entre le temps de Dauid et Moyse ont esté cinq
27 cens septante ans là environ. — Puis après entre le temps de Dauid, et le temps de Nostre Sauveur et Rédempteur Jesus-Christ , nay de Tvnique Vierge, ont esté (selon aucuns Gronographes) mille
28 trois cens cinquante ans : — pourra obiecter quelqu'un cette supputation n'estre véritable , parce
29 qu'elle diffère à celle d'£usebe. — Et depuis le temps de l'humaine Rédemption iusqu'à la seduc* tion détestable des Sarrasins , sont esté six cens
30 vingt et un an là environ, — depuis en çà l'on peut
(1) lbid.,a7.
(S) Ibid., 5S et les renvois qui y sont indiqués.
(9) Voyez ci-après, 9i et suivans
facileoMDt coUiger quels tempd sont passez, si la uiieone supulalioa n'est bonne et valable par toutes
31 naiiongy — pouixe que tout a esté calcule par le cours céleste, par associatiou d'estnotîon infuse à certaines heures délaissées, par l'esmotlon de mes
32 antiques pro^oniteura. •— Mais riniare du temps, ô serenisfiime Roy, requiert que leb secreu eueneinens ne soient manifesteE que par enigmatique sentence, n'ayant qu'un seul sens, et unique iateUigence, sans y avoir rien mis d'ambigu ni
33 amphibologique calcnlation : -— mais plustast sous obnubiliëe obscurité par une naturelle infusion approchant à la sentence d'vn des mille et deux Prophètes qui ont esté depuis la création du monde, iouste Ui supputation et Chronique Punique de loel, Effwfèd€un spirUum menm super omnem eixrnetn
34 ëipropheinbunlJHàfresiri etfilmt^strœ. — Mais telle Prophétie procedoit de la bouche du saint Esprit qui estoit la souueraine puissance éternelle , adioimte auec la céleste à d'aucuns de ce nombre ont prédit de grandes etemerueiUabks aduentures.
35 --^ Moy en cest endroit ie nt m'attribue nullement tel tiltre , ia à Dieu ne plaise (1) le confesse bien que le tout vient de Dieu, et luy en rends grâces, honneur et louange immortelle, sans y avoir mesié de la diuinotion que prouient k/kto^ mats à Dao, à
^ naiuroy — et la pluspart ac4X)mpagnée du mouuement du cours céleste, tellement que voyant
(l)Éi)lln» à César, 18.
i*IIBFAC£. 407
(Oinme dans vn miroiier ardent , comme par ▼îsioii obnubilée , leg grand euenement trîtteft y prodigieux, et calamiteuBeBaduentures qui s'appi-ochent
37 par Iq» principaux cuk/eura. -«- Premièrement des temples de Dieu, aecondemeat par ceux qui lont t^rrestreroent «matenui s'approcber telle deca«dence avec mille autres ealamiteuses adnentures , que par le court du temps <m cognoistra adueoir :
38 — Car Dieu regardera la longue stérilité de la grand dame, qui puis après conçeura deux enfans
.^(^ principsMx ; — » mais elle périclitant, celle qui lu y sera adioustée par la témérité de l'aage de mort périclitant dedans le dixhuitiéme ne pouuant pas ser le trentesixiesme qu'en délaissera troia nsades et vne femelle, et en aura deux oeluy qui n'en eut iamais d'y» mèma père, de trois fvsrea seront telles différences, pois unies et accordées , que les trois
4Q et quatre parties de rEurope trembleront : -** par Ui moindre d'aage sera la Moniurokie Chreslienne sousienûe et augmentée t sectes eslevées, et subi*tement abaissées, Arabes reoakz, Rof aumes unis,
^1 nottuelles loix promulgnées : «^ des antres caliaiis le premier occupera les LIosm furieux couronnez,
42 tenans ks parens dessus les armes intrépides* ^^ Le second se proiondera si avant par les Latins aecom* pc^é, qui sera iaicte la seconde voye tremblante et furibonde au mont lovis descendant pour inotnter aux Pyrennées, ne sera translatée à l'antique Monarchie, sera faiste la troisième inondation de sang humain, ne se trouvera de longtemps Mar
408 PRBFACIB*
43 en Garesme. — £t sera donnée la fiUe pour la conseruation de l'Eglise Ghrestienne tombant son dominateur à la Paganisme secte des nouveaux infidelles, elle aura deux enfians, Tun de fidélité et l'autre d'infidélité par la confirmation de l'Eglise
44 Catholique, -> et l'autre qui à sa grande confusion et tarde repentance la voudra ruiner seront trois régions par l'extrême différence des lignes : c'est assavoir la Romaine, la Germanie et l'Espaigne ,
45 qui feront diuerses sectes par main militaire , — Délaissant les 50 et 52 degrez d'auteur, et feront tous hommage des religions loingtaines aux régions de l'Europe et de Septentrion de 48 degrez d'auteur, qui |»eniier par vaine timidité tremblera, puis les plus Occidentaux, Méridionaux' et
46 Orientaux trembleront, — Telle sera leur puissance , que ce qui se fera par concorde et vnion
47 insupérable des conquestes belliques ; — De nature seront esgaux, mais grandement differens de
48 foy. — Après cecy la Dame stérile de plus grande puissance que la seconde , sera reçue par deux peuples, par le premier obstiné par celuy qui a eu puissance sur tous^ par le deuxième et par le tiers qui estendra ses forces vers le circuit de l'Orient de l'Europe aux pannons Ta profligé et succombé et par voile marine fera ses extensions, à la Trinacrie Adriatique par Mirmidon et Germaniques du tout succombé et sera la secte barbarique du tout
49 des Latins grandement affligée et dechassée. «- Puis le grand Empire de l'Antéchrist commencera
PBBFACB. 409
dans la Atila et Zerses descendre en nombre ^rand et innuinerable, tellement que la venue du S. Esprit procédant du 48 degré, fera transmigrassion ^ dechassantàrabominatioiiderAntecfarist : faisant guerre contre le Royal, qui sera le grand Vicaire de Jésus- Christ et contre son Eglise, et son règne per
50 Umpus et in occasions iemporis. — Et suprecedera devant vne ecly pse solaire le plus obscur et le plus ténébreux qui soit esté depuis la création du monde
51 iusques à la mort et passion de Jesus-Ghrist, — et de là iusques icy, et sera au mois d'Octobre que quelque grande translation sera faicte, et telle que Ton cuidera la pesanteur de la terre .avoir perdu son naturel mouuement, et estre abismée en perpétuelles ténèbres, seront precedens au temps vemal , et s'en suivent après d'extrêmes changemens, permutations de règnes, par grand tremblement de terre, avec puUulation de la neufve Babylone, fille misérable, augmentée par l'abomi-
52 nation du premier holocauste , — et ne tiendra
53 tant seulement que septante trois ans, sept mois , — puis après en sortira du tige celle qui avoit demeuré tant long temps stérile , procédant du cinquiesme degré,qui renouvellera toute l'Eglise Ghré»
54 tienne. — Et sera faite grande paix , vnion et concorde entre vn des enfans des fronts esgarezet
55 séparez par divers règnes : -«- et sera. faite telle pai^ que demeurera attaché au plus profond barar thre le suscitateur et promoteur de la martiale faction par la diuersité des Religieux, et sera vny
410 PRRFArB.
^ le royaume du Rabieox, qui contrefera le sage. — Et les contrées, villes, citez, règnes, et prorinces qui auront laissé les premières voyes pour se deliurer se captivant plus profondément seront secrettement laschez de leur liberté, et parfaite religion perdue, commenceront de frapper dans la partie
^^'^ gauche pour retourner à la dextre, — et remettant la sainteté profligé^ de long-temps aVec leur pristin escrit , qu'après le grand chien sortira le plus gros mastin qui fera destruction de tout, mesme de ce qu'auparavant sera esté perpétré, seront redressez les temples comme an premier temps, et
58 sera restitué le Clerc à son prtstin estât, — > et commencera à meretriquer et luxurier, faire et com-
59 mettre mille forfaits. — Et estant proche dVne autre désolation , par lors qu'elle sera à sa plus haute et sublime dignité, se dresseront de& poten-
60 tats et maints militaires , — et luy seront ostez les deux glaiues, et ne luy demeurel^ qvte les en-
61 seîgnes, — desquelles par moyen de la cuniature qui les attire, le peuple le faisant allerdn>îct,etne voulant se ^condescendre à eux par le bout opposite d(e la màtn aiguë , toctehant terre, voudront stitnfuler iusqoeft à ce ^e Itaiiatra'dNin rameau delà itteftVt de lott^MAm^s, qvâ deHvrera le peuple vtiivers de 'celle ëèrvituée benigàre et volohcaire, Soy rismettant à la protection de'Mars, spoHàntfupiter d^ tous 'ses 'honiitfuTs et dighitez, pour fat cité Iftnre, constituée et assise dirtis une autre éteigne Meaopb-
62 tamie. — Et sera le chef et go^vtemiétir jMté du
PRÉJF/lyCl:. 4 1 I
milieu et rais au Ijeu de l'air, ignorant la con$ptra^i^i^ d^ coniurateurs ayec le second Trasibulus,
63 q^ï de long*temp$ ^ura manié tout cecy. -* Alors les immupdiciteï des abominations «eront par grande honte obiectées et manifestées aux ténèbres de la lufniere obtenebrée , cessera deuers la
64 fin du changement de son règne, — et les ele& de
65 TEglise seront ep arrière de Tamour de Dieu, — et idusieurs d'entr'eux apostatiseront de la vraye
66 Foy, -^ et des troi9 sectes, ceUe du milieu par les
67 culteuFS d'icelle, sera wi peu mis en décadence. — La prime totalement par TEurope, la pluspart de l'Affi^que exterminée de la tierce moyennant les panures d'esprit, Qui par insensez eslevez par la
68 luxure libidineuse adultéreront — La plèbe se lèvera spustenant , dechasser|L les adherans des l^slateujrs, et semblera que les règnes affoiblis par les Qnexitaux que Dieu le Créateur aye deslié Satan des prisons inferpales, pour faire naistre le grapd Dog et Dohan, lesquels feront si grande fraction abominable aux Irises , que les rouges ne les blancs sans yeux ne sans mains ]4vis n'en iuge*
59 ipnt, et leur sera pstée jleur puissance. — Alors 0^ faicte pli;is de persécutipn aux i^ses, qvie ne
70 fut iamais. -*- ]ijt hxu; ces enl^efaictes nai^fi pestilence ai gi;^de, que jtrp^ pftfts du monde plus q^e
71 lea denut drfa^dro|^t. r^ TçU^jn^t qu'q^ pe fl^ça^ra ne çqgnoia^^ les fippfu;tei^axvs des dhaipps et maisons, et naistra l'herbe par les rues des citez plus
7^2 liaute que les genoux ( t ). — Et au Clergé sera faicte toute désolation, et usurperont les mailiaux ce que sera retourne de la cité du Soleil de Melite et des isles Stechades, et sera ouuertè la grand chaisne du port qui prend sa dénomination au bœuf ma-
73 rin. — Et sera faicte nouvelle incursion par les maritimes plages , voulant le saut Gastulum deli-
yj^ vrer de la première reprinse Mahometane. — Et ne seront de leurs assaillemens vains et au lieu que iadis fut l'habitation d'Abraham, sera assaillie par personnes qui auront en vénération les
«75 louialistes. — Et icelle cité d'Achem sera enuironnée et assaillie de toutes parts en très-grande
jQ puissance de gens d'armes. — Seront affoiblies
jj leurs forces maritimes par les Occidentaux. — Et à ce règne sera faicte grande désolation, et les plus grandes citez seront dépeuplées et ceux qui entreront dedans seront comprins à la vengeance de
y g l'ire de Dieu. '-^ Et demeurera le sepulchre de tant grande vénération par l'espace de long-temps sous le serain à l'universelle uîsion des yeux du Ciel, du Soleil, et de la Lune. — Et sera converly le lieu sacré en ebergement de troupeau menu et grand , et adapté en substances prophanes. — O quelle calamiteuse affliction sera par lors aux femmes enceintes : — Et sera par lors du principal chef Oriental la pluspart esmeu par les Septentrionaux et Occidentaux vaincu et mis à mort,
(1) E|)Ure à Cêsai\ 4S
profligez ei le reste en fuite, et ses enfans de plusieurs feiuines emprisonnez, et par lors sera accomplie la prophétie du Royal Prophète : Ut audirel gemitus compeditorum ^ ut soWeret fiUos interempto-
82 runi. — Quelle grande oppression qui par lors sera faicte sur les Princes et Gouverneurs des Royaumes, mesmes de ceux qui seront maiitiines et Orientaux, et leurs langues entremeslées à grande
83 . société : — la langue des Latins et des Arabes par la communication Punique, et seront tous ces Roys
84 chassez, profligez, exterminez , — non du tout par le moyen de forces des Roys d'Aquilon, et par Li proximité de nostre siècle par le moyen des trois unis secrettement cerchant la mort et insidies par
35 embusches Tvn de l'autre, — et durera le renouvellement de Triumtfirat , sept ans, que la renommée de telle secte fera son étendue par TvniverSy et sera soustenu le sacrifice de la saincte et imma-
g5 culée Hostie, — et seront lors les Seigneurs deux en nombre d'Aquilon , victorieux sur les Orientaux, et sera en iceux faict si grand bruit et tumulte bellique, que tout iceluy Orient tremblera de la frayeur d'iceux frères , non frères Aquilon-
g7 naires. — Et pource, SIRE, que par ce discours
gg ie mets presque confusément ces prédictions, — et quand ce pourra estre , et par l'aduenement d'iceux, pour le dénombrement du temps qui s'ensuit, qu'il n'est nullement ou bien peu con-
gg forme au supérieur, — lequel tant par voye Astronomique que par autres, mesme des sacrées Escri-
414 PABMCB.
litres, qui ne peavetit faillir nttUemeiit , que si ie voulois à chaque quatrain mettre le denotiibre-'
90 ment du temps, se pourroit faire : — mais à tdos ne seroit agréable , ne moins les interpréter iusqu'à ce, SIRE, que vostre Maiesté m'aye octroyé ample puissance pour ce furè , pour ne dotmer
91 cause aux calomniateurs de me mordre. — Tontesibis contans les ans depuis la création dtt raoàde iusques à la naissance de Noé Sont passez tnille
92 cinq cens et six ans (1). — * Et depuis la naissance de Noé iusques à la parfaicte fabricatioù de FArche, approchant de l'universelle inondation , passèrent six cens ans (si les ans estaient solaires ou lunaii*es, ou des dix mixtions) ie tiens ce que les sacrées
93 Escritures tiennent qu'ils estoyent solaires. — Et à la fin d'iceux six ans, Noé entra dans l'Arche pour
94 estre sauué du déluge, — et fut iceluy déluge uni-
95 versel sur terre, et dura un an et deux mois. — Et depuis la fin du déluge iusques à la nativité d'A* braham, pasia le nombre des ans de deux cens
95 nouante cinq. —Et depuis la nativité d'Abraham 97 iusques à la nativité d'Isaac passèrent cent ans. — Et depuis Isaac iusques à Jacob soixante ans. Dés l'heure qu'il entra en Egypte iusques à l'issue d'ice^ ^ luy passèrent cent trente ans. — Et depuis l'entrée de lacob en Egypte iusques à l'issue d'ii^luy paSserent quatre cens trente ans. — Et depuis nssuë d'Egypte iusqu'à l'édification du temple faiete par
(I) Ci-dessus, 119 et suivants.
PRKPâCE. 415
Stdomoii au qualrieauic an de son regoe paMereni
100 quatre ceas octante ou quatre vingU ans. -r Et depuis l'édiBcation du temple iusques à Jesus- Ghffitt, Mlon la supputation des Bierographts pas*
101 sereat quatœ cens nouante ana. — Et ainsi par cette supputation que j'ay faicte, coUigée par les sacvées lettres, sont environ quatre mille cent
102 septante trois ans et buict mois peu ou moins. -* Or de Jesus-Ghrist en ça par la jdiuersité des aectes
103 ie laisse, — et ayant supputé et calculé les pressenties prophéties, le tout selon l'ordre delachaisne qui contient sa révolution, le tout par doctrine
104 Astronomique , et selon mon naturel instinct, •— et après quelque temps et dans iceluy comprenant depuis le temps que Saturne tournera entrer à sept du moys d'Auril jusques au 15 d'Aoust, lupiter à 14 de Ittin jusques au 7 d'Octobr , Mars depuis le 17 d'Auril jusqjues au 22 de luin, Venus depuis le 9 d'Auril jusques au 22 de Way , Mercu^edepiiis
105 le 3 de Février jusques au 24 dudit. — En après le 1 de Ittin jusques au 24 dudit, et du 25 de Septembre jusques au 16 d'Octôbce , Saturne en Capricorne, lupiter en Aquarius, Mars en Scorpiion, Yenua en Pisces, Mercure dans un moys en Capri* <x»ne, AquarÎMS et Pisces, la L4M»e en Aifuarius, JU
106 tête du Dragon en Libra : — la qœne à son sigm* opposite suivant une conjonction de lupiter à Mercure avec vn quadrin aspect de Mara à Mercure ; et la teste du Dragon sera avec vue conjonction du Soleil à lupiter, Tannée ae/ca pacifique sans eclypse,
Digiti
416 nÉFACE.
