‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 24 sur 60 · La fièvre inflammatoire est ordinairement con · texte numérisé non relu

La fièvre inflammatoire est ordinairement con

tinue ; elle paraît être quelquefois intermittente : on n’a pas encore d'observations assez exactes pour déterminer sielle peut être rémittente. Les exacerbations de celle qui est continue-sont ordinairement peu marquées ; elles arrivent fréquemment le soir. Sa durée , lorsqu'elle est continue, varie depuis vingt-quatre Où quarante - huit heures, jusqu'à quatre, sept, neuf , onze , et quelquefois quatorze jours; onna pas encore déterminé la durée de celle qui est intermittente.

43. Gerte fièvre se termine ordinairement d’une manière heureuse, par des hémorrhagies actives du nez, de l'utérus ou des intestins , par une sueur abondante , par une urine qui dépose un sédiment blanc , léger et homogène ; quelquefois par des phlegmons, des abcés, des éruptions cutanées , et rarement par des déjections alvines. Elle passe quelquefois à l'état de phlegmasie, et surtout de péripneumomie , d’angine, eic. ; d’autres fois à celui de fièvre adynamique ou de fièvre lente , surtout si on a abusé de la saignée et des rafraichissans.

44. Son pronosuc n'est alarmant que lorsqu'il se manifeste une congestion vers un Organe essentiel, qu'il survient un hémorrhagie interne excessive, elc.

45. 11 est peut-être à propos de ne point omettre dans cette édition le vrai caractère de la fièvre traumatique. (Essai sur la fièvre traumatique. Collect. des thèses de la Faculté de Méd. an. 1817.) C’est une pyrexie continue , Souvent accompagnée de frissons vagues, qui se manifeste vers le troisième Jour après les blessures graves ou les "grandes opérations chirurgicales ; elle est caractérisée par la rougeur de la face et des yeux, une chaleur halitueuse à la peau , le pouls fréquent et plein ; elle dure de trois à sept jours,

suivant l'étendue de la plaie et l'importance des parties blessées. Si la blessure est légère, souvent la fièvre ne se manifeste point par des sympiômes généraux ; elleest en quelque sorte locale. Les blessures avec contusion, ou produites par des armes à feu , celles qui pénètrent dans les grandes cavités et qui intéressent les viscéres, celles enfin qui sont compliquées de fractures ou d’un écrasement des os , excitent une fièvre beaucoup plus vive que celles qui sont faites par un instrument tranchant , et qui n'imtéressent que des parties externes. Cette fièvre est aussi d’autant plus intense que le sujet est jeune , pléthorique, robuste , irritable ; qu'il aura été blessé apgés un violent exercice ou quil conservera de vives inquiétudes sur son rétablissement. Dans les cas ordinaires, la fièvre traumatique se manifeste le troisième jour aprés la blessure , d’autres fois, mais plus rarement , elle survient dés le: premier jour : dans ce dernier cas, elle a eoutume de débuter par des frissons, de la chaleur , la soif, une douleur de tête, la somnolence et parfois le délire ; la langue est humide, rouge sur les bords et blanchâtre vers le milieu; lappéut est diminué. Si l'invasion a lieu dés le premier jour : pouls d’abord faible, avec prostration des forces, frissons, spasmes , vertiges; en- , suite chaleur fébrilede plus en plus vive ; peau chaude et humide , rougeur des yeux et de la face, pouls. dur , plein et fréquent, stupeur, douleur vive de tête, déhre , soif, constipation, urine rouge, rare, brûlante. Cette fiévredure quelquefois vingt-quatre heures, d’autres fois sept jours, et même plus, suivant les aceidens. L'état inflammatoire cesse lorsque la sappurauor® s'établit, etc. -

\z8 FIÈVRES

L'auteur de l'ouvrage indiqué ci-dessus rapporte des exemples de cette fièvre simple ou compliquée avec d’autres fièvres primitives.

S LL. Traitement des Fièvres dites inflammatoires.

