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Note à propos du choléra et des maladies septiques en général

Indications nouvelles pour préciser les mesures à preadre en vue d arrêter la contagion cholérique.

J’entreprends une tâche difficile, car le bori sens public se défie des imaginations, ainsi que disent les bonnes gens pour designer un peu toute idée nouvelle.' ■ , j

Si encore j’étais médecin, ,i aurais le droit de causer dé malades et de maladies ; mais, simple pharmacien, je n’ai pas celui do sortir de mes drogues. Or, dans tout ce que je A^ais écrire, il ne sera pas cfuestion de remèdes nouveaux. Je suis bien aise, a cette occasion , d’affirmer au lecteur sceptique qu’il se trompei’ait si, en lisant ces premières lipes, il croyait , deviner ^e début de^

mières lignes, ii cruyan uevuiui y / SL / - quelque réclame gigantesque^ /

-7^ ^jypothèse, que je vous dirai tout à l’heure,

^ empiète carrément sur le domaine de I hy-'^ -

giène médicale ; j/3 suis pris en flagiant^eht ^

a'oiurecuiuance/^u puuL i.ü v “T'Tr’' ' „+n- -f. ■

pis, après tout, je souffrirai seul dun petit 7uj,. désappointement d’amour-propre si je me suis ^

■trompé et si, à mon grand regret, je n ai pu ___

- être utile à ceux qui souffrent.

Si je quitte le tablier du laboratoire pour vêtir'la robe doctorale, si je parle de ce que ^ ■ y

je nesais pas, ce sera peut-être un motif pour que mes lecteurs et moi nous nous entendions quand même par une sympathique communauté d’ignorance.

Les médecins du comm.encement de ce siècle pouvaient encore échatauder tout un ^ f-. .

système sur une hypothèse. Il n en est plus de même aujourd’hui. De plus en PL^s 1

médicaltendàdevenir une science positive. / , f

L’hypothèse est encore permise comme

moyen d’investigation, mais elle ne de\ 10 — ....... ..

doctrine que lorsqu’un ensemble de fans

concordants ont prouvé son exactitude, un

médecin qui, de nos jours,.étaierait un tème thérapeutique sur une .Lypothe.^e moucale que l’expérience n’aurait pas contioioe,

serait mis au ban de la science. . „

Et voici que moi, pharmacien indigne, l’apporte une hypothèse absolument vierge.

Je ne puis pas lui donner la sanction de 1 expérience, car je n’ai ni les sujets d etudes, m les connaissances scientifiques necessair^^

Aussi, je suis exposé à ce qu’on nou-s tmrn^

la porte au nez, à mon hypothèse et à mo-, ' ^

brusquement et doctoralement. ,

J’ai donc imaginé de crier très-fort dans

■hM^^

la tue afin qu’on se mette aux fenêtres et , qu’on se demande : « Quel est ce monsieur et que porte-t-il sous son bras ? » Braves <^ens, ce n’est qu’une idée, mais je crois sincèrement, jusqu’à jireuae scientifique du contraire, que mon idée peut fournir un moyen de plus de prévenir, en la limitant, l’invasion du microbe cholérique.

Tous les moyens prophylactiques prescrits sont utiles et nécessaires ; il ne faut en oublier aucun, car le mode de dispersion dn virus est encore mal connu, et il est bon de parer à tous les cas possibles.

C’est précisément un nouveau cas possible queje veux indiquer. .

On trouvera peut-être que je fais bien attendre le lecteur. Si cela était je serais trop heureux. Je voudrais, n’ayant pas la science, avoir le talent de certains romanciers aiigiais-, pour vous entraîner impatients, sur la piste du crime , tout le long d’un volume de complications mystérieuses. Je clierche a lorcer Tattention au risque de lasser un peu.

Je veux que la majorité croie a la possibilité de mou hypothèse et s’en empare, parce que ropiiiion publique est une torce, et si elle prend parti dans la question elle fera tam qu’il faudra tirer la chose au clair.

C’est là ce q’uil importe.

Les inventeurs do remèdes et de f’ueories médicales, charlatans ou iiaifs, pullulent plus que les microbes, et il faut un certain cori-. ra^e à un homme bien poitant pour s expulser à être rangé dans cette catégorie d exploiteurs ou de grotesques, par le fait qu il va s’occuper du choléra qui le laissad men

^ Ne vous étonnez donc pas si je tourne autour de la question. . .

Le fait- est que mon idée est si simple que j’aurais pu vous la dire en trois lignes et que tous vous l’auriez comprise. . - c, t

Sans doute, mais que. serait-il arme ' BCb trois quarts des lecteurs se seraien. esclailc^ de rire comme un cent de mouches tandis que le reste aurait dit branlant la tète d’un air entend«y;^fe«

serve

^l cf^oo pa s r]i r n- d^Pf- fe*6;yy

Eh bien ! ce n’est pas la ce mue P /

Ce n’eshdonc pas 3

plutôt 30/s’il le faut que xhus lirez, paice Vwur serez intéressés h

peine prise pour arriver au bout./^^^ roti eft t - bieJi. . qu^ . que l’nn ^

it çoniprondTOi /

” Voici : je commence sollennellement. ^

Goiiûait-on bien le prmeipe du choisra

te&i^/ioOcÀ '/tu O Jou-

ï-oii complètement dégagé de tout iwiûmm 3e problème que des savants illustres étudient' et dont la solutioli permettra d’enrayer, si non d’arrêter subitement la contagion ‘I A ces questions la science a répondu, et, puisant dans les lectures que beaucoup d’entre vous ont pu faire avec plus de fruit que moi^ je résume la réponse brièvement.

i» Origine du choléra : La maladie d’origine indienne, dite Choléra asiatique, est le résultat d’un empoisonnement et le poison ne naît pas spontanément dans le corps humain : il vient du dehors. '

Ceci est une certitude ; sur ce point la science ne varie pas.

2» Nature du virus : Voilà que déjà l’acçord est moins universel. Néanmoins, du désaccord apparent des savants, nous pouvons dégager une certitude :

L’agent virulent est un corps solide et nop gazeux, c’est un organisme infiniment petit, c’est un microbe.

3» Développement du virus ; Végétal ou animal, sot animal à coup sûr, le microbe ne prospère et ne se multiplie pas partout.

Tout comme au grain de blé ou au ceps de vigne, il lui faut un terrain à sa convenance. Cette dernière affirmation est aussi une certitude, c’est la troisième ; mettons les toutes trois en vedette.

