‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 2)Chapitre 69 sur 111 · PE A A · texte numérisé non relu

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PLEURÉSIE. 407 résie en général, décrit une épidémie de ces mala- -dies marquée par des vomissemens bilieux, une soif vive, une chaleur ardente , la céphalalgie, etc., une respiration difficile et laborieuse , une forte oppression , une douleur qui se portait dans différentes directions , suivant les divers cas , etc. ; ce qui mdique manifestement qu'il avait régné de complications ; soit de pleurésies , soit de plévro-péripneumonie , avec la fièvre bilieuse. Et quelles différences ne remarquet-on point quand on veut comparer une semblable descripuon avec l’histoire générale d’une épidémie de pleurésie simplement inflammatoire ! Avec quel art Stoll a su éviter un pareil écueil ! et avec quelle sagacité rare n'a-t-1l point décrit l’histoire des symptômes propres à la pleurésie bilieuse , la manière de la tratter, les inconvéniens de la saignée , les avantages de l'émétique , les changemens de la maladie, ou quelquefois sa transformation soit en pleurésie simplement inflammatoire , soit en pleurésie compliquée avec une fièvre adynamique ou ataxique ( Ratio inedendi) ! On imagine hien qu'il serait facile de consacrer un volume entier à l’histoire générale de la pleurésie inflammatoire, et au développement des principes du traitement qu’on a suivi en divers temps et en divers lieux jusqu’à ces derniers jours. ( Traité de la Pieurésie, traduit du latin des Aphor. de Boerhaave, etc. , avec un discours préliminaire ; par M. Paul).

406. Un jeune homme de dix-huit ans, d’un tempérament sanguin et bilieux, sujet dla os à des hémorrhagies de nez, qu 1 n'avait cependant pas eues depuis un an , se livra plus qu'à l'ordinaire , pendant lété et durant la maunée , à des promenades'et à des

courses , en conservant sa chemise trempée de sueur ; il éprouva un senüment de froid, puis des horripilatons de plus en plus croissantes , enfin une eardialgie avec des nausées ; denui-heure après, chaleur vive

avec débilité, douleur de tête, soif, et une douleur:

pongitive au côté gauche, un peu au-dessous de la € <

mamelle. À ces symptômes se joignent la gêne de la |

respiration et un accroissement de la douleur du côté ;

Ja toux augmente ; point de sommeil ; la chaleur et la

soif se soutiennent presque au méme degré jusqu'à

trois où quatre heures du matin qu'il y a un peu plus :

de calme ; mais ensuite le malade devient plus agité, plus faible , plus tourmenté par la soif et la chaleur. el est le tableau fidele et précis que Stabl donne d’une pleurésie inflammatoire à son début, dans des

circonstances les plus propres à la produire. Ce mé"

decin profond sentait la nécessité de conserver le sou-

venir des observations les plus exactes et les plus ca ractérisées, pour les opposer au torrent des farts vagues.

et indéterminés dont on inonde la médecine, et qui ne font qu'ajouter de nouvelles sources d'incertitudes et de difiicuhtés à à celles qui naissent trop souvent de la nature même de objet dont elle s'occupe.

$ IE. Description générale de la Pleurésie.

4o7. Prédispositions et causes occasionnelles. Tes plus ordinaires sont Pimpression subite d’un air froid, une boisson froide après un violent exercice, ou le passage brusque d’un air chaud à un air froid ; la suppression de Ta transpiration ou d'une hémorrhagie ha= biuelle , de la goutte , d’une dartre , etc. ; des coups, des Mites sur le thorax , etc. |

PRMURESIE. "20 0 409 408. Symptômes. La pleurésie débute par des frissons , la débilité, des lassitudes spontanées ; la chaleur devient ardente par degrés ; on éprouve une douleur pongitive dans un des côtés de la poitrine, qui augmente durant l'inspiration , par les efforts de la toux et par la pression ; la respiration est difficile, linspiration courte et fréquente , la toux séche , c'est-à-dire avec très-peu où point d’expectoration ; le pouls est quelquefois dur, fort et développé, d’autres fois petit et concentré ; les pommettes sont rouges ; ilya des paroxysmes très-marqués le soir ou la nuit. Sa durée est de quatre à quatorze Jours ; sa terminaison varie suivant les circonstances de la constitution individuelle , de la partie affectée , de l'âge , etc. : c'est quelquefois, vers le quatrième ou cinquième jour; une sueur abondante, un flux hémorrhoïdal une abondante sécrétion d'urine ou des déjections bilieuses. Le changement de la douleur, qui se porte aux mains, au dos où à l'épaule , est d'un bon augure , ainsi qu'une expectoration légère qui se manifeste vers les derniers jours de la pleurésie. La constance OpIniâtre de la douleur dans son siége primitif, celle de la toux et de la fièvre au-delà du onzième jour, annoncent une autre maladie qhi succède, et qui peut devenir plus ou moins grave.