46. Le même esprit d'analyse qui m'a fait remonter à la considération des maladies dans leur état de simplicité, et qui peut les faire reconnaître dans leurs complications innombrables, me sert encore de guide pour simplifier le traitement , et écarter l’étalage spécieux des formules ou autres moyens acufs et souvent perturbateurs. Autre excègopposé, me dira-t-on, innovation dangereuse ! Je ne répondrai point par le résultat de mes observations: on pourrait les attribuer à une imagination prévenue ; mais je vais transcrire les principes d’un des médecins les plus sages et les plus connus de ce siècle. «Il y a des maladies où l'or » peutprendre pour règle que, pourvu qu'on ne per-, » mette pas aux forces vitales de pécher par excés où » par défaut, et qu’on prescrive un régime convenable, » la matière morbifique subit une élaborauon spon- » tanée , et est ensuite éliminée par une crise natu- » relle : telles sont toutes les maladies inflammatoires » vraies, qui, de nos jours comme du temps d'Hip- » pocrate, sont soumises à un ordre régulier , comme » peut l’observer tout homme qui, pénétré des maxi- » mes du père de la médecine sur la nature et le trai- :» tement de ces maladies, n’agit point avec témérité ‘» et à contre-temps, ne provoque aucune évacuation , mais emploie les délayans les plus doux sous ‘»n toutes les formes, et se borne à faire précéder la

per

INFLAMMATOIRES. 59 » saignée, si cela est nécessaire ; ce qui est très-rare. » Il ne cherchera point à débarrasser le cerveau, la » poitrine et les autres viscères, d’un prétendu sang » inflammatoire, par l’émétique, les purgaufs, les » diurétiques, les sudorifiques ; n1à fondre, par les » résolutifs âcres, les humeurs épaissies par des oscil- » lauons trop vives des solides. J’ai toujours vu avec » une admiration mêlée de plaisir ces changemens cri- » tiques qui arrivent dans des périodes déterminées , » ou qui s'écartent trés-peu de l’ordre établi par Hip- » pocrate; mais 1lest vrai que je ne les ai jamais ob- » servés qu'en me livrant à la méthode d’expectauon , » et c'est celle que j'ai souvent suivie, étant bien per- » suadé que c’est agir quelquefois en médecin très-ha- » bile, que de ne prescrire aucun médicament ». (Tissot, ist, Feb. epid. Laus.).

47. West donc un choix à faire pour les principes du traitement de la fièvre inflammatoire ; et ce choix n’est point difficile pour tout homme doué d’un juge ment sain. D'un côté, Hippocrate, Stahl, et un petit nombre d’observateurs exaeis et faits pour approfondir leurs écrits et étendre leurs vues, ne considerent dans Ja marche de cette fièvre que le développement libre et régulier des lois de l’économie animale pour la conservation de l'individu ; ils respectent, en général, cette marche, etse bornent à calmer, dans certains cas, tout symptôme trop violent et propre à indiquer un danger imminent, comme une chaleur imtolérable, une céphalalgie très-violente, ou une opressron extrême de la poitrme, etc. D’un autre côté, des médecins d’un . grand nom, mais pleins de prévenuons , ou bien une iourbe innombrable , bornée aux idées grossières d’ob-

struction, d'épaississement morbifique du sang, pensent avoir tout à combattre dans cette fièvre, comme si la nature était inerte ou dans un état constant d’aberraton : ils ne prescrivent que des saignées copieuses ; cornme si le sang était devenu un principe de destruction qu'il faut éloigner.

48. La haute faveur qu'a acquise la pratique de la saignée dans ce siècle, même parmi les médecins du plus grand nom, ne uent-elle pas manifestement à l'espèce de prestige que le nom célébre de Boerhaave et l'éclat de son système mécanique ont exercé sur les esprits ? et n'est-ce pas une raison de plus de soumettre celte pratique à une discussion sévère ? La théorie de la pléthore est sans doute favorable aux principes de l’école de Leyde, qui veut que, par une surabondance de sang, les vaisseaux ne puissent plus éprouver une distension ultérieure ; que l'embarras augmente par l'excès continuel d'un chyle succulent ; que les tuniques des vaisseaux , recevant une trop forte impulsion , réagissent à leur tour sur le liquide contenu, et que de cette action et réaction réciproques naisse la fièvre inflammatoire. Mais combien cette application frivole de la physique s'éloigne des lois générales de l’économie animale, et des résultats qu'on doit ürer directement des faits |