1» Le virus cholérique ne naît pas spontanément dans le corps humain, il y pénètre en venant du dehors.

2® Ce virus est un corps solide classé sous la dénomination générale de microbes.

O® Le microbe ne se dévelonpe que dans un terrain convenable.

Ces caractères ne sont pas particuliers au choléra.

La Fièvre typhoïde, certaines Diarrhées et Dysenteries graves, la Variole, la Rougeole, la Scarlatine, et chez les animaux, le virus charbonneux, lemholéra des poules,^tc., sont tout autant de maladies septiques^^^^peert- .«g diro ' p a r empei s onneinent/

Elles diffèrent par l’espèce du microbe et par ses habitudes. •

J’entends, par habitudes, l’ensemble des conditions qui constituent un milieu où il puisse prospérer. Ce milieu favorable sera la gorge et les bronches dans 1^'oup, l’intestin dans la fièvre typhoïde et dans le choléra, le sang dans la maladie charbonneuse des bêtes à cornes.

Pendant les longues et savantes recherches poursuivies par les physiologistes les difficultés à résoudre étaient nombreuses.

En suivant, autant qu’il nous est possible de le faire, les phases de cette lutte pour la découverte de la vérité, nous pourrons éclairer hOtre marche. Je tous prie de euiyrOjL

parce que c’est en ressæant ces idées et ceë-; feits que je suis arrivé a formuler un pèxit- ■ dire. Pe-ut-ôtre il restera jusqu’à ce que plus, savants que nous se soient prononcés. En:

attendant, je VOUS l’ai dit, je vetix VOUS Convaincre que mon Peut-être a fe.a raison d’êti’e,, avec un grand point d’interrogation. Lisezmoi donc, car pour arriver à cette Conviction, il faut suivre le même sentier que moi.

Le Choléra est loin d’avoir dit tous ses; secrets. N’oublions pas que notre but est de pénétrer Une partie de ces mystères aux îpilieu desquels nous ne pouvons pas espérer marcher droit, si nous ne jalonnons notre, route de toutes les Vérités acquises que lasciencenous enseigne. Etudions/en q'uelquesunes.lTâ maladie charbonneuse des bêles h corne^u sang de rate est utie de cèdes qui ont été le plus étudiées. Le génie de Pasteur a fait plus que de dévoiler l’origine du mal,, il l’a supprimé par sa grande découverte des. microbes à virulence alténuéeVpropres à k, vaccination.

Mais des faits bien cui’ieux ont marqué'; cette belle étude, et les rappeler sera peutêtre un moyen de nous convaincre que des circonstances ou des causes insignifiantes en; apparence ne doivent pas être négligées par rchservateur.

Voici les kits ; Un bœuf mange des herbes dans lesquelles on a semé le virus char-- L'onneux, et il ne s’ensuit pas en générali d’accidentS/graves. Les mganes digestifs ne ZaroureB^M^as le développement du microbe, 'cependant il est difficile d’expliquer autrement que par l’alimentation rempoisonnementqni frappe certaiastroutJe.'îux. Aloi-s une. observation habite monti-e quel’épidéroîe estla plus fréquente dans ceitames Iocalité.s dont les prairies contiennent au milieu du foin, des plantes à aiguillons qui blessent,, qui érodent légèrement la muqueuse buccale des bestiaux.

C’est par ces petites plaies que le microbe pénétre directement dans le sang, son habitat de prédilection.

Autre difficulté vaincue : Pasteur fit isoler les sujets malades jusqu’à extinction ; de Fépidémie. Il fit enterrer pro/bndeVeent'dans les champs, à une certaine distance de.s étables, les corps des animaux., qui- avaient succombé. Puis les animaux sains furent réinstallés dans les étables soigneusement désinfectées. A sa grande surprise la maladie ■ reparaissait chaque année.

Certes, la ■ cause était étrange : Quelque • profondément qu’on eût enfoui les corps, ils ; n’en .étaient pas moins mangés des vers qui narguent les microbes, et ccfux-ci repm’ais- saient à la surface du sol, mêlésauxexcrétions terreuses-que les lombi’ics terrestres sèment: en quantité ay/milieu des herbes ainsi souillées de nouveau par cette pous.sière virulente. En constatant ce fait singulier. Pasteur avait; déterminé l’inconnu et résolu le problème.

En ce qui concerne le choléra, ne sommes-- ISOUS pas aussi en présence d’un inconnit^ qui entrave les efforts tentés pour arrêter les progrès de l’épidémie 1

Cherchons donc enseinblcj

Pour ne pas nous perdre, continuons l’examen des indications précises que la science nous donne, tant sur les caractères de la maladie que sur les moyens de la prévenir.

Tous les conseils donnés en \aie d’empêcher la propagation du mal, tous les moyens prophylactiques ou préservatifs s’inspirent des certitudes que nous .avons mises en évi-

Certaines de ces mesures de précautions sont communes à toutes les maladies infectieuses ; ainsi : ■*'

d» Le poison va du dehors au dedans : En conséquence, on mettra les sujets sains à l’abri en isolant les sujets malades ;

2° Le poison est un microbe : En conséquence, on poursuivra le microbe par les désinfectants de toute nature et par l’enlèvement rapide des cadavres.

Vctilà pour les prophylactiques généraux ;

3“ Le microbe ne vit que dans un terrain convenable : Nous voici obligé/de distinguer pour chaque maladie en particulier.

Dans le choléra, l’intestin est le lieu d’élection des microbes et le siège des altérations anatomiques ; il faudra donc soigner tout particulièrement notre alimentation.

Nous absorbons le poison avec ce que nous mangeons, avec ce que nous buvons et même avec la salive imprégnée des infiniment petits que chaque inspiration amène au contact de la muqueuse buccale.

L’observation clinique a, de plus, démontré que les chances d’infection étaient beaucoup plus grandes quand le microbe tombait dans un intestin déjà malade, d’où la prescription importante entre toutes, de veiller à l’hygiène alimentaire, et en particulier d’éviter les excès alcooliques.

La violence de l’épidémie à Toulon et à Marseille a été enrayée, ceci n’est pas douteux,par les moyens prophylactiques que l’Administration et les particulier /font employés avec une méthode et un zèle qui faisaient défaut en 1832-37-49-54-65.

Néanmoins, plusieurs centaines d’individus sont empoisonnés chaque jour et beaucoup meurent.

Y aurait-il donc une lacune ou dans les indications médicales ou dans la prévision des dangers à combattre “?