et non du tout, et sera le commencement ooinpre-
107 nant ce de ce que durera. — Et commençant icelle année sera faicte plus grande persécution à VE» glise Ghrestienne, qui n'a esté faicte en Afrique, et durera ceste icy jusques à l'an mil sbpt cens no- NANTE DEUX çuô tan cuideru estre une renot^tion
fOg de siècle , — après commencera le peuple Romain de se redresser, et de chasser quelques obscures ténèbres , recevant quelque peu de leur pristine clarté, non sans grande diuision et continuel chan-
1 09 gement. — Venise en après en grande force et puissance lèvera ses aisles si très haut, ne disant gueres
IIQ aux forces de l'antique Rome. — Et en iceluy temps grandes voyles Bisantines associées aux Ligustiques, par l'appuy et puissance Aquilonnaire , donnera quelque empeschement que des deux Gretenses ne
111 leur sera la foy tenuëe. — Les arcs édifiez par les antiques Martiaux s'accompagneront aux ondes de
112 Neptune. — En l'Adriatique sera faicte discorde grande , ce que sera vni sera séparé , approchera de maison ce que parauant e&toit , et est grande cité, comprenant le Pompotam, la Mésopotamie de l'Europe à quarante cinq et autres de quarante
113 ^^9 quarante deux et trente sept. — Et dans iceluy temps , et en icelles contins la puissance infernale mettra à l'encontre de l'Eglise de Jesus-Ghrist la puissance des adversaires de sa loy qui sera le second Antéchrist, lequel persécutera icelle Eglise et son vray Vicaire par moyen de la puissance des Roys temporels , qui seront par leur ignorance
séduits par langues qui trancheront plus que nul glaiue entre les mains de Tinsensé (1). Le susdit règne de l'Antéchrist ne durera que jusques au definiment de ce nay près de Taage, et de l'autre à la cité de Plancus, accompagné de l'esleu de Modone Fulcy, par Ferrare, maintenu par Liguriens- Adriatiquesy et de la proximité de la grande Trinacrie. Puis passera le mont lovis. Le Gallique ogmium accompagné de si grand nombre que de bien loin TEmpire de sa grand loy sera présenté, et par lors et quelque temps après sera espanché profnseement k sang des Innocens parles nocens un peu eslerez : alors par grands déluges, la mémoire des choses contenues de tels instmmens receura innumerable perte , mesmes les lettres : qui sera devers les Aquilonnaires par la volonté Diuine, et entre vne fois lié Satan. Et sera faicte paix universelle entre les humains, et sera délivrée l'Eglise de Jesu^Ghrist de toute tnbulatlon, combien que par les Azostains voudroit mesler dedans le miel du fiel, et leur pestiféré séduction ; et cela sera proche du septième millénaire , que plus le sanctuaire de Jesus-Ghrist ne sera conculqué par les Infidèles qui viendront de l'Aquilon, le monde approchant de quelque grande conflagration, combien que par mes supputations en mes Prophéties le cours du temps aille beaucoup plus loing. Oedans TËpistre
(1) Tout ce qui suil jusqu'au n» 114 n'est pas daii> l'édition de 1792
418 PHJBPAGB.
que ces ans passez ay dédiées à mon fib César Nostiadamus , i'ay assez apertement decbré aucuns poincU sans présage. Mais icy, 6 Siée , sont comprins plusieurs grands et inerveilleuxaduepemeos, 114 que ceux qui viendront après le Yenont. — Et durant ieeUe supputation Astrologique , conférée aux sacrées lettres, la persécution des gens Ecdo<* siastiques prendra $on origine par la puiasance des Roys Aquilonnaires , vnis avec les Orientaux (1). Et cette persécution durera onze ans, quelque peu moins I que par lors défaillira le principal Roy Aquilonnaire , lesquels ans accomplis surviendra son vny Méridional , qui persécutera encore plus fort par l'espace de trois ans les gens d'Eglsse par la sedoction Apostatique d'vn qui tiendra toute puissance absolue à l'Eglise militante , et le sainct peuple de Dieu , obseruateur de sa loy, et tout Ordre de Religion sera grandeineint persécuté et affligé, tellement qu« le sang des vrais Ecclésiastiques nagera par tout, et vu des horribles Roys temporels par ses adhérons luy seront données telles louanges qu'il aura pbis respandu du sang humain des Innocens Ecclésiastiques , que nul ne sçauroft avoir du vin et iceluy Roy commettra des torfaiis envers l'E^^ise incroyables, coulera le sang humain par les rues publiques et temples, commie l'eau pai* pluye impétueuse, et rougiront de aa^ plus pro*
(i) Tout ce (|ui suit , jusqu'au n« ilff , manque aussi dans Pédition de 1793.
FilirAtCB. 419
chaîna flenyes, et par autre guerre navale rougira la mer, qite le apport d'un Roy à Pautte luy sera
1 15 dit : Bdlis ruhaii natfoiiàtfs aquar. — Puis dans la mesme année et les stdvanfeiri s^ ensnivr* plus horrible pestilence, et la plus nierydlleuse par la fomine précédente, et si grandes trilmlati<Ais que iamais soient avenues telles depuis Ui ibndation de l'Bglite Chrestienne, et par totttes lès régions
1 16 Latines, • — deiheunmt par les venges en aucunes
117 contrées des Espaignes. — Par lors le tiers Rdy Aquilonnaire entendant la plainte du peuple de son principal tiltre, dressera si grande armée, et passera par les destroits de ses dernfiers auites et bysayeuls, qu'il remettra la phispan en son estât,
118 — et le grand Yîcaire de la cappe seraremis en son prîstin estât : mais désolé , et pur^ du tùtit ahân^ donné.ettoumeni esttéSaneta Sénctdrttmàe&ttmcit par Paganisme, et le vieul et nouveau Teiïiament
119 seront dechasseï , bruskz — en ap^s l'Antéchrist sera le prince infernal, ëncores parla éérniéré fois trembleront tous les Royaumes de la Ghrestienté^ et aussi des infidelles par l'espace de vingt cinq ans, et seront plus grièfves guerres et batailles , et seront villes, citez, chasteaux et tous autres édilkes brusiez, désolez, destruicts avec grande effusion de sang vestal, mariées, et velues vidées, enfains de kict contre les murs des villes allîdez et brisez, et tant de maux se commettront par le moyen de Satan, prince infernal, que presque le monde vni-
120 vcrsel se trouvera defaict et désolé, — et avant
490 PAfiVACE.
iceuxadveneineiis aucuns oy seaux insolites crieront par l'air : Huj huy^ et seront après quelques temps
121 esuanouys. — Et après que tel temps aura duré longuementy .sera presque renouvelle un autre r^;ne
122 de Saturne, et siècle d'or : — Dieu le Créateur dira entendant l'affliction de son peuple, Satan sera mis et lié en l'abysme du barathre dans la profonde
123 fosse. — Et adonc commencera entre Dieu et les hommes vne paix vniverselle, et demeurera lié environ l'espace de mille ans, et tournera en sa plus grande force , la puissance Ecclésiastique , et puis tourne deslié.
124 — Que toutes ces figures sont iustement adaptées , par les divines lettres aux choses célestes visibles (1), c'est a sçavoir par Saturne, Jupiter et Mars et les autres conjoincts, comme plus à plain
12Ô par aucuns quatrains l'on pourra voir. — l'eusse calculé plus profondement, et adapté les uns avec
126 1^ autre;» : — Mais voyant, ô serenissime Roy, que quelques uns de la censure trouueront difficulté, qui sera cause de retirer ma plume à mon i^pos nocturne (2) : « Multa etiam, ô Rex omnium potentissime, praeclara et sanè in brevi ventura, sed omnia in bac tua epistola innectere non possumus, ucc volumus : sed ad intelligenda qusedam facta horrida fata , pauca libanda sunt , quamvis tanta sit in omnes tua amplitudo et bumanitas bomines.
(i) Ci dessus, 89, et Epitre à César, 27.
(2) Ce passage latin n'est pas dans rédiiion de 1792.
deosque pietas, etsolus ainplissimo et Ghristianissimo Régis nomine , et ad qaem summa totius religionis auctoritas deferatur dignus esse videare. » 127 — Mais tant seulement je vous requiers, ô Roy tres-clement , par îcelle vostre singulière et prudente humanité , d'entendre plustost le désir de mon courage, et le souuerain estude que i'ay d'obeyr à vostre serenissime Maiesté, depuis que mes yeux furent si proches de vostre splendeur solaire, que la grandeur de mon labeur n'attainct et ne requiert. De Salon, ce 27 de luin I5ô8.
Faciebal Michaël Nostradamiis Salonœ Petreœ Prot^inciœ.
Pau, Nay, Loron, plus feu qu*à sang fera, Laudes nager, fuir grand aux surrez.
Les agassas entrée refusera, Pampon, Durance les tiendra enserrez.
Gondon et Aux et autour de Mîrande, Je voy du ciel feu qui les euTironne : Sol, Mars conjoint au Dyon, puis Marmande, Foudre, grand* gresle, mur tombe dans Garonne.
Au fort chasteau Tigilanne et Resuiers Sera serré le puisnay de Nancy :
Dedans Turin seront ards les premiers, Lors que de dueil Lyon sera transy.
Dedans Monech le Coq sera receu, Le Cardinal de France apparoistra, Par Logation Komain sera deceu, Foiblesse à P Aigle, et force a!û Ooq naistra.
Apparoistra temple luisant orné, 1^ lampe et cierge à Borne et Bretueil, Pour la Lucerne le Canton destomé.
Quand on verra le grand tloq au cercueil.
424 GCNTURIB HUITIÈME
Clarté fulgure à Lyon apparante Luisant, priât Malte, subit sera esteiute : SardoD, Mauris traitera décevante, Genève à Londes à Coq trahison feinte.
Verceil, Milan donra intelligence, Dedans Ticin sera faite la paye, Courir par Seine eau, sang, feu par Florence, Unique cheoir d'haut en bas faisant inaye.
Prés de Linterne dans de tonnes fermez, Chivas fera pour l'Aigle la menée, L'esleu chassé luy ses gens enfermez, Dedans Turin rapt épouse emmenée.
Pendant que l'Aigle et le Coq à Savone, Seront unis Mer, Levant et Ongrie, L'armée à Naples, Palerne, Marque d'Ancone, Rome, Venise, par Barbe horrible crie.
Puanteur grande sortira de Lausanne, Qu'on ne sçaura l'origine du fait, L'on mettra hors toute lagent loingtaine : Feu veu au ciel, peuple estranger défait.
Peuple infiny paroistra à Yicence, Sans force feu brueler la basilique, Prés de Lunage défait grand de Valence, Lorsque Venise par morte prendra pique.
CSNTURie HVITlkHC . 425
Apparoistva auprcs de Bufialarrc L'haut et prpccre entré de4aiis SfUau, L'abbé de Foyx, avec ceux de sainct M orre Feront ia forbe babillez en vîlaUi.
Le croisé frère pa»* amour effvenée, Fera par Praytiia 'BeUerofea moarir»
Cbisse à Mihn la femme forcenée, Beu le breuTi^ge, tous deux après périr.
Le grand crédit , d^qr d'aigent Tabondance, Aveuglera par Jibîde l'honnciur.
Sera connu d'adultère l'olEence Qui parviendra à son grand déshonneur.
Vers Aquilpu grands eRorts par hoiuasse, Presque l'Europe et l'Uni vers vex^, Lesdeux eclypses mettra en |e|le chasse, Et aux Pannonsvieet mort renforcer.
Au lieu queHieron fait la nef fatyiquer, Si grand déluge sera etsi subite^ Qu'on n'aura lieu qe terre s'attaquer, L'onde monter Fraulan Olympique.
Les bien aisez aubit seront desmis.
Par les trois frères le mpo4e mis en tnouble, Cité marine saisiront ennemis.
Faim , feu, sang, peste, et de tous maux le double.
4'â(> CEKTUR1C HUITIÈME.
De flore issue de sa iiiori sera cauâe, En temps devant par jeune et vielle bueyr«. Charles trois lys luy feront telle pause, Par son fruit sauve comme chair crue moeyre.
ÎÔ.
A soustenir la grand cappè troublée.
Pour réclaircirles rouges marcheront r De mort famille sera presque accablée, Les rouges rouge le rouge assommeront.
Le faux message par élection feinté, Couvrir par urbe rompue pache arresie : Voix achetée, de sang chapelle teinte, Et à un autre l'Empire contraincte.
Au port de Agdc trois fustes entreront, Portant Tin fret, non foy et pestilence, Passant le pont mil mille sembleront, Et le pont rompre à tierce résistance.
Gorsan, Narbonnê, par le sel advertir Tucham, la grâce, et Parpignan trtihi'e, Li ville rouge n'y voudra consentir, Par haute vol drap gris vie faillie.
Lettres trouvées de la royne les coffres. Point de subscrit sans aucun nom d'authenr, Par la police seront cachez les offres, Qu'on ne sçaura qui sera Tamateur.
CBNTURie HUITIÈME 427
Le Lieutenant à l'entri^e de Thuys Assommera le grand de Parpigoan :
En se ciiidant sauver à Monpertuis , Sera deeeu iuistard de Lusignan.
Cœur de l'amant ouvert d'amour f urlive Dans le ruisseau fera ravir la Dame :
Le demy mal contrefera la^ssive»
Le père à deux privera corps de l'ame.
De Gatonés trouves en-Baixelonne, Mys découverts lieux terrouers et ruine, : . Le grand qui tient ne tient vers ParapeLonne, Par l'abbaye de Monferrat bruine.
La voye auxeUe l'un sur l'autre fomix ' Du muy désert hormis brave et genest, L'escrit d'Empereur le fenix Yen en celuy ce qu'à nul autre n'est.
Les simulacres d'or et' d'aiigent enflez, Qu'après le rapt au lac furent jettez Au descouvert estaints tous et troubles. Au marbre escrit prescrits intergetez.
Au quart pillier l'on sacre à Saturne, Par tremblant terre et déluge fendu Sous l'édifice Saturnin trouvée urne D'or Gapion ravy et puis rendu.
428 csNTtnm iratTiiac.
Dedans Thotoze non loincleSeluier, Faisant un pttys Mn^;, (iQilftÎ9d'es|^e<Aade, Thresor trouvé «A^i^iacm ira Tester, Et en deux locs.tem etf^S'Ae veskcle.
Premier graiHl f rtrit le Prince ée 9eêtf9tieve Maïs puis viendra fcieneteriiel%^iB, Dedans Venise perdra sa fjMfe^fieie, Et mis à mal par plus jeyue OelNi.
Garde toy Roy Ghulois de <tOA tieveu Qui fera Vtfit que ton tivtiqite Ms Sera meifiti y à Venuft falwunft'Tttn, Accompagné de trai<!t que trois et -six.
Le grand naistra de Verotine et Vîeetice, Qui portera «m surtiom fAen indigue Qui à Venise voudra faire "vengemee, ijuy mesme prinstiMrime ^-goetet signe.
Après victoire du Lyotimi 'Lyon Sur la montagnede itm^ Secamanilie Delues et brodes 'septrëme miltton Lyon, Ulme À Mimsol moil tft tombe.
Dedans l'entrée de Garionne et Hnyse Et la forest non loin de Damaum Du marsaves gelées» puis gresle et biite, Dordonnois gelle par erreur de Mesan.
CENTUME HUITIBIIE. 4)9
Sera cômoiis conte oinfidUç à Duchi^ De Saulne el sainct Aiilbin e( BeUsuvi^e Fa ver de marUve de ioim loin €sp|^ché> Non Bleteran reMlor e( chef d*ceuvre.
La forteresse aupirés de bTauMse Cherra par lors le Boy dedans séné.
Auprès du pofit sera veu en chemise Yn devant mort, puis dans le fort barré.
Le Roy de Blois dans Avignon régner Une autre fois le peuple emonopoUe, Dedans le Rosne par murs fera baigner lusques à cinq }e dernier prés de NoHe.
Qu'aura esté par Prince Bisantin,^^ Sera tollu par Prince de Tholose La foy deFoix le chef Tholentin Luy faillira ne {"ef usani Tespouse.
Le sang du juste par Taur et la Dor^d^i Pour se venger contre les Saturnins Au nouveau lac plongeront l IVfayiwie»
Puis marcheront contre les Albanins.
£sleu sera Renad ne sonni^nt mot Faisant le saint public vivant pain d'oi^e» Tyranniser après tant à un cop.
Mettant à pied des plus grands sur la gprgc.
430 CEKTURIE nUlTlKME.
Par avarice, par force et violence Vieadra vexer les siens chef d'Orléans, Prés saint Memire assault et résistance, Mort dans sa tante diront qu'îldort leans.
Par le décide de deux choses bastars, Neveu du sang occupera le règne l>edans lectoyre seront tes coups de dards. Neveu par peur pliera l'enseigne.
Le procrée naturel dogmîon^ De sept à neuf du chemin destourner A Roi de longue etainy au iny hoin, Doit à Navarre fort de Pav prosterner.
La inainescharpe et Ta jambe bandée.
Long puis nay de Cahiis portera Au mot du guet la mort sera tardée.
Puis dans le temple à Pasques saignera,
Polinensolëe mourra trois lieuës du Rosne Fuis les deux prochains tarasc, dcstrois, Car Mars fera le plus horrible trosne De coq et d'aigle de France frères trois.
Lac Thrasmenien portera tesmoignage, Des conjurez sarez dedans Perouse, Un despolle contrefera le sage, Tu^int Tedesque sterne et minuse.
CEftTii&i£ uuruàiu:. 431.
Saluiue en Cancer, lupiler avec Mais, Dedans Février Cakloiidoa saluterre ; Sault GasuUon assakUy de trois paru, Prés de Yerbiesque couflict uiortelle guei^*
Satur au bceuf )oue en l'eau, Mars.en iei«;he, . Six de Février, uàorulilé d<mra, Ceux de Tardaigiie à Bruge si grand bceche Qu'à Ponleroso chef Barbaria uiouira.
La pestilence l'entour de CapadUle, Un autre faim près de Sagone s'appreste. Le Chevalier ba$tard de bon seuilk»
Au grand de Thunes fera trancher la teste.
Le Bizantin faisant oblatiou Après avoir Cordube à soy repriuse, Son chemin lou^ repos pamplation.
Mer passant proy par la Colongna priuse.
Le Roi de Blois dans Avignon i-egner, D' Amboise et senie viendra le loi^ de Lyndre, Ongle à Poictiers sainctes aisles ruiner. Devant Boni.
Dedans Boulogne voudra laver ses fautes, 11 ne pourra au temple du Soleil, Il volera faisant choses si hautes.
En hiérarchie n'en futoncq un pareil.
Ai2 CSNTUMC flUlTifiaC.
Soubs la ccfideur du Cniicté mariage»
Fait magnamme par gfaad Gliyfcii sdiii^ QuÎBtin, Arras i^eeonvres au Toyi^e, D'Espagnols fait second bane aiacelin-
Entre deux fettve» se verra ensersë^ Tonneaux et caques «hs à passer oulrc, Huict ponts ffoinpvs chef à tslit eoièrrr, Enfans parfaits sont juguleE en co«ltf e.
La bande foible la terre occupera Ceux du bavt lieu feront horribies cris Le gros troupeau d'esire coin tPOttbiera^ Tombe près D. nebro descouvers les escris.
I>e soldat simple parriendrft en Empire^ De robbe courte parviendra à la longue, Vaillant aux armes en Eglise ou plus pire, Vexer les prestres comme l'eau fait l'éponge.
R^ner en querelle aux frères divisé.
Prendre les armes et le nom Britannique, Tiltre Anglican sera taril aduisé, Surprins de nuict mener à l'air Gallique.
Par deux fois haut, par deux fois mis à bas, L'Orient aussi l'Occident foiblira Son adversaire après plusieurs combats, Par mer chassé au besoing faillira.
CDITURIK HUlViàllE. 433
Plumier en Gaule, premiei* en Romaiiic, Par mer et terre am Aoglois et Paris Merveilleux ùÀts par cdie graéd inesnie Violant, terax perdra le Norlarb.
Jamais par le dficoimement du jcMir Ne parviendra au signe sseplrifere»
Que tous ses sièges ne sotcnt en séjour. Portant au coq don du Tag armifere.
Lors qu'on verra expiler lesainct Temple, Plus grand du Rhosne leur sacres pn^umer Par eux naistra pestilence si ample, Roy fait injuste ne fera condamner*
Quand Tadiilt^re blessé sans coup aura Meurdry la femme et le fils par despit, Femme assommé Tenfent estranglera :
Huict captifs prins s'estouffier sans respit.
