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Note et observations sur le diabète sucré par le docteur Francis Devay

si les travaui modernes de chimie pathologique ont jeté de grandes lumières sur la nature de l'affection glucosurique ; si, grâce à ses efforts, le médecin, mis en présence de celle bizarre maladie, s'approche, autant peut-être qu'il est humainement possible de le faire, du point de départ des mystérieuses crr.ilious Ji- l:i iiiilbvi'iiii-. il n'iui cil |,as iudîîis vr;u <|ue, sous le rapport de l'étiologie et du traitement, le diahètc offre au praticien un raractère de nouveauté. Une des particularités tes plus intéressantes de cette maladie, et qui de nos jours commence à être comprise, c'est celle qui se rattache a 1 obscurité de ses prodromes, cette circonstance n'avait point échappé a l'observation de quelques médecins de l'antiquité : Diutuna ni hujut moThi crtotio n longu tempore parluritur, a dit Arelée [*]. 1,'augmentau'ondes urines cl l'intensité de la 6oiTnc donnant souvent l'éveil, ; cnr li roi lificlie du principe sucré, que plusieurs mois, une OU plusieurs années peut-être après l'époque à laquelle l'analyse chimique eût déjà fait reconnaître la présence du glucose, il en résulte que les prodromes ont été

fréquemment méconnus, ou rattachés à une anlrc alfeclion. Nous citerons plus loin une observation de ce dernier genre.

Il cstjuslc aussi de reconnaître qu'une trop grande sécurilédela part des glucosuriqueslesportei laisser ignorer aux médecin: les premiers indices de leur redoutable affection. En effet, comme dans la plupart des maladies lentes où le patient n'est point averti par la douleur, il ne s'aperçoit de son infirmité ou nes'en inquiète qu'après qu'elle a fait en lui un long séjour Ou modifié profondément ses organes. Il ne s'adresse au médecin que lorsque ses forces l'abandonnent, un qu'ils éprouvé des dér jugements devenus depuis longtemps habituels. On no saurait donc trop insister sur les débuta insidieux du diabète, et sur l'indispensable nécessité pour le médecin mis en présence d'un malade alleint d'une de ces formes d'affections consomptives, qu'on ne peut rattacher à une lésion organique particulière, d'explorer atlenli veine nt les urines. <:'.■-[ il;:iis la consli tu lion de ces dernières qu'il aura souvent le bonheur de trouver le secret du fameux prïrm'jitit oïirn. M. Biot.a l'occasion de la perle faite par l'Institut d'un descs plus illustres membres, M. Lelrouiie, mort d'une affection diabétique devenue irrémédiable par défaut de soins hygiéniques et médicaux, a proposé l'emploi journalier cl clinique, à l'égal du stéthoscope, de son appareil optique; il pense que ce mode d'exploration peut- seul fournir aux médecins toutes les données expérimentales pour saisir la maladie dés ses premières traces el en mesurer toutes les nuances. En admettant la justesse de ces observations en ce qui concerne l'ulililé d'avoir i sa disposition un procédé certain pour constater les premières attainles du diabète, on ne saurait cependant croire, avec l'ingénieux inventeur, que son appareil seul, dont le prix est fort élevé du reste, offre te nn: piui altra d'un bon élément d'observation. Comme le lui onl fail observer de savants confrères, les procédés chimiques babituellemcnl usités et dont l'exécution est facile sont d'une efficacité suffisante. Une fiole à médecine et un peu de ]>olasse caustique vous révéleront facilement les premières traces de la glucosurie.

Ce sera donc à im.- im-osteition plus minutieuse, cl surtout plus rapt prochée du débul il,' l'ailVi-linn dïaMiquc, que l'on devra de se filer davantage sur les chances de sa curabilité. Sous ce dernier rapport, la pratique médicale a iinincrisviticii! ir.i^u- <if nos jours. A la fin du siècle dernier, l'affection glurosuriqiiL- i L i.n( i , ■ j . l i Lh t.- iucihr.iiJe. Viiiri l ommenl s'exprimait à cet égard un grand médecin :

« Aucun des malades que j'ai vus ni de ceux dont j'ai eu connaissance en truste n'a élé guéri : cependant j'en ai vu un assez grand nombre, el

chez la plupart, on a employé avec le plusgrand succès les remèdes recommandés parles auleurs (1]. »