Chaque malade est l’objet de soins qui nécessitent le contact de plusieurs personnes > Nous ne tiendrons pas compte du contage proprement dit qui caractérise la contagion des fièvres éruptives, mais qui ne présente aucun danger dans le choléra. Arrêtons-nous seulement au fait de respirer dans l’atmosphère qui entoure le malade. Dans les hôpitaux, c’est la condition permanente où vivent les infirmiers, les internes et les médecins. La contagion ferait bien plus que décimer ce personnel si : 1“ le poison abondait dans l’air inspiré, et si/2° l’absorption se faisait par les poumons. '

Or, s’il est vrai que des infirmiers et des médecins succombent, cependant le nombre

de ces victimes du devoir n’est pas en rapport du danger apparent.

Pour cette raison, les médecins ne croient ni à l’influence du eontage direct, ni à celle des microbes pénétrant dans les bronches.

Cependant on admettait la présence du microbe dans l’air et comme conséquence l’empoisonnement par la salive ou par les aliments saupoudrés de poussière microbique.

Voilà que le D' Koch s’élève, dans une certaine mesure, conü-e celte façon devoir.

foi:? fi affirme que le microbe du choléra, desséché, meurt rapidement.

C’est une affirmation grave, peut-être un peu hâtive.

Cependant elle n’a certainement pas été émise à la légère. Le savant Prussien dit, à l’appui de sa thèse, qu’une caravane infectée devient idemne après avoir traversé pendant quelques jours des régions torrides privées d’eau. Les malades ont laissé leurs cadavres sur la route du désert, mais les sui’vivants ne sont porteurs d’aucun élément infectieux.

Admettons le fait comme vrai, et voyons si d’autres observations y sont, concordantes.

Depuis 45 jours, le choléra est à Toulon cü il a atteint environ 2,000 personnes, dont près de 500 ont succombé. Pendant ce temps, le vent a soufflé alternativement de tous les poiijts de l’horizon. Si l’atmosphère de Toulon avait empoisonné ces 2,000 malades dans l’intérieur, comment les villages nombreux ■ aux portes de la ville n’auraient-Us pas été atteints par quelque courant de cette atmosphère empestée ? Cependant il n’en a rien été, et la surveillance administrative si active pendant tout ce temps a compté et à donné les noms de quelques malheureux qui sont venus mourii* dans telle ou telle de ces localités^ y

Partout, ce sont les malades déjà empoissonnés qui propagent le fléau en se dispersant. Si l’émigration n’a pas répandu le mal davantage, c’est que la plupart des émigrantsm’appartiennent ni à la classe ni aux quartiers qui sont frappés. .y

On est vraiment tenté de conclure/p=ea4e- D‘ = -I&;>oh/ que le microbe sec ne garde pas longtemps sa vitalité.

Il est certain que cette vitalité, en Europe du moins, n’est pas comparable à celle des germes virulents de la-fièvre typhoïde,de la variole, de l’infection charbonneuse.La preuve en est que ces maladies reparaissent souvent dans les milieux qu’elles ont déjà frappés, sans être nécessairement apportées du dehors, tandis que les épidémies cholériques s’éteignent toujours après une moyenne de ■einq ou six mois sans laisser de germes reproducteurs. Quand le choléra reparaît, c’est que l’Orient nous a envoyé de nouveaux microbes.

La contagion par la voie aérienne ne seraitdonc possible que pendant les premières Iteures, ou au plus pendant les premiersjours, çe qui la limiterait au voisinage dt®

foyer primitif. Cependant ce microbe humide, si petit qu’il soit, n’est pas volatil.

Cherchons encore.

Le deuxième point de la doctrine du Koch, c’est que l’eau est le consei-vateur et le véhicule du microbe. Pour le coup, le D'' Koch a découvert l’Amérique un peu tard. Il n’y a pas de fait scientifique plus souvent et plus unanimement accepté.

Mais ce qui est plus curieux, c’est que le D'’ Koch a proclamé ce fait en quittant ïou^ Ion, ville construite sur un sol rocheux, sans nappe d’eau souterraine et abreuvée par des eaux de source à l’abri de l’infection.

Il est vrai que le système des égouts est défectueux et que les eaux arrivées pures, X^uis souillées au contact des foyers cholériques, séjournent dans les rues ou dans des réservoirs en plein air. Comment cette eau salie pourra-t-elle répandre les microbe.s l En poussière, cela paraît difficile ; en boisêqa ou mêlée à l’alimentation, cela paraît improbable ; en exhalation miasmatique, c’est impossible, puisque le microbe est solide et nôn volatil. Reste l’usage que l’on peut faire de ces eaux pour les lavages dans les quartiers Xiauvres qui sont, à vrai dire, ceux oü la maladie sévit avec le plus de force. L’imprudence de ces pauvres ignorants peut bien les exposer à ce contage incontestablement dangereux, mais il n’en est pas moins vrai que Toulon n’est pas empoisonné par l’eau qu’on y boit, ainsi que cela est arrivé pour certains cas d’épidémie de fièvre typhoïde.

En A'oici un qui est classique : dans une petite localité, des habitations avaient été construites de loin en loin sur les bords d’un ruisseau dont l’eau abreuvait les habitants.

Un cas de fièvre typhoïde s’étant déclaré dans une maison, toutes celles en aval furent atteintes par le mal dont l’eau leur apportait le germe, tandis que celles en amont restaient indemnes.

La même observation a été faite souvent pour le choléra : « à Londres, lors de l’épidémie de 1854, deux compagnies, celles de Lambeth et de Southwark, fournissaient de l’eau aux habitants de Londres ; celle de Southwark était puisée dans un point où la Tamise était polluée par les égouts ; l’autre, prise en amont, était relativement pure. Or, la proportion de la mortalité choléiâque parmi les habitants qui usaient de l’eau de bonne qualité a été quatre fois moindre que celle des habitants abreuvés par des eaux altérées. — J.-B. Fonssagrives ; Hygiène et assainissement des villes, d

Il n’est donc pas douteux, et on le savait bien avant que M. le D’’ Koch l’eût annoncé, que l’absorption par l’estomac des eaux souillées était /p p 1 itw . pn.ii;satti .,àQ S-rH » deg f de propagation du choléra.

Mais il est des cas où la contagion n’est pas possible par cette voie.

• En 1354 encore, lorsque les méridionaux émigrants eurent porté le fléau dans toutes

foyer primitif. Cependant ce microbe humidê, si petit qu’il soit, n’est pas volatil.