Dedans les Isles les enCans transportez, Les deux de sept seront en desespoir.
Ceux du terroiier en seront supportez Nom pelle prins des ligues fuy l'espoir.
63« ' Le vieux frustré du principal espoir Il parviendra au chef de son Empire Vingt mois tiendra le règne à grand pouvoir Tiran, cruel en délaissant un pire.
il\A r.JBhTVIUE llUITltllK.
Quand l*esciiiure D.M. u*ouvée.
Et cave antique à lampe descouverie.
Loy, Roy, et prince Vipian esprouvée Pavillon Reine et Dac sous la couverte.
Pai. car. neksaf, à ruine grand dÎBcoixie, Me l'un ne l'autre n'aura eslection, Nersaf du peuple aura amour et concorde, Ferrare, GoUone grande protection.
Vieux Cardinal par le jeune deceu, Hors de «a charge se verra désarmé, - Arles ne monstres double soit apperceu, Et Liquednct et le prince embaumé.
Auprès du jeune le vieux Ange baisser, Et le viendra surmonter à la fin.
Dix ans esgaux an pins vieux rabaisser, De trois deux l'un huictiesme Séraphin.
Il entrera vilain, meschant, infaine.
Tyrannisant la Mésopotamie, Tous amis fait d'adultérine Dame, Terre horrible noir de phisonomie.
Croistrale nombre si grand des Astronomes^ Chassez, bannis et livres censures, L'an mil six cens et sept par sacre félonies Que nul aux sacres ne seront asseurez.
i:isiiTURiE HuiTièaiB. 435
Champ PerusÎD ô rénorine défaite.
Et le conilict tout auprès de Raveiitie, Passage sacre lors qu'on fera la feste. Vainqueur vaincu cheval manger l'aven ne.
Soldai barbare le grand Roy frappera, 1 niusiement non eslongné de mort , L'avare mei'edufaît cause sera, Gonjurateur et règne en grand remort.
En terre nenfve bien afant Roy entré Pendant sujns lui viendront faire accneil, Sa perfidie aura tel rencontré Qu'aux citadins lieu de feste et recueil.
Le père et fils seront meurdris ensemble , Le çrefecteur dedans sou pavillon :
La mère à Tours du fils ventre aura enfie , Caché verdure des feuilles papillon.
PlusMacelin que Roy en Angleterre, Lieu obscur uay par force aura l'Empire : Lasche sans foy sans loy seignera terre. SoD temps s'approche si prés que je soupire.
L'Antéchrist trais bien^tost annicliilez, Vingt et sept ans sang durera sa guerre. Les hérétiques morts, captifs, exilez, Sang, corps humain, eau rougie, gresler terre.
436 CENTUIlie HUITIUIB.
Vu Bragamaaavec la Ungiie forte Viendra des Dieux le sanctuaire^ Aux hérétiques il ovorira la porte En suscitant l'Eglise iniliuire.
Qui par fer père perdra nay deNonnairet l>e Gorgon sur la Sera sang perCetant En terre estrange fera si tout de taire, Qui bruslera luy inesine et son entant.
sa
Des innocenslesang de vefveet vîsi|;e Tant de maux fait par moyense grand Roge, SaÎDcts simulacres trempesen ardent cieige. De frayeur crainte ne verra nul que boge.
Le neuf empire en désolation»
Sera cliangé du pôle Aquilonaire»
Delà Sicile viendra l'émotion Troubler l'emprise A Pbiup. tributaire.
Ronge long, sec Csûsant du bon valet> A la parfin n'aura que son congé.
Poignant poison et lettres au colet Sera saisi eschappé en dangé,
Le plus grand voikliors du port deZara, Prés de Bisance fera son entreprise, D'ennemy perte et l'amy ne serii, Le tiers à deux fera grand pille et prise.
GCirroRiB HomiMi:. 4«37
t^terne orra de la SicHe crie.
Tous les apfveHs 4« goulphieée Triesie, Qui s'entendra juaquesi la Trinacrie, De tant de voiles fny, foy rkorriUe peste.
Entre Rayonne et à sainct lean de Lux Sera posé deMars lapromottonre :
Aux Hanix d^Aquiîlon Nanar oacera Inx, Puis suffoqué an lîct sans adiuloive.
Par Amany Tlioloser villebanqnc^ Bande infinie par le nont Adviau, Passe rivière, Hutiu par pont la planque Bayonne entrer tous Bichoro criant.
Mort conspîrée viendra en plein effet.
Charge donnée et voyage de mort, Eleu, cn'e, reoen. par siens défiait, Sang d'innocanee devant soy par retnort.
88.' Dans la Sardaigne un noble Roy viendra, Qui ne tiendra que trois ans le Royaume, Plusieurs couleurs avec soy oonjoindi», Luy mesme apvés soin sommeil marrit soome.
Pour ne tomber entre mains de son oncle. Qui ses.enfans par régner trucidez, Orant au peuple mettant pied sur Peloncle Mort et traîné enti« cbevaux bardée.
43d CENTURIE HUITIÈME.
Quand des croisez un trouvé de sens trouble En lieu du^cre vi$Ra un bœuf cornu*, Par vierge porc son lieu lors sera comble, Par Roy plus ordre ne sera soustetiu^
Parmy les chihnps des Rodanes entrées Oulescroisezseront presque unis.
Les deux brassières en pisces rencontrées Et un grand nombre par déluge punis.
Loin hors du rc^e niis en hasard v6yag«^ ' Grand ost duirapour soy l'occupera :
Le Roi tiendra les siens captif, ostâge, A son retour tout pays pillera.
Sept mois sans plus obtiendra pirelàture,- Par son decés grand schisme fera nalstre , Sept mois tiendra un autre "la preèure . Prés de Venise ipaix, i]inion renatstre.
Devant le lac où plus cher fut jette De sept mois et son ost tout desconfit. Seront Hyspans par Albanois gastez Par delay perte en donnant le coiiAtct.
Le séducteur sera misen la fosse.
Et estaché jusques à quelque temps.
Le clerc uny le chef avec sa crosse Pycante droitealtrai raies contens.
CCNTURIE IIUlTlklWE. 439
La Synagogue stérile sans nul fruit Sera receuë entre les in&delles, De Babylon la 6Ue du poursuit Misère et triste lui trenchera les aisles.
Aux fins de Var changer le Pompotans, Prés du rivage les trois beaux enfansnaistre, Huyne au peuple parâge competans Règne au pays charger plus voir croistre.
De gens d'Eglise sang sera espanché.
Gomme de Teau en si grand aliondance ; Et d'un loiTg temps ne sera restranché Ye vë au clerc ruine et doleance.
Par la puissance des trois Roys temporels, En autre lieu sera mis le sainct siège, Où la puis.<(ance de l'esprit corporel.
Sera remis et receu par vray sîege.
Pour l'abondance de larmes respanduë Du haut en bas par le bas au plus haut, Trop grande foy par jeu vie perdue, De soif mourir par abondant défaut.
Dans la maison du tradueteur de Boiax, Seront les lettres trouvées sur la table : Borgne, roux Uanc» chenu tiendra de court, Qui changera au nouveau Gonnestable.
Du haut du mont Ayentiny toîx ouye, Vuidez, vuidezde tous les deux oostez.
Du sang des rouges sera Tire assouvie, D'Arîmin Prato , Golumna debotez.
La magna vaqua à Ravenne grand trouble, Conduits par quinze enserres à Fornase A Rome naistradeux monstres à teste double, Sang, feu, déluge les plus grands à Tespase.
L'an ensuivant découverts |Kir déluge.
Deux chefs esleus le premier ne tiendra, De fuyr ombre à l'un deux le refuge, . Saccagée case qui premier maintiendrai
Tiers doit du pied au premier semblera, A un nouveau Monarque de bas haut, Qui Pyse et Lucques Tyran occupera Du précèdent corriger le deffaut.
Par la Guyennie mfinîlé d'Ai^lbis Occuperont par nom d'An(;laquitaine, Du Languedoc Ispalme Bourdeloîs, Qu'ils nommeront après Barboxitaîne.
Qui ouvrira k moaument trouvé.
Et ne viendra lé serrer promptement.
Mal luy viendra et ne pourra prouvé.
Si mieux doit estre Roy Breton ou Normand.
Puisnay Roy fait son pêne mettire à mort, Après conflîctde mort tve»*inhoaneBtie, Escrit trouvé soupço» donni rentort, Quand loup chassé pote sur la couchette.
Quand lampe ardente de Ceuînfcxtinguible, Sera trouvé au temple des Vestdrs^ Enfant trouvée £eu, eaupaesantiiarcriblev Périr eau Nysmcs. Tkolose che«Âr les haies.
la
Moyne moinesse d'enfant mort expose*.
Mourir par ourse et ravi par vertùer, Par Fois et Pamjes le camp sera posé.
Contre Tbolose Garcas dresser forrier.
Le juste à tcwt k mort l'on viendra mettre Publiquemoiit, et du mîllieu estaint 3 Si grande peste en ce Ueu viendra naistre, Que les jugeans fuyr seront contraints.
GBNTHRIfe !VE€VlÈMg. 443
Le tant d'argent de Diane et Mercare Les simulacres an lac seront trourez, Le figulier cherchant argîlle neiifVe.
Lui et les siens d'or seront abbrettyez.
Les exilez autour de la Solongne Conduits de nuict potir marcher en T Auxois , Deux de Modene truculent de Bolongne, Mis découverts par fieu de Burançoîs.
Mis en plannre chanderons d'mfiscitenrs, Vin , miel et huile, et bastis sur forneaut , Seront plongez sans mal dit maMacteurs, Sept. fum. extaint au canon des bomeaux.
Prés de Parpan les rouges détenus, Ceux du milieu parfondres menés loing, Trois mis en picices et cinq mal sonstenus Pour le seigneur et prêtât deBotti*going.
De castel Franco sortira rassemblée, L'Ambassadeur non plaisant fera schisme : Ceux de Ribiere seront en la mesiée, Et au grand goulphre desnieront l'entrée.
Le tiers premier pis que ne 6t Néron, Vuidez vaillant que sang humain respandre, Redifier fera leforneixin,
Siècle d'or, mort, nouveau Roy grand esclandre
Le lys Dauffois portera dans Nansy, lusqaes en Flandre Electeur de renipiie, Neufve obturée au grand Moainioreucy^ Hors lieux prouez délivre à Clerepeine.
19, Dans le milieu de la forest Mayenne, Sol au lion la foudi-e tombera.
Le grand bastard issue du grand du Maine , Ce jour fougères pointe en sang entrera.
De nuicl viendra par la forest .de Rennes Deux pars voltorte, Heme la pierre Uauahe, Le moine noir en gris dedans Varennes ,' ELeu cap. cause tempeste, feu, saiig tranche.
Au temple liant de^loys sacre Salonne, Nuit pont de Loyre, prélat, Roy pernûoaiity Cuiseur victoire aux marests de la Lone • D'où prelature de blancs à bormeant.
Roy et sa cour au lieu de longue lialbe. Dedans le temple vis à vis du palais.
Dans le jardin Duc de Mantor et d'Attie, Albe et Mantor poignard langue et palais.
Puisnay jouant au fresch dessous la tonne. Le haut du toict du milieu sur la teste, Le père Roi au temple saint Salonne, SacriBant sacrera fum defeste.
CBNTimiB NBUVIBHE. 445
Sur le palais au rocher des fenestres Seront raTÎB les deux petits royaux , Passer aurelle Luthece Denis cknstres, Nonain, maUods avaliec verts noyaux.
Passant les ponts venir prés de roûers, Tard arrivé plntost qu'il cuîdera , Viendront les nones Espagnob à Bdziers, Qu'icelle chasse émprtnse cassera.
Nice sortie sur nom des lettres aspres» La grande cappe fera présent non sien , Proche de Vultry aux murs de veirtes câpres Après plombin le vent à bon essieu.
Debois la garde^ vent dos rond pont sera , Haut le receu frappera le Dauphin, Le vieux teccon bois unis passera, Passant plus outre du Duc le droit conlin.
Voile Symacle port Massiliolique, Dans Venise port marcher aux- Pstmons.
Partir du goulphre et Sinus Dlirique, Vast à Secile, Ligurs, coups de canons.
Lors que celui qu'A nul ne donne lieu. Abandonner voudra lieu prins^ non'prins : Feu neuf par se^es, bitument à Gharlieu, Seront Quintin Baks et pnisreprins.
446 C8NTUR1JB NEUVIEME.
Au port de PvoLAet de aainct Nicolas Péril Normaadeafu goulphre Phanatique, Gap. de Visanoe riies crier bêlas.
Secours de Gaddes et du grand Pbilippique.
Le tremblement de terre à Mortara»
Gassicb saint George à demy perfondrez^ Paix assoupie la guerre éveillera»
Dans temple à Pasques abysmesenCondicz.
32, De fin porpbire profond coUon trouvée Dessous la laxe escrits capîteliOf Os, poil retors Bomainlotce prouvée.
Classe agiter au port df^ MetbeUn*
Hercules Aot de |loBQ«.et4'Anoemarc De Gaule trois le Guion siirnomMié.
Trembler l'Italie et Tu^e de sainct Marc, Premier sur tous Moixarque renommé.
Le partsoluz marysera mitre, Retour conflict paasora sur le tbiUle, Par cinq cens un traby sera titré, Narbon, et Saulçe par quarteaux avons d'buile.
Et Ferdinand blonde sera deacorte, Quitter la fleur, suivre le Macedon, Au grand besoin défaillira sa route.
Et marchera contre le Myrmidon.
GENTliRlE N£UVAfill£. 447
Vu graDcl Roi piius entre les mains d'an ieunc, Non loin de Pasques. confusion, fionpcullce. Perpet , captifs foudi-es enb Éioune, Lors que trois frères se Utaseroiiit el nuirtrc.
Pont et moulins en DeceoihoeTerses^ En si haut lieu montera la Garonne, Murs, édifices, Tholoze reaveraes.
Qu'on ne 8çam*a son lieu autant malronne^
L'entrée de Blaye far JVocfaolle et l'Anglois, Passera outre le grand ^matlùen, Non loin d'Âgen atiendjra le Gaulais, Secours Narbonne deceu par enârotien.
£n Arbissel à YerontetCascavi , Hé nuict condwct poiar Savonne attraper,. Le vif Gascon Turbjr ^ la Scsrry, ^)erner mur vieux et neuf palais gripper.
Prés de Quintin dans la foresft faoïulis. Dans l'Abbaye seront Flamens raachés, Les deux puîsnais de coups my estoiundis, Suitte oppi-essée et garde tous liachës.
Le grand Chtbbn soy saisir d'Avignon y De Rome lettres en miel plein d'amertume : Lettres, ambassade partir deChaaignan, Carpentras prins par Duc noir rouge pbune.
448 CENTtJElE NBIIVIBHB.
De BarcekHiiie , de Gennes et Venise De la Secille peste Monet uois :
Contre Barbare ohase, prendront la vise, Barbât pousse bien loin jusqu'à Thunis.
Proche à descendre Tarmëe Crucigere^ Sera guetté par les Ismàëliles, De tous costez battus par nef Bavière ; Prompt assaillis de dix galères eslîtes.
Migrez, migrez de Genève tretous Saturne d'or en fer se changera, Le contre Raypoz ex terminera tous, Avant l'advant le ciel signes fera.
Ne sera saoul jamais de demander, Grand AiKxiDoaiis obtiendra son Empire ; Loin de la cour fera contreniander Piemond, Picard, Paris, Titlienla pire.
Vuidez, fuyez de Tholose les rouges.
Du sacrifice ùdve expiation, Le chef du mal dessous l'ombre des courges, Mort estrangler came omination.
Les soussignés d'indigne délivrance, Et de la multe auront contraire advîs.
Change monarque mis en perîlle pense.
Serrez en cage le verront vis â vis.
GBNTUEIE NEUVIEME. ^449
La grand cité d'Océan maritime»
Environnée de marets en cristal.
Dans le solstice hyemalet la prime, Sera tentée de veut espouvental.
Gand et Bruxelles marcheront contre Anvers, Sénat de Londres mettront à mort leur Roi ; Le sel et vin lai seront à Tenvers, ^ Pour eui avoir le r^ne en désarroi.
Mendosds tost viendra à son haut règne. Mettant arrière un peu les Norlaris, Le rouge blesme, le masle à l'interrègne, Le jeune crainte et frayeur Barbaris.
Contre les rouges sectes se banderont, Feu, fer, eau corde par paix se minera, Au point mourir ceux qui machineront, Fors un que monde sur tout ruynera.
La paix s'approche d'un costé, et la guerre , One ne fut U poursuite si grande, Plaindre homme, femme sang innocent par terre, £t ce sera de France à toute bande.
Le Néron jeune dans les trois cheminées, Fera de paiges vifs pour ardoir jetter, Heureux qui loin sera de tel menées, Trois de son sang le feront mort guetter.
450 CBNTURiE .^etiviàac.
Arrivera au port de Conitioiioe, Prés de Ravenuey qui pUlera la Jtuiiey Ed mer profonde IflCIgat de la Ylisbonne, Soos roc cachez raviroat fepCanle âmes.
L'horrible guerre qu*eD l'Oocident s*a|qpiesCc ! L'an eu suivant viendra la pestUepce»
Si fort horrible que jeune, vieuK» ne bcsCe, Sang« feu. Mercure, Mara, Jupiter en France.
Camp prés Noudam passera Gousnn ville.
Et à Maioies laissera son enseigne.
Convertira en instant plus de mille.
Cherchant les deux remettre en chaîne et l^ne.
Au lieu de Drux un Roy reposera.
Et cherchera loy changeant d'Aoalheme :
Pendant le del si très fort tonner».
Portera neuf ve Roy tuera soy-mesme.
Au cosié gauche à Tendroit de Vitry , Seront guettes les trois rouges de France: Tous assommes rouge, noir, non meurtry.
Par les Rretons remis enasseurancc.
A la Ferté se prendra la Yidame, Nicol tenu rouge qu'avoit produit la vie : La grand Loyse naistra que fera dame, Donnant Bourgoogne à Bretons par envie :
GKNTUttlE NEUVlJBMfi. 4ôl
Gonflict Bai bar. en la Cornette noire, Sang espandu trembler la Dalnialle :
Grand Ismaël mettra son piro|noptoire, Ranes trembler secours Lusitanie.
6h La pille faite à la coste marine.
Incita nova et parens amenez , Plusieurs de Malte par le fait de Messine^ Estroit serrez seront mal gucrdoonez.
Au grand de Gbera monagora , Seront croisez par rang tous attachez ; Le pertinax Oppi et Mandragora, Raugon d'Octobre le tiers seront laschcz.
Plaintes et pleurs, cris et grands hurlemeus, Prés de Narbon, à Bayonne et en Foix, O quels horribles calamitez changemens.
Avant que Mars révolu quelquefois.
