Que doit-on penser de la prévention extrême
que Triller manifeste en faveur de la saignée dans |
l'ouvrage particulier ( Libellus de Pleuritide ). qu'il a
écrit sur une maladie qui mérite plutôt le nom de plévro-péripneumonie où péripneumonie, que de pleurésie , quelque éloge qu'on doive donner à sa.
méthode descriptive ? Faudra-1-il, comme l’enseigne
Quarin (de curandis Febribus et Inflammationibus Commentatio ), saigner jusqu’à défaillance dans
‘une pleurésie theme? etce pr écepte s’accorde-t-1l
A PLEURÉESIE, 4 415 d’ailleurs avec les remarques judicieuses que fait cet auteur sur les causes, le caractère particulier et le. -pronostic de cette maladie ? Je pense que, d’après les propriétés connues des membranes séreuses . et de leurs phlegmasies, les saignées , qui conviennent quelquefois relativement aux dispositions de l’individu , ont, en général, un effet trés-indirect sur les inflammations de la plévre; que la saignée locale par l'application des sangsues est bien mieux adaptée au changement favorable qu'on veut produire sur la partie affectée , c’est-à-dire , à un dégorgement de la mémbrane enflammée ; que ce moyen , appliqué à temps , rend la douleur bien moindre » diminue notablement les autres symptômes, et favorise singuliérement la résolution de l’état inflammatoire, en le secondant d’ailleurs par les autres secours généraux qui sont en usage contre les phlegmasies de la poitrine; qu'enfin, même dans les cas les plus graves, lorsque la pleurésie est compliquée avec une fièvre adynamique , il ne reste gucre d'autre moyen d'agir direciement sur le siége de la*maladie, en faisant succéder ensuite l'application du vésicatoire sur la partie affectée. Maïs on ne doit point se dissimuler que, dans ce dernier cas, la pleurésie est presque toujours funeste, | LS Re
PÉRICARDITE (r).
$ I. Considérations générales et Histoires | particulières.
413. Les phénomènes de la péricardite, soit de l'inflammation du péricarde lui-même , soit du pro- Jongement de cette membrane qui revêt le cœur au dehors, n’ont pu sans doute être bien saisis et bien développés que depuis qu’on à fait les recherches les plus exactes et les plus suivies sur les membranes'séreuses ; mais On a Connu long-temps avant des exemples d’une semblable inflammation, et on en trouve dans les écrits deSalius, Zacutus, Hilden, Lower, ete., que Sénac a recueillis ( Traité du Cœur, tom. IL) en. rapprochant les divers symptômes qui lui semblaient caractériser cette phlégmasie, comme la violence de la fièvre, une soif brûlante, la dureté du pouls, la difficulté de respirer , la douleur vers le sternum , une toux sèche, l’oppression , des défaillances : dans ces circonstances, la violence des mouvemens du cœur se fait ressentir dans toute la région pris ; 11 y a même des battemens trés-sensibles à l’épigastre. On regarde, en général, la fièvre secondaire ou concomitante qui accompagne cette phlegmasie , comme caractérisée par le développement et la force du pouls, ainsi que dans les autres phlesmasies des membranes séreuses. Mais quand la péricardite est tres-violente, ne doit-elle pas influer
(1) Srnowrmie. Pericarditis , Vocez, SÉnac, M. Cor- VISART. |
PÉRICARDITE. 1418 puissamment sur les mouvemens du cœur, qui est le premier mobile de la circulation ? et ne doit-elle pas se marquer par une certaine gêne et une ait du pouls ? On peut présumer que les adhérences du péricarde avec le cœur , qui sont la suite d’une phlegmasie aiguë, doivent nécessairement troubler les mou vemens de cet organe. La péricardite chronique est plus difficile à reconnaître que celle qui est aiguë ; celle-ci a cependant une marche si rapide qu'elle est souvent parvenue à sa terminaison avant qu'on ait pu. en réunir les caractères distincüfs. Une des plus grandes difficultés à bien caractériser la péricardite ne üent-elle pas aussi à la coexistence simultanée de quelque autre phlegmasie des membranes séreuses ; soit de la poitrine, soit de l'abdomen? c’est ce qui sera manifesté par l’histoire de la maladie de Mira= beau, dont la vie politique est si étroitement liée avec l'histoire des premières années de la révolution française. | ;
414. Que de circonstances orageuses avaient préparé ce dénouement funeste ! Jeunesse saine, bouillante et sujette à tous les écarts les plus grands ; retours fréquens,, dans un âge plus avancé, de douleurs sourdés dans les intestins, d’un rhumatisme vague dans les bras, d’un engorgement des jambes , enfin d’une ophthalmie périodique et d’un genre douteux et suspect. Des projets, des efforts immenses sont faits en Provence : avec la plus grande ardeur pour préparer la révolution É des écrits, des discours , des protestations éloquentes , des négociations sont dirigées avec habileté pour développer l'esprit public. Durant! Assemblée constituante, 1l passe des jours enuers dans des discussions orageuses,
416 ÉnLEGMAGIES ns MEMPRANES ÉÉREUSES.
