PRINTEMPS PARISIEN
Avril ! les marronniers vont reverdir Paris !
Ses squares, ses jardins seront bientôt fleuris.
Des souffles de lilas charmeront les banlieues,
Longchamp frissonnera sous des poussières bleues.
J'évoque par delà les horizons marins,
A travers le réseau frêle des tamarins,
Tout ce qui fit ma joie aux heures printanières ;
Le ciel plus délicat, les brises plus légères.
Le premier chant de merle au fond du Luxembourg,
Et le premier bouquet et le nouvel amour,
Et le rire léger de jeunes inconnues
Chantant au crépuscule au bord des avenues.
Ici, sous trop d'éclats resplendissant aux yeux.
Le printemps est un homme au torse vigoureux .
Dont le visage pur ne connait pas de rides. j
Mais là-bas, que de tons vaporeux ou limpides, ]
Que de frêles lueurs, que de rayons divers, :
Quand Avril, porte rose ouvrant sur les bois verts,
Laisse voir, au sortir de l'hiver, noir Erèbe,
Un printemps délicat frêle comme un éphèbe.