‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 123 sur 129 · HÉMORRHAGIE UTÉRINE · texte numérisé non relu

HÉMORRHAGIE UTÉRINE

aussi, par une sorte d’ano malie , se prolonger au-delà de la cinquante-deuxième, de la cinquante-quatrième, ‘de la soixantiéme année; on trouve même dans les auteurs des exemples de flux utérinsiqui ont conünué de couler passé cette épéque de lawvie ; jusqu’ à la centiéme ou même cent sixième année : mais alors une évacuation aussi tardive ne üent-elle pes à un vice de Ba matrice ? |

47. La premiére bise des menstrues est assez constamment précédée d’un écoulement séreux. Les signes de la rétention du sang dans les vaisseaux hypogastriques sont une douleur plus ou moins vive dans les lombes et le bassin, un sentiment de lassitude dans les jambes. Le travail et les efforts laborieux delérupuon sont annoncés par des rougeurs, des douleurs de tête, des efflorescences cutanées, surtout à la face. Ces symptômes disparaissent d’abord, mais reviennent -plus tôt ou plustardavec une nouvelle intensité , quel- -quefois avec des douleurs de colique, un pouls plus fortet plus fréquent , ou même dicrote (1) ; il s'écoule en,même temps par la vulve une sérosité temte de sang, pur avec un cours plus ou moins rapide; la durée de: cet éconlement:est quelquefois de sept à huit jours, mais seulement de trois ou de quatre jours lor squ'il est plus rapide. Pendant que le sang coule la douleur se calme, ainsi que la-tension dre et la congesuon de l'utérus; les vaisseaux se resserrent, le sang s'arrête, et 1] succède une*sorte de sérosité, in signes manifestes de. débilité é, des yeux.caves et envi-

je (x) Recherches sur le Pouls par rapport aux erises, par Bordeu, : «

» s' u . NO OMPAUE ronnés d’un: cercle livide. Dans une jeune personne

délicate, la première menstruation est souvent suivie Ç

d’un intervalle de quelques mois; et peu à peu s'établit la période menstruelle, composée de sept à huit Jours d’écoulementsanguin ‘et de vin gt-deux ou vingttrois jours d'intervalle : tel est le cours ordinaire de la nature pour les personnes saines, sobres , et qui évitent tout excés , soit dans l'exercice du corps, soit dans les

affections morales. Mais des écarts du régime et l'oubli

de ses devoirs peuvent hâter ou retarder le retour de l'évacuation périodique : les femmes livrées à la vo- Jupté et à la bonne chère éprouvent le renouvellement des menstrues à chaque quinzaine; des symptômes semblables aux précédens, des douleurs des lombes ; des coliques quelquefois intolérables , annoncent la nouvelle congestion sanguine et se dissipent avec elle. | Lee À “sa

48. MénorrmAGis (1). Une idée exacte de laménôrrhagie devrait en parte résulter de la eomparai=-

son de la quantité de sang menstruel dans l’état de ma= ladie et dans l’état de santé ; mais on est loin de pou

voir partir d’un terme fixe, à cause des variétés qu’on

observe dans l'évacuation périodique. Dans l’ancienne.

Grèce, le sang évacué à chaque période était d’un ‘poids équivalent à vingt onces, suivant Hippocrate ; Freind porte au même poids le sang de la menstrua- ‘üon en Angleterre ; Fitz Gérald ne l'évalue qu’à qua-

torze ou quinze onces pouf l'Espagne. Gorther p'étend

“(r) Srnonrmre. Menorihagia, Savvaces, Linnxos , VoceL; Metrorrhagia , Saçan ; Uteri Hæmorrhagia immoderata , HoFrrmANx.

