‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 106 sur 111 · HÉMORRHAGIE UTÉRINE · texte numérisé non relu

HÉMORRHAGIE UTÉRINE

par une excitabilité nerveuse top vive, comme dans ce qu’ on appelle tempérament nerveux. Ilest facile des voir alors combien doivent être ddl ce qu'ori | appelle les emménagogues , et combien surtout les ressources de lhygiène doivent être mises en œuvre pour corriger les excès extrêmes de ces tempéramens divers d’où peut naître nn obstacle à la menstruation. Dans le premier cas , ne doit-on point, :ndiquer de füre un exercice modéré, de prendre par intervalles des bains tièdes , d'éviter une nourriture trop succulente ou des assaisonnemens de haut goût, de faire usage pendant les chaleurs de oi légèrement

de. » de modérer la durée du sommeil, de se préserver des émotions vives ? Dans le deuxième cas, ne doit-on point adopter un régime opposé , respirer un air vif et sec, jour fréquemment des bienfaits de l'insolation, faire un usage, sobre d’un vin généreux ou de boissons légérement stimulantes, varier les exercices du corps sous toutes les formes , et en faire contracter l'habitude dés l'enfance, rechercher tout ce qui peut exciter la gaieté et d. affections vives ? On devine. sans peine Îles attentions particulières qu'exige le tempérament nerveux, lorsqu'il vient à dominer et, à troubler lordre de la menstruation : respirer un air doux , faire usage de bains uèdes , éviter les liqueurs alcoofiques, boire de l’eau pure où Jésérement acidulée , manger en abondance des fruits d’été et d'automne, etse procurer , par des exercices du corps variés, une légère fatigue ét un sommeil tranquille. Ne doit-on point suivre des principes analogues lorsque la puberté est marquéé par une consuitution très-irritable de la matrice, et que toutes les

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impressions des sens , même les plus légères , peuvent porter cette effervescence jusqu’à réveiller les images les plus voluptueuses et faire naître une sorte de délire ? Que d'anomalies de la menstruation peuvent naître de cette source ! quelle prudence , quelle attenon , quelle surveillance exige de la part des parens un pareil état ! La considération de l'influence parti. culiére du tempérament ne suggére pas seulement l’application des préceptes de l'hygiène , il faut y joindre dans certaines circonstances des moyens de traitement plus directs : c’est ainsi qu'un excès de pléthore, dans letempéramentsanguin, exige de recourir à des saignées générales ou locales (1 ) avant l’époque menstruelle , et à des boissons acidulées et légèrement laxatives. On remédie au défaut d'énergie ou de ton du tempérament lymphatique , en commencant alors par l'usage des infusions aromatiques etamères , comme celles de fleurs de camomille , d’armoise , d’absinthe, de safran, d’écorce de citron , etc; et on passe ensuite aux préparations ferrugineuses, comme la limaille de fer, le vin chalyhé , les eaux minérales de cette nature ; om y joint , suivant les circonstances , des lavemens stimulans, des fumigations aromatiques, des fomentations 1rritantes sur la région hypogastrique. Le tempérament nerveux exige que l’on insiste principalement sur les boissons adoucissantes où émulsionnées, le

oo om,

(1) Dans les cas où l’impulsion du sang est très-marquée vers O la matrice, l'application des sangsues à la vulve peut augmenter ? (o] eelte congestion, ou même déterminer une phlegmasie de l’organe utérin : alors il faut faire précéder quelque saignée générale ; et préférer même celle du bras.