par tage souvent les nuits entre des orgies et des plaisirs éneryans, ou une étude opiniâtre et les méditations les M rules : état de langueur de l'extérieur du eorps, traits du visage altérés, inérüe de l'etoniie ; découre agement, mélancolie progressive (exuioires supprimes et remplacés par des ban t'èdes ; USAgE des sudor. ‘jiques doux associés ax diu: étiques, en treméle avec celui des purgaiifs à petite dose et des eaux minérales ), retour des forces, de l’activité des digestions et de la couleur du visage. M irabeau , plein de confiance dans lé énergie de sa constitution, et entraîné par l'habitude du Ee uisir , semblait se jouer deses forces physiques : 1l 1 TRE iout exercicede corps, sans rien relâcher de son goût pour les ; jouissances des sens, non moins que pour une contention forte de l'esprit et les veilles ; 1l passe de son appartement dans ane voiture, et de là dans la salle de l'Assemblée consutuante. Durant sa présidence, retour del'ophthalmie, oppression, contractionsspasmodi ques du diaphragme, douleur ue vers l’orifice supérieur de l'estomac, qui céda à l'usage de quelque laxatif : mais toujours difficulté de respirer ; étouffemensconvulsifsexaspérés, mais regardés comme héréditaires dans sa famille ; peu de jours aprés sa présidence de l’Assemblée, anxiétés précordiales avec des syncopes, ce qu’on pouvait regarder déjà comme un des préludées de sa maladie; retours fréquens de douleurs vives de colique, à lasuite d’une desquelles Mirabeau eut l'imprudence de se livrer à un excés de table; un autre jour, il fit, contre son ordinaire, un souper copieux, et il se bivra dans la’ nuit aux auires plaisirs énervans, dont ilavait contracté l'habitude dans sa jeunesse ; immédiatement après, il
PÉRICARDITE. 417 parla avec une vive éloquence dans l'affaire des mines ; mais se sentant comme frappé de maladie, il se rendit à sa Campagne pour prendre du relâche. Les orages de Ja révoluuon et son caractère bouillant et impétueux le rappellent encore à Paris; mais il ne peut plus se dissimuler son état de langueur , etil se rend cependant au spectacle ; les organes des sens, trop excités par le bruit confus, l'éclat des lumières, et l'air qu'on respife dans ces heux , semblent ranimer ses douleurs, qui se portent tour-à-tour aux intestins , aux diverses légions In ternes et externes de la poitrine, au diaphragme, à la région précordiale, au médiastin, à la clavicule ; il donne une idée du caractere de ses douleurs en les comparant à l’action d’une griffe de fer qui aurait resserré ces parties : dés-lors souffrances les plus vives, anxiétés extrêmes, violens frissons , Sentiment d’étouffement à une heure après minuit, difficulté extrême de . respirer, gonflement du visage, danger imminent de suffocation , poulsintermittent et convulsif , extrémités froides, traits du visagealtérés , aspect desplus sinistres (saignée du pied , vésicatoires aux jambes , sinapismes à la plante des pieds). Dès le lendemain , ou le deuxième jour de la maladie, pouls plus régulier, respirauon plus libre, diminution progressive des douleurs; sueurs halitueuses, en un mot changement favorable ; mais dans le cours de la journée, frissons fu gaces aux bras, retour du spasme précordial; et après quelque rémission produite par l'usage des délayans , retour des contractions spasmodiques tour-à-tour vers l’omoplate, la clavicule, la région du diaphragme ; pouls intermittentet convulsif (sinapismes aux pieds), sueurs légères, mais teint de la face jaune, langue char-
Ir. 27