“HÉMORRHACIE UTÉRINÉ. it: vÜ qu'il ne s'élève pas au-delà de six ones en Hollande. Haller fait une distinction. bien fondée entre les femmes des campagnes et céllés des villes én Allemagne: le sang menstruel, à chaque période, n'est guère porté

au-delà d’une once pour les premières, et de.six ou huit onces pourles dernières, Astruc fait balancer;cette quantité entre huit et seize onces pour la France. Hunter se rapproche bien plus d’une Juste évaluauôn:;, en faisant voir combien est variée Ja menstruation en Angleterre suivant la constitution du Corps .;4l a;remarqué qu’elle était tantôt de six ; tantôt de huitionces , d’autres fois d’une onceou de: quatre onces;; 1] parle d'une femme qui, pendant tout le-cours:dé! sa vie à ne perdait que deux onces de sang en deux:jours de temps ; en éprouvant des douleurs trés-violentés; tandis qu'une autre en perdait depuis vingtjusqu'à:trente dans l’espace de six jours ;:sans éprouveriaucuné.douleur. En général , dans toutes les régions.de Ja terre * ne voit-on point des différences trés-marquéés, à cet égard suivant la constitution-du: corps , une) vie:acuvé ou sédentaire et une foule d’autres causes physi-

ques où morales ? MÉOLE Le ns Lois 49- Déviamion Des mensraurs. On peut lire dans Ja Physiologie de Haller (10m. VII ) Ja longue.énumérauon des’ différentes «voies: que ‘peut: prendre l'écoulement menstruel par une sorte d’aberration sin gulière et plus ou moins dangereuse : ‘c'est quelque- {01s par la suture sagittale, par le grand'angle de l'œil, par les narines, les oreilles, les mäâchoires , les gencives , les alvéoles des dents, le palais , le’ conduit de la salive ; les poumons deviennent le plus souvent le siége de cette déviation, certaines fois les mamelles. Il. 40 ‘

626 mÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MUQUEUSES.

Une autre direction est affectée par la nature vers l’abdomen , et marquée par les vomissemens du sang ou par lé flux hémorrhoïdal. Les voies urmaires ou l’ombilic ont donné quelquefois lieu à un écoulement san- ‘gum'en rémplacement de celui des menstrues. Différentes parties des tégumens ont'été aussi le siége de ces “écarts dela nature par une: sorte d’exsudation au sommet dela tête , aux lèvres, aux genoux, aux pores des mains;aux carpes , aux doigts, ou bien par des tumeurs au-dos ou à l’aîne. Des blessures antérieures dans différentes parties, des scarifications', des ul- ‘cères |: sont devenus une sorte de route supplémentaire À l'évacuation menstruelle; il en a été, de même ‘de certaines veines qui se sont ouvertes d’elles-mêmes, où! qui se sont distendues:en formant des tumeurs va riqueuses. Enfin le sang menstruel dévié a affecté. dans -certains Cas plusieurs routes à- la-fois ; (la bouche , les oreilles, lesnarines ; par exemple, les oreilles ; l'ombilic ,-lérpouce , ou Fr les narines et les voies urinaires: Qna vu le sang sortir à-la-fois par les, oreilles 4 les extrémités des doïgts de la main et du,pied , l’ombilic , l'angle de l'œil, etc. ; et les écoulemens ont offert dholqmefois une sorte d’alternative (1). |

5o. Sion démande , dit Haller , pourquoi l'évacuation séxuelle , dans:son cours ordinaire , corres-

(1) Laconsidération des hémorrhagies utérines n v’embrasse pas seulement les anomalies du flux menstruel indépendantes de l'acte de reproduction , elle doit encore s ‘étendre aux hémorrhagies que peuvent entrainer l’état de grossesse! et les couches; mais comme ce sont des accidens secondaires dont la-connais-

sance est liée à l’histoire de Faccouchement ; et qu’elles ne sont | nullement précédées de cet appareil de mouvemens fébriles qui :

Lu

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 627 pond plus parüculièrement à larévolution du mois solaire , et pourquoi son siége est dans la matrice ) On n’est:pas plus obligé de répondre à cette question qu'à celle qua serait relative à la durée de la grossesse pen= dant neuf mois, tandis que cette durée est différente pour d’autres animaux, par exemple, pour la jument, la brebis , etc. Doit-on demander en histoire naturelle la raison pour laquelle quelques plantes fleurissent en avril;;: d’autres au mois de mai et de juin ? Sait-on pourquoi les cerises mürissent environ quarante jours aprés leur floraison , les pommes au quatrième mois , et les châtaignes au cinquième ? Ne doit-on pas suivre la même; marche en médecine ; et se borner à l’histoire rigoureuse des faits observés , sans perdre le temps.dans des explications frivoles et versatiles ? C’est en, voulant. ‘tout expliquer qu'on a encombré la mé decine.de,:théories vaines et d’hypothèses , et qu’on s'est écarté sans cesse. de la vraie route de l’obseryaüon.et,de l'expérience. | RATER AMÉNORRHÉE (x). On ne peut, sans étonne. ment; voir dans les recueils d'observations la diversité excessive de maladies qui peuvent accompagner les dérangemens de la menstruation, L'auteur d’une Dissertation qui a été soumise à une discussion publique,aux Ecoles de Médecine (2), a formé six séries

