paul, l'opprobre du Christ », devenu l'image du Sauveur chargé pour le salut du monde de son ignoroineuse croix. Elie avait résisté à l'impie Achab cl scrUé de son sang la foi qu'il annonçait au milieu d'une nation prévaricatrice : tous deux apparurent au monde faibles, désarmés el pauvres, préludant par leur dénûment à la pauvreté de Celui « qui n'avait pas où reposer la léte. Les Apdtres, en contemplant et en entendant ces deux sailli T' .devaient, selon les vues de î»
rapp : lus pour les imiter, leurs sou
pour les reproduire, aller même plus loin qu'eux dans la voie de la perfection et les héroïsmes du martyre. Plus doux que Moïse ils opposeront aux sanguinaires perfidies des Juifs une plus constante patience, et s'ils s'oublient jusqu'à demander, à l'imitation d'Elie, que le feu du ciel tombe sur une région coupable, la vive réprimande de leur Divin Maître les rappellera aux plus héroïques mansuétudes de l'Evangile.
\jRs Apôtres, endormis d'abord durant la prière de Jésus', sY'taicnt réveillés à l'éclat de la Transfiguration. et, ravis, hors d'eux-mêmes, contemplaient en extase la beauté de Jésus, la douce majesté de sa face, la lumière
I MaU.. XVII, 3. Marc. IX, 3. Luc, IX. 30. 3t. •Luc, IX. 32
LA TRAWSnCUItATIOM 189
qui l'inundait, l'I so ivpaodanl sur ses vMements leur donnait des rcflcls d'une incomparable blancheur. Ils se taisaient, sauf Pierre qui n'y tenant plus s'approrha de Jésus et lui dit : Mrtitre.^ il nous est bon dèlre ici ; si vous le voulez, dressons-y trois tentes, une pour uous^ une pour lUoîse, et une pour Klie k
Que voulait-il dire ? Le savait-il lui-m^fmc ? Non sans doule puisque selon la remarque d'un Rvnnc:élisle, il Jir sarait trop ce qu'il disait, mais néanmoins ses paroles répondaient à un état d'Ame et de secrets désirs, où, n travers ' lérenres et les erreurs, quelques idées
tUes se t jour. Pierre n'avait pas répudié Pins-
tinclivc horreur que lui avait causée l'annonce de la pas- ■ 1 mort de Jésus à Jérusolem. A tout prix il r les dangers, fuir une Judée déïcide, soustraire à la fureur des Pharisiens le Maître qu'il aimait si éperdument. Pourquoi quitter la délicieuse solitude du Thahor et renoncer à la sécurité qu'elle présente ? C'est le ciel sur la terre : pourquoi ne pas s'y flxer ? Là est ton erreur, û Pierre! 0 npôtrc inintelligent des voies de Dieu 1 Le temps actuel n'est pas K la sécurité ni aux délices, il est aux soutTrnncos et aux combats. Quand ton Maître t'a dit fi ouvertement qu'il devait se rendre à Jérusalem pour y mourir, que parles-tu de gloire, de repos et do dé: ' is encore que viennent faire des tentes lég^-
rcs ^ . ... ..aes, alors que Dieu, de sa propre main, nous
bAlil « d'étemelles demeures dans le ciel • T Tout est incohérence dans ce que dit Pierre. 11 avait confc8^é huit jours auparavant que le Christ était Dieu ; au Thabor il le contemplait dans un éclat divin et Moïse et Elle notaient que let terviteors et tes sojets, et main-
• Loc.. IX. 3}. Mare., IX, 4. HaU.. XVII, 4.
190 La TRANsnr.i;RATioR
IcDanl il élève trois (eiiles égales, saus distinguer qu'un Dipii ■ * e que soi
M' I iraient, Fp . i.uteDcore,quand
tout h coup une immense nuée lumineuse les enveloppa tous, eux et Jésus ; et du sein de la nure une voir xe fit entendre : Celui-ci est nwn Fiùs bien -aimé en qui Je me suis complu : Ecoulez-le ' .'
Dieu, durant le cours des &ges, s'était choisi la nu«>c comme le voile qui le dérobait aux regards, main uu travers de laquelle il parlait à la terre : nuée sombre et lerriflnnte quand il voulait montrer ou sa puissance ou son courroux ; nuée lumineuse quand il apparaissait en Père dans sa douce sérénité. Quand au Tbfiî>or Dieu se fait entendre, Moïse et Elie se sont retirés, les serviteurs ont laissé la place au Maître, toute gloire humaine, toute vertu créée, s'efface devant Tétemelle et infinie perfection du Fils de Dieu.
Celui-ci est mon Fils bien-aimè en qui je me suis complu '. Sur qui tombent ces paroles? Sur « THommc de douleur », sur la victime ■ broyée pour nos crimes, couverte de plaies livides pour nos iniquités m.O profond mystère ! Il est c Fils bien-aimé • et il est par son Père voué à une carrière de douleurs que terminera la plus épouvantable des morts ! Craindrons-nous encore la souffrance, et, quand elle nous arrive, nous croironsnous abandonnés de Dieu ? La croix du Christ nous sera-t*ellc un scandale comme aux Juifs ? Verrons-nous dans sa Passion une marque de faiblesse ? Ecoutons la voix du Tbabor, c'est elle qui fixera notre foi, en nous montrant la force dans la faiblesse, dans l'humiliation la gloire, dans le Crucifié le vrai et bien-aimé Fils de Dieu .
• MaU., XVII. s. Marc, M. 6. Lac. XI, as.
* td.