LA

HÉMORRHACGIE UTÉRINE. 645 peut-lait , les eaux minérales acidulées , l'usage des narcotiques doux, celui des bains uedes, des exercices de corps multipliés, et la plus grande modérauon dans les affections morales, qui sont souvent extrêmes. Les sirops d’opium et de nénuphar serviront quelquefois à calmer des organes utérins très-

irritables. | 66. Les suppressions subites de la mensiruation peuvent dépendre de causes accidentelles, comme de l'impression du froid et de l'humidité , d’une frayeur , d’un emportement de colère, et alors il suffit souvent de recourir à des pédiluves chauds répétés, à l’usage d’une boisson légèrement diaphorétique , comme une infusion de fleurs de tilleul ou de surçau ; et si on ne peut obtenir le retour des menstrues par ces moyens simples, on a recours à l'usage des bains de siége , à l’applicauon de quelques sangsues à la vulve, quelquefois même, quoiqu'en général avec moins d'espoir de succés, à la saignée du pied. On peut seconder ces moyens par des fomentations émollientes et légèrement narcotiques sur la région hypogasirique. Je ne parle point ici de l'usage interne de la rhue et de la sabine, qui peut être suivi d’un extrême danger sil n'est dirigé avec la plus grande prudence ; Où plutôt que l’homme même le plus prudent et le plus expérimenté doit s’'interdire , puisqu'il est de la plus haute difficulté d'en déterminer les effets. L’éleetricité est un moyen bien plus doux et plus. direct, surtout lorsqu'il est administré avec méthode (r). Les.

ÉUPATR UNU ST CRD TR LIT ET SN een

(1) Foyez les Mémoires de M. Mauduit sur PÆ/ectricité mé. #icale; ou bien eet article dans l'Encyclopédie méthodique.

symptômes violens qui ‘se manifestent que Iqueloi au moment de la SUpPresos | des ménstrues uennent à un état de pléthore ou à des affections nerveuses : on calme” les premiers par un régime sévère et des boissons délayantes ; et, s'il se manifestait une oppression vive de poitrine ou un assoupissement profond, il faudrait y joindre l'usage externe des épispastiques. à-coup, demandent souvent les pti -spasmodiques les plus puissans : respiration de l'ammoniaque ou de l'acide acétique, usage de l’assa-fœtida en clysière ou à l’intérieur ; pouons où entrent l'éther, le camphre et sur tout V extrart ie ages d Opi LB EG 1 soit à l'intérieur , soit à ‘titre de topique , bains RE et tous les PES. propres À ramener ‘le came tant au moral qu'au ‘physique. Les suppressions devenues chroniquestdemandent d’autres considérations, surtout lorsque les époques menstruelles sont marquées par l'exaspération des symptômes utérins ; et c’est surtout à ces moe que conviennent l'application des sangsues à la vulve, la saignée du pied, ou tout autre moyen qu'on juge eflicace pour ramener les mens trues. Mais, dans des cas semblables, ne doit-on point avoir moins en vue ces menstrualions forcées et en quelque’ sorte arüficielles , que de produire un changement profond dans l'économie animale et de ramener l'état. ordinaire de santé , d’où s'ensuit, comme par un enchaînement naturel, le jeu de tes les autres fonctions et par conséquent la menstruation ? F] est évident que si laménorrhée tuent à un épuisement général causé par des maladies antérieures , par Pexcés de travail oùule défaut de nourriture , 1l serait illusoire

210S symptômes purement nerveux , développés tout-

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e..- 16 De

teen EnIn r: 643. de se proposer d'autre but sé celui d'éloigner l’'obstacle primitif qui s oppose à à la menstruation, c’està-dire, qu'il faut prescrire le calme ou un exercice de di modéré et une nourriture forüfiante : il en sera de même sil aménorrhée a été produite par l'abus sg plaisirs et des irritations répétées dirigées sur les Orga= nes de la génération. Le cas opposé, celui d’un obstacle à la menstruation par une passion fortement contrarice ou trés-profondément dissimulée, offre encore bien d’autres difficultés , Soit-pour en deviner l’objet, soit pour surmonter des obstacles qu'opposent quelquefois les parens avec l’obstination la plus irrésisuible ; et quand on serait aussi heureux qu'Érasistrate pour en déméler le mystère, n’est-on pas souvent réduit à former des vœux stériles et à n'avoir recours qu'aux vaines ressources des formules de la pharmacie ? tandis que le seul remède doit consister à remplir le vœu de la nature, en unissant deux cœurs faits pour avoir une destinée commune ; ou que du moins il ne reste, par forme de supplément, qu’à produire une heureuse diversion par les soins les plus consolans de Pamitié, par un changement de séjour, un exercice de corps modéré , un voyage aux eaux munéraies, une attention parüculière dans le régime.