annoncent les hémorrhagies actives > €lles sont entièrement du

ressort de la chirurgie.On peut consulter sur cet objet divers traités

sûr l'accouchement >€t ouvrage de Pasta trad. par M. Alibert,. (1): SENONTUIE. Amenorrhæa , Vocr ; Dysmenorrhæa ,

Linvæus:,; Sican ; Menorrhagia diflicilis , Sauvages.

. (2): Essai sur: l Aménorrhée ou la suppression du flux

menstruel, par Royer-Collard. Paris, 1800.

particulières de ces maladies, ce qui comprend le corps entier de la pathologie interne. La ‘première série renferme les affections utérines qui peuvent suivre la suppression des menstrues ; la deuxième comprend les fièvres primitives de chaque ordre qui peuvent se combiner avec cette suppression ; les diverses phlegmasies qui se développent par cette même cause forment une troisième série de maladies ; les déviations de la menstruation , ‘dont j'ai déjà parlé , donnent lieu à une quatrième série fondée sur les faits les plus répétés et les plus authentiques ; une cinquième série de maladies qui viennent de la même source, et qui sont cependant d’une nature bien différente , sont les névroses ; enfin les maladies cutanées et lÿmphatiques qui peuvent provenir de la suppression de la menstruation forment la sixième série. Il semble dés-lors qu'il soit impossible de faire entrer dans un système régulier de connaissances médicales la s suppression des mensirues, puisqu'il faudrait faire entrer comme caractères distinctifs de cette espèce les symptômes de toutes les autres maladies, ce qui semble renverser toute idée d’un ordre méthodique ; mais on doit remarquer que si la matrice, par ses rapports sympa= thiques diversifiés avec les autres systèmes de l'économie animale , peut exciter telle ou telle série de sym= ptômes , suivant les dispositions de l’individu , ces symptômes appartiennent seulement aux vai 1ÈtÉS es la constitution , et 1l suffit , pour caractériser la suppres— sion des mensirues, d’y faire entrer la possibilité de sa combinaison avec telle ou telle maladie particulière et. trés-souvent d’une nature différente , qui est un ca= ractére particulier “et et disuncuf de cette sorte de dé-

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 629 rangement de l'évacuation sexuelle : comme l’hystérie est une des maladies qui s’allient le plus souvent à l’aménorrhée , je crois devoir en donner ici un exemple.

52. L'histoire de cette maladie est singulière d’ailleurs en ce qu’elle fait voir une suppression de menstrues suivie d’hystérie , d’une fièvre quoüdienne et d'hématémése, complications qui sont, en général, trèsfréquentes. Catherine Bouchet, âgée de dix-huit ans, d'un tempérament délicat et nerveux > avait eu ses menstrues sans accident à l’âge de seize ans. Elles revinrent régulièrement les trois mois suivans. Le quatrième mois > suppression des régles par un chagrin profond, palpitations | douleurs gravatives à l’épigastre. Cette suppression dura pendant une année, et toujours, vers les époques ordinaires du retour des menstrues , sentiment de pesanteur à l'épigastre , douleurs dans les grandes articulations , céphalalgie, vertiges , fausses sensations de diverses couleurs, surtout d’un rouge de feu, fièvre éphémère souvent renouvelée. La malade entra à l’infirmerie de la Salpétrière vers le commencement de l’année 1800, et éprouva successivement les affections suivantes : 1°. pendant prés de deux mois, toujours accés de fièvre quoudienne , entre trois et cinq heures de Paprés-midi , frissons qui semblaient parür du dos, et ensuite cha= leur et sueurs partielles qui commencçaient par le creux de l'estomac et s’étendaient à Ja poitrine , au visage et aux grandes articulations, se prolongeant dans la nuit, et Se terminant de quatre à dix heures du matin. 2°. Nouvelle éruption des menstrues le 16 avril aprés. une année de suppression : leur durée fut de douze jours ; et pendant ce temps cessation de tous les autres:

symptômes. 30, Le; Jour où les menstrues S’arrétérent, “vonussemens des alimens à la suite d’une excrétion de sang , qui se répéta chaque jour depuis , et $ accompagnait D sueur une ou deux heures apres le dîner : la quantité du sang vomi était de deux ou trois onces. 4°. Affecuon hystérique marquée par le sentiment d’un elobe qui semblait parüur de l’ombilic sans aucune déco de causes et de temps ; ; ce globe paraissait s'élever à travers l'estomac et en suivant la direction de l'œsophage, et, parvenu à la gorge , il produisait un étouffement lb et sans perte de connaissance ; quelquefois il SPA s'arrêter au milieu de la poitrime, à éclater, et même descendre vers le lieu de son premier dépait! Saignée du pied pratiquée le 15 juin; dépuis cette saignée, toujours sentiment de pesanteur dans la région de l'estomac, douleurs dans les membres aHHOHAUS ét la région des reins, | résserrement spasmodique du ‘diaphragme, globe hystérique , mais plus d’hématémèse. Depuis cette époque l'état de la malade a toujours été en s améliorant : le temps , l'exercice et les distractions ont fini Pre rétablir entiérement le flux menstruel , et la guérison a été complète, |

53. On: conçoit sans peme l'extrême Hate de maladies que peut produire la suppression des menstrues, en réfléchissant sur les circonstances trèsdiverses ét quelquefois trés PR qui peuvent donner lieu À ce dérangement , le préparer d’avance ou l'exciter d’une manière immédiate. Quelquefois c’est ce! qu'on appelle le ‘tempérament sanguin ;, où bien ‘le tempérament lymphatique , où ts ceRg qu'on désigne sous le nom de rerveux } qui dispose

2 HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 631 de loin à ces affections ; l'excès ou le défaut de sensibilité de l'utérus peut égalément y concourir , sur .tout lorsque l'éducation favorise le développement de ce que le tempérament peut avoir d'extrême, la sensibilité excessive ou l’inertie de la matrice. Quelle influence puissante n’a point, soit sur la suppression menstruelle , soit sur des ménorrhagies tres-copieuses , le genre de vie qu’on mène, l’excés de la bonne chère. et l’oisiveté, l'abus des plaisirs , les bizarreries de la mode danses vêtemens , des veilles prelongées , les passions les plus immodérées , ou la contrariété des penchans primiufs de la nature! On peut ajouter à cette énumération des causes qui se développent lentement et par degrés , celles qui agissent d’une manière subite et au moment de la menstruation, comme l'impression d’un air froid et humide , l’immersion des membres ; surtout des pieds et des jambes, dans l’eau froide ; ou d’autres accidens divers , comme un coup ; une chute, une brûlure, une douleur vive, l’action d’un médicament astringent ; et, parmi les causes morales , une frayeur vive , un emportement de: colère, un chagrin prolongé ou d’une violence extrême. Hoffmann donne l’observation d’une aménorrhée suivie de flueurs blanches très-incommodes, chez une femme de trente ans, délicate , menant une vie sédentaire ,- et usant d’ahmens de mauvaise qualité. Fabrice de Hilden rapporte le cas d’une suppression avec inflammation du col de l'utérus, chez une femme dontles menstrues s'arrétèrent par une frayeur subite. Le méméeauteur a vu la sangrène du col de la matrice succéder à la suppression dès menstrues.. Sylvius a eu-oceasion: de-traïter une suppression suivie peu