L'iBinathion passer monts Pyrennées, En Mars Narbon ne fera résistance, Par mer et terre sera si grapd menée»
Cap. n'ayant terre seure pour demeurance.
Dedans le coin de Luna viendra rendue , Où sera prins et mis en terre estvaoge , Les fruits immurs seront à grand esclandre, Grand vitupère, à l'un gffa9de louange.
452 CENTUEIE NBUVIÈME.
Paix, union sera et changement , EstatSy offices bas, haut; èf haut bien bas , Dresser voyage, le fruit premier , tourment , Guerre cesser : civil procès, débats.
Du haut des monts à l'entour de Dizere Port à la roche Valent, cent assemblez, De Ghasteau-Neuf, Pierre latte en dozzere , Contre le Crest Romans foy assemblez.
Du mont Aymar sera noble obscurcie , Le mal viendra au joinct de Saosne et Rosne : Dans bois cachez soldats jour de Lucie, Qui ne fut onc un si horrible throsne :
Sur le mont de Bailly et la Bresle , Seront cachez de Grenoble les fiers, Outre Lyon, Tien, eux si grand gresle, Langoult en terre n'en restera un tiers.
Harnois tranchant dans les flambeaux cachez, Dedans Lyon le jour du Sacrement , Ceux de Vienne seront tretous hachez.
Par les cantons Latins Mascon ne ment.
Aux Ueux sacrés animaux veu à trixte, Avec celuy qui n'osera le jour , A Carcassonne pour disgrâce propice.
Sera posé pour plus ample séjour.
CBNTUR1E NBUVIÈMK. 453
Encor seront les saints temples poilus : Et expillez par Sénat Tholosaîn , Saturne deux trois cicles révolus, Dans Avril, May gens de nouveau levain.
Dans Foix entrez Roy cerulée Turban, Et régnera moins evolu Saturne, Roy Turban blanc et Bisance cœur ban.
Sol, Mars, Mercure ensemble prés ^ hume.
Dans la cité de Fersod homicide.
Fait, et fait multe bufrant ne macter, Retours encores aux honneurs d'Artemide, Et à Vulcan corps mort sepulturer.
De l'Ambraxie et du pays de Thrace Peuple par mer mai et secours Gaulois, Perpétuelle on Provence la trace.
Avec vestige de leur coustume et loix.
Avec le noir Rapax et sanguinaire, Ysisu du pcaultre de l'inhumain Néron , Emmy deux fleuves main gauche militaire , Sera meurtry par loyne chaulueron,
Le règne prins le Roy conviera , La Dame prinse à mort jurez a sort, La vie à Reine fils on desniera.
Et la pellix au fort de la consort.
454 CENTURIE TVEUVIÈHE.
La Dame Grecque de beauté laydique , Heureuse faite de procs inumérable , Hors translaté au règne Hispanique, Captive prinse, mourir mort misérable.
Le chef de cbisse par fraude stratagème , Fera timides sortir de leurs galères y Sortis meurtris chefs renîeux de cresme, Puis par Tembusche luy rendront lessaleres.
Le Duc voudra les siens exterminer, Envoyera les plus forts lieux estranges : Par tyrannie Bise et Luc myner :
Puis les Barbares sans vin feront vendanges.
Le Roy rusé entendra ses embusches.
De trois quartiers ennemis assaillir :
Un nombre estrange larmes de coqueluches , Viendra lemprin du traducteur faillir.
Par le déluge et pestilence forte, La cité grande de longtemps assiégée, La sentinelle et garde de main-morte , Subite prinse, mais de nul outragée.
Sol vingt Taurus si fort terre trembler, ^ Le gi-and teheatre remply ruinera :
L'air, ciel et terre obscurcir et troubler, Lors infidèle, Dieu et Saincts voguera.
CfeNTUniE NKUV1CHE. 455
Roy exposé parfera rhecatombe, Après avoir troavé son origine :
Torent ouvrir de marbre et plomb la tombe, D'un grand Romain d'enseigne Medusîne.
Passer Guienne, Languedoc» et le Rosnc, D'Agen tenans de Marmande et la Roolle. D'ouvrir par foy parroy Phocen son throsne, Gonflict auprès de sainct Paul Mansec^Ci
Du Bourg- la-Reyne parviendit>nt droit à Chartres, Et feront prés du pont Anthoni pause, Sept pour la paix cauteleux comme Martres, Feront entrée d'armée à Paris clause.
Par la forest du Tonpbon essartée, Par hermitage sera posé le temple, Le Duc d'Estampes par sa ruse inventée, Du mont Lethori prdat donra exemple.
Calais, Arras, secours à Theroane, Paix et semblant siinulei^ l'escoute.
Soûl de d'AUobrox descendre parRoane, Destourny peuple qui défera la route.
Sept ans sera Philipp. fortune prospère , Rabaissera des Barbares l'effort, Puis son midy perplex rebours affaire , leusne ogmion abysmera son fort.
456 CENTURIE NBUVIÈHE.
Un Capitaine de la grand Germanie Se viendra rendre par simulé secours Au Roy des Roys aydé de Pannonie , Que sa révolte fera de sang grand cours.
L'horrible peste, Peryntlie et NicopoUe, Le Chersonnez tiendra et Marceloine, La Thessalie vastera l'AraphipoUe j Mal inconnu et le refus d'Antoine.
Le Roy voudra en cité neufve entrer, Par ennemis expugner Ton viendra , Captif libère Caux dire et perpétrer, Roy dehors estre, loin d'ennemis tiendra.
Les ennemis du fort bien esloigpei Par chariots conduit le bastion , Par sus les murs de Bourges esgrongnei Quand Hercule battra T^mathion.
Foibles galères seront unies ensemble :
Ennemis faux le plus fort en rempart : Foibles assaillis Yratislave tremble , Lubecq et M ysne tiendront barbare part.
Le nouveau fait conduira l'exercite, Proche apamé jusqu'auprès du rivage :
Tendant secours de Millanoise eslite, Duc yeux privé à Milanfer de cage.
Dans cité entrer exercit desniëe , Duc entrera par persuasion, Aux foibles portes clam armée amenée, Mettront feu, mort, de sang effusion.
De mer copies en trois part divisées, A la seconde les vivres faillii*ont.
Désespérez chercbans champs Helisées , Premier en brèche entrez victoire auront.
Les affligez par faute dW seul laint, Contremenant à partie opposite, Aux Lygonnois mandera que contraint, Seront de rendre le grand chef de Molite.
Vent Aquilon fera partir le siège.
Par mur jetter cendres, chauls et poussière : Par pluye après qui leur fera bien piège Dernier secours encontre leur frontière.
Navale pugne nuict sera superée , Le feu aux naves à TOccident ruine , Rubriche neufve , la grand nef colorée ; Ire à vaincu, et victoire en bruine
A l'ennemy, rcnnemy foy promifle Ne se tiendra, les capti£i retenus :
Prins preme raorty et le resie enchemise , Donnant le reste pour estre secourus.
% Voile gallerç , yoil de nef caeher»»
La grande classe viendra sortir la moindre , Dix naves proches tourneront repousser.
Grande vaincue unie, à soy conjoindre.
£n après cinq troupeau ne mettra hors , Un fuitif pour Penelon laschera, Faux murmurer, secours venir pour lors, Le chef, le siège lors abandonnera.
Sur la miauict conducteur de l'année , Se sauvera subit esvanouy, Sept ans après la fenunenon biasmée»
A son retour ne dira onq ouy.
Aibi et Castres feroat nouveUe ligue, Neuf Arriens Lisboii et Portuguez, Carcas, Tholose consuu^eit%nt leur brigue Quand chef neuf monstre de Lauraguez,
460 CENTlTRie DIXIÈME.
Sai'don Neinans si haut déborderonCy Qu'on cuidera Deucaliou renaistre :
Dans le colosse la piuspait fuyront.
Yesta sepulchi*e feu esteint apparoistre.
Le grand conflict qu'on appi'este à Nancy, L'iEmaiiem dira, tout je soubmets.
L'Isle Britanne par vin sel en solcy.
Hein. mi. deux Phi. long-temps ne tiendra Mets.
Index et poulse parfondera le front, De Senegalia le Comte A son fils propre, La Myrnamée par plusieurs de prin front, Trois dans sept jours seront blessez morte.
De Gastillon figuieres jour de brune^ De femme infâme naistra souverain Prince, Surnom de chausses perhumc luy posthume, Ouc Roy ne fut si pire en sa province.
l'asche de meurdre, énormes adultères , Grand ennemy de tout le genre humain, Que sera pire qu'ayeuls , oncles, ne peres^ Eu fer, feu, eau, sanguin et inhumain.
Dessous lonchere du dangereux passage, Fera pajsser le posthume sa bande, Les monts Pirens passer hors son bagage, De Parpignan courira Duc à Tende.
CENTURIE uixikMi:. 461
Esleu en Pape dVsleu sera mocqué , Subit soudain esmeu prompt et timide, Pcir trop bon doux à mourir provoqué , Crainte esteinte la nuict de sa mort guide.
Sous la pasture d'anmiaux ruminant, Par eux conduict au ventre herbipolique, Soldats cachez les armes bruit menant, Non loin temptez de cité AntipoUque.
XJrnel Yaucile sans conseil de soy-mesme, Hardy timide par crainte prins vaincu , Accompagnez de plusieurs putains blesmes, A Barcelonne aux Chartreux convaincu.
Père Duc vieux d'ans et d€ soif chargé ; Au jour extrême fils desniant Tesguiere, Dedans le puits vif mort viendra plongé, Sénat au fil la mort longue et légère.
Heureux au règne de France , heureux de vie , Ignorant sang mort fureur et rapine , Par mon Bateur sera mis en envie « Roy desrobé trop de foy en cuisine.
La reyne Ergaste voyant. sa fille blesme Par un regiet dans l'estomach enclos , Cris lamentables seront lors d'Angolesmp , Et au germain mariagr forclos.
462 CENTUIIIB DIXIÈMR.
Le ranc Lorrain fera pbce à Yendosme , Le haut mis bas, et le bas mis en haut^ Le fils d'Hamon sera estéu dans Rome, Et les deux grands seront mis en défaut.
lour qui sera par Reyne saluée, Le jour après le salut, la prière, - Le compte fait raison et valuée ; Paravant humble oncqnes ne fut si fiere.
Tous les amis qu'auront tenu party, Pour rude en lettre mis mort et saccagé , Biens publiez par fixe grand nranty, One Romain peuple ne fut tant outragé.
Par le despit du Roi soustenant moindre, Sera meurtry lui présentant les bagues, Le père au fils voulant noblesse poindre. Fait comme à Perse jadis firent les Magues.
Pour ne vouloir consentir au divorce, Qui puis après sera connu indigne^ Le Roy des Isles sera chassé par force. Mis à son lieu qui de Roi n'aura signe.
Au peuple ingrat faites les remonstrances , PiUr lors l'armée se saisira d'Antibe. Dans l'arc Monech feront les doléances , Et à Frejus l'un l'autre prendra ribe.
GEirrORlE DIXIÈME. 463
Le captif Prince aux Ital«s vaincu Passera Genoes par mer )U0qu*Â Marseille, Par grand effort des foreurs mtrvaîncu ^ Sauf coup de feu, barril liqueur d'abeille.
Par Ncbro ouvrir de Brîsanne passage, Bien esloignez el tago fara mœstra.
Dans Perigueux sera coiuniis outrage , De la grand Dame assise sur l'orchestra.
Le successeur vengera son beau frère , Occuper règne sous ombre de vengeance, Occis obstacle son sang mort vitupère , Longtemps Bretaigne tiendra avec la France.
Par le cinquième et un grand H^rcoks Viendront le tem]rfe ouvrir de main bâUique : Vn Clément» Iule, et Ascan recules^ L'espée, clef, aigle, n'eurent ooc si grand picque
Second et tiers qui font prime musique Sera par Roy en honneur sublima, Par grâce et maigre presque demi eticque Rapport de Venus faux rendra déprimée .
De Pol M ANSOL dans caverne caprine Gach^ et prins extrait hors par la barbe, Captif mené comme beste mâtine.
Par Begourdaos amenée prés de Tarbe.
464 CENTURIE DIILIÈHC.
Neveu et sang du saioct nouveau venu, . Par le surnom soustient arcs et couvert. Seront chassez mis à mort chassez na , En rouge et noir conveitiront leur vert.
Le sainct Empire viendra en Germanie, Ismaélites trouveront lieux ouverts ^ Asnes voudront anssi la Garmanie , Les soustenant de terre tous couverts.
Le grand Empire chacun an devoit estre. Un sur les autres le viendra obtenir, Mais peu de temps sera son règne et estre. Deux ans par naves se pourra soasienir.
La faction cruelle à robbe longue, Viendra cacher sous ses pointus poignards, Saisir Florence le duc et lieu diphlongue » Sa descouverte par i ni murs et flangnards.
Gaulois qu'Empire par guerra occupera.
Par son beau frère mineur sera trahi, Pour cheval rude voltigeant traisnera, Du faict le frère longtemps sera faay .
Puisnay royal flagrant d'ardeur libide, Pour se jouyr de cousine germaine, Habit de femme au temple d'Arthemide, Allant meurdry par inconnu du Maine.
CENTUaiE DIXIÈME. 465
Apres le Roy du soucq guerres parlant ^ Liste Harmoiique le tiendra à inespris, Quelques ans bons rongeant un et pillant , Par tyrannie à Tlsle changeant pris.
L'assemblée grande prés du lac de Boi-get , Se raillieront près du Montmelian, Marchant plus outre pensifs feront proget, Ghanibry, Moriane combat Saint luUan.
Amour allègre non loin pose le siège ^ Au saint Barbar seront les garnisons , Vrsins Hadrie pour Gaulois feront pleige. Pour peu rendus de l'armée aux Grisons..
Premier fils vefve, malheureux mariage.
Sans nuls enfaiis deux Isles en discord. Avant dixhuict incompetant eage, 0e l'autre prés plus bas sera l'accord,
Le jeune nay au règne Britannique^ Qu'aura le père mourant recommaodét Icelui mort Lonole donra topique.
Et à son fils le règne demandé*
En la frontière de Caussade et Gharlus , Non guère loingdu fond de la valée, De Yillefranche musique à son de luths, Environnez conibouls et grand my ttée.
Le règne humain d'Anjgeliqiie genitare , Fera son règne paix union tenir :
Captive guerre demy de sa dosture , Long temps la paix leur fera maintenir.
,Le trop bon temps trop de bonté royale, Faicts et deffaicts prompt, subit, négligence. Léger croira faux d'espouse loyale.
Luy mis à mort par sa benevolence.
Par lors qu'un Roy sera contre les siens, Natifs de Bloys subjuguera Ligures:
Mammel, Goixlube et les Dalmatiens, Des sept puis l'ombreà Roi estrennes et lémures.
L*ombre du règne de Navarre non vray , Fera la vie de fort illégitime ; La veu promis incertain de Gambray, Roy Orléans donra mur légitime.
Vie sort mort de FQb vilaine indigne, Sera de Saxe non nouveau eleeteav, De Brunsuic mandera d'amour signe, Faux le rendant au peuple séducteur.
De Bourzeville à la DameGuii-lande, L'on mettra sus par la trahison faite^ Le grand Prélat de Léon par Foi*niande, Faux pèlerins et ravisseurs défaite.
CBNTURIB BIXIÈMIB. 467-
Du plus profond de r£spagne ense^ne, SorUnt du bout et des fins de TEurope, Trouble passant auprès du pout de Laigne, Sera défaite par bande sa graod troppe.
lardîn du monde auprès de cité neufve, Dans le chemin des montagnes cavées :
Sera saisi et plongé dans la cuve , Beuvant par foit:e eaux soulphre jenvenimées.
La Meuse au jour terre de Luxeiiibou^ , Découvrira Saturne et trois en Turne :
Montagne et plaine, ville, cité et boui^;, Lorrain deliJ^e, trahison par grand hurne.
Des lieux plus bas du pays de Lorraine Seront des basses AUemagnes unis :
Par ceux du siège, Picards, Normands, du Maine Et aux cantons se seront reunis.
Au lieu où Laye et Scelde se marient, Seront les nopces de longtemps maniées : Au lieu d'Anvers où la crappe charient, leune vieillesse conforte intaminées.
Les trois pelices de loin s'entrebattron, La plus grand moindre demeurera à Tescoute , Le grand Selin n'en sera plus patron,.
Le nommera feu, pelte, blanche route.
468 CKNTURIE DIXIÈME.
Née rn ce inoade par concubine fertive, A deux haut mise par les tristes nouvelles. Entre ennemis sera pnnse captive, Et amenée à Malings et Bruxelles.
Les malheureuses nopces célébreront En grande joye, mais la fin malheureuse : Mary et mère nore desdaigneront , Le Phybe mort, et nore plus piteuse.
Prélat Royal son baissant trop tiré, Grand flux de sang sortira par sa bouche. Le l'egne Angélique par règne respiré, Longtemps mort vifs en Tunis comme souche
Le sublevé ne connoistra son sceptre, Los enfans jeunes des plus grands honnira, Oncques ne fut un plus ord cruel estre. Pour leurs espouses à mort noir bannira.
Au temps du dueil que le félin Monarque , Guerroyera le jeune JSmathien, Gaule bransler, péricliter la barque , Tenter Phossens au Ponant entretien.
Dedans Lyon vingt cinq d'une halaine Cinq citoyens Geruiains, Bressans, Latins, Par dessous nobles conduiront longue traîne, Rt descouvers par abbois de mastins-
CKNTirRIE BIXIÈHC. 469
le pleure Nisse^ Mannego, Pize, Gennea^ Savoirne, Sienne, Capuë, Modene^ Malte, Le dessus sang et glaive par estrennes* Feu, trembler terre, eau, malheureuse noite.
Betta, Vienne, Binorre^ Sacarbauce, Voudront livrer aux barbares Pannone, Par picque et feu énorme violance.
Les conjurei descouverts par matrone.
Prés de Sorbin pour assaillir Ongrie, L'héraut de Brudes les viendra advertir : Chef Bisantin, Sallon de Sclavonie, A loi d* Arabes les viendra convertir.
(^ydron, Raguse, la cité au sainct Hieron» Reverdira le méditant secours , Mort fils de Roi par mort de deux Héron, L'Arabe, Hongrie feront un mesme cours.
Pleure Milan, pleure Lucques, Florence « Que ton grand Duc sur le char montera , Changer de siège prés de Venise s'advance. Lors que Colone à Rome changera.
O vaste Rome ta ruine s'approche , Non de tes murs, de ton sang et substance, L'aspre par lettres fera si horrible coche , Fer pointu mis à tous jusques au manche.
470 CBNTUftIE DIXIBMB.
Le chef de Londres |iar i-egne rAinerirli, L'Isle d^Ecosse tempiera par gelée :
Roy Reb auront un si faux Antecbr Lst, Que les mettm trestous dans la meslée.