49. Un concours rare de circonstances peut sans doute donner la plus grande intensité à la fièvre mflammatoire ; et tel est l'exemple que rapporte Stahl ( Collegium casuale) d’un jeune homme de vingtcinq ais , robuste , d’une consütution pléthorique, accoutumé à des exercices pénibles , sujet dans sa jeu= fesse à des hémorrhagies du nez, et ramené depuis

INFLAMMATOIÏIRES. 4 quelques mois à une vie peu active et à la boisson des liqueurs alcoolisées. L'exemple de fiéviébéphémère que Galien rapporte, et que j'ai déjà cité (page 00 ), peut être mis au niveau du précédent, avec celui de Fériclès d’Abdère ( page 00). Galien réussit en faisant saigner jusqu’à défaillance ; Hippocrate et Stah], en se bornant à la méthode d’expectation.

L'exemple de témérité qu'a donné Galien à fait peut-être des maux incalculables ; car les neuf dixièmes de ceux qui exercent la médecine marchent automatiquement sur les traces des hommes d’un grand nom. D'un autre côté , il n’y a que les observateurs éclairés et doués d’un jugement exquis qui puissent apprécier la sage retenue de Stahl, dont il développe d’ailleurs st bien les principes dans ses notes sur la satire de Gé déon Harvey, qui donne par dérision le titre de lanio-doctores aux médecins toujours prêts à faire couler le sang dans le traitement des maladies.

5o. J'ai quelquefois observé la fièvre inflammatoire au plus haut degré, surtout dans les infirmeries des prisons de Bicêtre , où les détenus, soit par ennut, soit pour s’étourdir sur leur malheureux sort, se livraient à des excès habituels. Mais ce n’est que dans quelques cas extrêmes , où l'affection inflammatoire se dirigeait vers la tête ou la poitrine, et produisait quelque symptôme grave et dangereux, que j'ai fait pratiquer une, ou tout au plus deux saignées modérées : dans le plus grand nombre de cas, je n’en suis abstenu. Des boissons délayantes et l’éloignement de toute cause physique et morale propre à produire un surcroît d’irritation ont suffi, etla maladie se terminait après avoir parcouru ses périodes ordinaires.

51. Toute méthode de traitement doit être fondée ; autant qu'ils: possible , sur le caractère bien connu de la maladie, la marche de ses symptômes et sa terminaison la plus ordinaire : or, la nature , comme je l'ai. déjà dit, peut sesuflire à elle-même dans la fièvre imflammaioire, pourvu qu'elle soit bien dirigée , et qu'aucune imprudence ne s'oppose au libre développement des lois de l'organisme. On doit donc recourir à une diète sévére , à des boissons délayantes, mucilagineuses, nitrées , ou légèrement acidulées ; et quelquefois, lorsque les symptômes sont trés-violens, à une ou deux | saignées , surtout si quelque viscère de l'abdomen, de Ja poitrine, de la tête , est menacé (Huxham, Dehaën, Quarin ). |

52. Avec quelle attention ne faut-il pas surveiller les diverses tendances que peut affecter la nature à certames époques de la maladie ! Voit-on des présages d’une hémorrhagie nasalef qui sembles’annoncer par la rougeur des yeux, un sentiment de pesanteur dans les tempes, des larmes involontaires, le prurit des narines, le pouls qu’on appelle dicrote , eombien 1l faut éviter de troubler ce mouvement salutaire ! La sueur est précédée de la sécrétion de peu d'urine, d’une souplesse et d’un certain prurit à la peau, d’un pouls mou et ondoyant. C’est par un sentiment de pesanteur dans les hypochondres et les lombes, une sorte d’ardeur vers les parties génitales, que s'annonce l’urine critique. Ces dispositions favorables ne s'observent en outre que les jours quarténaires ou septénaires. Avec quelle facilité un esprit observateur ne saisit-1l pas les diverses modifications à faire dans les principes généraux du traite- : ment, suivant l’âge , Je sexe , des excès extrêmes d'in

INFLAMMATOIRES. 43 tempérance , des habitudes invétérées ,; où d’autres va— riétés individuelles !