632 HÉMORRHACIES DES MEMBRANES MUQUEUSES aprés de leucorrhée et d’ulcération de l'utérus à 1a= quelle Ja malade succomba , après avoir éprouvé des douleurs’ atroces. On trouve dans les Actes de Copenhague ; 1673 , Yobservation d’une aménorrhée suivie de phrénésie chez une femme d’un tempérament bilieux'et sanguin et d’un caractére violent : un accés de colère avait arrêté sur-le-champ ses mens— trues. Que d'exemples nombreux je pourrais citer d'une aliénation déclarée survenue à la suite de la suppression des menstrues ! | 54. CESSATION DE LA PÉRIODE MENSTRUELLE. C’est sans doute un phénomène très-naturel que la cessauon de l'évacuation périodique à une certaine époque de la vie: les fonctions organiques de la matrice touchent alors à leur terme ; il ne se forme plus une surabondance de sang , et les vaisseaux utérins s’af: faissent par degrés. Aussi les femmes qui ont vécu suivant le vœu de la nature, qui ont été mères de famille ‘et ont mené une vie active et laborieuse , passent , en général , l'époque critique sans danger et sans éprouver des maux notables ; mais celles qui. ont vécu dans l’oisiveté et la bonne: chère , celles qui ont abusé des substances aromatiques et alcoolisées, et qui, par conséquent, avaient chaque mois des menstrues trés-copieuses , éprouvent à l’époque de leur cessation des affections singulièrement variées, ou les ressentent à un plus haut degré d’exaspération si elles ne font que se renouveler. Un des prenuers désordres est une interrupuon du flux menstruel pendant quelques mois , et ensuite son retour avec profusion et une plus longue durée , ou bien sa suppression précoce , c’est-à-dire avant la quarante-neuvième où cin-

| HÉMORRHACGIE UTÉRINE. 633 quantième année de l’âge. Quelques femmes éprouvent des affections rhumatismales variées , des érup— uons irrégulières , des phlégmons , des érysipèles , des dartres rebelles ou autres maladies cutanées > AUX partes supérieures ou inférieures. Chez d’autres , les

affecüons se portent à l’intérieur , sur les yeux, les oreilles , les membranes , les viscères , etc. ; et alors toute l'habitude extérieure du corps paraît dans un état de constriction et de dépérissement. Les malades sont tres-maigres ; leurs joues et leurs tempes affaissées offrent l'image de la ‘consomption et de la langueur.

On n’a pas moins lieu d'observer d’autres fois des tiraillemens , des tensions Spasmodiques qui participent de la nature de la goutte, et qui se fixent aux épaules , à l'articulation de la cuisse ou sur d’autres parties. On doit remarquer que ces affections goutteuses ou rhumatismales sont trés-disposées à rétrocéder à l'intérieur , et à produire des symptômes inflammatoires OU Spasmodiques qui simulent d’autres maladies primitives. Pourrais-je passer sous silence, en traçant :

les suites de la cessation des régles , les maux nerveux et compliqués qui peuvent en naître , les désordres moraux qui caractérisent si bien lhypochondrie ou l’hystérie , et sont si souvent l’objet des consultations qu’on nous adresse , après avoir essayé les ressources. de la polypharmacie ? Ce sont quelquefois des douleurs spasmodiques , des mouvemens convulsifs ,; des tranchées ; d’autres fois ce sont des flatuosités incommodes , des volutations internes qui se dirigent vers l'œsophage , des hoquets anomaux et bruyans , un sentiment de suffocation dans la région précordiale ou d'étranglement dans le lirynx ou l œsophage ; il

nest pas rare de remarquer des : distensions *flatu-

lentes des intestins , des resserremens spasmodiques du rectum , ou même des spasmes douloureux de l'utérus qui simulent le travail de l'accouchement , ou qui produisent les sensations les plus bizarres et les: plus insolites. |

55. Madame P., âgée de quarante-six ans, d’un) tempérament lymphatico-sanguin, eut , à l’âge de neuf ans, une prenmére érupuon de menstrues très-laborieuse, d’où sa santé fut sensiblement altérée.. Vers sa seizième année, elle éprouva un léger écoulement en blanc, précédé de coliques , etc.; enfin, à vingt ans; les menstrues s’établirent tout-à-fait, mais furent peu abondantes. Elle se maria à vingt-un ans, devint deux

fois enceinte, et accoucha heureusement. Une troi-.

siéme grossesse fut remarquable par un vomissement de sang assez abondant à la fin du neuvième mois : accouchement sans aucun accident ; mais. le onzième jour, suppression. des lochies et fièvre puerpérale : elle n’a- .Vait allaité aucun de ses enfans. Sa menstruation fut ensuite troublée fréquemment durant les orages de la révolution, aux époques de sa réclusion , de celle.de son époux, de ses parens, etc. Elle, était restée sujette

aux migraines de sa jeunesse; une:sorte d'obésité, qui

était survenue à la suite de sa dernière grossesse, disparut Jors deses.chagrins , etelle perdit l'habitude qu’elle avait contraciée de se faire saigner ; Surtout pendant. ses grossessés., Lerséjour de la campagne, une vie ac-: üve eLexercée m'ayaient point empéché!le retour de lo bésité. Au, printemps de,1709, «elle tomba: plusieurs “fois çn synçope. Get, accident:ayait été précédé. de mi. graines xiolenies sde quelques orâchemens desang,