Le tremblement si fort au mois de May, Saturne, Caper, lupkter, Mercure au bomf. Venus aussi, Cancer, Mars en Nonnay, Tombera gresle lors plus grosse qu'on ceuf.
L'armée de mer devant cité tiendra, Puis partira sans fisire longue allée, ^ Citoyens grande proye en terre prendra, Retourner classe reprendre grande aemblée,
Ije fer luisant de oeuf vieux eslevé.
Seront si grands par midy, Aquikm, De sa sœur propre grandes allez levé, Fuyant meurtry au buisson d'Ambellon.
L'œil par object fera telle croissance, Tant et ardent que tombera la neige, Champ arroosé viendra en décroissance, Que le primat suopombera à Rege.
La terre, l'air gèleront si grand eau, Lors qu'on viendra pour jeudy vénérer, Ce qui sera jamais ne fut si beau.
Des quatre parts le viendront honorer.
CENTUftlE DIXIBMB. 47 L
L*an mil neuf cens nonante neuf sept mois. Du ciel viendra un grand Roy d'effrayeuis Ressusciter le grand Roy d'Angolmois»
Avant après Mars régner par bon-heur.
Le temps présent avecques le passé.
8era jugé par grand louialiste, Le inonde tard par luy sera lassé.
Et desloyal par le Clergé juriste.
Au révolu du grand nombre septième Appait>i8tra au temps jeux d*Hecatombe : Non esloignédu grand âge milliesme.
Que les entrez sorti ront de leur toin be .
Tant attendu ne reviendra jamais Dedans TEurope, en Asie apparoistra :
Un de la ligue issu du grand Hermès, Et sur tout Rois des Orients croistra.
Le grand Sénat décernera la pompe, A l'un qu'après sera vaincu, chassé, Ses adherans seront à son de trompe.
Biens publiez, enneniy dechassé.
Trente adherans de l'oixire des quirettes, Bannis, leurs biens donnez ses adversaires : Tous leurs bienfaits seront pour démérites, Classe espai*gie délivrez aux Corsaires.
472 CKNTUR1E DIXIEME.
Subite joye en subite tristesse.
Sera à Rome aux grâces embrassées, Dueil, cris, pleurs, larmes, sang, excellent liesse, Contraires bandes surprinses et troussées.
Les vieux chemins seront tous embellis, L'on passera à Mampbis somentrée :
Le grand Mercure d'Hercule fleur de Lys, Faisant trembler terre, mer et contrée.
Au règne grand du grand règne régnant.
Par force d'armes les grands portes d'airain. Fera ouvrir le Roy et Duc joignant, Fort demoly, nef à fons, jourserain.
Mis thresors, temples, citadins Hespenques, Dans iceluy retiré en secret lieu.
Le temple ouvrir les liens faméliques, Repi*ens, ravis, proye horrible au milieu.
Gris, pleurs, larmes, viendront avec coteaux, Semblant fuir, donront dernier assaut, L'entour parquez, planter profond plateaux, Vif repoussez, et meurtris de plein saut.
De batailler ne sera donné signe , Du parc seront contraints de sortir hors. De Gand l'en tour sera connu l'enseigne. Qui fera mettre de tous les siens à morts.
CBNTURIE DIXIÈME. 473
La oaturelle à si haute non bas, Le lard retour fera marris contens, Le Recloing ne sera sans débats, En employant et perdant tout son temps.
Le vieil Tribun au poinct de la trefaemide Sera pressée, captif ne. délivrer, Leviel, non viel, le mal parlant timide. Par légitime à ses amis livrer.
8o« Gomme un gryphon viendra le Roy d'Europe Accompagné de ceux d'Aquilon, ])e rouges et blancs conduira grand troppe. Et iront contre le Roy de Babylon.
Grand Roy viendra prendre port prés de Nice Le grand empire de la mort si en fera Aux Antipodes posera son génisse.
Par mer la Pille tout esvanonira.
Pied et cheval à la seconde veille.
Feront entrées, vastant tout par la mer, Dedans le poil entrera de Marseille, Pleurs, cris et sang onc nul temps si amer.
De brique en marbre seront les murs réduits, Sept et cinquante années pacifiques, Joye aux humains, renoue l'aqueduict^ Santé, grands fruits, joye et temps mellifiques.
474 CBHTUIIIB DIXIÈm*
Cent fois inouiTa lelyrail'ininiiiiÉw, Mis à son Heu sçurraat et «IduMmatre, Tout le Sénat seiu dessous sa nma^ Faschë sera pêtt nuiliM temenim.
Clergé nonyafwFtm tiiil six cens et neuf, Au chef de Tan feraeslieocion s D'un gris et neîr de \st eamftigim issu, Qui onc ne fut si maHa»
Devamt te peré l^enftiitt serv tué.
Le père après entre eenrdes de jonc, GenevefS' peuple sert esvertué, Gisant le chef au mîKeu' comme un tfone.
La baorque neuffte recela les Tofâges , Là et auprès transféreront FEnrpÎM.
Beaucaire, Arles retiendixNS t les hcsta^ges. Près deux colomn^ trouvées de poppbire.
De Nisines, d^Ai^, et l^sKnecdiitemnety N'obey toute redictd^Hèsperiifirey Aux laboriez pour te grand ooDvtemaeF, Six eschctppez en lîfaâflnt saraphûfae*
Dans tes Bsfi«ii;nf!S viendra Roy tnsB-pwttssapt^ Par mer et terre sreÊjagimnt te Mldf , Ce mal fera, rarbaissant te croissant, Baisser lèfs «itesà oeux'dayéiidtvdy.
IVeligion du nom de mers vaincra :
Contre la secte fils d'Adaluncatif , Secte obstinée déplorée craindra Des deux blessez par Âleph et Aleph.
Trirèmes pleines, tout âge captifs, Temps bon à mal, le doux pour amertume : Proye à Barbares trop tost seront hastifs. Cupide de voir plaindre au vent la plume.
La splendeur claire à pucelle joyeuse jN e luira plus, longtemps sera sans sel , Avec marchands, ruffiens. loups odieuse, Tous pesle-mesle monstre universel.
La fin, le loup, le lion, bœuf et l'asne. Timide dama seront avec mastins.
Plus ne cherra à eux la douce manne.
Plus vigilance et custode aux mastins.
Le grand Empire sera par Angleterre, Le Pempotam des ans plus de trois cens. Grandes copies passer par mer et terre, Les Lusitains n'en seront pas contens.
Ici finissent les plus anciennes , les plus authentiques et les plus complètes éditions des prophéties de Nostradamus.
Nous voîcî enfin arrivé à Texplication desqua^ trains du prophète de Salon. Après la vie de Nostradamus , Thistoire des oracles , des sibylles, et des prophéties de tous les temps et cbes tous les peuples, nous devions nécessairement) pour compléter ce volume, et aussi pour satisfaire la curio^ site de nos lecteurs , expliquer certains quatrains prophétiques extraits des Centuries rapportées dans le chapitre précédent.
|i)ous avons dit plus haut, en répondant à l'au-
leur de la Leilre adressée au Mercure de France que nous prouverions les textes en main que Nostradamus « n'avoit point parlé sans nécessité et sans fruit » Les quatrains suivans appliqués aux événemens des trois derniers siècles en sont la preuve. Mais, comme le langage de notre prophète ne peut être intelligible pour tout le monde, nous ferons précéder ces prophéties d'une petite dissertation grammaticale et linguistique sur le style de Nostra* damus.
Si le savant que nous avons la folle prétention de réhabiliter ici n'a point été compris par la masse ignorante, c'est que Nostradamus « homme lettré » ne pouvait être entendu que par les grammairiens et les philosophes ; malheureusement ces derniers n'onty pour ainsi dire, jamais pris la peine de le lire et dei'étudier conscieDcieusement Barbari procui sunto, disait-il à la fin de la sixième Centurie : « Arrière ceux qui ne savent pas les belles-lettres ; » et il avait raison, car ses interprètes la plupart de bonne fiû coBnaissaieut fort peu la langue «de Démosthèoe et de Gicéran. £a voulant rendre Nostradamus populaire, ils l'ont randn ridianle.
Gnynaiid, l'autoir de la Concordance des prophé^ ties^ et l'on des plus aavans commentateurs de Nostradamus , a traduit beaaié iaidêque par keamté laide sans nullement s'inqniéter de T-étymologie. Il ne savait aansdonte pas que notre prophète, loin d*étii£ un néologiste ignorant, tirait tous se$ roots nouveaux du grec ou du latiti. Ainsi ùeauié àudiqué^ au
DBft QtiAVRAlHS. 479
lieu 4e signifier beauté laide, ce qui est uu o0Aire«! sens, veut dire au contraire une beauté semblable à celle de Laïs, célèbre courtisane grecque. Le g/doïtil laAin du moi laïs fait iàidù et pouvait par conséquent s'écrire ialdique en français du seizième siècle.
Le même auteur a traduit procs par procès; tandis que Nostradamus, trouvant l'étymologie du mot galant dans /7rocfi^^ comme porc dans/iorcie^, a écrit :
Heureuse faicte de ^roc^ iiinumefrable.
Pour dire que la femme dont il parle aura un grand nombre d'amans qui la rendront heureuse, et non p^s une infinité de procès , comme le prétend Gujnaud.
Nostradamus avait une grande affection pour la langue latine ; on dit même que ses premiers présages furent composés en cette langue. Presque toutes ses prophéties font allusion au latin. Au quatrain 25 de la dixième Centurie il dit u flagrant d'ardent libide, » pour brûlant d'un horrible feu de concupiscence , comme il aurait mis Jlagrans ardenti libidine. ^
Nostradamus s'est souvent servi de la synecdocbe , figure de vhétorîque fiu moyen de laqudlc on fait ooncevoir à l'esprit plus ou moins que le mot dont on se sert ne signifie dans le sensjpuof^'e. Alors la partie arconlée repvésetitebieii l'accusatif
480 BIPUCATION
des poètes latins comme dans ce vers de b sixième centurie :
De miel face oinci et de lalct sabstanté. De cette manière l'adjectif oinct s'accorde avec te tout comme s'il y avait :
Melie faciem unctus, lacteque sustentatus.
Nos lecteurs verront plus loin que presque tous les quatrains de Nostradamus sont elliptiques ; les articles <^, du^ des sont souvent sous-entendus, comme dans or midy, règne l'Americh, Planure Ausonty pour or du midy, règne de l'Americh, plaine d'Ausone. En voici deux exemples :
De sang nager la gent caste Hyppolite Bearn, Bigorre par feu ciel en détresse.
Le premier vers signifie que la nation du chaste Hyppolite nagera dans le sang ; et le second, que les habitants du Béam et de Bigorre seront désolés par la foudre qui tombera dans leurs pays.
Si Nostradamus affectionnait la langue latine il n'en était pas moins pour cela un helléniste fort distingué. Dans ses quatrains on trouve , comme chez les Grecs , le présent de l'infinitif à la place du gérondif.
Les isles asaiig pour le tardif ramer.
Ce vers signifie que les isles seront mises à sang, pour un prince qui aura négligé d'équiper sa flotte.
La métalepse est aussi une figure de rhétorique
DBS QUATRAINS. 481
qui a été employée par Nostradamus. Yoilà sans doute pourquoi les esprits prétendus forts se sont refusés à comprendre les quatrains de notre propkète. Mais lorsqu'on lit des vers tels que le suivant par exemple :
Et seront faces de leurs manteaux couverts,
On est forcé de reconnaître que la métalepse est ici indispensable ; car si ces hommes couverts de manteaux se cachent le visage, c'est que nécessairement il fera un fîroid extrême , et' s'il fait un si grand froid , c'est que l'hiver sera rude. Ceci est assex clair, ce nous semble.
• Toutes les figures de la prosodie grecque , latine et française se rencontrent dans les Centuries de Nostradamus. Ainsi il y a aphérèse dans V Occident JôihUra pour affaiblira ; tourbillon versée ^ pour renversée ; bondance de couteau pour abondance de couteau. De même il y a syncope dans donra pour donnera ; emprise pour entreprise. L'apocope est assez significative dans le premier vers du trente-deuxième quatrain de la neuvième centurie :
De fin porphyre profond* colon* trouvée.
Attendu que les terminaisons des mots profonde et colonne se trouvent remplacées par des virgules. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que Nostradamus a fait quelquefois usage dans un même vei*8 de la prosthèse et de l'épenthèse.
462 BxrucATioiis
Par grand discord la trombe tremblera.
Signifie que Rome tremUera loraqu'il y auua déffacoond et disscofion piurim Us habiteai ; car mi ôtant la première et l'avant-dermèare lettre qui ont été ajoutées au mot irombe par la prosthèse et l'épenthèse, on forme naturellement le mot Rome.
lioatradamiii avoue naSvetaenit avoir composé ses 9ew « plastot d'«n naturel instinct, «Kcempagné d -une «fureur poétique, que par re^le de poésie. » Ainsi nous ne devons pas ttousétomer si certains quatrains sont entichement tennînés par des rimes masculines, et si un grand Aembi« d'antres ont nne ou deux syllalMs de plus quHls ne le défraient.
Ceux de nos lecteurs qui ont en le ocmnige de paitxmrir les centuries du précédent chapitre ont sans do«te rencontré une foule de nomsde convenance inventés par Nostradamus et qui ne sont guère intdligibies surtout pour le vulgaire. Nous allons en expliquer quelques-uns.
Les noms de convenance sont de deuxsortps. Les premiers servent à désigner les rois, les princes ou les individus à qui ces noms conviennent. Nostradamus emploie ici des expressions figurées qui ont rapport soit à Thonneur de ces individus, soit à leur vie ou  leur blason. G'est ainsi qu'il nomme eertainsd'entne eux, le A>u/>, i'éléphanf^ le /ib/i, Vaursj le iungUer^ la sangsue , le poun^enry Vaiipenturiery le sanguinaire y le meroarial, le crocodile y etc., etc.
DCS QUATRAINS. 483
Les seconds sont composes de mots substantifs ou adjectifs, et désignent au reste les mêmes personnes. Le maigre en peux ^ le noir farouche^ le noir poil crespe (la barbe crespe et noire), le grand jovialUUj JEnobarbe j nez de miche j le gcdlique Ogmjron^ etc., etc., sont des noms qui ont une signification assez claire pour ne pas êtveexpliqfnés. — Il y a encore les noms formés à Taide d'anagrammes; mais nous nous étendnms davantage à oe sujet an pariant de l'avènement de Henri lY, du supplice de Biron, et de l'anreslaitîon de Louis XVi a Varennes.
Le calcul de ïfostradamtts n'est pas un des passages les moins curieux de cette introduction. Tous les jours les esprits forts , qfù croient le plus aisément tout en disant profession de scepticisme, demandent à ceux qui se sont occupés de i'expbcatîon des Centuries , quelle sera la date des prophéties de Nostradamus. Nous leva répondrons qu'à partir de cette présente année ils ont encore dise neuf cent cinquante^sepl ans à attendre, puisque notre prophète a écrit t « Et sont perpétuelles vaticinations, pour d'icy (lôôô) à l'année 3797. »
Mais, en attendant la réalisation complète de toutes les prophéties contenues dans les douze centuries-de Nostradamus, nous «dlons expliquer les quatrains qui annoncent les évènemens les plus importans arrivés en Europe depuis l'an 1655 jusqu*à nos jours.
Prise de la ville de Sienne (1555).
Entre les deui inonar(|i]€8 eslongnez , Lorsaue le sol par Selin clair perdue : Sknulté grande entre deax inaignez , Qu'aux fsles et Sienne la liberté rendue.
{Cent, yi, quai. 58.)
La ville de Sienne se trouvait en lôM entre les inains de la France ; Gharles-Qmnt la fit assiéger au mois de septembre. Montluc la défendit d'une manière surprenante; mais les vivres lui ayant manqué, il la rendit le 21 avril 1555, c'est-à-dire après avoir soutenu un siège de huit mois. La i!eberté dont parle le dernier vers fut aussi reiu^ri^ aux îles de Corse et de Sardaigne.
Entre les deux monarques esiongnez est trèfr«xacty puisque Charles - Quint était alors en Espagne et Henri II en France. Lorsque le sol par Selin clair perdue est une expression de Nostradamus , qui signifie un phénomène céleste. En eflFet, la veille de la prise de Sienne il y eut une éclipse de soleil par la conjonction de la lune , Selin , du grec se^ Uny, Simulté grande entre deux indignez veut dire qu'il existait une très -grande dissimulation entre les deux chefs ennemis , entre le marquis de Marignan , qui assiégeait la ville , et Montluc , qui la défendait. Les historiens du temps, venant à l'ap» pui des prophéties de Nostradamus, ajoutent que ces deux capitaines étaient si dissimulés qu'ik s'envoyaient mutuellement d'excellent vin , afin d'enivrer les soldats et de pouvoir se surprendre.
DBS QUATRAINS. 485
Gouvernement de Gatheeine de Médicm (1559).
La Dame seule au règne demeurée , L'unique esteint Dremier an lict d'honneur , Sept ans sera de douleur espleurée :
Puis longue vie au règne par grand heur.
(CenL VI, guat.eSi.)
Catherine de Mëdicis , épouse de Henri UyCStia Dame qui demeura setde au règne ^ lorsque ce roi , Vu^ rùque en France qui ait été esttint, blessé mortelr XemeoX^aulict , au champ, (T honneur ^tai morti Elle fut sept ans de douleur espiorée^ car la mort de son mari lui causa une si grande affliction qu'elle ne quitta le deuil qu'en 1566 , au retour d'un long voyage qu'elle fit en France avec Charles IX son fils. £lleeut enfin une longue vie au règne par grand heWy car elle gouverna avec bonheur, malgré de grands obstacles , le royaume sous les règnes de François II , de Charles IX et de Henri III , jusqu'à sa mort , qui arriva trente ans après celle de son mari, c'est*à-dire le 5 janvier 1589.
Mariage de Marguerite de France (1559).
Quand on viendra le grand roy parenter , Avant qu*il ait du tout Tame rendue, On ie verra bien losi apparenter D* Aigles, Lions, Croix. Couronne vendue.
{Cent VI. quat,7i.)
Parenter^ du latin parentare, veut dire rendre les derniers devoirs aux morts, ^^^re/t/er signifie devenir allié ou parent par mariage. «^Henri II avait
486 ETmjcMwoim
été inorlellement blessé le 1**^ juillet 1559 , dans un tournois qui eut -lieu à Foccasion du mariage de sa fille Elisabeth arec nii4i]ipe li , roi d'Espagne. Un autre mariage était arrêté entre Marguerite sa msvoBy fille de François P', avec le duc de Savoie. Cette uuion, à cause de la blessure du roiy fut âtaneée, afin qu^'elle eut liea avant samort; cir<;onAtaBce bien marquée dans le quatrain que nowexpUquotis , et où le duc de Savoie est fiarfaitement dés^ne par ce bkaonfonné d'aigle», de lions et de croix. A l'oecaBion de ces mariages , kt conquêtes faites par Ekori et pav son père furent cédées aux prinoes étrangers , et c'est ainsi que la couronne fui vendu».