418 FALEGMASIES DES MEMBRANES SÉREUSES. gée (laxatif, à la suite duquel on donna un peu de vin de Bordeaux pour prévenir la chute totale des forces). Le troisième jour, gêne de la respiration extrême et conunuelle , avec des alternatives d’une rémission passagère des autres symptômes. Le quatrième jour au matin, pouls peut et concentré, inspirations petites et serrées, douleurs très-vives, étouffemens , spasmis » présage d’une journée des plus orageuses (saignée du pied, épispastiques , pilules de six grains ou trente centigramines de musc données à Che demi-heure ), sueur avec une fausse apparence de crise, mais progres successifs d’un état de langueur , physionomie décomposée. Mirabeau ne se dissimule plus les approches de sa dernière heure, et cet aspeet — semble donner à ses PERSESS quelque chose de plus grave et de plus profond, et à ses sentimens plus d’abandon et un caractère plus affectueux : il appelle auprés de lui ses amis et ses proches. Mais pendant les huit jours qui succèdent, des paroxysmes irréguliers et qui semblent périodiques, donnent une lueur d’espoir en simulant une fièvre intermittente pernicieuse : le quinquina est admimstré ; mais le pouls , au lieu de se développer par l’action de ce remède, devient convulsif et mtermnitent; toujours sécheresse de la peau et gêne, extrême de la rhone sentiment de froid aux extrémités, pouls à peine sensible (nouveau vésicatoire , doses répétées de camphre) , nouvelle sueur avec une rémission passagère; les souffrances se renouvellent toujours par périodes et deviennent atroces ; sans enchaîner cependant, que par intervalles , l’activité de ses pensées ; jamais son langage n’avaiteu autant de précision, d’énergie-et d éclat. Le dernier jour de sa vie,
PÉRICARDITÉ. LT 1Pt8 il fit ouvrir les fenêtres dès le matin , etil dit d’une voix ferme et d’un ton calme, en s'adressant à un membre de l’Assemblée constituante qui lui était des plus chers: « Mon ami, je mourrai aujourd'hui; quand on en » est là, il ne reste plus qu'une chose à faire, c’est de » se parfumer, de se couronner de fleurs, de s’envi- » ronner de musique, äfin d’entrer agréablement dans ». ce sommeil dont on ne se réveille plus ». I conféra | encore quelques momens avec Cabanis, son médecin et son ami, sur les personnes qui Jui étaient les plus cheres, sur les affaires publiques ; peu après il perdit la parole pour ne la reprendre de temps en temps que lorsque le sentiment était ranimé par l’atrocité de ses souffrancés , ou pour avoir part à la discussion de quelques remèdes qui étaient proposés ; il se tourne enfin du côté droit dans un mouvement convulsif , etil expire. Tels furent les dérniers momens de cet homme qui'prolongea jusqu’à la maturité de l’âge l'habitude des excès d’une Jeunesse des plus fougueuses , sansrien relâcher desés hautes penséeset deses méditations profondes. On sait qu’à l'ouverture du COrps on trouva des traces d'inflammation dans l'estomac , dans le duodénum ; dans une partie de la surface du foie, dans le rein droit et le diaphragme ; mais la parte la plus fortement’ affectée fut le péricarde, qui contenait une quantité considérable d’un fluide épais, jauhâtre et opaque; des concrétions albumineuses recouvralent toute la membrane séreuse qui enveloppe le cœur, excepté la pointe ; le péricarde lui-mémeavait contracté une épaisseur de quatre lignes (1), cequi complétait les ee à, NAS QU, nn
(1) Sénac a fait des réflexions judicienses sur un fait observé
autres preuves de l'existence d’une péricardite des plus intenses. (Journal de la maladie de Mirabeau, par Cabanis.) |
415. Les apparences manifestées à l'ouverture des corps ont assez fait connaître toutes les traces que peut - Jaisser après la mort la péricardite , ayant même qu'on.
eût analysé dans ces derniers temps la structure et les
foncuons des deux feuillets qui recouvrent le cœur. On trouve dans l'ouvrage de Morgagni (de Caus. et Sedib. morb. ) des exemples nombreux de péricardes plus ou moins épais ou comme cartilagineux , d’adhérences de celte membrane au cœur, en tout ou en parte, de concrétions albumineuses à l’intérieur de sa cavité, d'épanchemens d’une matière trouble, jaunâtre, plus où moins teinte de sang , etc. Mas on remarquait encore sur cet objet un défaut d'observations exactes et précises, Où l'histoire des symptômes fût éclairée par l'autopsie cadavérique. L’ouvrage publié par M. Corvisart (1), qui a répandu d’ailleurs de si srandes lumièressur les affecuons organiques du cœur,
9 ? Lé 3 a PA A .