DIABÈTE HECOriïC PEMUST LA VIE; HARASIE AHHIDUf. A USE flITIIISIE

Oës. I. - Une femme ngde île 11 ans était cmuliée dans le service îles femmes fiévreuses, a I' He.tr- l-Di eu. lorsque noua primes ce service au mul» Je juillet IBI3, en remplacera? ni de M. [Itipa<i|uicr. Vulci ce ijue nous constatons pendant la vie : aman-ri-™™! i-nnsiitéml/c; In m l-'rmn et crn'lioctiouo ; peau aêehe. L'anse ullati on rcvi'lcdn -onlll/ Lri.nrhi.jiic . Inna Jpiii tiers supérieurs

fébille constant. Sons ne niiisla'onî rirn de particulier ilil ciité îles voies iliseslivra. Le traitement entier cil r.irici: cnniiv l'aif.v.i.in pulmonaire, cl eonaitto en

Joocns et en tisanes kcli ni-^- : - L'amnaji i- .111 r: la si. i l e ]iei::n[iic rc ;iiii:lileril

d'intensité Jusqu'au 13 septembre. cpr.i;iiç .'a 111.1; : .!.: cette malade.

AcmrsiE. Les deui poumons soin farci- de lul.ci oulr-p , les uns S l'état cru cl les autres i l'étal de Enpparalmn. V.luwncfs n,sl.V:rs. Les voies dlcestlvcs sont en parfait étal. Le rein ulir.M. nui eh.iis parait plu* if liimiiii'inqu'à l'ordinaire, noua porte a examiner la vcj-ic. Ci I nriraur est rempli .l'un fluide Je consistance; sirupeuse, qui cicilc vivement nuire stîtuiimn. Simi aspect rat senitililile à du ftrop de gomme récemment pienaré. Il caramel «■ ;„rlii:n'nl lorsqu'on le verse sur une pelle rou?ie.

Hélait impossible de douter que celle malade n'eùl une affection de nature elucosuritjue, marquée pendant fa vie par la prédominance de symptômes graves du cûlé de la poitrine. Ce fait rentre dans la classe des diobetei decipienê admis par les anciens auteurs, et dans lesquels ni la soit eicessive ni la profusion des urines ne mettent sur la voie de l'indication fondamentale. Quoique pendant la vin notre attention n'ait été provoquée par aucun soupçon louchant la véritable nature de l'affection, nous pouvons néanmoins ailir mer qu'aucune (le tes lésion :. fond ion nel les n'csislail,à l'élat grave du moins; ou peut voir encore dans celte observation un exemple de l'association de la phlblsle pulmonaire au diabèle, association si fréquente que Bardsley et Copland paraissent tenter de la placer au nombre des sytnptùn:es ii.- i-clto ilcriiii'i c ailcrlinn, ,ï kqm-llp, eu considération de ce fait, ils proposèrent de donner eicliisi veine ni la ilimuniinalion de phlhàurie sucrée. Nous nous sommes demandé depuis lurs si, dans le cas qui noua occupe, la phtliisie pulmonaire jouail, par rapport au diabète, le rôle d'elTel

[1} Cullen, Éle«. ne «te. nuT., I. & p. ï».

ou de simple complication. Los éléments nécessaires noue manquaient pour résoudre une semblable question, et nousavons dû demeurer dans le doute. L'année deruière.un nouveau lait s'est offert à nous, dans lequel nousavons pu reconnaître avec évidence qu'une affection pulmonaire graves'élail singuu'éremenl amendée par l'effet seul de la cessation de tout symptôme gtucosurlque. Nous en parlerons dans un instant.

O.S. II. — Ij femme He., de V. (Rliflne), re n Juillet mis. Celte femme, qui a eu plusieurs enfants bien porLrnU, a cessri d'être réglrle depuis deu* ans. l.ors île mitre premier interrogatoire, elle n'arrut r des symptômes giisiraUliiurs. Cr ii'rsl qu'après awit reçu uns prescriptions, .Irigéee dans le sens .le cette ilcrniéiT nlScclliiri.iiu'flV ili.iis entretient d'une soif rès-vlve qui la tourmente, et qu'elle est obligée de satisfaire prenne à chaque istant par dpi torrents île lM.isM.ri. K> urine en prop... lion, cl nous dll 60 Iron-

ies digestions sont perdues; l"n : .[' :'t !:..'.- 1 1 e e: i n h 1 1 r o ! -.q itr? sorte déprave. La malade a une grande répugnance pour la vlan Jp. et ne (ait usage qye d'uignens, de furlncut et de lailnge. Constipation opiniâtre ; insomnie, Ub lurres se peritent de pies en plus. ^ em -