Pour quoi cl en quoi « Bien-aimé ? • Jt'-sus esl le Bienaiin»'* du Père, d'abord parce qu'il fsl son Fils, son Fils unique, son image qui reflMe d^unc façon vivante et infinie son infinie beaut<* cl ses infinies perfections. Mais ce n'est pas seulement comme Dieu que J»''sus-Cbrislesl le « bien-aimt- » de son Përc, c'est comme Homme aussi. La Sainte Ilumaniti* du Verbe Incarné est le clief-d'œuyrc de Dieu ; t tous les trésors y sont enfermés, >» tous les charmes y affluent, Jésus << est le plus beau des enfants des hommes *, et c'est sa beauté, môme humaine, qui ravit le regard du Très Haut.
L' "' '. Dieu nous donne donc Jésus-Christ
comme docteur et comme inspirateur. La terre entière l'écoutera, toutes les nations seront instruites par lui, et ceux là seuls qui se soustrairont à ses enseignements demeureront dans l'ignorance et l'erreur. Durant quatre >s le monde a reçn des Patriarches, de Moïse, des I urs, de la Loi, la doctrine du salut : désormais
c'est Jésus-Christ et son Eglise qui prennent leur place, Jétos seul et son Eglise qui devront Mre écoutés.
L« nuée enveloppait les Apôtres d'un tel éclat, la voix de Dieu les terrifiait à ce point, qu'ils tombèrent la face contre terre, non point en arrière comme Héli et d'aalres coupables qu'une sentence terrible fait tomber à la renverse, mais par devant, comme les heureux témoins de la gloire divine, que l'extase et le ravissement tiennent dans l'adoration la plus profonde. /y.« disci' plei rnirniiant cette voix tombèrent ta face contre terre, frappés de terreur^.
Mais déj?i la vision avait disparu, la voix était éteinte, tout sur le Tbal»or était rentré dans le calme et le silence;
> Mail.. XVII. %. Karr.. M. 6. Ue.. XI. S. * MaU , XVIi.O. Luc , IX. .U
seuls, les trois Apûlres demeuraient dans leur niueltc r ' ''»n. Jésus s'approcha d'eux, les toucha, et, en iranl, les releva: Levez-vous, ne craiginz nen ! Us regardèrent et ne virent pins que Jésus seul » .
Ne voir plus que Jésus, c'est l'état des Ames élevées au sommet de la perfection. Le monde et ses splendeurs, l'orgueil ol son faste, la chair avec ses fascinations, l'or avec ses ivresses, ne sont rien pour celui qui n'a plus dans son cœur et dans son regard que Jésus, Jésus tout seul. Le Saint s'écrie avec l'Apôtre : « Ma vie, cVst le Christ ! « ou, avec le Psalmiste : « Au ciel qu'y a-t il pour moi que vous, et hors vous qu'ai-je voulu sur la terre ? »
II. — Le miracle de la Transfiguration avait eu lien la nuit ou à l'uuhc naissante. Aussit«>t après, Jésus et les trois Apôtres redescendirent la montagne. Dorant le cliomin, le Sauveur leur fit uri' ' ' d»« ra
tuiiler ce dont ils venaient <1 - .^mes
étaient impropres encore à des révélations si hautes, et c'était par degrés que la pleine lumière les devait éclairer. EiH-on compris cl admis un Fils de Dieu, splen<lcur du Père, étincelant reflet des perfections divines,* lUenaimé objet des c r- ' ' nces du Très Haut », tombant des cimes d'une i loirc dans un abîme d'humi-
liations ? Proclamé hieusur le Thabor, expirant ensuite sur un infAmant gibet ? Et si la pleine révélation de la Hiviniléde Jésus-Christ demandait des intelligences et (les coMirs mieux préparés, il lui fallait aussi des prédif< '<•■"- jtlii«i remplie df» forces et de lumières. Cowuir
• Marc. IX, 7. MaU., XVII, 7, 8.
LA TRAJJSnr.l HAiM.s 1«»3
ils descendaient de la montagne Jésus leur dit : ne parlez de cette vision à personne Jusqu'au Jour où If Fi' -ciiê (Centre les morts*.
Ceii . : :s Apôtres dociles sans
doule, mais absolument déconcertés. Les difllcultés, les '• iules s'offraient à eux de toutes parts 1 ne se montrait qui les piU satisfaire. Qn'élait-re que « cette résurrection d'entre les morts ? » \.our Maître allait donc • v ' • ■ i-t^ que ([(,.
venait le glorieux royaii \ omme tout
KraM attendaient le prochain établissement? L'enseignement ' ' ' -' ' .'S achevait de brouiller lours idées. U- .inl le deuxi('>me Av»*nemenl
avec le Premier annonçaient la prochaine venue d'Elie
' ' ' -parer les voies au Messie. Pleins des lo-
Scribes, les Apôtres attendaient donc à In rieux Royaume du Christ et l'apparition d'Elic • -î et précurseur ; et voici que Jésus ne leur ;o de sa mort I Que devenait leur espérance et comment interpréter l'enseignement des Scribes et de» Docteurs? Les Disciples gardèrent le silence et ne dirent en ce marnent à personne ce qu'ils avaient '". " ndaient le s mis aux autres ce
'! ■• , ^ :* Jusqu'à ce qu'il soit ressuS'
tre les morts • ? Ils posèrent cette question ' 'ens elles Scri-
La réponse était simple et les ProphMes, si les Srri-
lire, l'av' né. Ce n>!*t p.iH une
"«, qJle le " >it venir «nr la Icrri'
' >! '. Mârr., IX, 8. I.ur., IX.aO.