MoAt DB Henai U (I5d9).
( Voyez notre ouvrage pour l'explication de ce quatrain, page 57 et suivantes.)
GoNJURAïioi^ d'Amboisk (1560).
Les exilez par ire, haine intestine Feront au Roy grand conjuration :
Secret mettront ennemis par ia mine , Et ses vieux siens contre eux sédition*
(Cent. 1, quai, i!S.)
Gathmne de Médicis se voyant dans des circonstances difficiles voulut s'appuyer sur le parti des Guises. Les personnages appartenant aux partis opposés furent éloignés de la cour, exilés pour divers motifs. Le plus grand nombre d'entre eux
DU QVATRAflVS. 487
etaieiUi à fe télé da parti des câtvinisiea ; et bientôt, sous ptétexte de veligÎKmy une eonîttralion fut tramée ûontae le roi Fraifoi» II , sa mère et tes Gvifles. Atnaise trouva vérifiée la prmiMre partie de la pvédictian. La accoude le fut ama» litténdev ment. Plusieurs d'entre les conjurés , pleins de discrétion , se firent recevoir à la cour en faisant mine d'étrd leurs ê/Mênd^; d'auirea eiivtrfèrent à Amboise un grand nombre de leurs partisans, qui faisaient semblant d'être du parti des Guises; mais lesvîciuc serviteurs du roi (lès Guises) découvrirent le secrel de la conspiration , et après avoir pris leurs mesures pour la laisser éclater sans danger et en prévenir en jnéme temps l'exécution, ils se soulevèrent contre les traîtres et les exterminèrent à Amboise.
Conspiration de Lyon (1560).
Dedans Lyon vingt et cina d*une halaine Cinq oitoyeus Gevmatiis, Bressans^ Latins « Par dessous nobles conduiront longue traîne Et descouners par abbois de mastins.
{Cent. X, quai. 89.)
Le 5 septembre 1560 , les huguenots voulurent s'emparer de la ville de Lyon. Parmi les vingt el cinq conspirateurs , il y avait cinq citoyens lyonnais ; les autres étaient bien, comme le dit Nostradamus, Germains jBressanSy Latins. ly une halaine^ c'est-àdire d'une seule volonté. Par dessous nobles con^ diêironi longue iraine est très^xact , car on soup-
488 fiXFUC/kTIONS
çonna le prince de Gondé et le yidame de Chartres d'être de la conspiration. Le complot fat descctkvers par abbois de masiins , attendu que les portefaix , appelés alors ahboyeurs ou malins , allèrent prévenir l'abbé d'Achon , qui fit arrêter les coupables.
^ASSACaSS D£ LA Sï-BA&TaBLEMr (157S.)
La grand copie qui sera déchassée Dans un moment fera besoing au roy, La foy promise de loing sera faulsée, Nnd, se verra en piteux désarroy.
(Cent. IV, quai. 89.)
Ce quatrain indique le faux édit de pacification qui amenâtes troubles de 1572. La grand copie ^ du latin copia ou armée , fut en effet déeharsée ou licenciée par Charles IX. Peu de jours après la publication de cet édit , la foy promue de loing tut faïUsée; car les prôtestans égorgèrent un grand nombre de catholiques. Nud se verra en piteux désarroy ; c'està-dire que le roi s'étant dépouillé de ses forces se trouva dans le fâcheux état de ne pouvoir se défendre et de suivre la loi des réformistes. Le quatrain suivant va plus avant : il annonce le commencement des massacres.
Le gros airain qui les heures ordonne
Sur le trespas du Tyran laissera
Pleurs, plaintes et cris. Eaux, glace, pain ne donne
Y. S. G. paix. L'armée passera.
(Presaf^es, quai. 2.)
Le gros airain est ici pour la grosse cloche du
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Palais et de 1 église St-Germain-rAuxerrois. Quiiejt heures ordonne signifie que l'heure où ces cloches deyaient sonner fut ordonnée par quelqu'un. Nous savons par les témoignages de l'histoire que Gathorine de Médicis ordonna le massacre et qu'elle hâta le signal d'une heure. Sur le irépas du tyran cas^ jffra est une expression hyperboli^uequ'onretDOUTe dans les anciens auteurs ; elle veut dire que les cloches sonneront, à se casaer^ la mort de Goligny ou du tfran{\)^ comme on l'appelait alors sans doute à cause de sa grande sévérités Pleurs , plaintes et cris n'ont point besoin de commentaire , car personne n'ignore les pleurs qui furent versées et les plaintes et les cris qu'on entendit pendant tout le massacre»
(1) Les historiens de Provence , dit Guynaud , font mention d'une chose tout-à-faît suqilrenanle, c'est <]u*en 156S, ramiral de Goligny, se trouvant en ia ville d'AngouJéme , y fit pendre de son autorité !e gardien des Gordeliers , nommé Michel Grelet . oui était un zélé prédicateur. Ge religieux étant sur I éctielle , et adressant la parole à Tamiral qui voyait faire cette funeste exécution , lui dit : « Mons Tamiral^ vous me faites mourir très-injustement, je m'en vais rendre compte à Dieu de mes actions; mais souvenez-vous avec tout ce peuple qui m'entend, que je vous prédis que dans peu de temps vous serez précipité d'une fenêtre en bas ^ et qui* votre corps sera ensuite coupé par morceaux. » Ce qui arriva de la sorte , ajoute Guynaud , puisque Iliisroire nous apprend qu'un Italien lui coupa d'abord la tête, pour la porter au cardinal de Lorraine , que d'autres lui coupèrent les membres , et que sur les six heures du matm le peuple le tira d'une écurie, le traîna par les rues , le jeta dans la Seine , et l'ayant repéché , l'alla pendre par un pied au gibet de Montfauoon , où le feu qu'on alluma le fit devenir d'une horrible diflbrmité.
Eau glace y pain ne (hnne s'estavLSSî vérifiée; Thiver de Tannée 1 572, la Seine fut tellement prise que le$ provisions ne vinrent pas à Paris. Les trois lettres y, S, G et le mot paix peuvent s^expliquer ainsi : la paix sera avec le successeur (S) de Charles (G) quint (Y) ; ce qui eut lieu. L'armée française passa, comme l'avait dit Nostradamus, pour aller assiéger la Rochelle où s'étaient réfugiés les protestans.
Yoici une autre prophétie de Nostradamus relative aux massacres de 1572.
La grand cité qui n'a pain à demy - Enoor un coup la sainct Berihelemy Ëngravera au profond de son ame Nismes, Rochelle, Genève et Montpellier, Castres, Lyon, Mars entrant au Bellicr S*entrebattrout le tout pour une dame.
(Sixain 52.)
Si après avoir cité de telles choses il reste encore des incrédules , c'est que l'incrédulité est indestructible.
AbUESTATION du comte de MoNTGOMMERt (1574).
Celuy qneïx Initie et rcrau'faict bellique Aura ()orlé plus grand que luy le pris : De nuict au tict six Uiy feront la pique, Nudf sans harnois subit sera surpris.
[Cent. III, quai. 30.)
Gette prophétie concerne le comte de Montgommeriy et voici pourquoi. Après la mort de Henri II, le vainqueur du tournois de St- Antoine après avoir quitté la France y rentra , se mit à la
tête des révoUés , et le 27 mai 1574 il fut arrêté à Domfront. Les deux premiers vers indiquent assez de qui Nostradamus Teut parler. Dans les deux derniers on trouve exactement l'arrestation de Montgommeri. Il fut pris subitement la nuit au lit par six personnes; il était par conséquent nu et sans armes ou sans harnois.
BoEL DE Caylus ET d'Entragdes (1578).
Du tout changé. Persécuter Tun quatre.
Hors maladie. Bien loin mortalité.
Des quatre deux plus ne viendront débattre. Exil, ruine, mort, faim, perplexité.
[Présages^ 115.)
Le comte de Caylus ayant vu d'Entragues sortir, de la maison d'une dame qu'il aimait, le provoqua, et le lendemain ils se battirent à la Porte St-An*toine, à l'endroit où se trouve aujourd'hui la Place Royale. Persécuter tun quatre veut dire que l'auteur du duel, le comte de Caylus, serait cause de la perses ctttion et de la mort des quatre autres personnes pai*mi lesquelles deux restèrent sur la place, ainsi que Nostradamus Vavait prédit : Des quatre deux plus ne viendront débattre. Maugiron et Schonberg se tuèrent , et le baron de Riberac mourut le lendemain de ses blessures. Caylusexpira aubout de dixhuit jours. Les amis ded'Entragues furent exilés et souffrirent les horreurs de la misère et de la faim.
49i, EXPLICATIONS
Réforme jk; calbnorieii (1582).
Les dix kaleodes d*avril de faict gothique Ressuscité encor par gens malins Le feu esteini, assemblée diabolique Cerchant les os du d*Amant et Pselin.
{Ce/U. I, quai. 42 )
Ce quatrain renferme denx prophéties extraordinaires: Tune concernant la réforme du calendrier, Tautre annonçant de nouvelles guerres civiles.
Le premier vers est très-explicite ; car il prédisait en 15ÔÔ un événement qui s'est réalisé en 1582, c'est-à-dire vingt-sept ans après. Si l'ancien calendrier n'avait pas du être réformé, c'était assez de à\fe ks dix àûUndes tTapnlBàXÈa y ajonterie/tfiVf gothique. Nostradamus a certainement prédit la réforme du calendrier.
Le ealendrièi* Admain appelé aussi calendrier Julien, du tHMti de Jules Gésat son réformateur, est dispoêé en périodes de quatre années. Les trois première qu'on appelle communs ont 305 jours, et le quatrième, qu'on nomme bissextile, tn a 366 à cause de six heures qui restent sur chaque année et qui (dans l'edpace de quatre ans composent un jour. Le pape Grégoire Xtll, d'après le conseil de Clavius et de Giaeonus, ordonna que la centième année de chaque siècle ne serait point bisaexttle, excepté celle du quatrième siècle; c'est-à-dire qu'on ferait une soustraction de trois jours bissextiles dans l'espace de quatre siècles , à cause de
onze minutes qui manquent dans les six heures dont Tannée bissextile est composée.
Assassinat du duc de Guise (1588).
Paris conjure un grand meurtre commettre» ; Blois le fera venir en plein effet.
Ceux d*Orléans voudront leur chef remettre. Angers, Troyes, Langres leur feront un meffiiit.
{Cent. III, quat. 5i.)
Ce quatrain annonce sans aucun doute l'assassinat du duc de Guise qui fut concerté ou conjuré à Paris II ne reçut en effet son exécution qu'à Blois, lors de la tenue des Etats-Généraux. Orléans se souleva et ne consentit à se soumettre qu'à la condition qu'on lui donnerait un autre gouverneur. On sait aussi que les villes d'Angers, de Troyes et de Langres se révoltèrent et firent par cette manifestation un giand tort ou meffait à la couronne de France.
Assassinat de HeNaj III (1589).
Un grand royprîns entre les mains d*un jeune, Non loin de Pasques. Confusion. Coup cultee.
{Cent. IX, qunU 56.)
Loi*sque Henri III fut tué, son assassin était fort jeune , puisqu'il n'avait que vingt-deux ans. C'est aux fêtes de Pâques que les chefs de la ligue arrêtèrent la mort du roi et choisiretit pour leur ins-
494 E]|PLlCATIONS
trument le fanatique Jacques Clément. « Dès le trépas d'iceluy, dit le Janus Galliais^ toute confusion s'est ensuivie au r^ne, par les querelles et partialitez suscitées en iceluy. » Une chose assez remarquable, c'est que Nostradamus a prédit jusqu'au couteau (<ra//rc, du latin c/iZ/ru/n) qui servirait à commettre le meurtre !...
Avènement de Henri IV (1595).
La mort siibittc du premier personnage Aura changé et mis un autre au règne : Tôt, tard venu à si haut et bas aage Que terre et mer faudra qu'on le craigne.
[Cent. IV, quaL 14.)
Dans les deux premiers vers on voit que la mort subite (l'assassinat) du premier personnage (le roi) aura changé le règne , c'est-à-dire qu'une autre branche monterait sur le trône, ainsi que cela s'est vérifié par l'avènement de Henri IV. Les deux derniers indiquent les difficultés que le nouveau souverain aura à surmonter, et la grandeur , la prospérité, la fortune qui l'attendent.
Dans le quatrain suivant Nostradamus désigne Henri lY d'une manière toute particulière.
Un chef du monde le grand Chiren sera : Plus outre après aymê, craint, redouté : Son bruit et los les cieux surpassera, £t du seul titre victeur, fort coiltent^.
[Cent, yi, quai, 70.)
Chiren est l'anagramme de iZ^/iW , et l'adjectif gr€md ajouté à ce mot i^e pçut avoir été mis que
pour designer Henri le grand ou Henri lY. Ce roi fut comme on le sait aymé^ craint et redouté.
Aimé de Ghavigny, par flatterie sans doute , a voulu appliquer ce quatrain à Henri II ; mai& le titre de grand joint au nom de Henri fait voir de qui Nostradamus avait l'intention de parler.
Ne sera seul jamais de demander Grand Mendosus obtiendra son Empire.
{Cent. i\,quat. 4tf.}
Ceci regarde encore Henri lY . Le prophète, dans le premier vers, fait allusion à Henri III qui n'était jamais soûl de demander de l'argent, ou de lever des impôts; et dans le second Nostradamus désigne Henri lY par son titre de duc de P^endosme (ana gramme de Mendosus) j attendu que ce dernier était fils d'Antoine de Bourbon, duc de Yendôme et roi de Navarre.
Mendqsus tost viendra à son haut règne,
Metaiit arrière un peu le Norlaris.
Le rouge biesme It* mnsie à rinterrègm».
{Cent. IX) quat. 50.)
Les trois vers de ce quatrain peuvent se lire ainsi s Le duc de Yendosme montera sur le tr;^ne, en éloignant les princes Lorrains (anagramme de Norlaris)^ le vieux cardinal de Bourbon (le rouge biesme)^ et le duc de Mayenne qui gouverna pendant l'interrègne (le masle à F interrègne). — Toutes ces prophéties se sont parfaitement réalisées.
496 BXM.IGAT10W
Camme on pouriaîl cioire que nous avons Iromc des anayammf là où il n'y en avait point, nous allonâ rapporter on ren de la centurie soivante où Nostradamus s'exprime encore pins clairement:
Le rang lorrain fera place â Yendosine.
[Ont. X, guai. 18.;
Est-il possible de douter?...
SUPPUCEBE BlIOR (1602 j.
Soaod de Robin la traistreose entreprise ettra seîgneun et en peine an mnd prince. Sceu par Lifin, chef on luy trenobera.
{Sixain vi.)
Cette prophétie est vrai ment ex traordinaire.Ao* if in est l'anagramme de Biron. Ce dernier s'engagea bien dans une traûreuse entreprise , puisqu'il avait résolu de livrer Henri lY aux troupes d'Espagne et de Savoie. Il fit entrer ou mettre beaucoup de seigneurs dans la conspiration , entre autres l'ambassadeur d'Espagne , le comte de Fuentes, et un nommé Lafin , qui alla tout raconter au roi. Nostradamus j non content de nommer Biron, a encore désigné ce Lafin au commencement du troisième vers , en disant que la conspiration serait sceu par Lafin. La suite de ces vers est de la plus grande exactitude. Chef m lui trencheraest ici pour le chef de l'entreprise on tranchera ou on lui cou;pera la tête, Biron eut , comme on le sait , la tète tranchée à la Bastille en 1603.
BES QUATRAIHS. 497
Mort oEHfiimiiy (1610).
Les armes battre aa ciel, longue saison, L'aiiire au miliru de la ciié tombé :
Vermine, rongne, glaive, en face tyson.
Lors le monarque (THadrie succombé.
(Cent, ui^ quàl. H.)
Par ce quatrain , Noslradamus prédit les signes ou phénomènes qui devaient être aperçus lors* que Henri IV serait assassiné. Nous saT<Mi8 que ceux qui ne crcMent jamais à rien ne voudront point yoir annoncée dans cette ptofriiétie la mort du prédécesseur de Louis XIII; mais, eomme nous tenons à les œnTaincre , on pour mieux dire à les guérir de leur erreur, nous allons expliquer ce quatrain , en nous servant des histoires , des chroniques et des mémoires du temps.
De Pnidt y dans son Histoire dé Frmee , et l'auteur du Mercure de France font mention de signes extraordinaires qui précédèrent de quelques jours la mort de Henri iV. Parmi ces signes > le rédacteur du Mercure parle de celui auquel Nostradamus fait allusion dans son premier vers : « On vit, dit- il , dans les airs un grand nombre d'hommes de guerre : les paysans et la noblesse se rassemblé^ rent pour combattre cette armée aérienne, » ainsi que Nostradamus l'avait prédit : Les armes batire au cieL Les deux mots qui terminent le vers sont fort justes, car ce phénomène parut dans les grands jours ou , comme on le disait alors , en longue saison.
498 EX-PLICATIONS
L'auteur dont nous parlions loutàTheure, dans son sommaire de VHistoire de France , nous apprend que le mai planté dans la cour du Louvre tomba le même jour que le roi fut assassiné , le 24 de mai y ce qui n'était point encore arrivé. Cet événement , tout futile en apparence ^ confirme la prophétie du second vers : Carbre au miUeit de la cUé tombé.
En 1610, la vermine enleva les bestiaux et plongea les cultivateurs dans la désolation. En face tjrson se rapportant au mot ciel du premier vers signifie qu'une clarté surnaturelle, telle qu'un météore, paraîtra cette année au ciel. Gela est encore de la plus grande vérité. Lors le monarque d^Hadrie succombé peut se lire ainsi : « Lorsque tous ces signes apparaîtront , hadrie ( Nostradatnus appelle dans sa première centurie Hadrie le grand ) succombera . » Le prophète,poui* ne laisser aucun doute sur le genre de mort, n'a point oublié le mot glawcy qui complète cette étonnante prédiction.
MOBT DU DCC DE MoNTMORENCY (1632).
Le Lys Dauffois noriera dans Nancy Jusques en Flandres, électeur de TEmpire : Neufve obturée au grand Montmorency Hors lieux prouuez délivre à Clerepeyne.
{Cent, \\yqual,\f^.)
Ce quatrain peut s'expliquer ainsi : « Le lys dauphin se rendra maître de Nancy , ira en Flandres et délivrera l'électeur de Trêves. Le grand
Montmorency sera enfermé dans une prison nou* vellement bâtie , et périra sous la hache du bourreau Glerepeyne , dans un lieu non consacré aux exécutions. »
Tout cela est exact. Louis XIII ou le lys dauphin (I) alla bien , après la conquête de Nancy, en Flandres combattre les Espagnols et les chasser de Trêves , où ils tenaient prisonnier l'électeur. Neui^e o^tor^^ du latin ohturare^ signifie une chose neuve , exactement fermée comme une maison de r'étention. Personne n'ignore que Montmorency fut enfermé dans la prison de l'hôtel-de-ville nouvellement bâti. Hors lieux proutvz , pour approui^és, c'est-à-dire hors les lieux ordinairement adoptés. Mais ce qu'il y a de plus merveilleux , c'est que le bourreau qui trancha la tête au duc de Montmorency s'appelait Clerepeine !.. .