Cherchons encore.

Le deuxième point de la doctrine du Koch, c’est que l’eau est le conservateur et le véhicule du microbe. Pour le coup, le P’’ Koch a découvert l’Amérique un peu tard. Il n’y a pas de fait scientifique plus souvent et plus unanimement accepté.

Mais ce qui est plus curieux, c’est que le D'' Koch a proclamé ce fait en quittant Tou^ Ion, ville construite sur un sol rocheux, sans nappe d’eau souterraine et abreuvée par des eaux de source à l’abri de l’infection.

Il est vrai que le système des égouts est défectueux et que les eaux arrivées pures, puis souillées au contact des foyers cholériques, séjournent dans les rues ou dans des réservoirs en plein air. Comment cette eau salie pourra-t-elle répandre les microbes? En poussière, cela paraît difficile ; en boisson ou mêlée à l’alimentation, cela paraît improbable ; en exhalation miasmatique, c’est impossible, puisque le microbe est solide et nôii volatil. Reste l’usage que l’on peut faire do ces eaux pour les lavages dans les quartiers pauvres qui sont, àvrai dire, ceux où la maladie sévit avec le plus de force. L’imprudence de ces pauvres ignorants peut bien les exposer à ce contage incontestablement dangereux, mais il n’en est pas moins vrai que Toulon n’est pas empoisonné par l’eau qu’on y boit, ainsi que cela est arrivé pour certains cas d’épidémie de fièvre typhoïde.

En voici un qui est classique : dans une petite localité, des habitations avaient été construites de loin en loin sur les bords d’un ruisseau dont l’eau abreuvait les habitants.

Un cas de fièvre typhoïde s’étant décla,ré dans une maison, toutes celles en aval lurent atteintes par le mal dont l’eau leur ap- ]Dortait le germe, tandis que celles en amont restaient indemnes.

La même observation a été faite souvent pour le choléra : « à Londres, lors de l’épidémie de 1854, deux compagnies, celles de Lambeth et de Southwark, fournissaient de l’eau aux habitants de Londres ; celle de Southwark était puisée dans un point où la Tamise était polluée par les égouts ; l’autre, prise en amont, était relativement pure. Or, la proportion de la moi’talité cholérique parmi les habitants qui usaient de l’eau de bonne qualité a été quatre fois moindre que celle des habitants abreuvés par des eaux altérées. — J.-B. Fonssagrives ; Hygiène et assainissement des villes. »

Il n’est donc pas douteux, et on le savait bien avant que M. le D'’ Koch l’eût annoncé,

pagation du choléra.

Mais il est des cas où la contagion n’est pas possible par cette voie.

En 1354 encore, lorsque les méridionaux:

émigrants eurent porté le fléau dans toutes

les Alpes, le canton de La Mure, le Bourgcl’Oisans, furent dévastés jusqu’à quelques kilomètres de , tizille;, à Articol et au Bivier-d’Allemont. Les eaux de sources •abreuvent la plupart de ces villages perches sur des pentes rocheuses où l’on ne peut invoquer ni les infiltrations ni les nappes/souterraines qui n’existent pas.

Je sais bien que le fumier était au coin de ila maison et qu’on ne désinfectait rien. Mais au grand air de la montagne, le miasme sec ou humide, en supposant que ce dernier soit uossible, est rapidement et largement diUs k peut difficilement suffire a Uv seuJ pour

ox^iquer une contamon qui fut violente et rapide dans son im/sion. „ , „„„

Encore une fois^’ésumons les faits et serrons les rangs pour éviter le risque de nous

^^11 n’v a pas longtemps que les plus savan^ erraient complètement dans ce terraim^^ m rrlrrin c^ui difficultés

sks nombre, Mineuses et encombrantes, ;âioüirmilawyaux plus habiles les secrets des •Maladies septiques.

Le triage bizarre qui fait que dans un milieu de gens vivant en commun, deux ou trois sujets sur vingt ou trente étaient seuls atteints quand les mêmes causes semblaient - devoir les frapper tous, cette réceptivité particulière imposait en quelque sorte la crovance que laÆaissa/t spontanément dans le corps des mfflades ; on ne croyait pa= a la contagion du choléra ou de la fievie typhoïde.

Il a fallu l’accumulation des travaux merveilleux de méthode, de patience et de geme, des physiologistes et des micrographes de;^ fiente dernières années pour démontrer que l’origine du mal était extérieure et quel hygiène variable expliquait seule ces receptivi-

Les phénomènes pathologiques et les prescriptions qui en découlent peuvent se resu-

™ 1^ L’invasion cholérique va du malade au

^^2“ Ée micrke infiniment petit peuj être charrié par les courants atmosphériques,

^30 Par^cette vo’ie, il est absorbé ey^arrivm, soit dans les poumons d’où ü parait généralement ne pas passer dans la g-uine, soit dans l’intestin avec la salive qui s’en est imprégnée, avec les aliments i,ou les boissons sur lesquels il s’est déposé ;

i» /’.'^phUnn. iPI 1ï'- Koolkeet-qu y la conta- ^^^inkion par cette voie est limitée parce que le microbe sec perd rapidement la puissance de se reproduire et meurt;

50 L’emploi des eaux contaminées de microbe est, de beaucoup, la cause la plus aeüv e

‘■‘"En’consé^race, on prescrit des prophylactiques qui se rangent tous dan deux gi’dudes catégories 1

i® Au âépart du Ynicrobè : Desinfectciiits et destruction du poison par tous les moyens possibles ;

2» A son arrivée-: Soins hygiéniques et de bonne alimentation ; éviter ou traiter sans délai toute fatigue des voies digestives.

' Tels sontTes faits connus et les préservatifs indiqués.

Pourquoi les résultats ne sont-ils pas plus satisfaisants ?

Je sais bien que le choléra frappie toujours une partie de la population qui ne comprend l’importance ni de la désinfection ni de l’hygiène. Dans ce milieu, les hommes boiront toujours trop d’alcool, les femmes et les enfants boiront trop d’eau et mangeront trop de fruits.Geci était vrai surtout lors des dernières épidémies, cela est moins vrai cette année, grâce aux avertissements de la presse, grâce surtout au zèle et au dévouement des a.dministrations locales.|Néanmoins, l’épidémie ne s’arrête pas.vite.

