L'APÔTRE
L'Association des Voyageur (formation ensuite le Chrétien dans l'Apôtre dans le chrétien,
Voyageurs forme d'abord le professionnelle) : elle forme le Voyageur: elle forme enfin et c'est ce qui donne à cette
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société son cachet si particulier. Elle ne s'en cache pas : elle le déclare dès les premiers mots de ses statuts : € Son but est d'organiser les forces éparses dans leur profession et de les orienter vers l'apostolat religieux et social ».
L'apostolat est le plus beau fruit de l'Évangile. Le zèle apostolique est la plus belle fleur de la charité. Elle a sa source au sein de Dieu : Caritas ex Deo est ». Elle est Dieu même : « Deus caritas est». C'est que Dieu est la bonté infinie, et il est dans la nature de la bonté de se répandre : « Bonum diffusivum sui ». La Création, l'Incarnation, la Rédemption et son prolongement dans l'institution de la sainte Église sont des chefs-d'œuvre de l'amour divin.
La Charité, partie de la sorte du sein de Dieu comme un beau fleuve de vie, s'est répandue dans l'Église de Jésus-Christ et en a vivifié tous les membres, toutes leurs œuvres, à toutes les époques, et sur toutes les plages de l'univers. La Charité seule explique le dévouement de l'ipôtre. « C'est parce qu'ils n'ont pas le courage de s'y livrer, dit le Catholique d'Action, que beaucoup dénigrent l'apostolat », apostolat laïque, seul ici en cause.
Nous touchons à l'un des obstacles qui brisent l'élan de bien des âmes : la peur de l'effort, la douceur du repos, le farniente, l'égoïsme, le « qu'ils s'arrangent !» —Îl est d'autres entraves au zèle : lu crainte de se compromettre en hauts lieux, de compromettre ses intérêts matériels auprès de tels et tels, et, dans certaines occurrences de la vie politique, les intérêts du parti.
Mais l'étouffoir le plus malheureusement efficace peut-être de l'apostolat, c'est le respect humain.
Que d'hommes, jeunes et autres, disposés à l'action, sont arrêtés par un mot ! Que d'œuvres Saintes étouffées dans l'œuf par un Sourire ! « La peur a tué plus de gens que le courage » (Cath. d'Action). Avez- VOUS remarqué que le mal n'a pas de respect humain ?
Son devoir en public. L'homme de Caractère, qui est l'homme de volonté fortement trempée, s'y montre
< ; SSant toujours de l'avant. Le VOYageur de l'A.C.V. est cet homme. I] est apôtre.
d'Horace, ne les Plus lâcher qu'on ne se soit gorgé de leur sang.
action, Ce serait le zèle sans la Science, condamné par saint
aintes À Paul. 11 y faut l'humilité, la mesure, la discrétion, a tué le tact. Cela posé, on remplit les conditions du Avez- À croyant qui peut aller son chemin dans la lumière, et y nain ? entrainer les autres : « Qu'ainsi votre lumière brille Pour- devant les hommes, a dit le Seigneur, afin que, voyant e mal vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est ‘igno- À dans les Cieux » (MATTH. V, 16). Le Voyageur de bien l'A.C.V. est encore cet homme. Il est l'apôtre sensé,
st la Ÿ discret, intrépide bien sûr et tenace, mais dans les odor bornes voulues. Nous l'avons déjà constaté, nous le nc Se É verrons encore.
> qui Ce nonobstant, je ne voudrais pas dire qu'il n'y eut quel jamais, jamais d'écart. Même parmi les premiers nge. Apôtres, n'en vit-on point? N'étaient-ce pas les Pas Ÿ deux fils de Zébédée, « fils du tonnerre Ÿ, qui voulaient Our- Æ faire descendre le feu du ciel sur ces mécréants de
Samarie, coupables d'avoir éconduit le bon Maître ? Et que dire de ce fâcheux coup d'épée de l'apôtre Pierre sur l'oreille de Malchus, au Jardin des Olives ?
Chez l'un des Voyageurs, un jour, la main démangea terriblement en face d'un individu qui osait mal parler des religieuses. La menace d'une gifle imposa silence. — Un autre, ma foi, alla plus loin :
encore neuf dans le métier d'apôtre, entendant un affdé des loges d'Orange injurier le Pape à bouche que veux-tu, il ne put se maîtriser et, bondissant de son siège (ils étaient en chemin de fer, en route pour Portland), Il avattit sa dextre sur la il abattit sa dextre sur la mâ- “hole dumelembouhé boire du mal embouché, puis,
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Sa gauche levée : « En voici une autre, dit-il, si vous Y tenez». L'invitation en resta là.
Ces deux exceptions, ici relevées, ne servent qu'à Prouver la règle. Le Voyageur est notoirement connu Pour ses manières polies, avenantes, enjouées, qui rendent la vertu aimable. On le trouvera d'équerre avec cette sentence du Cath. d'Action : « Puis donc que tu veux être catholique et d'action, vis-moi ce pro-
gramme : sincérité absolue, humilité vraie, charité débordante ».