Avènement DB Louis XIV (1643).
Du vieux Chiren Ton verra le Phœnix Estre premier et dernier des fils Reluire en France, et d'un chacun aimable Reçner lon^-temps avec tous les honneurs Qu^auront jamais eu ses prédécesseurs, Dont il rendra la gloire mémorable.
{Sixain 48.)
Henri IV est désigné ici par le vieux Chiren , car
(i) Louis XIII est le premier qui ait porté, après une interruption de trois rognes, le nom de Dauphin ou Dauffois.
Henri I*S Henri II et Henri III moururent» le premier à 55 ans, le second a 41 ans, et le troisième à 38 ans, tandis que Henri IV alla jusqu'à 57 ans.
Ce quatrain peut se lii*e ainsi : « Des fils da vieux Henri l'on Ten« le phénix être le premier. » En ce cas la prophétie est très-vraie, attendu que Louis Xiy fut le premier des enians de L4>aîs XIII , fils du vieux Henri, Il fut aussi le dernier, comtne l'avait prédit Noatradamus , en survivant de quatorze ans k son frère. Les trois derniers vers sont assez explicites par eux-mêmes pour^se passer d'un commentaire. On sait qtie plusieurs courtisans du temps appelèrent Loub TUT le phénix des rois. « Le mot rehure^ dit fort judicieusement un des commentateurs de Nostradamns , le chevalierde Jant, est k remarquer, puisqu'il convient particulièrement au solçil , qui est la devi^e de Louis-le-Grand. » — L'avènement de Louis XIV ne pouvait être prédit avec plus de certitude.
Mort DE Charles I*% roi d'Angleterre (1649).
Gand et Brucelles marcheront contre Anners. Sénat de Londres mettront à mort leur Roy : Le sel et vin luy seront à Penvers, Pour eux anoir le régne en désarroy.
{Cenl. IX, tfual. 49.)
Cette prophétie peut se lire de la manière suivante : « Au temps où Gand et Bruxelles marcheront contre Anvers, le parlement de Londres mettra à mort le roi ; ses ennemis le dépouilleront de
DBS QUATRAINS. 501
sa force et l'entraîneront hors des voies de la sagesse pour bouleverser le royaume. »
Ce qualrain , dit Bouys , est d'une telle force que seul il suffirait pour démontrer que Nostradamus voyait dans l'avenir des ëvènemens incalculables pour le commun des hommes. Ce qu'il y a de plus extraordinaire en ceci, c'est que jusqu'à Charles I*', aucun roi ne fut condamné à mort par un sénat. Les habitans de Gand et de Bruxelles marchèrent en effet contre Anvers, lorsque Charles P' mourut sur l'échafaud.
Avènement de Cromwell (1649).
Pins maceiin que Roy en Angleterre, Lieu otMCur nay, par force aura rEmpire Lasche sans foi sans loy seignera terre. Son temps s'approche si près que ie soupire. (Ceni. VIII, quai. 76.)
L'explication de ce quatrain est facile, car nos lecteurs ont tout de suite reconnu dans le portrait tracé par Nostradamus celui de Cromwell. P/t/^ ma celin que Roy veut dire plus boucher que souverain de la Grande - Bretagne. Il naquit bien dans l'obscurité et eut certainement l'empire par la force. Le mot lasche surprendra beaucoup de personnes ; mais l'histoire nous apprend que cet intrépide protecteur était timide, lâche et peureux, à un tel point qu'il n'osa jamais coucher deux nuits de suite dans la même chambre.
Prise de la ville d'Or ange (1660).
Fille de Laure, asyle du mal sain Où iosqu'au ciel se voit Tamphithéatre, Prodige ven, ton mal est fort prochain, Sera captive et des fois plus ae quatre.
(Cent. VI, 4ual. 100)
Nostradamus appelle la ville d'Orange fille d€ Laure, parce que laure^en provençal, signifie veni, et que cette ville, située près d'une montagne, est continuellement exposée aux vents. Asyle du mai sain désigne particulièrement la ville dont il s'agit , car on sait qu'Orange était un lieu de refuge. Oà jusqu'au ciel se voit F amphithéâtre indique les restes du grand amphithéâtre bâti par les Romains. Prodige veu arriva en effet. Aimé de Ghavigny rapporte que le comte de Somnerive, fils du comte de Tendes , gouverneur de Provence , prit cette ville le 6 juin 1562 , et que quelques mois auparavant il avait paru deux soleils ou deux comètes. Le dernier vers indique que la ville d'Orange serait souvent captive , et des fois plus de quatre. Orange fut prise, comme l'avait dit Nostradamus, plus de ^r/a^r^yôij, c'est-à-dire en 1562, en 1573, en 1660, eu 1713 et en 1731 par Louis XY.
Mort de Louis XIV (1715).
Plusieurs mourront avant que Phœnix meure ; Jusques six cens septante est sa demeure, Passé quinze ans, vmgt-un, trente-neuf. ~ Le premier est subject à maladie Et le second au fer, danger.de vie, Au feu, à Peau est sabject trente-neuf.
{Sizain 53.)
Cette prophétie , que nous trouvons très-extraordinaire , fut expliquée d'une manière remarquable par le chevallier de Jant en 1673 et présentée à Louis XIV lorsqu'il n'avait encora que irentccinq ans. Mais avant de parler du sixain de Nostradamus, citons un passage de M. Charles Nodier sur le livre du chevalier du Jant. Nous serons impartial et nous ne retrancherons rien de la citation (du spiritueLet savant critique.
« Le chevalier de Jant, dit M. Nodier, à force de compulser Nostradamus pour y trouver des autorités à l'appui des armes et du génie de son maître, crut y découvrir que Louis XIV vivroit 76 ans, et f avoue que le sixain de Nostradamus est expliqué avec plus d'adresse que tout le reste. Les courtisans pouvoient-ils admettre la supposition que Louis XIV mourroit ! Cette hérésie imprimoit à un livre e sceau d'une proscription infaillible , et celle-ci n'est pas trop à déplorer, car c'est un pauvre auteur celui qui épuise le peu de talent qu'il a reçu de la nature, à établir une probabilité historique et future sur l'autorité de Nostradamus (Ah! M. Nodier
ceci est peu flalieur pour nous ; mais qu^importe si nous parvenons à réhabiliter le nom d'un homme que vous chérissez en secret.) Le plus curieux de tout ceci y et ceux de mes amis qui ont daigné me suivre, ou que le hasard a fait tomber çâ et là sur quelques-unes de ces pages savent que je m'attache volontiers à recueillir cette piquante espèce d'observations, — c'est que le chevalier de Jant , qui n'étoit ^rtiunement pas animé de l'esprit de prophétie , ai cet esprit est inséparable du génie , renconira presque aussi jusU qu'un biographe, quoiqu'il eût le désavantage asses conûdérable de ^a- RAMTfi-DBDx ANS d'aniicipatiou sur ce fait. Louis XIY mourut le 1* septembre 1715, n'ayant pas encore soisatUe diso'S^l ans accomplis ; car il étoit néle5 septembre 1638. Si de Jant avoit supputé les dates, ilauroit reconnu sans peine que cet évènemeatétoit caractérisé dans toutes ses circonstances par le sage Nostradamus y qui dit positivement passé qmmze aM«carc'étoitdansla8eiiiteeannéeda8iède(l). »
Nous penaons faire plaisir à nos ledeors en rapportant id la rare et curieuse exf^cation du chevaUer de Jant dont parie M. Nodier.
^Plusieurs mowrroni avant quephœmix mewrt^ c'està-dire que le pbœnix en verra bien mourir avant qu'il finisse ses jours, d'autant qu'il vivra longtemps. Jmsqme six rtni sepianie est sa demeure. Il
(1) Mc7angcs iires d'une petite bibliothèque, p. 351, éâil. de 188^
DES gtATRAlNS. 505
faut prendre ce vers au rebours et dire : Jusques septante-six ans est sademeure, qui est le véritable iiens de Tauteur, et comme il n'y a que la lettre c de plus, comme au nom d'Henric, cela n'est pas considérable ; puisque dans presque tous les quatrains, je ferai voir qu'il y a toujours quelques lettres de plus ou de moins y afin de rendre les prophéties obscures ; il ne faut donc pas s'arrêter à cela, mais aller au sens de Tauteur, d'autant plus que si l'on prenoit le vers au pied de la lettre quand il dit : Jusques six cent sepianie est sa demeure ^ dès lors la fausseté de la prédiction seroit vérifiée par la vie présente de sa majesté qui ne seroit plus au monde de l'année 1670.
Outre que dans le texte il n'est point parlé de xsille six cent septante, mais seulement de six cent septante qui étant renversé signifie septante^sÂx ans. Mais comme le /iA<vitûr doit vivre les septantesix amiées qui lui soot annoncées, il faut être persuadé par la nécessité indispensable de la même psophétie qui parle ai clairement qu'il vivra ce grand âge, et c'est ce qui se connoit encore plus inteUiîgiUiement dans le sixain précédent qui dit que le phœnix régnera longtemps^ puisque ce mot de régner présuppose celui de vivre^ et co nclure, par le sens moral et littéral , que la majesté qui est le |ihœitfx vivra les septante-six années. Et c'est ce qui se voit encore mieux par la suite du sixain qui dit Pcusé quinze ans, vingi^un , trente^neuj , ce qui signifie que le phœnix passera le nombre de 15
ans, de 21 et de 39 qui sont les trois temps de sa vie, qui tous eusemble font le nombre de septantecinq ans , et le mot passé signifie qu'il passera ce nombre, et tout ce que dessus est fort bien rectifié au pied de la lettre.
Le reste du sixain dit : Le premier est sufy'eei à maltuiie ^ le second au fer ^ danger de vie ^ au/eu^ à Veau est subject irente-^neuf. Nostradamus, faisant une distinction de trois temps principaux de la vie du pfaœnix, dit que les premières quinze années seront sujettes à makdie , (ie qui s'est rencontré véritable depuis la quinzième année de S. M. jusqu'à la vingt-unième , qui fut sa grande maladie à Calais , où tout fut désespéré de sa santé : elle arriva en 1648.
Le second au fer ^ danger de vie , signifie que cette seconde partie sera en danger et exposée au fer ; encore l'a-t-elle été en sa dernière maladie. Aufeu^ à teau est sidject trente^neuf. Il entend dire que les autres trente-neuf ans qui restent , et qui sont la troisième et dernière partie de la vie du phœnix seront sujets au feu et à l'eau.
Sire , ajouté le chevalier de Jant , ce mot sujet n'explique pas une nécessité violente , mais seulement qu'il sera incliné et sujet accidentdlement à de semblables évènemens. Mais du reste Nos* tradamus lui annonce une heureuse vie et dit qu'il régnera long-temps avec tous les honneurs qu'auront jamais eus ses prédécesseurs , qu'il rendra sa gloire mémorable, qu'il sera le premier et le dcr-
nier, le principe et la fin. Que peut-on dire de plus relève , de plus sublime, de plus brillant , et qui puisse enchérir sur tant de beaux éloges? (1)
RÈGENcas DU DUC d'Orléans (171 ô).
Cœur, vigueur, gloire, le règne changera, De tous points contre ayant son adversaire : Lors France enfance par mort subjuguera, Un grand Régent sera lors plus contraire.
(Cent, III, quai. 15.)
Cœur y vigueur , gloire désigne bien le règne de Louis Xiy, qui changea de tous points y puisqu'il amena la licence, le désordre et plus tard la révolution française. La fin du second vers et les deux derniers vers, dit Rellard, peuvent servir à confirmer l'opinion de ceux qui ont soupçonné le duc d'Orléans d'avoir attenté à la vie de l'héritier de Louis XIY, pour parvenir au trône. Ce qu'il y a de remarquable dans l'expression grand Régent^ c'est que depuis Henri II, c'est-à-dire depuis la publication des Centuries de Nostradamus, toutes les régences ont été entre les mains des femmes. Le duc d'Orléans est le premier régent qu'on ait eu depuis cette époque.
(1) Les vrayes Centuries et Prophéties de Maisire ^ostradamus , où se voit représenté tout ce qui s'est passé tant en France, Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre , qu'autres parties au monde. Revues et corrigées suivant les premières éditions; avec la vie de Tautenr, p. 9i4 et suiv., édit. de Lyon.
508 BXPLICATIOIMS
Système de Law (1720).
Las ({iroii verra grand peuple tourm«nté Et la loy saincte en totale ruyne, Par antres lois toute la chrestienté, Quand d'or, d'argent trouve nouvelle mine. (Cent. I, guat. 55.)
Ce quatrain est si clair par lui-inéine qu'il n'a pas besoin d'explication ; nesaTons-nous pas qu'au XY iii« siècle, lorsque Law fut nommé contrôleur gé* néral , le peuple était tourmenté et la loy sainte en totale rujrne^ et que les étals chrétiens marchaient à grands pas vers la philosophie et la réforme? Le dernier ▼ers Quand dor^ d^ argent troui^ nom^Ue mine est tr軫((innant ; car Law trouTa une nouvelle mine d'or et d'argent en émettant son papier monnaie qui amena en France la misère et les assignats,
MimSTÈRE DU CARDINAL FlKURT (1726).
Par le rameau de vaillant personnage, De France infime, par le père infélice : Honneurs, richesses, travail en son vieil aage, Pour avoir cru le conseil d'homme niée.
{Cent. III, quat. 14.)
Pour ai^oir cru le conseil cT homme nice (d'homme simple : le cardinal Fleury), le rameau de vaillant personnage, ou Louis XV, petit-61s de Louis XIV, releva trop tard la France infime. Le troisième vers: Honneursy richesses ^ trof^ail en son vieil auge, peut s'appliquer au cardinal Fieury qui parvint au ministère dans un âge très avancé ; par le père infélice
caractérise Louis XV, qui ne parvint au trône que par le malheur qu'eut la France de perdre le duc de Bourgogne son père, et le grand dauphin, fils de Louis XIV son grand-père.
Voltaire (xviii* siècle).
Le temps présent avecques le passé Sera jugé par grand Jovialiste Le monde tard (de) luy sera lassé Et desloyal par le clergé juriste.
{Cent. X, quai. 75.)
Nostradamus ne pouvait annoncer la venue du philosophe de Fernay en termes plus explicites. Voltaire ce grand jo^iaUste ne jugeait- il pas en jovialiste y c'est-à-dire en railleur, le temps présent atfecques le passé ? Le troisième vers est encore plus étonnant. Le monde tard ou les hommes qui viendront long-temps après lui seront las de son scepticisme, et le clergé le considérera comme un écrivain desloyal.
Si de telles prophéties sont dues au hasard, en vérité le hasard est quelquefois hien extraordinaire.
Maladie de Louis XV (1740).
Par les pbisiques le grand roy délaissé, Par sort non art de rEbrieu est en vie : Luy et son genre au rèjgpae haut poussé. Grâce donnée à gent qui Christ envie.
[Cent.yi, quai. i8.)
Ce quatiain peut se lire de la manière suivante:
Le roi Louis XY, abandonné par les médecins, qui ont déclaré sa maladie mortelle , revient à la santé par un coup de la Providence , et sans que l'art des juifs y soit pour rien ; lui et son peuple poussent des cris jusqu'au ciel pour la prolongation d'un règne glorieux , et le prince doit sa guérison inespérée aux ardentes prières de la France.
Le texte de ce quatrain est tellement clair et explicite y dit M. Francis Girault, à qui nous devons cette explication , qu'il suffit de le lire pour le comprendre. En effet , Nostradamus est ici d'une exactitude historique vraiment frappante. Tout le monde sait que Louis XY, interrompant le cours de ses conquêtes dans les Pays-Bas, allait s'opposer aux progrès du prince Charles , qui avait passé le Rhin et menaçait la Lorraine et l'Alsace , lorsqu'en arrivant à Metz il fut tout-à-coup saisi d'une maladie qui le conduisit aux portes du tombeau. Le peuple encombra les églises , et fit pour ainsi dire violence au ciel, qui rendit enfin, contre toutes les prévisions de la science médicale , Louis XY à son peuple.
PobtkaitdeLodis XYI (1774).
Alors qu'un Bour. . . sera fort bon Portant en soi les marques de justice, De son sang portant long nom Par fuite injuste recevra son supplice.
{CenL VII, quai. 44.)
Qui ne reconnaît à ces traits le roi Louis XYI , désigné par un Bour., . (pour BourboD}/orf bon, por-
DBS QUATRAINS. 6ii
lant en soi les marques de justice ? Les deux derniers vers n'ont besoin d'aucune explication.
Nostradamus a parlé plusieurs fois de Louis seize. Voici un autre quatrain non moins explicite :
Le irop bon temps, trop de bonté royale, Faict et deflaict prompt, subit, négligence » Léger croira faux d*espouse loyale , Luy mis à mort par sa bënévolence.
{Cenl,x,quat,iSi,)
Trop de bon temps, trop de bonté royale s'applique certainement à Louis XYI. Faict et deffaict est encore très-juste , car jamais on ne changea tant de fois de ministère que sous Louis XYL II parait alors que ces changemens sont dangereux , puisqu'ils ont amené au dix-huitième siècle la révolution française. Il y eut pendant l'espace de dixhuit ans et demi soixante et sept ministres , parmi lesquels plusieurs le furent deux fois. Prompt , subit y négligence y caractérise parfaitement Louis XYI. Léger croira faux âespouse loyale. On sait qu'il ajouta foi à de faux rapports sur la reine, relativement au fameux collier. Luy mis à mort par sa bé^ névolence termine on ne peut mieux ce quatrain extraordinaire.
Révolution fbançaisb (1789).
Despit de régne numismes descriés.
Peuples seront esmeus coutre leur roy Paix, faict nouveau, sainctes loii empirées Rapis onq fot en si très dur arroy.
{Cent. VI, quat, 35.)
Gequatrain s'applique on ne peut mieux à la révo-
lutiondel789. On sait que par ffespit contre le règne de r ancien régime les peuples fnreni es meus contre leur rojTy comme le dit si judicieusement Nostradamus. Il y eut un simulacre de paix , mais les saincies loU ayant empiréy un faiet nouveau se {présenta en effet y on ne voulut plus de la formation ancienne des états - généraux. Tous ces événemens amenèrent dans Paris ( désigné par l'anagramme Bapis ) des troubles et des massacres tels qu'ils changèrent la face des choses.
Assemblée constituante (1789).
Barbare empire par le tiers usurpé, La plus grand part de son sang mettre à mort. Par mort sénile par luy le quart frappé. Pour peur que sang par le sang ne soit mort. {Cent. III, quat. 59.)
