PLEURÉSIE
408. Symptômes. La pleurésie débute par des frissons , la débilnté , des lassitudes spontanées ; la chaleur devient ardente par degrés ; on éprouve une douleur pongiuive dans un des côtés: de la poitrine, qui augmente durant l'inspiration , par les efforts de la toux et par la pression ; la respiration est difficile , l'inspirauon courte et fréquente , la toux sèche , c’est-à-dire avec très-peu ou point d’expectoration ; le pouls est quelquefois dur, fort et développé, d'autres fois petit et concentré ; les pommettes sont rouges ; il ya des paroxysmes très-marqués le soir ou la nuit. Sa durée est de quatre à quatorze jours ; sa terminaison varie suivant les circonstances de la constitution individuelle , .de la partie affectée , de l'âge , etc. : c'est quelquefois, vers le quatrième ou cinquième jour ; une sueur abondante, un flux hémorrhoïdal, une abondante sécrétion d'urine ou des déjections bilieuses. Le changement de la douleur, qui se porte aux mains, au dos ou à l'épaule , est d’un bon augure, ainsi qu'une expectoration légere qui se manifeste vers les derniers jours de la pleurésie. La constance Opiniâtre de la douleur dans son siége prinuüf , celle de la toux et de la fièvre au-delà du onzième jour, annoncent une autre maladie qui succède, et qui peut devenir plus ou moins grave.
409. D’après les propriétés générales des membranes séreuses et leur analogie avec le tissu cellulaire , relaüvement à la formation des cicatrices, il est peu probable que ces membranes enflammées puissent rester en coniact sans contracter des adhérences plus ou moins immédiates : c’est du moins le résultat le plus ordinaire de l'expérience. D'ailleurs , si linflammation
4 O0 PHLEGMASIES DES MEMERANES SÉREUSES,
était légère ; et que l'irritation locale cessät promptement , L: Au albumineux attiré dans la parue pourait s’en retirer avant qu'il fût survenu une exsudation, et alors les adhérences pourraient avoir point lieu ; mais, en général ; toutes les fois qu'il ya une exsudauon pendant l'inflammation aiguë , et que les surfaces -séreuses sont dans un contact immédiat Al paraît qu'il doit se former des adhérences. W
410. Dans certaines circonstances de l’état inflammatoire de la plévre, Pexhalation RSR beau coup, et le fluide exhalé ne pouvant point être ré- ‘sorbé , celui-ci donne lieu à des épanchemens plus ou moins abondans qui , -se formant dans une cavité sans ouverture , et n'ayant aucun moyen de communication à l’extérieur , doivent nécessairement s’y accumuler et causer des accidens toujours graves. Mais quels sont les signés d’un pareil épanchement dans la poitrine ? 1l iuiporte d’assigner les plûs remarquables. Le malade, qui, dans les premiers jours, ne pouvait point se :coucher:sur le côté affecté, ne peut plus/se coucher/que sur ce côté-là ; au moindre mouvement 1l sent un fluide qui l’oppresse et l'empêche de réspirer; Ja percussion donne un son obscur du même côté ; et si on presse l'abdomen de bas en haut, on AUtBR mine aussitôt une grande difficulté de respirer , Où même un sentiment de suffocation et une toux sèche, si on prolonge cette pression. On peut ajouter à ces signes extérieurs uné sorte d’empätement du thorax , Tondulation d’un fluide à travers les muscles intercostaux , le réveil en sursaut, la bouflissure de la face , l'œdématie ét un sentiment de froid dans les membres inférieurs, un pouls petit et fréquent, etc.
PLEURÉSIE. ir EAU La pleurésie peut aussi se terminer par une inflaimmation chronique, qu’on peut reconnaitre lorsqu’au huitième ou neuvième jour, tous les symplômes in— flammatoires sont diminués ; la douleur est moins vive mais sans cesser enticrement ; 1] reste une gêne et un sentiment de pesanteur dans la partie affectée! avec une espece d’empâtement: le malade souffe encore ‘par la pression, et il éprouye une légère fièvre hectique avec-des paroxysmes le soir. Ce sont L Surtout ces inflammations lentes, ou chroniques qui aménent un épanchement abondant et,une véritable hydropisie. Dans les inflammations chroniques de:la plèvre:, cette membrane éprouve une altération trèsmarquée ; sa rougeur est trés-manifeste »etn'est point Suscepüble de disparaître , comme cela peut arriver dans les inflammations aiguës ; elle devient plus ou MOINS épaisse , suivant la durée dé Pinflammation!; ce qui paraît dépendre d’une nutrition augmentée, et non de l’adjonction de lames cellulaires : on à vu des portions de plèvre pulmonaire dont l'épaisseur était de prés d’un demi-pouce. En continuant de mettre en opposition les phlegmasies aiguës et chroniques de la plèvre , je ferai remarquer que les premuiéres , lorsqu'elles se terminent d’une manière: fuz nesle au quatrième ou cinquième Jour, ne montrent ordinairement , lors de l'ouverture cadavérique ;: aucune altération des organes subjacens > à Moins qu'elles ne se terminent.par la gangrène qui les. atteint quelquefois ; mais dans les inflammations chroniques; on voit toujours ces organes plus ‘OU moins affectés : ainsi, dans la Pleurésie chronique , le poumon devient souvent tuberculeux et semblable à ceux des phthi-