Et puis/ces envahissements rapides des hautes stations alpestres où l’eau est saine,et üü les microbes devraient être noyés dans des flots d’air pur, comment l’expliquer 7 Ne pensez-vous pas maintenant avec moi qu’il doit exister un autre mode de transport ♦lu microbe que l’on n’a pas signalç et, pax* suite, pas combattu.

C’est, je crois, le cas ou jamais de risqueiî mon hypothèse.

Un malade au début de l’invasion, étant, hors de chez lui, est pris d’une crise violente/ les vomissements et la diarrhée se déclarent et les déjections involontaires souillent le sol de la rue, les escaliers de la maison, avant que les soins méthodiques soient organisés. Avant que personne ait eu le temps ou ait même songé à enlever et à désinfecter ces immondices, combien de mouches se seront précipitées sur cette proie !

Je demande aux médecins et aux savants spéciali.stes combien de microbes vénéneux leurs pattes et leurs suçoirs emportent de ce contact avec la matière infectée.

La mouche qui s’est posée sur le corps en putréfaction d’un animal emporte à son suçoir la bactérie, Je poisnn de la pustule maligne qu’elle vay Rmeulo/ dans une piqûre imperceptible au premier passant qu’elle rencontre/

Gommait la mouche qui aura sucé les matières de déjection/soit dans la chambre du malade, soit sur le fumier à côté / la chaumière, soit sur les bords des égouts ou des réservoirs qui sont, comme à Toulon, des réceptacles de produits infejzxés, comment cette mouche volant de côté et d’autre, trouvant ujm fenêtre ouverte sur un intérieur où l’atliijjl^rodéur de quelque vietuaiile à ^n goût, comment pourra-t-elle ne pas infe/ter les aliments, les assiettes, les verres, tous les objets enfin, jusqu’à la bouche de l’enfant endormi, sur lesquels' elle promènera ses pattes et son suçoir immondes.

On désinfecte, dira-t-oii, les vases, les linges, le sol de la chambre soudlés par les déjections ; mais la mouche a passé avant vous et le mal est fait. Certes, ces soins atténuent le danger dans une grande mesure et le suppriment peut-être dans certains cas. Mais combien de fois arriverez-vous trop tard ?

Voici une petite obsenution que j’ai faite il y a peu de jours.

J’étalais au pinceau, sur une feuille blanche, une couche de lavis à l’encre de Chine. Pendant que je tournais la tête en chargeant le pinceau dans le godet, une mouche s’était posée en pleine encre. Je la chassai brusquement et j’estime à 3 ou 4 secondes au plus lé temps de sa station sur le papier.

Eh bien, j’ai compté, dans un espace de 2 centimètres carrés, 42 petits points blancs ovales qui marquaient nettement ehaque coup de suçoir. Dix fois par seconde elle avait abaissé et relevé cet organe et chaque fois sur un point différent.

Certainement elle a emporté des particules de noir de fumée qu’elle aura dispersées soit

pendant qu’ils étaient encore humides soit après leur dessiccation quand elle aura trouvé un moment favorable pour s’épousseter et faire une de ces toilettes méticuleuses que tout le monde leur a vu faire. Que serait-il arrivé si ces atomes.de noir eussent été des microbes? Pourquoi n’emporterait-elle pas ceux-ci des liquides qui les renferment comme elle emporte les particules en suspension dans l’encre ?

Les savants nous apprennent que les insectes en visitant les fleurs pour y trouver des sucs nourriciers emportent de chacune d’elles le pollen qui doit féconder la fleur voisine ; comment la mouche pourrait-elle piétiner dans le fumier et s’en nourrir sans se maculer de souillures qu’elle portera un peu

^^MaiŸii serait ridicule à moi de prendre la responsabilité de cette théorie. ^ Ce n’est même plus une théorie, lisez plutôt :

« Quoi de plus simple que de fabriquer

du vinaigre de vin. Prenez du , vin et

après l’avoir mélangé avec du vinaigre déjà formé, semez ii sa surface la plante ouvrière

de la fabrication. Mais où trouver le

mycoderme une première fois pour en semer, si l’on n’est pas à proximité d’une vinaigrerie? , ..

Rien de plus simple. Le mycoderma acen

est une de ces petites productions, dites spontanées, que l’on voh se former d’ellesmômes à la surface des liquides appropries a leur développement. Dans le vin, dans le vinaigre, en suspension dans l’eau, partout,

il existe des germes de cette petite plante.

Dans, l’intervalle de quelques jours vous verrez apparaître çà et et là de petites taches gi-ises.’Cest le mycoderma aceti..... Aus¬

sitôt que vous placez dans un local chaud du vin et du vinaigre, il 'est remarquable combien souvent il faut peu de temps pour que l’on voie apparaître de petites mouches rougeâtres, habitants ordinaires des vinaigreries et de tous lieux où des matières végétales s’aigrissent. Elles aussi, avec leurs pattes avec leurs suçoirs, elles peuvent apportn la semence de la vinaigrerie voisine. » ^^ écrit ces lignes ? C’est Pasteur, ü y a 20 ans, dans ses leçons sur la fabrication du Mnaigre de AÛn.

^^pidémïe rapide et violente qui ra\a,.,ea nos Alpes et qui, ainsi que nous 1 avons dit, ^ ^

s’explique mal par le contact de 1 an ou de /.n --

l’eau trouve dans notre théorie sa ra,ison

d’ètre. Quel Alpiniste ne connaît ces deux ^

fléaux des cabarots de nos montagnes,

. .ySf.

iBoucîies et les puCes.

Je me remémorais un déjeuner pris au Rivierd’Allemontaumois de septembre 1856, en lisant ce passage des lettres de mon moulin : . , ,, ,

« En entrant, je trouvai une longue salle déserte et morne.

Et des mouches ! des mouches ! jamais je n’en avais tant vu : sur le plafond, collees aux vitres ; dans les verres, par grappes. »

Sauf que la salle est h^me- et noire dans nos villages, cette descriidion des mouches innombrables que vit un jour M. Alplu Daudet s’applique non seulement à raubeme, mais fl toutes les maisons et/partout/les théâtres de leurs ébats sont tour à tour le fumier et la huche qui sert de table a manger. Vous n’avez pa.s reposé votre veire sur la table qu’une double ou triple rangée de mouches en garnit le.s bords.