53. Une congestion vers’la tête, marquée par un obscurcissement de la vue, l’apparence d’une sorte d’étincelles , un pouls dur et plein, des veilles opimiätres, des rêves effrayans , des anxiétés, des veruges, accompagnent-1ls ou annoncent-1ils une fièvre mflammatoire , on sent avec quelle attention on doit procéder aux moyens les plus acufs, comme la saignée du pied , l’usage interne des boissons nitrées ou acidulées avec les acides végétaux ou minéraux, quelquefois même les veniouses appliquées à la nuque. La congesuon se dirige-t-elle vers la poitrme (ce qui s'annonce par un sentiment d’ardeur dans le thorax , l'embarras de la respiration, des anxiétés, des étouffemens au moindremouvement, des chaleurs erratiques, lasueur), ne doit-on point recourir à des moyens analogues, et surtout insister sur un changement de régime ?— Une

veuve, dit Wezs , d’un caractère dispos et agile, sent augmenter son embonpoint à l’époque critique : dèslors, lassitudes spontanées, inertie au physique comme au moral , sentiment de pesanteur aux pieds, anxiétés dans la région du cœur , difficulté de respirer, surtout en montant un lieu élevé, chaleur , sueur continuelle. Une saignée copieuse , l’usage des boissons nitrées ou une solution de tartrate acidule de potasse, la suppression du repas du soir et de l’usage de la bière, une augmentation de lexercice , et des boissons acidulées raménent à l’état de santé. — Un homme robuste, quoique maigre , se livre à une vie sédentaire après s'être enrichi, et se console , par la bonne chere, de la mort de sa femme : il perd le sommeil, ou ,-s1l vient

à sendornur , 1l éprouve des rêves effrayans ; il passe souvent les nuits les plus agitées , forcé de sortir de son Hit et de courir çà et là dans un état extrême d’angoisse ; le pouls est dur et tendu : deux saignées, l'usage des boissons acidulées, ei surtout un nouveau mariage, font tout disparaître.

$S IV. Considérations sur la nature des Fièvres dites inflammatoires.

54. Le vrai caractère de la solidité d’une science quelconque est de distinguer ce qui est constaté par l'observation et l'expérience la plus générale, de ce qui est du ressort de l'opinion et de la conjecture. Rien n'est plus connu, rien n’a été plus constamment observé que les phénomènes et la marche de la fièvre inflammatoire, Mais, veut-on éclairer la série simultanée Où successive des symptômes qui la disunguent, par des résultats, des recherches anatomiques et physiologiques, où par l’applicauon des principes de quelque science accessoire à la médecine , c’est là que commencent les conjectures, et quelquefois une obscurité impénétrable.

55. Je cherche des idées claires dans ce que dit Sauvages sur. la fièvre éphémère pléthorique ( Nosol., Class. II, Ord. 1°*.), et cet auteur ne m’entretient que d’une puérile applicaüon du calcul, de raison directe des alimens et inverse des évacuations , de la coïnparaison des pulsations de l'artère à jeun et après le repas. C'est bien pire lorsqu'il dit ailleurs que la chaleur de la fièvre éphémère est en raison composée de la raison simple de la quantité des particules

ignées et alcalines , de la densité des fluides et de la tension des solides , et en raison doublée de la vélocité avec laquelle les fluides et les solides se heurtent mutuellement. Ceux qui nous parlent de diathèse inflammatoire, d’épaississement et d'état phlogistique du sang s'entendent-ils eux-mêmes ? Que veut-on dire par affection maladive dont le principe de vie est atteint dans les inflammations générales s'exprimant sur la masse des humeurs ? Sur quels faits repose cette métaphysique impénétrable ? Avec combién de réserve l'esprit de recherches doit s'exercer sur des hypothèses propres à éclairer la nature de la fièvre inflammatoire !

56. Comme cette fievre ne peut devenir mortelle que par limflammation de quelque viscère important qui vient la compliquer , il en résulte que l'anatomie ne peut nous fournir que peu de lumières sur sa nature. M. Frank ( Epitome , lib. I) dit avoir vu les artères et les veines enflammées et rouges à leur surface interne dans des cadavres d'individus morts de cette maladie ; mais il n’est pas démontré si cet effet est constant.