et qui a porté à un nouveau degré de précision etd’exac-—
titude la connaissance des signes propres à les faire distinguer, a beaucoup contribué à remplir une lacune
ui existait en médecine sur l’inflammation du péricarde. Il distingue d'abord la péricardite aiguë de celle ————— << par Freind, qui dit avoir vu, dans une péricardite, l'épaisseur ‘du péricarde portée jusqu’à quatre pouces. Il restreint cette mesure , et il assure que c’est beaucoup de la voir portée à un pouce. jé
(1) Essai sur les Maladies et Les Lésions organiques du
Cœur et des gros Vaisseaux , extrait des Leçons cliniques de M. Corvisart, 2° édit. Paris, 1811. L
, PÉRICARDITE. 421
qu est chronique, et il cherche à rendre « cette distinction manifeste par des exemples pris de ses lecons de Fo ei En voici un de péricardite aiguë. Un ho : âgé de quarante-trois ans, d’une forte consutution, ressentit subitement , sans causes connues et sans signes précurseurs, de la gêne dans la respiration, une douleur aiguë dans la révion inférieure et gauche de la poitrine, s'étendant versl'é épigastre et dans TUE EE dre droit ; latoux était pénible, sèche et douloureuse, Mes crichäté peu abondans, non sanguinolens ; un violent frisson survint dans la premitre nuit, Admis le troisième jour dans la salle de Clinique, cet homme n'éprouvait point de céphalalgie ; la tête était présente, Ja facegrippée, les joues, le nez et les lèvres d’un rouge très-intense , le pourtour des orbites jaunâtre, les muscles de la face agités par de légers mouvemens convulsifs, la langue humide, le pouls petit, fréquent, un peu roide; d’ailleurs régulier ; la respiration génée, haute, fréquente , entrecoupée; la toux sèche et douloureuse, l’expectoration peu abondante et grisâtre , la région du cœur extrêmement douloureuse; 1l y avait | quelques palpitations vagues ; le ventre était resserré , l’excréuon de l’urinenulle depuis limvasion (deux saignées du bras, adoucissans, calmans, doux évacuans). Le malade fut un peu EUR le point de côté changea de place (vésicatoire) et disparut tout-àfait. Malgré ce mieux momentané et local, l’état du malade devenant à chaque instant plus fâcheux , 1l passa Ja nuit du quatrième au érpuiètne jour dans l agtation et le délire, et mourut le cinquième à au matins 4 louverture du cadavre, on vit de l’eau trouble et floconneuse dans la cavité PAM de la poitrine ; la plévre,
La
sur le bord inférieur du poumon gauche, sur la ne supérieure du diaphragme, était , ainsi que.le Uiers inférieur de la face externe du péricarde, enflammée et recouverte d’une fausse membrane. La substance du lobe inférieur du poumon gauche était dure et engorgée, la cavité du péricarde remplie d’un liquideséreux, purulent, un peu rougeâtre; la face interne de cette membrane enduite d’une exsudation lymphatique jaune et très-épaisse; la surface du cœur rugueuse et inégale, quoique la substance de cet organe ne parût pas ter
416. La péricardite suit quelquefois une marche un peu moins aiguë : l'observation suivante en fournit un exemple. Un homme âgé de quarante ans reçut un coup de poing sur la région du cœur. Le cinquième jour, des symptômes fébriles violens , accompagnés d’oppression et de douleur sous la partie gauche du sternum , se déclarèrent subitement ; pendant les trois premiers jours, ces symptômes s'accrurent à un tel point , qu'il se détermina, le hwuüeme jour, à entrer à l'hôpital de la Clinique 1nterne. Alors les symptômes inflammatoires les plus évidens avaient déjà disparu sans qu'il en résultät un soulagement marqué; le malade ne se pige plus que d un léger mal de tête et d’une anxiété qu'il ne pouvait exprimer, et qui ne lui laissait pas de repos ; la péau était sèche et chaude ; le pouls était petit, fréquent , inégal et irrégulier , intermittent ; les yeux étaient enfoncés dans les orbites , les traits du visage aliérés , la joue gauche trés-rouge , la bouche assez bonne. Le son rendu par la percussion était obscur dans toute l'étendue du eôté gauche ; la respiration , facile
PÉRICARDITE. 423 -en apparence ; élait néanmoins petite , fréquente , un peu entrecoupée ; la toux était sèche et sans dou leur ; le malade se plaignait d’un point douloureux qui s'étendait de la partie postérieure du sternum au côté gauche et à la partie inférieure droite de la poitrine ; 1l ÿ avait des faiblesses momentanées qui n’allaient pas jusqu’à la défaillance ; les déjections alvines étaient rares , l’urine trouble et sédimenteuse. Dés le quinzième jour, on apercut aisément que le mal faisait des progrès ; les traits de la face s’affaissaient de plus en plus ; le malade ne goûtait pas un instant de repos ; la respiration était toujours entrecoupée et profondément génée, le pouls vacillant et à peine sensible, la prostration