1 HÉMORRHXGIE UTÉRINE. 635

. d'une diminution ‘extrême dans la menstruation, de ÿ pesanieur, dans la région hypogastrique, les cuisses ; les: lormbes ;: alors: constipation! ; Souvent: dysurie ou urimes bourbeuses , épaisses ; rendues ‘en petite quan tité ; enfin état de tétons générale. Une saignée qui fut Pure produisit un soulagement marqué: : 44 l'exercice modéré et l'usage des délayans firent passer assez: tranquillement le reste de l’année. L'hiver suivant, retour fréquent de fluxion sur les dents , et.de plusieurs rhumes qui se rapprochaient de la toux convulsive. Les accidens qui accompagnent la pléthore reparurent au printemps de 1800. Outre ceux de l'année précédente , la malade fut tourmentée de rêves sinistres, di insomnie, d’une chaleur brûlante qu survenait par bouffées : une apparence de grossesse se mamifesta , et, avec cet état, retours ES ERUR d'un ‘as— soupissement aprés le souper , écoulement en blanc contunuel. très-léser , quelquefois stries de sang : la saignée fut NU > et on prescrivit l'usage du pett-lait, des délayans et des doux apéritifs : ik promenade du matin et la diminution du souper furent utiles. A l'époque des. chaleurs de la saison , il se fit sur le dos une éruption de furonéles qui :occasionna beaucoup de souffrances à la malade. Un. médecin disuingué , consulté ; ÿ ajouta aux moyens indiqués l’usage cles bains et. Ha eaux acidules:de, Bussang Les bains de rivière augmentèrent l'écoulement menstruel ; ce qui soulagea la malade et fut continué autant qué la saison le pérmit. Même état l'änñée su1vante ; seulement menaces d’ hydropisie, œdème des extrémités abdominales heureusement issipé. Aux approches du printemps de 1803, dés signes évidens,

de pléthore ont reparu ; une saignée a été pratiquée.

avecsoulagément ; les pesanteurs de tête qui revenaient périodiquement. et précédaient les migraines avec des anxiétés, ont été combaitues avantageusement par l’abstünence a souper , les délayans, les eaux minérales acidules et légèrement salées ; le flux menstruel n'a plus eu lieu : seulement il s’'écoulait constamment , et en trés-petite quantité , un fluide blanchôtre qui n’avait aucune mauvaise qualité.

56. : La cessation de l'évacuation sexuelle à fixé l'ai tention d’un des médecins les plus distingués de ce siècle , du docteur Fotheraill (1), et nous lui devons des préceptes très-sages pour faire échapper aux dangers de cette époque, quelquefois très - orageuse. « Plusieurs femmes, dit cet habile observateur, n’é- » prouvent aucune altération dans leur santé à Pé- » poque de la vie dont nous parlons, quelques-unes » même semblent reprendre une nouvelle vigueur. » C'est ainsi que l’on voit des complexions fréles et » délicates, on singulièrement affaiblies par des éva- » cuations copieuses , se trouver trés-bien de la cessa- ». uon des règles ; mais toutes , malheureusement, ne » jouissent pas d’un pareil avantage ». Plusieurs femmes remarquent que ces maladies auxquelles elles avaient été sujettes reviennent alors beaucoup plus fréquemment ; et qu’elles sont plus graves : souvent

pas Conseils p pour les Femmes de quarante-cinq à cinquante ans , ou conduite à à.tenir lors de la cessation des règles (extrait LE Obser valions et PCSSAES de la Société médicale de Lonres. Cette dissertation a éié traduite en français, en 1788 ; par M. Petit-Radel. | |

