PREMIER ADIEU
L'Opaline fumée d'un vol de goélands.
John-Antoine Nau.
Tandis que le printemps voluptueux ramène Sous le ciel de Paris le sourire des fleurs. Je pars seul, loin de vous, le cœur chargé de peine, Vers des climats brûlants et des ciels sans douceur.
Mais tout me parlera de vous dans le voj^age : Et les vols éperdus qui planeront sur l'eau. Et l'horizon où passera, dans un halo, Votre profil, vague et lointain comme un nuage.
Les brises de la Terre où flottera parfois L'odeur mélancolique et lointaine des bois. Du jeune Avril m'apporteront une caresse.
Et, sous le grave azur des soirs harmonieux. Mes yeux s'attendriront à regarder sans cesse La Mer, dont la couleur est celle de vos yeux.
Paris, avril 1908.