des forces extrême , malgré l'usage des cordiaux. Il resta dans cet état jusqu’au vinguème jour. Le seul phénomène remarquable , pendant ce temps, fut la fonte spontanée et presque subite de l'œil droit par une suppuration qui s’y établit, sans être précédée ni accompagnée d’aucun symptôme inflammatoire. Après le vingtième jour , là maladie parut marcher avec plus de rapidité : les traits du visage se décomposérent tout-à-fait ; le pouls devint insensible , la prostration extrême et jusqu’à défaillance. Le malade succomba enfin le vingt-quatrième jour de sa maladie. Le cerveau , les couches des nerfs opuques , et ces nerfs eux-mêmes, étaient dans l'intégrité la plus parfaite: Le péricarde était énormément dilaté ; sa capacité était telle qu’elle renfermait prés de deux pintes de liquide séro-purulent; sa surface interne était, dans toute son étendue, encroûtée d’une couche épaisse de matière albumineuse , dont la superficie était réticulée » caillebot-
tée , dispositions dont on ne peut donner une idée. plus exacte qu’en la comparant à Ja surface intèrne du bonnet ou second estomac du veau. Le cœur n'avait pas changé de volume , mais le feuillet du péricarde qui le recouvre était devenu très-dur , et avait plus de deux lignes (5 millimètres ) d'épaisseur ; les fibres charnues n'étaient pas sensiblement altérées; le poumon gauche, refoulé en haut, était spongieux et crépitant ; celui du côté droit était sain ; la partie du diaphragme unie au péricarde n’était point enflammée. | | 417. La péricardite chronique présente souvent de grandes difficultés dans son diagnostic. Un potier.de ierre âgé de soixante-deux ans , avait éprouvé dés son enfance une gêne habituelle dans la respiration , qui avait augmenté avec l’âge. Il était exposé par mé- | lier aux vicissitudes de la chaleur et du froid, se livrant iour-à-tour au pétrissage de la terre et au chauffage des fourneaux. Au mois de mars 1801 , cet homme cut dans les lombes, et principalement du côté gauche, des douleurs rhumatismales très - aigues , qui augmenterent sensiblement la dyspnée dont il était habituellement affecté. Forcé de garder le lit par la conunuité de ses douleurs , il fut porté à l'hôpital de la Charité, où il resta un mois sans éprouver de soulagement. De retour à ses occupations, ses douleurs se calmèrent un peu: mais au mois de juillet, ses jambes s’infiltrèrent ; il survint une toux convulsive qui causait de vives douleurs dans la poitrine. Les symptômes se dissipèrent pour reparaître ensuite avec plus de force; linfiltration était enfin devenue générale. Ce malade entra de nouveau à l'hôpital le 9
PÉRICARDITE. 425 octobre. À cette époque , la figure était bouffe ; l'infiltration générale n’était pas très- considérable ; la poitrine résonnait bien dans toutes ses régions ; la respiration était courte, embarrassée , fréquente , et accompagnée d’un sentiment de pesanteur vers/l’appendice xiphoïde. On remarquait beaucoup de varauons dans les mouvemens du cœur et du pouls ; ; tantôt les battemens du cœur étaient assez réguliers , tantôt on sentait un frémissement obscur, une espèce de bruissement ; le pouls, toujours fréquent , était tour-àa-tour égal, TÉQUAR , inégal , irrégulier et trèsintermittent ; 1] n’y avait point ds pal pitations ; le sommeil était assez long , quoique souvent interrompu par des rêves. Le aalide demeurait difficilement couché sur le côté gauche , il se tenait plus volontiers étendu sur le dos : il resta dans un état à-peu-prés semblable jusqu'au milieu d'octobre. Un jour qu'il ne paraissait pas être dans un état Plus inquiétant que les jours précédens , il mourut cependant le soir, aprés une agonie accompagnée de, beaucoup d’angoisses. Lors de l’ouverture du cadavre, les lèvres étaient violettes, la face pâle; la poitrine résonnait bien dans toutes les régions , excepté vers celle du cœur, où le son était un peu obtus ; dans cet endroit même , les deux poumons adhérant» à la plèvre , et, quoique crépitans , étaient granuleux dans toute qui étendue ; le volume du cœur n’était point augmenté ; le péricarde contenait une petite quanuté de liquide trouble. Cette membrane avait acquis de l'épaisseur ; Sa surface interne n’était point lisse et égale, comme dans l’état naturel ; le feuillet qui recouvre le cœur état de couleur grisâtre , épaissi, inégal, ridé, ra
cormi, et présentait des granulations dont le sommet paraissait ulcéré. Les deux oreiïllettes étaient rétrécies et contractées. On trouva quelques peuts tubercules endurcis dans l'épaisseur des valvules nutrales. Les valvules tricuspides , un peu épaissies, avaient la consistance cartilagineuse ; la cinquième vertèbre dorsale et la tête de la côte correspondante étaient affectées d'un commencement de carie.