Le tiers'-état s'empara bien de Tempire, puisque le 16 juin 1789 il se déclara constitué en astemblie nationale , malgré la résistance du clergé et de la noblesse. Nous n'ayons pas besoin d'expliquer le second vers, car il est d'une effrayante vérité. Par mort senile par luy le quart frappé veut dire que le quart de la population française , frappé de terreur, en était arrivé à un état de langueur et de découragement. De peur que le sang par le sang ne soit mort signifie, en style figuré, fue le sang ou la famille luttera pom- s'assassiner. Ne vit<m pas (comme cela arrive toujours dans les révolutions] des pères envoyer leurs enfans à la mort , et des
l hommes signer l'arrêt qui condamnait au dernier
supplice leurs mères » leurs sœurs y leurs frères ,
f. : leurs amis?...
• * Fuite et abrestation de Louis XVI (1791).
' > De nmct viendra par la forest de Reines
5 • Deux pars voltorte, berne la pierre blanche,
!* Le morne noir en gris dedans Yarennes
Eglen cap. cause tempeste, feu, sang, tranche. y ; {Cent. IX, quai. 50.)
* Ce quatrain prophétique est si extraordinaire que seul il suffirait pour placer son auteur parmi
^ ces génies extraordinaires que nous admirons sans
les comprendre.
Loilis XYI partit ttans la nuit du 20 au 31 juin 1791 , et passa par la forest de Reines j on se trouve le grand chemin qui conduit à Farennes, Nostradamusdésigneparc^e^porfjrhommeet la femme.
f^oliorte est un ancien mot qui signifie voie dé^ tournée, voie de travers. En eifet , le chemin par Ste-MenehouK et Yarennes pour aller à Montmédi est un chemin détourné. Cette curieuse circonstance a été relatée dans les mémoires du temps. Nous lisons dans les Résolutions de PnrU (n** 102) : « Les maîtres disent de prendre, au sortir de Ste-Menehoult , la route de Yerdun ; mak à quelques pas de là , de nouveaux ordres font prendre au postillon la route à gauche. » Le mot voltorte est donc d'une justesse étonnante, puisque U' véritable chemin qui conduit à Montmédi est
celui qui passe par Ghâlons et Clermont-en-Argonne.
Herne la pierre blanche est une expression figurée, dont Nostradamus se sert souvent pour désigner une m/ie (tiré de l'anagramme herney en changeant Y h en i) couverte de blanc. Le rapport de M. de Bouille nous apprend que la reine Marie- Antoinette était vêtue d'une robe blanche. Le mot noir est ici pour rot, en supprimant une lettre. Le Dictionnaire de 7V<^fvr«x admet cette licence: «Dans lesanagrammes, on peut, dit-il^changer, supprimer ou ajouter une lettre. » Nous sommes donc parfaitement dans notre droit. Ainsi, le troisième vers doit se lire ainsi : un roi dévot ( ou ayant la dévotion d'un moine), étant vêtu de gris ( son habit était gris de fer y disent les auteurs des Révolutions de Paris) , viendra dans la ville de Varennes. (Le roi entra dans la petite ville de Varennes entre une heure et deux> ajoutent les mêmes auteurs.)
Le mot Cap. y qui n'est sans doute pas en entier, puisque, dans les anciennes éditions des Centuries, il est terminé , comme nous l'avons mis , par un point , a été placé ici pour Capet. De cette manière, EsleuCap. signifie : Gapet est élu roi constitutionnel. Cette élection cause en France tempesUy feuy sang et tranche ( la tiùe sous entendu ) du noirovi du i-oi.
DBS QUATRAINS. ÔIÔ
Retour du roi a Paris (179â).
Le part solus mary sera mitre, Retour conflict passera sur le thuille.
Par cinq cens un trahy, sera titré, Narbon et Saolce par quartauts avons d^huille. [Cent. IX, quat, 54.)
Plus nous avançons dans l'explication de ces quatrains et plus nous trouvons surprenantes les prophéties du médecin de Salon. Le quatrain concernant l'arrestation de Louis XYI à Yarennes est extraordinaire , eh bien! en voici un autre qui, selon nous, l'est encore plus.
Le part solus mary est un des deux individus que nous avons vus paraître dans le quatrain précédent ; sera mitréy c'est-à-dire qu'on lui mettra une. espèce de mitre sur la tête : Louis XYI fut en effet coiffé du bonnet rouge le 20 juin 1792. Au retour du roi , il y eut bien un conflict ou bruit d'armes. Passera sur le thuille est une vieille expression signifiant qu'à son retour le part solus ou le roi se rendrait aux Tuileries , endroit où anciennement on fabriquait des tuiles. Autrefois les écrivains se servaient du nombre cinq cent un pour désigner la quantité indéfinie. Par cinq cent un trakj veut dire que le roi sera trahi par tout le monde. Sera titré a ici la même signification qa^esleu du quatrain que nous venons d'expliquer.
Une des choses les plus étonnantes , c'est que les noms des deux personnages qui trahirent
Louis XVI se trouvent dans ce quatrain. Narbon(\e ministre Narbonne) , au dire de M. Bertrand de Molle ville, auteur de V Histoire de la révoluiion^ se montra toujours opposé au roi ; Saulce par quartauu iwons (ThuiUe ( ou qui vend de lliuile par quarterons ) est ce. marchand épicier , procureur de la commune , chez lequel la famille royale passa la nuit. On sait que ce Saulce alla dénoncer ses hôtes le lendemain matin.
Emigration (1792).
De batailler ne sera donné signe Du parc seront contraints de sortir hors, De Gaud rentour sera cogneu l'enseigne Qui fera mettre de tous les siens à mort.
{Cent, X, quai. 85.)
Ce quatrain est si exact et si surprenant à la fois qu'il peut se passer d'explication. En effet , pendant la révolution les nobles et les prêtres furent contraints de quitter la France ; ils se réfugièrent à Gand , et cette fuite en exposa un grand nombre , comme le dit Nostradamus, à être mis à mort.
Fondation de la république (1792).
Quand la lictière du tourbillon versée Et seront faces de leurs manteaux couverts, La République par gens nouveaux vexée Lors blancs et rouges jugeront à l'envers.
{Cent. I, quai, 5.)
Quand la lictière du tourbillon versée ^ c'est-^-dire quand tout sera i-enversé et que la dissimulation
régnera parmi les Français. Et seront faces de leurs manteattx cotu^ertSy la république sera soutenue par des gens nouveaux. La republique par gens nonidéaux vexée (l). Lors blancs et rouges jugeront à Veni^ers n'a besoin d'aucune explication , car les blancs pu royalistes jugeaient aussi mal les républicains ( les rouges ) que ces derniers les nobles et les prêtres.
No6tradamu8 a aussi annoncé les malheurs qui suivirent l'établissement de la république :
La République misérable infélice .
Sera vastée du nouveau magistmt.
{Cent, I, qunt. 61.)
Sous ombre faincte d*oster de servitude, Peuple et cité Tusurpera luy roesme.
{Cent, \ y quai. ».)
Ceux qui estoyent en régne pour savoir Au royal change deviendront aj^auvris :
Uns exilez sans appuy, or n^avoir, Lettrez et lettres ne seront à grand prix.
(Cent. VI, quaL 8 )
Aux temples saincts seront faicts grands scandales Comptez seront |)our honneurs et louanges. (Cent. VI» quéU, 8.)
Robespierre , le premier du tiers-état, est désigné par ce vers :
Le tiers premier, pis que ne fit Néron.
(Cent. IX, quat. \7 )
(1) Nostrabamus emploie souvent le vieirx mot vexer pour le verde soutenir .^ établir.
Mort de la princesse Lamballe (1792).
Un peu devant ou après très grand Dame, Son ame au ciel, et son corps sous la lame, De plusieurs gens regrettée sera, Tous ses parens seront en grand tristesse, Pleurs et soupirs d'une Dame en jeunesse, Et à deux grands, le deuil délaissera.
(Sixain 55.)
La désignation du genre de mort , dit M. Giraulty les regrets du duc de Penthièvre et de tous les seigneurs , les pleurs de Madame royale , et le deuil que le roi, et surtout Marie- Antoinette , en portèrent dans le cœur, tous ces faits accomplis ne démontrent-ils pas jusqu'à la dernière évidence qu'il s'agit ici de la belle et malheureuse princesse de Lamballe?...
Supplice de Louis XYI (1793).
Prince de beauté tant venuste, Au chef menée, le second faict trahy, La cité au glaive de poudre face aduste Par trop grand meurtre le chef du roy hay.
{Cent. VI, quoi. 93.)
Nous» avons déjà parlé du supplice de Louis XYI en expliquant le quatrain relatif au portrait de ce roi ; il nous reste maintenant à compléter ce que nous avons dit plus haut, en rapportant ce quatrain explicite qui pourrait au besoin se passer d'une explication.
Prince de beauté tant venuste s'accorde parfaite-
ment ayec les récits des historiens du temps. Ceux qui furent présens à la cérémonie du sacre de Louis XVI nousapprennent que ce jeime monarque avait à cette époque un beau visage. Au chef menée signifie qu'il parviendrait au trône. Le second faiet irahjr peut se passer de commentaire. La cité au glaire est une phrase qui caractérise très-bien Paris pendant la terreur. De pondre face adusie prédit (ce qui arv'i va en effet) que les restes de Louis XYI furent ensevelis dans de la chaux vive afin d'être brûlés. Le dernier vers est si exact qu'on croirait vraiment qu'il est extrait d'un des nombreux recueils publié par les Giubs de l'époque.
MoBT DE Marie-Antoinette (1793).
Le règne pritis le roy conviera, La dame prinse à mort jurez à sort, La yie à royne fils on de^niera.
{Cent. IX, gaat. 77.)
Ce quatrain peut se lire ainsi : La Convention ou le gouvernement condamnera à mort le roi prisonnier; mais la reine aussi prisonnière sera condamnée par des jurés , et son fils perdra la vie sans formes de jugement. — Il était impossible de prédire plus juste que ne l'a fait ici Nostradamus.
Le règne ou l'assemblée régnante (Ayant) prins le roy^ cont^iera (lui), c'est-à-dire ordonnera son convoi funèbre ou l'enverra à la mort. La dame ou la reine (ayant èié)prinse (sera condamnée) à mort
(par dos) jurez à son y ou tires au sort Dans un pays où Ton n'avait jamais entendu parler de jurés, dit un auteur, comment a*t-on pu prévoir, deux cent trente cinq ans avant l'événement, qu'une reine serait envoyée à la mort par des jurés?...
La vie (au) à roymfils on desniera signifie que le même gouvernement refusera de croire à l'existence du fils de la reine Marie-Antoinette.
NoTABCs DE Nantes (1794).
Des principaux de cité rebellée Qui tiendront fort pour liberté ravoir, De trancher masses, infélice meslée.
Cris, hurlemens à Nantes piteux à voir.
[Cent, v, quat. 35.)
Nous n'expliquerons pas ce quatrain intelligible; nous ne ferons seulement que le traduire : Les principaux de la ville en pleine rébellion , sous prétextededéfendre la liberté, feront massacrer le peuple, confondant les âges et les sexes au milieu des cris et des hurlements. Nantes présentera le plus horrible spectacle.
AriNEHKifT DE Napoubon (1804).
De souldat simple parviendra à PEmpire, De robbe courte parviendra à \a longue. Vaillant aux armes en régltse ou plus pyre, Vexer les prêtres comme Peau fait Téponge. {Cent, vui, quat. !>7.)
Les deux premiers vers sont vraiment exlraor-
DBS QUATRAINS. 521
(iiaaires. Le simple officier Bonapaite ne parvint-il pas À l'erapire ? Et rallégorie du second vers n'estoUe pas exacte quaiMi on se reporte au temps où Nostradamus vivait? Nous n'avons pas besoin de donnei* d'explication à ces trois mots : vaillant aux armes ; car persooAe n'ignore les hauts faits d'armes de l'empereur, le plus grand c^pitainçde l'époque. En ^égUsfi ou plus pyre , c'est-à-dire dans le temps où l'église était le plus persécutée. L'expression vexée a été employée ici comme dans les quatrains précédens pour élever, soutenir et protéger, car teau ne vexe point V éponge , mais la rend au contraire plus volumineuse et plus belle. Ainsi le dernier vers signifie que ce soldat simple qui parviendra à l'empire , soutiendra l'église comme l'eau soutient l'éponge : ce qui eut lieu en effet.
Nostradamus a consacré plusieurs quatrains non moins explicites à la venue de Napolé<»i. Il est certainement question de l'empereur dans les vers suivans :
Un Empereur naistra près dllalie Qui  TËmpire sera veu du bien cher.
{Cent. I, quat, 60.)
Du nom qui oncques ue fust au roy gaulois, Jamais ne fust un fouldre si craintif, Tremblant iltalie, TEspagne et les Anglois, De femmes estrangers grandement attentif.
(Cent, IV, quat. »4.)
Les deux premiers vers du deuxième quatrain sont de la plus grande exactitude -, jamais un roi de France ou gaulois ne porta le nom de Napoléon et
jamais aussi il n'y eut depuis Gharlemagne un capitaine plus victorieux. Il fit véritablement trembler rilalie, TEspagne et l'Angleterre.
Le dernier vers est prodigieux , comme dirait un de nos bibliothécaires les plus savans et les plus spirituels. En effet reuipereurn'épousa-t-ilpasJo* séphine qui était née en Amérique? et n'eut*il pas Un grand attachement pour cette femme évidemment étrangère?
Nostradamus a tracé la vie de l'empereur dans ces deux quatrains t
L'Oriental sortira de son siège.
Passer les monts appenois yers la Gaule ; Transpercera du ciel les eaux et neige, Et un chacun fripera de sa gaule.
{Cent. Il, quat, 29.)
Par deux fois haut, par deux fois mis à bas, L'Orient aussi, TOccident foiblira.
Son adversaire après plusieurs combats Par mer chassé au besoing faillira.
{Cent. VIII, quat, 59.)
Dans un autre quatrain Nostradamus annonce que Napoléon, après avoir été le premier en Gaule et en Romanie, perdra le Norlaris, que des interprètes ont traduit par raison.
Premier en Gaule, premier en Romanie, Par mer et terre, aux Anglois et Paris, Merveilleux faicts par celle grand mesnie Violent, térax, perdra le Norlaris,
(Cent. VIII, quat. 60.)
Descente en Angleterbe (1804).
Dedans Boulogne voudra laver ses fautes, Il ne pourra au temple du soleil, Il volera faisant choses si hautes; Qu'en hiérarchie n'en fut onc un pareil.
{Cent. VIII, quaL S5.}
Peu de temps après son sacre Napoléon voulut tenter une descente en Angleterre. L'entreprise devait réussir ; mais Famiral Villeneuve fit , comm^ on le saity tout avorter.
Cette prophétie a été commentée et expliquée en 1806 par M. Bouys ; nous allons rapporter ce tra* vail qui est pour son époque fort ingénieux.
Ce quatrai9y dit notre auteur, e^t sans doute un des plus forts de Nostradamus, concernant l'empereur. En effet quel autre prince peut venir dans Boulogne laver ses fautes, d'avoir été trop confiant, d'avoir trop bien présumé de la loyauté de ses ennemis, de leur fidélité dans l'exécution des traités; qui n^a pu ni ne pourra réussir au temple du soleil, en Egypte, où jadis le soleil et la lune et même les animaux avaient des temples ; qui volera faisant choses si hautes, qu'en hiérarchie n'en fut onc un pareil? Qu'on en trouve d'autres, à qui, dans tout l'univers, un pareil quatrain puisse convenir?
Et peut-on croire raisoAAaUement que c'est paihasard que Nostradamus a pu consigner des évènemens si étranges, ce prince qui a fait la faute de croire à la bonne foi des Anglais , qui pour lavei;
ses fautes, fait les préparatifs les plus formidables dans Boulogne , qui auparavant n'avait pu réussir dans l'Egypte et qui ferait d'inutiles efforts dans cette contrée, s'il voulait entreprendre une seconde tentative, avis que lui donne Nostradamus en disant : il ne pourra réussir au temple du soleil; enfin qui volera faisant choses si hautes, qu'en hiérarchie n'en fut onc pareil.
Non, on ne cont:evra jamais que de teb hasards paissent venir dans la tête de quelqu'un par hasard, et leur accomplissement serait pour ks gens sensés aussi étoimans, on ne peut ti*op le répéter, que les prophéties mêmes.
Lbs Cent Jours (1814).
Au peuple ingrat faites les remontrances, Par lors Tarmée se saisira d'Antibe, Dans l'arc Mouech feront les doléances Et à Fréjus Tun l'autre prendra ribe.
{Ceni. X, quat. 25.)
Le premier vers exprime l'ingratitude du peuple qui laissa partir son empereur à l'île d'Elbe. Dans les trois derniers on trouve clairement raconté le récit des événements des cent jours. La garnison d'Antibes ouvrit en effet ses portes à Napoléon qui venait de débarquer à Cannes près de Fréjus.
Souvent à force de vouloir tout expliquer on arrive à ne rien expliquer du tout. Aussi termi-
VBê f^UATRAINS. 525
nons-nous ici nos recherches sur les quatrains prophétiques de Nostradamus. Nous savons bien que certains auteurs ont trouyé dans les Centuries une foule de choses qui ne s^y trouvent réelle^ ment pas : cek dépend des commentateiirs el non du prophète. Mais comme nous voulons être impartial, nous dirons qu'il nous a été impossible de découvrir aucune prédiction touchant les événements qui se sont passés en France depuis la chute de l'empire jusqu'à la révolution de f 8S0.
Cependant nous allons rapporter d^autres quatrains qui peuvent s'appliquer à Tépoqué actuelle. Nous devons ajouter que tout commentaire nous est interdit en pareille circonstance.
Gouvernement.
Un dubiteux ne viendra loing da régne, La plus grand par^ le voudra soutenir.
Un Capitale ne voudra point qu'il r^ne, Sa grande charge ne pourra maintenir.
{Cent, \iy quat, 45.)
Trahison.
Tiers doit du pied au premier semblera A un nouveau monarque de bas haut, Qui Pise et Luques tyran occupera Du précédent corriger le deffaut.
{Cent, IX, quai, 5.)
Conspiration.
Les exilez par ire» haine intestine Feront au Roy grand conjuration, Secret mettront eiinemys par la mine Et ses vieux siens contre cuir^ieclition.
ACtntJl, quat. %€.)
526 tZPUCATlONS
RivOLOTlOM.
Le neuf Empire en désolation Sera change du pôle aquilonnaire.
De la Sicile vienara Témotion Troubler Temprise à Philip tpilni(aire.
{Cçnt. VI, quai. 83.)
MoaT.
Par avarice, par force et violence Viendra vexer les siens chef d'QftLÉiffs, Prés Sainct Memire» assault et résistance» Mort dans sa tente diront qu'il dort léans.
{Cent. VIII, quai, 4S.)
Que nos lecteurs expliquent à leur gré ces cinq quatrains vraiment extraordinaires.