Vous aurez peut-être l’idée de les essuyer avant d’v poser vos lèvres, mais le paysan, iamais. Et CO que pattes et becs y ont pu laisser, encore une fois c’est ce que je prie le médecüi de me dire. '

■ Et encore une fois aussi, car je m entete.

quelquefois, je demande à ces messieurs :

puisque la mouche charbonneuse emiiorto le virus du cadavre qu’elle dégu.îte, comment en faisant de môme avec un réce.yitacle quelconque de microbes cholériques , notre mouche pourrait-elle en sortir nette de tout .élément infectieux"?

Si je continue sur ce ton j’arriverai à affirmer i-jue mon jseut-êtrs est bel et bien uns certitude.

Racontons une liistoirc, cela nous ramonera à cette sérénité philosophique qui serve le savant de tout écart d’imagination V ^

J’ai entre les mains un livre réunissant sous la meme reliure, un ma nuel^ hyijiéntquef mi manuel annuaire de la santé de Raspau, nue instruction sur le choléra par l’abbe Dàvin,. quelques articles découpés dans les colonnes «lu Courrin- de flsê->"e ayant trait au choiera oui à des questions d’hygiène et enfla 4 pages manuscrites, en très petit format raçontam très brièvement l’épidémie de 18o4 a brrenoble. Certaines notes, et les details du reciüindiquent clairement que ce livre a appartenu à un prêtre de Grenoble. Je copie textuelle-

Le Choléra est arrivé h Grenoble dans la nuit du ‘i au 3 août 1854, il a débarque a la Porte de France et dans la maison du sieur Rit, gendre de feu Jacques Arnaud.

Il frappa d’abord le factionnaire de ladite porte, un chasseur de Yincennes qmarni-atfde Marseille. Il fut de suite transporte a, l’hôpital militaire, U 3.» VAwj.<slm dit m«G%

dalis la même journée on apporta plusieurs , ï)i>rsonnes atteintes du Choléra dans la maison ylt • ce fléau a sévi -süi' presque ^ tous les , uicatairèé de cétte maieon et qui en so}\fc,, morts ! le militaire ci^dessus fixa de suite ^attention minutieuse de MM. les médecins deriiôpital et/ceux de la Ville. . -

A turcs de frictions avec ressence de Tore- ImntJiine, on ramena la chaleur aux extrémités et l’on fit cesser- les crampes, il fut., ainsi convalescent pendant 3 Jours, toutefois^ sans avoir remis la parole, le 4" jour il est^j retombé et il/inort le 5“ dans toutes les con-.. ditions du clioléra. .

Les locataires de la maison Bit qui na.

furent pas ntteints des, premiers .s’empressèrent de déménager ; neanmoins le choiera les a atteints dans leur nouveau domicile et tous sont venus luourii' ci Thopitul suut petits enfants. . .

Cette maison dans une situation malsaine ;■ adossée à <lcux batiments qui la dominaient,^ au nord elle était à peu de distance d uu, l’jicher nu et à pic; ii l’ouest elle se lrom'ait[ en l'aSe d’un four à chaux.

Il V avait 22 familles de gens pauvres, sc-.

nournssantmal, et dontlapluparldeshommos.;

étaient des ivrognes.

Aujourd’hui 10 août au soifj il r avait eu 36 cas de choléra dans l’inlérieur de la ville,, sur lesquels il y avait 20 décès dont 17 desi cholériques de la maison Bit,, soit de ceux en résidence, soit de ceux qui avaient cru en échapper eu. cimngeaiU de logement. Les 11 autres décès de cholei‘ique.s.a))part!cnncim aux autres habitants tle la ville. (Suit le récitt. Pies prières laites îi la cathédrale). Le choléra, a disparu de l’hôpital et do la ville de Grenoble des le 21 aoûtmônie aimée.

La totalité des décès est d’eimron 100 personnes des deux sexes. Toutes sont de la elasse pauvre ou de très médiiiocfe conditioiy.

Complétons cette description : 1 Isefe coulant du sud-est au nord-ouest, le quai et im rang de constructions bordant la route a l’opposé de l’Isère forment trois lignes parallèles de 300 mètres de longueur environ qpi souteiident un arc de rochers nus et à pics,

(calcaires de la Porte de France). ,

Cet hémicycle commence un peu apres le pont de pierre pour finir exactement au po.ste delà Porte de Franci. Il est ouvert au sudouest et concentre u le chaleur extreme sur le derrière des mais ms qui-bordent la route.

Le poste est placi à l’intersection de la corde et de Tare à l’extrémité nord-ouest Eu 1851', la porte monumentale et lo roonci.

lermaicnt rhorùon N.-O. è quelques nicU-s?, du postOj

En revenant vers le sucî-cst à lo métrés de )à nous trouvons deux petites maisons à 2 éUiges, mesurant 7 à 8 mètres de côté en tous

A la secondey4n arrière et au nord, s’adosse un bâtiment i un seul étage bas, long de 60 mètres environ dirigé du S.-O. au N.E. du quai au rocher de la carrière. L’étage unique est formé d’un long corridor dormant accès ii droite et à gauche sur de^ misérirbles logements. C’est la maison Bit-Arnaud.

Le poste n’est pas à l’alignement des deux premières maisons ; il est en recuy à peu près à la hauteur des premiers logcihents do ce long bâtiment qui. à 25 mètres des ro^ers en terrass'e/ domin/nt le poste, barre# la carrière. Pôr Iç vent de N.-O./la terrasse qui porte la fosse d’aisances du pbste envoie^^ei# tout d’abord ses émanations sur la maison

/n pn^tn p.?t pmirvii il’uHi^fôsse d’aisances creusée dans la roôhe calcaire dure et compacte ^ placée en arrière et en contre-haut du poste lui-même.

Aucune infiltration n’est possible dans ces roches à grandes assises qu’aucune üssuro ne disjoint. En 1854, le quartier intra-muros et la maison Bit en particulier n’avaient qu’une fontaine placée aujourd’hui encore dans la cour de cette maison. Cette eau provient d’une source jaillissany en pleine roche à l’extrémité noi'd-est de 1 amphithéirtre rocheux, c’est-à-dire à l’opposé et a ..oB mètres du poste de la Porte de France.

Ceci expliqué, revenons à l’histoire de notre manuscrit. , .

Nous retroui’ons deux points caractéristiques des invasions cholériques :

1» Premier cas se décidant sur un sujet qui arrive d’un pays infe/té ;

2» Facilités données à la contagion par la mauvaise hygiène des habitants les plus proches rmisins.

Personne ne dira que le même miasme d’origine inconnue frappa le soldat d’abord, puis les habitants.

