DIAGNOSTIC
Dans son ensemble, le syndrome mélancolique ne risque guère d’être l’objet d’une erreur de diagnostic.
Toutefois, lorsqu'une variété de délire y domine de façon manifeste, il pourrait être assimilé aux psychoses à symptomatologie proche.
Le délire de persécution systématisé chronique peut s’accompagner d’un certain habitus triste ; mais son origine hallucinatoire apparaît constamment ; en outre, il n'implique aucune idée de culpabilité.
Tandis que le persécuté se considère comme une victime, le mélancolique explique la soi-disant attitude de son milieu par la connaissance qu’a celui-ci de ses fautes. L
De même les idées de damnation et de possession
des mystiques procèdent d’hallucinations ; celles du mélancolique sont l’expression chez un sujet religieux soit de la plus haute punition qu’aient méritée ses crimes — idées de damnation —, soit d’un besoin que ressent le malade de trouver une explication à la monstruosité morale qu’il se découvre.
L’hypochondrie se dissocie parfois plus malaisément de la mélancolie. Elle peut s’apparenter à la forme asthénique du syndrome, la chute des forces du sujet étant parallèle sur les plans physiques et mentaux.
Le malade se rend compte de sa faiblesse et s’en inquiète, désespérant de retrouver jamais la santé ; mais il ne s’attarde pas à cette idée, ne cherche pas à l’approfondir, et c’est là un bon élément de diagnostic.
Par contre, la révélation d’une tare physique peut déterminer un chagrin, origine d’une mélancolie vraie.
Le délire, dans cette forme, centré sur la lésion physique, pourra ressembler de très près à de l’hypochondrie, surtout si les idées d’auto-accusation sont discrètes, si le malade n’insiste pas sur le thème d’excès passés ayant ruiné sa santé. Mais cette attitude neutre est rare. Ce qui ajoute à la difficulté de diagnostic avec l’hypochondrie, c’est la présence quasi constante dans toutes les formes de mélancolie de signes organiques très spéciauxx, ceux-là mêmes que relevait GALLIEN et dont nous avons vu l'essai d'explication.