57. L'analyse chimique et linspécuon du sang peuvent-elles répandre quelques lunuères sur la fièvre 1nflammatoire ? On connaît les divérs matériaux immédiats de ce liquide; on sait qu'il fournit à l’analyse de l'albumine , de la fibrine, un peu de gélatine, du phosphate sursaturé de fer suroxydé, de la soude, du muriate de soude, du muriate de potasse, du phosphate de soude et de chaux. Schwilgué ( Mémoire lu à la Société de l Ecole de Médecine) en a retiré en outre une matière extracuve ét une substance qui a quelque analogie avec l’adipocire ; mais on n'a pas en-

46 FIEVRES core déterminé quels sont les rapports réciproques dé ces différentes parties du sang dans les fièvres dont il est 1C1 question, et on ne connaît pas non plus les changemens divers dont ils sont alors suscepübles.

58. La couenne qui recouvre le sang qu'on reture des veines des individus affectés de cette maladie, présente beaucoup d'anomalies. Dehaën ( Rat. med. 1. D remarque expressément que le sang tiré au commen cement d’une fièvre aiguë où d’une inflammation locale ne manifeste point toujours cette couenne inflammatoire , ou bien qu’on ne l’observe qu'a la seconde , troisième et même quatrième saignée. Quelquefois , dans les maladies inflammatoires , on ne voit jamais se former une semblable concrétionssur le sang üré des veines ; quelquefois aussi cette concrétion COnunue d'être épaisse après un grand nombre de saignées. On à cru voir que cette croûte prétendue inflammatoire suivait la proportion de la vitesse avec laquelle le sang s'échappe de la veine ; mais l'expérience a montré qu'il n’est pas rare qu’elle soit trés-épaisse lorsque le sang coule goutte à goutte. En un mot, rien n’est plus variable et moins asservi à un ordre constant que la formation de cette concrétion albumineuse. S'il restait encore quelques doutes sur le résultat des expériences et des observations de Dehaën , il serait facile de les dissiper en rapprochant le grand nombre de témoignages in— voqués par Selle ( Pyretol. continens in amm.) des recherches faites à ce sujet par les chimistes modernes.

99 Les expériences tentées en 1 794 par MM.

Déyeux et Parmentier (Journal de Physique et de Chimie ) n’ont pas présenté de différences marquées

entre le sang retiré des veines dans des maladies inflam— matoires, et celui des individus affectés de maladiesadynamiques, scorbutiques , etc. Ces chimistes ont d’ailleurs observé que le sang de lamême saignée différe dans sa coagulation, suivant que le considère au commencement , au nulieu ou à la fin de son écoulement, et suivant que le malade est courageux ou timide , calme ou agité et pris d’une frayeur subite. La suroxygénation du sang et des différens liquides et solides , qu’on dit avoir lieu dans cette maladie, n’est démonirée par aucune expérience rigoureuse.

60. Si les humoristes ont pu faire jouer leur imagination sur la fièvre inflammatoire avec peu de succes et sans aucun fondement solide, en partant des principes de la chimie , ils n’ont pas été plus heureux en voulant saisir des rapports entre la fievre inflammatoire en général et les phlegmasies; la cause en est dans l’analogie qu'ils ont pu apercevoir entre la matère qui couvre le sang tiré des veines d’un homme attaqué de cette fiévre , la couche albumineuse qu'on trouve à l’ouverture des soips , Sur des organes fr apr pés de phlegmasies , où même la concrétion formée à la surface interne du larynx et de la trachée-artére , dans l’angine dite croup. Ces eonformités sans doute indiquent, en bonne logique, un point de rapprochement, une sorte d’analogie entre la nature de ces maladies ; mais peut-on en conclure, avec l’auteur ingénieux d’un Traité moderne sur les fièvres, qu'il y a une parfaite identité de nature entre la fièvre inflammatoire générale et les inflammatoires particulières 2? N'est-ce point là outre-passer l'induction immédiate qu'on doit tirer des faits observés.

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