409: D’après les propriétés générales des membranes séreuses et leur analogie avec le üssu cellulaire , relativement à la formafffon des cicatrices , 1l est peu probable que ces memibranes enflammées puissent rester en contiaet sans contracter des adhérences plus ou moiris immédiates : c’est du moins le résultat le plus ordinaire de l'expérience. D'ailleurs, si l'inflammation

» . ma ; pe 2 , A était légère , et que l’irritauion locale cessät prompte-

ment , le fluide albumineux aturé dans la partie pour

rait s'en retirer avant qu'il fût survenu une exsudation,

et alors les adhérences pourraient n'avoir point lieu ;

mais, en général, toutes les fois qu'il y a une exsuda-

uon pendant l’inflammation aiguë, et que les surfaces

séreuses sont dans un contact immédiat , il paraît qu'il

doit se former des adhérences.

410. Dans certaines circonstances de l’état inflammatoire de la plèvre , l’exhalation dugmente beau-

coup, et le fluide exhalé ne pouvant point être ré-.

sorbé , celui-ci donne lieu à des épanchemens plus ou moins abondans qui, se formant dans une cavité sans ouverture , et n'ayant aucun moyen de communica-

tion à l'extérieur , doivent nécessairement s'y accumu-

ler et causer des accidens toujours graves. Mais quels sont les signes d’un pareil épanchement dons la poi-

itrine 2 il importe d’ässigner les plus remarquables. Le

malade, qui, dans les premiers Jours, ne pouvait point se coucher sur le côté affecté, ne peut plus se cou-

cher que sur ce côté-là ; au moindre mouvement il

sent un fluide qui l'oppresse et l'empêche de respirer ; la percussion donne un son obscur du même côté ; et si on presse l'abdomën de bas en haut, on détermine aussitôt une grande difficulté de respirer , où « : ‘ . \ même un sentiment de suffocation et une toux sèche,

si on prolonge cette pression. On peut ajouter à ces.

signes extérieurs une sorte d’enfpätement du thorax , l'ondulation d'un fluide à travers les muscles intercostaux , le réveih en sursaut, la bouffissure de la face ; l'œdématie et un sentiment de froid dans les membres inférieurs, un pouls pett et fréquent, ete.

PLEURÉSIE. 4it La pleurésie peut aussi se terminer par une inflammation chronique, qu’on peut reconnaître lorsqu'au huitième ou neuvième jour, tous les symptômes inflammatoires sont diminués; la douleur est moins vive mais sans cesser entierement ; 1l reste une gêne et un sentiment de pesanteur dans la parue affectée , avec une espéce d'empâiement ; le malade souffre encore pär la pression, et il éprouve une légère fièvre hectique avec des paroxysmes le soir. Ce sont surtout. ces inflammations lentes ou chroniques qui amènent un épanchement abondant et une véritable , hydropisie, Dans les inflammations chroniques de la plèvre, cetie membrane éprouve une altération tresmarquée ; sa rougeur est très-mamifeste, et n’est point suscepüble de disparaître , comme cela peut arriver dans les inflammations aiguës ; elle devient plus où moins épaisse, suivant la durée de limflammaton ; ce qui paraît dépendre d’une nutrition augmentée, et non de l’adjonction de lames cellulaires : on à vu des portions de plèvre pulmonaire dont l'épaisseur était de près d’un demi-pouce. En conunuant de mettre en opposition les phlegmasies aiguës et chroniques de la plèvre, je fera remarquer que les premères , lorsqu'elles se terminent d’une manière funeste au quatrième ou cinquième jour, ne montrent ordinairement , lors de louveriure cadavérique , aucune altéraon des organes subjacens, à moins qu'elles ne se terminent par la gangrène qui les atteint quelquefois ; mais dans les inflammations chroniques , on voit toujours ces organes plus ou moins affectés : ainsi, dans la pleurésie chronique , le poumon devient souvent tuberculeux et semblable à ceux des phthtr-

siques au premier degré, Par une communication de l'affection primitive de la plévre.

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