Si le pauvre chasseur de Vincennes fut tombé malade au poste de la place Grenette, il n’y aurait peut-être pas eu contagion.

Essayons donc de nous rendre compte^ de Finfluence des contacts par l’air et par 1 eau dans cette invasion rapide q.ui, en moins de 24 heures, passe du soldat guis habitants de uy uiaison Bitj --j.

Bes notes inétéorologlcpes précises ma fournissent les indications suivantes :

I/état du temps pendant le mois de juillet 1854 fut assez variable, mais chaud. Du 21 au 31, la moyenne, de la température diurne fut de 28»,60 et la moyenne des températuresi constatées à midi fut de 32»,50.

Le 24 et le 25, on atteignit le maximum de, 35» à midi. • '

Le thermomètre qui donnait ces indications était orienté en plein nord sans r^voriération.

La température diurne moyenne fut de 24® en juillet et de 23» en août.

Le août, après six jours de sécheresse, il pleut dans la matinée.

Le 2 août, il pleutde 10 heures îi 2 heures, et le soir, vers 7 lieures, il iileut encore un peu ; à 9 heures, la lune brille.

Pendant ces deux jours, le vent est du S. O.

Le 3 août, il fait beau ; lovent souBlc de N. N. E. ,

Le 4, même direction du vent ; il pleuy dans la nuit du 4 au 5.

Le 5, le temps se met au régime de la hi.-^o du N. N. O. qui continue avec le beau temps pendant tout le mois d’août.

Onvoitc[ue le choléra survint après do fortes chaleurs pendant lesquelles l’hygiène des ouvriers e.st plus fâcheuse qu’a tout autre époque de l’an née.

Pendant les deux premiers .jours, le vent souffle de la ville au dehors, et pendant les . deux suivants, il passe par-dessus les rochers.

Cependant l’épidémie va du nord-ouest au ^sud-est dès le 3, taudis (|ue le vent de nordouest ne reprend que le 5. Du 3 au 21, toutes les maisons, dont l’arrière est tourné contre les rochers et domino les carrières, seront touchées, à l’excejjtion des dcu.x petits bâtiments le plus rapprochés du po.ste, mais qui n’ont pas d’ouvertures sur la carrière.

Ainsi donc, le 2, il pleut. Dans la niut du 2 au 3, le soldat tombe malade. Ses déjections souillent la fosse et certainement aussi le sol qui, à ce moment, est moudlé.

Le 3, à 5 heures du matin, on l’emporte a Thôpital. Avant la lin de la journée, les habitants de la maison Bit sont malades.

Est-ce le vent qui leur a porté le virus venant du poste dès ces premières heures ? A ce moment, cela parait presque impossible.

D’abord la direction du vent de N.-E- n e.st pas favorable à ce contage ; et pins surtou^ les déjoctious, môm.o celle.s extérieures a la fosse, n’out pas eu le tomp.s de Sécher sur le sol humide, et comment le microbe non -volatil, ne s’exhalant pas comme les odeurs ■mauvaises mû n’ont rien à taire avec le choléra, aurj^il pu si rapidement infecter le 3 ■ aliments ou la salive tles habitants de .a maison Bit. Si le contage >£«^Dait par dispersiou miasmatique dès la nuit du 2 au 3,/ des habitants de la maison du quai la plus -Vüisineywt-certes-une chance heureuse.

‘ Du % au 15, la chaleur continue par un Veirt constant qui l?fllaye }e quai du N--0- au

-E' et à ce moment l’infection atmosphérique a dû atteindre son maximum d’effet.

Et cependant, au-delà du m 84, les maisons en face du pont et sur le quai Perrière, dont la population, aux étages supérieurs au moins, n’est nas des plus fortunées ^ bien que placée/sous le vent de la Porte-del'rance, n’ont pas été atteintes.

Certes M. le D*' Koch triompherait de cette ob'^crvati’onetil chercherait l’eau. Je l’ai cherchée aussi; je n’ai trouvé que de l’eau de source à l’abri de toute souillure possible : i’eau de la fontaine Bit-Arnaud dont j’ai parle nlus haut. , , ,

Extra-muros, à 100 mètres de la porte,la population se sert de puits qui prennent l’eau au niveau de l’Isère ; ce quartier n a pas ele atteint. . . ,

En réalité, l’épidémie n’a régné que devant l’hémicycle de la carrière. Les quekpes malades qui avaient porté rmftuenee diins d’autres quartiers n’ont pas créé, a vrai dire, de nouveaux foyers. ^ ^

Si ce n’est pas l’eau, si ce n est pas tau, au moins au début, qui a empoisonne ce quartier, qui donc a porté le poison V

Ce sont les mouches c^ui abondent sous ce rocher grillé du soleil, dans ces logements mal tenus où tout traîne, derrière ces maisons qui jettent toutes sortes de débris. 11 eu est encore ainsi aujourd’hui.

Pendant la nuit du 2, ces insectes s’étaient rapprochés du sol, selon leur coutume, et a la fin de la nuit du 2 au 3, les déjections du malade en ont été couvertes. Puis, une fois le soleil levé, elles ont-commeiiGé leur ronde.

Bès que se sont ouvertes les fenêtres de la

maison Bit, elles-ont pénétré dans ces logements qu’elles fréquentent d’ordinaire, et dès la soupe, dès le premier verre d eau ou de vin le microbe était absorbé. Les cabinets d’aisances de cette population d’o t^yners,^

■ c’est le plein air, sous le rocher, etle# premières diarrhées, tout ce sol de la cimieio a été souillé. Un témoin de l’opulemie, trappe lui-même au n» 96, me racontait qu’un ouvrier mineur, suspendu tout en haut de la roche, avait été pris de voimsseraents au milieu de son travail. Comluen de micro.ie;^ ont été emportés de cette roche contaminée/

En huit jours, tout l’hémycicle est pias. uu 3 au 10 août, cinq maisons comptent 3o ma- ' lades dont 28 ont déjà succombe. /

r^i 15 ûfpo in trni'rnftP*. r.OTÏll

’ fv/ à

des dont 28 ont déjà succombé. /

Si l’eau pouvait être invoquée comme A eni- ^

cule de la contagion, elle suffirait a^B^lement

à expliquer ce désastre, niais non, nous .

sommes en pleine roche et 1 eau main ne^ - —

Ce n’est pas l’eau certainement 0^1 Jaut ^ ^ ^

accuser et ce n’est pas l’air non plus, parce

qu’on était empoisonné ayant que les cloje<>/^

le microbe peut être entraîné par le vent. ■ /

Et quand le soleil a eu le temps dopei ei /

cette dessiccation, pendant la seconde quui- ,

vaille d’août, est-çe quQ J3, coptiigien s

P,1.1 lie Point du tout, elle s’est éteinte su-

inc tons étaient bien naoïts.