Les hémorrhagies RONPRE es utérines , C'est-ù— dire, mdépendantes de tout vice de la matrice, ne so presque jamais dangereuses , à moins qu'elles ne soient excessives et de longue durée, comme le remarque Raymond dans un ouvrage encore trop peu connu : « J'ai vu, ajoute le même auteur, des femmes et » des filles nager pour ainsi dire dans leur sang : mais

De) 10 » je n'en a vu de-mauvaises sites que lorsqu'on

Le 648 HÉMORRHAGIES DES MEMPRANES MUQUEUSES.

» l'avait trop tôt supprimé : j'en dis autant de semblables hémorrhagies symptomatiques qui paraissent » dans une maladie aiguë ; car elles sont souvent eri-

» tiques et salutaires. » Une jeune personne âgée de

dix-sept ans éprouva, à la suite d’une frayeur , une suppression des menstrues et des accès épilepuques très-violens : saignées ,. évacuans, antu-épileptiques, iout est inuule; trois jours après, petite-vérole confluente, et le sixième, hémorrhagie utérine qui devint trés-copieuse et qui continua jusqu'au douzième jour : terminaison favorable , non-seulement de la petitevérole, mais encore des attaques d'épilepsie. Convenons cependant qu'il faut beaucoup de discernement dans le choix des moyens propres au traitement de la ménorrhagie, dont on trouve plusieurs exemples dans les Ephémérides des Curieux de là Nature, les é écrits de Stahl et d'Hoffmann, l'ouvrage de Raymond (47 ala=" «lies qu’il est dangereux de g ste les Mémoires de la Société de Médecine de Copenhague ( Collectanea Soc. med. Hfniensis ) , le Recueil d'observations faites par Bancg dans l'hôpital de cette capitale du Daneimarck (Selecta diarii Nosocum. Hafn.), ete. L'obsecurité qu'on trouve encore dans la, doctrine des hémorr agies tuent au défaut d’une distincuon exacte entre celles qui sont actives et celles qui sont passives ; et c’est de la même origine que dérive la vaaillation des principes de traitement : c'en est assez pourrappeler Fatiention des vrais observateurs sur cet objet de recherche. Je dois d’ailleurs ometire de parier ici des ménorrhagies qui ont lieu durant la grossesse ou qui succedent aux couches; de semblables accidens sont du ressort de l’art des accouchemens : on

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 649 peut consulter en outre l'ouvrage de Pasta déjà cité

LU et justement estimé:

67. Personne n’ignore que le flux menstruel doit être abandonné à lni-même tant qu'il est modéré et qu'il revient d’une manière régulière : 1l est même nécessaire d’éloigner tout ce qui peut l’entraver dans son cours. Ce n’est que lorsque l’hémorrhagie utérine est devenue excessive qu'on doit chercher à la combattre » ou au moins à en diminuer l'intensité. Il convient , dans ce cas, d’éloigner les causes occasionnelles , de prescrire une position horizontale sur un lit dur, de crin ou de paille, an repos absolu, tant à l’approche de Îa menstruation que durant son cours; d'éviter la chaleur externe , telle que celle des chambres échauflées et des lits mous; on doit proscrire l'usage des plaisirs de l'amour; on a recours à des applications froides sur la région hypogastrique, au périnée , à la parue interne des cuisses ; il est même quelquefois nécessaire de faire des injections astringentes dans les cavités utérines et vaginales. L'alcool sulfurique , l’'alun et le kino sont les substances qui, prises à l’intérieur, présentent le plus d'avantages, surtout lorsque la ménorrhagie est passive; maïs ici que d’attentions variées prises de la différence des tem-

péramens, comme je viens de l'indiquer pour l’aménorrhée !

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