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LES ENFANTS GATES 1S

les plus belles récompenses sont ))roniises à leurs clVorts, et cependant jamais ils ne seml)lent ])leinement satisfaits. Kien ne ])eut éveiller leui* ambition ou stimuler leur noiu'balence.

Et tle fait, ces ])ré(<)(es blasés ne répondent à tous les égards (pi'on leur ])r()(li«rue (|ue par une mine indill'érente et des gestes lassés.

L'habitude de ne rien faire sans le secours d'autrui, l'incapacité de l'effort se traduit extérieurement chez eux ])ar un affaissement du corps toujours re])lié, appuyé en entier, à demi couché, même en société.

En les regardant on ressent (juel([uefois un violent désir de redresser ces roseaux sans sève, de faire surgir ces volontés somnolentes, de tendre ces nerfs de laine, de galvaniser ces nu'nd)res inertes au moyen de l'hvgiéni- (|ue fi-iclion dont ils ignoi-ent les â})res bienfaits et (pii s'appelle. . . " le fouet "'. Oh! la bonne résurrection et le réconfortant spectacle {\uv celui d'un regard éteint s'animant soudain d'un éclair d'indignation, de volonté!...

(^uel(|ue désagréable (pie puisse être la douche, le ])atient lui-mênu' ne ])()urrait maïupu'r d'en ressentir les bons effets. Si l'on cédait à la tentation de fustiger les enfants gâtés, je suis sure qu'ils nous seraient reconnaissants de leur avoir ])rocui'é uiu^ émotion, d'avoir mis leur sang en eircndation, leur cerveau en ébullition, leurs muscles en activité, de leur avoir fait é])rouver pour un nu)nuMit, enfin, la saine |)lénitudc de la vie.

Notre jeunesse a|);il lii(pu» ne sait même plus se tenir debout. La tenue, c'est-à-dire l'art de régler ses gestes et de composer son maintien est chez la nouvelle génération, chose inconnue. On n'a qu'à l'observer dans un salon. Les jeunes gens s'étalent ou s'allongent sur les divans, ils lU' savent pas garder avec les dames la distaïu-e res|>ect ueusi». ils ra])prochent d'elles leui* siège jusipi'à les toucher ou s'asseyent sur le même sofa. Leurs maijis sont dans leurs poches, sous les bas(pies de

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leur habit, nouées derrière leur tête, appuyées sur le dossier de la chaise voisine. Ils laissent, d'ordinaire, leur cliapeau dans Tantichambre. Ils sont plus libres ainsi pour fourrager le fond de leur poche, se frictionner les genoux, tourmenter leur moustache, voire même — oh horreur! — pour caresser leur botte.

Les jeunes fdles, elles, se croiseront les bras, sinon les jambes, laisseront tomber leur tête sur le dossier de leur chaise, se berceront à perdre haleine, s'enfonceront dans de larges fauteuils destinés aux personnes âgées, ou supporteront nonchalemment leur menton dans leur main.

Ce n'est plus de la tenue cela; c'est un laisser-aller qui donne à notre société un cachet de rusticité.

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