Tes anciens habitants du quartier,auxquels on parTde cette époque, citent tous M- Wenrard femme d’un cordier installe sur le hoTàe risère, et qui fut une des premières

témoin dont j’ai parlé plus haut,^

iil=3i=Hpi

Sent ViBitées depuis la sortie du îom Te ne sais ce que vous en pemsez, m^ ^ ^ crois très sincèrement à cette odyssee du un-

“taul-iUdmettie ,u., i U fecon

tPTVPstre oui rejette les bacteridies du c de Aïe sarieslavoir digérées, la porche rcfptteles microbes qui ont traverse son intutta, cf qui rendrait son action bien plus dan-

^®î>cfest du domaine exclusif du microscope etîeTsSants qui connaissent ««,^^1

% serndr. Ils pourront nous dire ce quil ^

^”pour moi, j’estime que les inittes elle su-

. /'/3 4. X lo l-x£xcnrnif>/ '

ir'UUr iiiv-nj J v/ijo***-- 1- ,

çoir suffisent à la besogn^

^ On remarque assez soi/'ent ^le ^ Ç'io

On remarcnie assez suirvcixi- T v

f-iit dans un quartier, la tache dhmlc a la fa-

et symétriquement les maisons ^ oisincs

®SrrSWe.,po.Mse^

que cette marche de .la maladie s cxpnq

très bien. s’éloi-

Les mouches, on le sait liop,

yoisde ces "o™"^ jKpai"fp™'»”' le virus un pemplus loin, et P ^ g>Ê

régulier, la tache d’huile se dessine et

^'MjBouchardat, le savant professeur giy-

ffièiie de l’Ecole de Médecine de Pai s, Sonné l’appui ^e.sa hante expe ience^^^^^^^

mation que V 9 ici. « ^u person-

hèpitaux, attemtsurtoutla paxtie üu 1

nel qui réside, qui wange et qui doit aau .

îétablissement- ^

,ry

Je suis tenté de croire qu’une observation sérieuse fournirait autant de cas de contagion parmi les employés mangeant dans l’hôpital sans y coucher que parmi ceux qui y manj?

gent et y couchent.

Mais il est temps de conclure.

Je me serais gardé de présenter ces observations si je n’avais espéré étendre le cercle des moyens prophylactiques à emplo-' ■p'ÎSaiisenttm’ dansJes détails, je

er-

■cle fl J

— .y;;fayyyer^e^ -

ffu-L— ^

a-ttëùë, d)eixy —. ^ 'Tyi.e^nAX^

^ ^ „e dirai :

Tous les moyens prophylactiques, précoA ïiisés en supprimant le microbe, tendent ii diminuer sa dispersion quel qu’en soit le véhicule. Il faut donc les pratiquer rigoureusejnent.

Au point de vue particulier du contage possible par les insectes ailés et sui’tout par les mouches vulgaires, id&s mesmes sont à prendre : 1“ au point dé déport du microbe ; 2“ A son arrivée. i

lo Au point de départ : Aussitôt un malade- 1 alité, on projettera dans sa chambre, à la main ou avec un insuttlatciu’, de^ la poudré • ■ de pyrôthre, après avoir préalabliSnentlermé ^

portes et fenêtres. La poudre clévra êlre ein- àL ployée ^n excès, couvrir le sol, tous les oh-j ^

jets et toutes les saillies des fenêtres et des moulures. Après une demi-heure, on pourra réouvrir^ les mouches de la chambre seront / mortes et .celles venant du dehors surent tuées rapidement par la poudre répandue. \

Dans les cabinets, où l’on jettera les déjec-l ^

tions sur les vases, sur les linges, on projet-/ tera l’insecticide et on ne l’enlèvera

guérison conjplète du malade. I ^ /

Tous les autres procédés bons à détruire ' ces aninipnx pourront.être employés siœultajiémeny^aest entendu.

2" Au’arrivée : Dans la maison ou dans l& voisinage immédiat des mçtlades, on prendra particulièrement soin de fermer hermétiquenient etyrecouvrir de cloches ou de linges tous les aliments, le pain, l’eau, les assiettes, les verres et tout ce qui se met sur la table.

On emploiera tous les moyens pour détruire les mouches, pièges et poison. Mais en particulier, un c{aart d’heure, avant de mettre le couvert, on jettera du pyrèthre contre les fenêtres. Ces projections doivent toujours se faire avec force afin cjue la poudre, divisée en l’air, se dépose un peu partout en retombant.

Quand les mouches ont à peu près dispai'u, on sert/

mp i - if i U y n^Tr.v

^'i'wa'bs mêmes ^ndicatTo^ns” sau'^e^qm°a été dit pour le momenit des repas ; ce serait un emjbarras inutile.

Dans les cuisines, les restaurants, les cafés, on tendra des ficelles imprégnées de glu^ et on placera des pièges à mouche, ces inoyens ayant sur les autres l’avantage' de 6e pas semer partout des mouches crevées.

Toutes çes tnpuehes tuées, balayées ou

prises aux pîègôs, seront briilées ou jetées - ' dans des mélanges désinfectants, car les poisons qui tuent les mouches ne tuent pas les microbes. Surtout qu’on ne les jette pas dans

^'^Snês voitureg’ qui transportent les malades étaient salies, il faudrait bien vite employer riusecticide.

Toute déjection de malade, dans la me, devra être immédiatement recouverte ne.

terre, de cendre ou de sciure, pour 1 woier du contact possible des insectes, en attendant une désinfection convenable.

Dans les quartiers infectés, on mettra de»

ànseoticides ou des pièges sur toutes les lenêtres donnant sur la rue. Dans les cours intérieures étroites, on jettera, tous les des étages supérieurs, quelques PO^S'oee»

d’insecticide qui, lancées en l’air,

Tont en s’accrochant à toutes les saillies ue»

En résumé Jon fera tout ce qui sera possible poiu’ éanter que les mouches amvenï au contant des microbes/c’est la portant ■Jon fera égalemênt le possible pom mettre lus aliments, l’eau et les de table et de cuisine, i-i, l’al?vi. du contact ü-.o mouches, ' é ^

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