HÉMORRHACGIE UTÉRINE. | 637

symptômes décidés de la pIéhgre » ardeurs vagues et irrégulières , insomnies où rêves ‘trés fatigans, res= piration inégale et laborieuse ; dans quelques Cas, in flimmation des intestins, RUES spasmodiques din différentes parties ; bre te nl gonflées, doüloureuses ou avec des signes d’inflammation, hémorrhoïdes et autres.effets d’une pléthore bien caractérisée, Ces aëcis dens sont plus où moins urgens ; plus ou‘oins disi ai à à se renouveler y aprés s'être calniés une où dé années ; dans quelques cas, écoulement inimodéré, où bien eines imminent Héie apoplexie oû d'urie” PEf ralysie si on s’abstient de la saignée. Si on a pu p'é* venir une ménorrhagie excéssive , ‘l'est prudent de 14’ restreindre par de dés laxatifs, des boissons rafrafchiss s' santes;, le repos , quélqués calmans ; “un régime sévere ; S platévi qüe:par de fréqueñtes s saignées ét dés aStrin gens.‘ Quelquefois aussides retours fr équérs d'une ménor—< rhagie excessive sont’ dus à à ‘uné éonsuitütion it ritable et débile ; et alors 4 signée ne peut qué les dggraver : il faut} au contraire ; recourir aux tempérans, au re pos, à quelque cordial donné à trés-petite dose, à uné nourriture légère étsuéculente. Lié doctéur Forhièeez gl ‘fait: ‘des réflekions trés-judicieusés sur! l’ usage in

per que font “quelquefois les femmes des purga=

uifs aloétiques comme la teinture Sacrée , Jés pilules de-Rufus, Vélixir dé propriété, ete. ; evil fait voir: corabien: pét est réfléchie la préséription de pareils ré medes à l'époque de Ja éessatron menstruelle? puisque" l’aloës à la propriété di irriter les Vaisséaux bériorthoïz daux ; ainsi que ceux des parties contigués , et dé dé-

tcrminer le sang vers la matrice avec un nouveau deme de force. Le mérmé auteur fixe les Girconstances

qui peuyentwendre un cautère convenable vers? le Laps critique ; :çar.1l est:bien éloigné d'en faire un précepte général. «Si.une-femmé, dit-il, a été dès sa ». jeunesse sujeue à.des éruptions cutanées , à des‘oph- ».,thalmies, à des gonflemens:slanduleux;; à des dou- », leurs errantes et.rhumatismales ;: le cautère; à l’é- »:.poque critique, peut prévenir beaucoup d’accidens »,et un renouvellement, des maux. » Î] insiste beaucoup sur Ja nécessité du r égime.et de Laon « Les ». femmes, pléthoriques et;sujettes à des écoulemens » abondans, doivent.se borner à:une, nourriture prise ». ‘des végétaux ;- renoncer, entiérement at souper: -».Tuser SR OPERA douces.et délayantes:,: éviter:les ».exerciçes, violens ,.les grandes, assemblées ; les lieux: » .échauffés'et, fermés, surtout vers l’époque ordinaire. » | des menstrues,: dans les intervalles , l’exercicé'est »..trés-nécessaire,»., L'auteur expose encore quelques autres précepies généraux; mais les détails particuliers sont infinis,'et les, AO YANS doivent être variés. süivant les circonstances de l'état du. manne et. dela pe qu'il habite: | jo! É" #oût 57: 1 parait qu’en. Leg Hs 16. SP Un rapportées | par. les auteurs sür les diverses maladies. aiguës où chroniques qui peuxent se; compliquer avec. Êe cessation des. régles ou Jäge du. retour , On pour-: rail Y; faire entrer, , COMME, pour Tr HMS presque. toutes. les, maladies. jintérnes,, à cause dei ces: rapports, sympathiques. qu'a l'utérus avec. toutes. iles. autres, foneuons, de: l'économue; animale ; ce iqui ii! dique des considérations analogues à à pi que. Fa déjà frites. sur, la suppression. Fra menstries.; Mais je: dois : insister particulièrement sur une des maladies les.

