Symptômes. Ceux qui précédent ordinaire
ment son éruption sont un prurit plus ou moins vi0lent, de la chaleur, de la rougeur, et le gonflement
du derme chevelu; les glandes lymphatiques du cou . et de l’occiput se tuméfient ; le malade se plaint de.
céphalalgie, etc. Le prurit augmente successiverñent ;
on découvre entre les cheveux , ou sous le doigt de.
l'enfant qui se gratte , des pustules ou des vésicules entourées d’une aréole rouge. Quelquefois on n’aper- Coit aucune trace d’ulcérauon ; on croit voir de peüts canaux dihatés, ou les conduits de plusieurs follicules glanduleux, d’où séchappe lentement une humeur visqueuse et rougeâtre ; d’autres fois il se forme des tumeurs circonscrites , pisiformes ou coniques , assez dures à leur base , ayant leur sommet dur et blanchâtre, lequel contient une humeur flavescente. Cette liqueur se répand avec féudité, soit qu’on lui donne issue , soit que ces tumeurs crévent spontanément : aussitôt les cheveux sont inondés de cette matière impure , qui les agglutine les uns aux autres, en se coagulant par l’action de l'air et de la chaleur. Les flots de cette humeur visqueuse, qui coule d’une source abondante , et qui ressemble à de la résine fondue , se succèdent , se chassent pour ainsi dire réciproquement : de là provient une multitude de couches croûteuses ou squameuses qui forment, par leur réunion, un couvercle d'un aspect hideux sur la
| TiIGNÉ: 109 tête. Mais sous ce couvercle existe une sanie putride qui attaque la peau, qui ronge les cheveux jusque dans leurs bulbes, qui consume le tissu voisin , et menace jusqu'à la substance osseuse du crâne. Quelques malades sont en proie À des douleurs nocturnes atroces, quelques autres tombent dans une maigreur funeste qui arrête les progrès de leur accroissement. C’est surtout lorsque la teigne s’est mamifestée dès la naissance , ou lorsqu'on a négligé long-temps les moyens curaufs, que ces ravages sont considérables. C’estalors qu’on voit des abcès se former dans le derme chevelu ; c’est alors qu’on voit survenir des engorgemens glanduleux à l’occiput, au cou, aux épaules , sous les aisselles ; les oreilles parfois s'enflent et se tuméfient d’une manière monstrueuse ; les paupières sont rouges et larmoyantes ; une odeur repoussante s’exhale des pustules , qui, insensiblement, sont devenues voisines et confluentes. Les anciens cheveux tombent déracinés ; ceux qui les remplacent sont blancs , mous, s’allongent à peine ; leurs touffes, claires, fines, ressemblent à une matière lanugineuse. L'esprit n’est susceptible d’aucun effort intellectuel ; le corps n’est propre à aucun exercice physique ; le développement des organes de la puberté est quelquefois retardé. Cette maladie , dont la durée est indéterminée , peut se présenter sous les formes suivantes. 111. La teigne faveuse occupe non-seulement le derme chevelu, mais aussi quelquefois les tempes, le front, les épaules, la partie inférieure de l’'omoplate, le coude, l’avant-bras, les lombes , etc. ; son siége est assis profondément dans la peau. Son déyeloppement se fait communément par de très-petites
110 PHLEGMASIES CUTANÉES.
pustules prurigineuses , dont la matière purulente se
él
dessèche et forme des croûtes jaunâtres, excavées dans : le milieu , et dont la dimension augmente successi- !
vement en conservant toujours la forme circulaire qui fleur est propre. Cette excavation ressemble aux al-
véoles d’une ruche à miel ou aux cupules de certains |
lichens. Ces tubercules sont profondément enchâssés dans la peau; celle-ci se gerce quelquefois, et les crevasses qui en résultent laissent suinter une mauére tantôt ichoreuse et tantôt purulente, qui détruit la peau , et corrode même quelquefois le tissu osseux. L’odeur qui se dégage de cet exanthème se rapproche de celle de l'urine de chat. Si on enleve les croûtes, on aperçoit que l’épiderme à disparu ; le tissu réticulaire est rouge , des ulcérations laissent suinter çà et là un liquide jaunâtre, visqueux et fétide ; on aperçoit çà et là de petits abcès épars , non proéminens , de forme lenticulaire. L’alopécie est une suite fréquente dela teigne faveuse. |
. 112. La teigne granulée (teigne rugueuse, galons) occupe ordinairement la partie supérieure et postérieure de la tête. Elle se compose de petités croûtes brunes ou d’un gris obscur, ressemblant quelquefois à des fragmens de mortier grossièrement brisés , ou à
du plâtre tombé des murs, et sali par l’humiditéret
la poussière. Ces granulations ne sont pas creusées en
godet, mais bosselées, anguleuses par leurs bords ,:
comme les sémences de certaines plantes ; en un mot, d’une irrégularité extrême. Souvent elles sont trèsdures, et ont une consistance comme pierreuse que les
cataplasmes ne peuvent amollir. Elles ne sont pas profondément enchâssées dans la peau m1 confluentes ;
| TEIGNE. 4 TII leur odeur se rapproche beaucoup de celle du beurre rance ; le prurit qu’elles occasionnent est très-consi- ‘dérable. Lorsqu'on enlève la croûte, on voit la peau rouge, lisse, polie, et souvent tuméfiée ; on aperçoit de petits abcës blanchätres, non proéminens, qui fournissent le pus d’où proviennent ces croûtes.
113. La teigne furfuracée (icigne porrigineuse, porrigo) n’attaque pas seulement le euir chevelu ; on l'observe quelquefois sur le front , eic. Elle commence par une desquamation légère de P épiderme de la tête, accompagnée de prurit. Il suinte en même temps du üssu réuiculaire enflammé une matière ichoreuse qui s'attache aux cheveux et se desséché sous la forme d’écailles, dont les couches s’épaississent par superposition ; leur couleur est blanche ou roussâtre à l’extérieur, et leur donne queue analogie avec un amas de son où de farime grossiére; elles LE ben avec la plus grande facilité lorsqu'elles sont sèches ; la peau paraît dénuée dé D ut elle est lisse , RE polie, comme vernissée et de couleur rosée.
114. La éeigñe amiantacée occupe la partie antérieure de la tête ; elle est caractérisée par de petites écailles très-fines , d’une couleur argentine et nacrée, lesquelles , entourant les chevéux et les suivant, ressemblent à l'amiante. La peau paraît sillonnée et ju ; la démangeaison est peu considérable ; il ne s’en dé gage aucune odeur.