S IT. Description générale de la Péricardite:
418. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce sont une constitution sanguine , le refroidissement subit , la suppression d’une hémorrhagie nasale , d’un flux hémorrhoïdal, de l'évacuation menstruelle et de la transpiration ; les exercices immodérés du corps , : les travaux forcés de l'esprit, l'usage des boissons à la glace en été, ides liqueurs alcooliques ; la métastase de la goutte, du rhumatisme , de la gale , etc. ; l'inflammation d'organes voisins ; des coups , des chutes sur la région du cœur , etc. | 419. Symptômes. Le malade éprouve d’abord un sentiment de chaleur générale dans tout le côté gauche du thorax ; cette chaleur ne tarde pas à se concentrer dans la région du cœur ; elle est accompagnée d’une douleur vive et brülante. La respiration devient haute, génée et douloureuse ; le pouls est dur, fréquent et rarement irrégulier ; les deux pommeties, et la gauche surtout , sont colorées en rouge. Vers le troisième ou | quatrième jour, les traits de la face s’alièrent et sont ürés en haut ; le malade se plaint de beaucoup d’anxiété ; il est très-agité ; la respiration haute, pénible,
PÉRICARDITE: 427
entrecoupée ; le : pouls peut , fréquent, dur , serré, concentré , souvent irrégulier ; les défallances sont intomplètes elles palpitations légeres. Après cette époque, les traits de la face s’altérent de plus en plus; la douleur cesse en tout ou en partie ; 1l y a des fris— sons fugaces , des défaillances longues et incomplètes, une anxiété insupportable ; il survient une infiltration générale , et la mort a lieu au moment où on Sy attend le moins. L'invasion de la péricardite aigué est brusque , sa marche rapide, sa terminaison presque subite. Celle qui est chronique débute ordinairement d’une manière insensible ; sa marche est souvent cachée. La péricardite est le plus souvent compliquée avec la pleurésie , la péripñeumonie , la gastrite; et les symptômes de ces dernières affecuons prédominent souvent sur ceux de l’inflammation du péricarde. L'adhérence du péricarde au cœur est assez fréquemment la suite de son inflammation ; dans le plus grand nombre de cas, il survient alors des rougeurs subites à la face ; le malade éprouve un sentiment pénible de tiraillement dans la résion du cœur ; la respiration est haute, fréquente , oppressée après les moindres mouvemens ; il survient des défaillances ; le pouls est plus ou moins irrégulier; 1l n’y a point de palpitauon ; les contracuons du cœur sont promptes et irrégulières , sourdes , profondes , obscures et comme avortées. Le diagnostic de ces adhérences est d'ailleurs très-difficile à établir.
S II. Traitement de la Péricardite.
420. L’inflammatuon du péricarde n’exige pas d’autres moyens que ceux qu'on oppose à la pleurésie : dans la péricardite aiguë, on doit recourir plus. promptement à l’usage des saignées générales et locales ; l’applicauon des vésicatoires sur lé lieu cor-. respondant au siège de l’inflammation est de la plus grande utilité aprés l'emploi de la saignée. M. Corvisart assure qu'il ne saurait trop recommander ces moyens d'apres les avantages qu'il en à constamment reurés. On doit joindre à ces préceptes celui qui a été donné au sujet d’une péricardite regardée comme épidémique (Journ. de Méd., décemb. 1755): c'est. de mettre en usage les moyens acufs avec célérité Fe et surtout dés le premier jour de l’appariuon des symptômes distincufs de cette phlegmasie.