HÉMORRHAGIE UTÉRINE. 639 plus funestes et les plus dangereuses , qui paraît avoir un rapport immédiat avec l'époque critique ou l'âgé dd retour : je parle du cancer des mamelles. I] paraît, en'effet, que les engorgemens du sein qui proviennent, «soit d’une cause externe, comme une contusion , soit d’un dérangement ou d une suppresion des menstrues , ont rarement des suites graves ; de quatorzé à vingt-cinq ans ; qu'ilsse terminent au contraire par une suppuration ï bonne qualité, ou que si cette suppu> ration est ichoreuse, il est rare quel le mal ; jette de pro: fondes racines. PE affections analogues qui sur- ‘viénnent aux femmes très-avancées en âge, comme de ‘soixante à quatre-vingts ans, ont aussi une sorte de Ca= ractère de bénignité, ou sont moins disposées à à désés hérer en cancer , et Re extirpation, en général, n'est point suivie de A Au contraire, c’est depuis l’âge de trente jusqu’à quarante-cinq ans que se développent les cancers véritables, et cette coïncidence de leur formation avec le dérangement et la cessation'du flux menstruel est très-digne d’être remarquéeis : des causes externes et | ei peuvent alors amener cette maladie funeste, comme un coup violent, une chute; une pression, une forte contusion; mais dés affections morales, comme des chagrins profonds, l’enniui;le dégoût de la vie, sont très-propres à.en' accélérer: le développement, ou même à l’excitér d’une manière directe. On croit avoir observé que le nombre des, can cers aux mamelles s'est fort accru depuis.làrévolu- tion, et que les religieuses surtout, tirées de leurs cloîtres et souvent réduites au, Son le. plus absolx , ; aprés avoir jour long-temps d’une vie rég vulière et commode , en. ont offert des exemples fr on

me borne d’ailleursici à ces remarques générales sur les causes du cancer.

$ IT. Description générale de l'Hémorrhagie

uterine.

58. L’hémorrhagie utérine, en général nécessaire à la santé de la femme , commence À l’âge de la puberté, dure pendant plusieurs jours, reparaît périodiquement tous les mois, et cesse d’avoir lieu vers l’âge de quaranie-cinq à. cinquante ans. Ce flux peut avoir lieu avec plus ou moins de difficulté , 1l peut être plus où moins abondant , et, dans ces deux circonstances opposées , il est quelquefois précédé ,. accompagné et suivi d’accidens variés : il n’est du r'essort de la nosographie que dans l’un ou l’autre de ces cas" ut na v.

” Ménorrhagie.

59: Prédispositions et causes occasionnelles. On compte parmi les causes les plus fréquentes du flux | menstruel excessif, une vie sédentaire, un régifne trop nourrissant, l’interruption d’üné autre hémorrhagie ou d’une saignée habituelle, l'abus des liqueurs alcooliques , un exercice violent, ou les secousses d’une voiture pendant la menstruation , une frayeur , un emportement de colère, des ‘attaques d’hystérie | etc. LanprS br 4

60. Symptômes. Les phénomènes précurseurs dé Ja ménorrhagie sont un sentiment dé tension ‘et de gonflement dans'les'hypochondres, une douleur gra vativé et compressive autour des 16mbés un refroidis— sement des membres abdominaux et thoraciques , la

HÉMORRHABGIE PRE Ga

pôleur de Ja face ; la fréquence du pouls , une rare vive à l'intér: ieur, la consüpation. Le nes ’écoule par le vagin » OÙ bien il est retenu dans l'utérus ; il varie en qualité et en quantité, Les lésions les plus mani- | festes des fonctions qui succédent à la ménorrhagie ,

à moins qu ‘elle. ne soit lep phénomène critiqué d une

AA aigué » Sont la perte de l’appéüt, une douleur. gravative dans l'épigastre , la couleur, plombée | de la face 2, da débilité extrême.

Lg

4 ménorrhée.

ve Gr: Prédispositions etcauses BécD bah LT Elles sont: trés-variées où d un* caractère OPPOSÉ : : tels sont un! état pléthorique où un état d’é épuisement , le refroidissement subit , des excès de débauche, le coït immodéré , Mnaction , des affections Hbrates L de verses Hiéladées) MAN

1 62: Symptômes. Ils’ peuvent varier à Pinfini ét entraîner :quelqu’une des: fièvres primitives ou des phleginasies ; produire des névroses , des hémorrhages supplémentaires pañ la suture sagittale ; l'angle de l'œil; les narines , loreiïlle } les gencives, les dents; les poumons , le conduit unie , la vessie ur inaire à les extrémués des doigts, ete, L’aménorrhée varie à d infini quant à à sa durée'; ‘elle disparaît quelquefois spontanément; et d’autres fois elle résiste aux moyens de Part:méme les plus none

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