Ouvr. cité, t. III, pp
l’église, la prophétie, les prophètes 45
« L’homme aux prises dans son corps avec les démons, mais par Pautorité de l’Eglise dominant leurs fureurs, et par sa volonté demeurant le maître de son âme, offre un spectacle digne de pitié, si l’on veut, mais plus digne encore d’admiration.
« Il est un autre spectacle qui n’a rien que de hideux, celui de l’homme libre pactisant avec l’ange rebelle, acceptant de plein gré son despotisme, lui abandonnant son âme au prix de satisfactions souvent illusoires, de succès éphémères, de jouissances immondes.
« Pacte et commerce horribles, qui constituent la magie...
« Les appels directs ou indirects, avoués ou inconscients aux esprits, qu’ils se réalisent ou demeurent infructueux, de quelquemanièrequ’ils se formulent ou s'exécutent, vont, non à Dieu, ni à ses anges, ni aux âmes des morts, mais aux démons, seuls instigateurs et agents de ces manifestations qui étonnent l’homme et Pégarent, ceux, par conséquent, qui nouent de tels commerces et se livrent à de semblables pratiques, ne sont excusables que parune grossière bonne foi du crime énorme cle la magie : car la magie est là...
« En admettant, ce qui est incontestable pour nous, que des agents invisibles sont des démons, c’est moins à l’homme qu’aux esprits mêmes qu’il faut attribuer les préférences et les exclusions. Nous l’avons dit bien des fois, l’esprit de mensonge n'a pas de plus fine tactique pour dissimuler son intervention que delà soumettre à ces intermittences et de se voiler sous les prétendues variétés, divergences, anomalies de la nature. »
M. Ribet n’admet pas la distinction entre la magie blanche et la magie noire. Au fond c’est la même chose et l’action du démon est la même dans Tune et dans l’autre 1 :
« Dans son acception commune, la magie s’entend d’un commerce plus ou moins avoué avec le démon, afin de réaliser par son concours des prodiges qui surpassent la puissance de l'homme...
« Quant à la magie blanche véritablement miraculeuse, en vertu de laquelle jl’homme se mettrait à son gré en relations avec le monde divin ou angélique, il faut la tenir pour une ruse familière 2 aux démons, qui dissimulent leur identité, ou une supposition gratuite et in-