piéter encore l'appui de son rele et de sca lumières, éinleni blanches et lepèrfmenl opaques; elles étalent alcalines et n'avalent aucune odeur urineuif. Eiapoices au bain-marie et à une lréd~douce chaleur, elles ont été converties en erlstaui du jour su lendemain, cl n'ont fourni que du sucre de trlucwe presque lout à fait blanc; la proportion est de lî p. ICO. Malgré toule l'insistance que nous avons milo pour obliger relie [emmei suivre aie, elle n'a pu la supporter que quelques jours. Nous ge île quelques userai» li:iis et ilf's ii-iirsr, s'iil.f lenir île II, eiceplé du pain, dont elle ne |reut suiifrorter la privation ;

is laquelle on fait dissoudre te S. l'j gramme! de te de soude; uneculllerée de vin de gentiane avant cliaque repas. a lioutde dli Jours de ce traitement, les urines contiennent à peu pris la ne quantité rie rrluei.se ; nuis elles sent .lcvcnires Irmiriï iilnniillinles. [fonlj-

nuation du même régime; y joindre quelques pastilles de tactalc de 1er, cinq! si\ par Jour.

le 2î août, elle rend une portion de lenla cucurbitsito. Depuis ce jour la proportion des urines diminue nu moins du moitié. Iji malade rat mite à fange de l'écorce de tnclnc de grenadier qu'elle prend dent fois dans In même semaine. Elle rend après la seconde dnte une portion de ténia longue d'un mêlrc .i' ctnl. il noua est impuaslble de reconnaître la lefe.

Les urines dominées à celle époriue ont présenté k peu prés la même quanl lié de sucre; mais cette substance est beaucoup plus colorée; se teinte est couleur café on lait foncé; a l'odeur fortement urineuse, on reconnaît nue les urines a'aninuliserit de plus an plus. La maladie est arrivée, d'optés les caractères physiques et chimiques de la glucose, au début de ta période de guérison. '

Nous n'avons, pas besoin (l'insister sur tuules les circonstances dignes d'intérêt que présente celte observation ; nous dirons utilement que les produits de sucre de glucose, recueillis à diverses reprises chei celte malade, présentent loua les caractères de traniformalioo qui s'opère ni dans les urines sous t'influence d'un heureux traitement. Les échanlil Ions que noua possédons et que nous avons mis sous les yeux des membres de la Société de médecine ne laissent aucun doule â cet égard. Dupuytren avait constaté aussi ces caractères. Le traitement animal, dit-il, conseillé par liollo, a la même efficacité dans le diabète que le. quinquina dans les fièvres intermittentes ; sous son influence, l'urine commence par contenir de l'albumine ; celle-ci disparaît au bout de quelque temps peu a peu pour faire place i l'urée, aux acides uriques etaeélcui, et alors la sécrétion devient bienlùl normale.

(1) Eu médecine, un des premiers devoirs est de ne rien omettre desetreon- ■lances graves des fnlls observés, surtout lorsque lu choses sont de rutura è

Eélllèrem de holrede l'absinthe; elle en but un litre environ en plusieurs jours, et a succombé i une iiiiiiiiiun.ivu; ^.im-iiiirdiiiale. On n'a pu nous apprendre si, dans les derniers temps de sa vie, elle urinait beaucoup.

. Ayant depuis lors perdn cnmplé-

que les urinea ne contennfenl plus de gluc tentent de vue celte malade, nousn'avons

terne H).

Dm. UL— af.Tr., . Il M lu

!0 septembre ims, Il offre l'élit suivant :

xletle; la peau du visage, d'une telnie gris de pl i opiniâtre, quinteuae ; o

ittédu bruit véslculalrc nu sommet du poumon gauche; i voli. Ilyneupliisiearahcmoplysica; essoufflement. Hlen à notei du colé des voles dlgesllves. sinon l'ieldito de la salive qui rougll le poplor de tournesol. La quantité des urines n'excède guère la quantité normale, tic n'eatque vers lo matin que K.Tr. est réveillé par le besoin de In miitinn. L'urine est peu colorée et il câline i évaporée, cllei cristallise, mola oseei dlflldlomont; répondue sur des char-

ment eicluaivemenl animal qu'il ne peui supporter sans dégoùi ; Il se prive complètement do pain. (Viandes roli es, grillera; eau do Vichy pour boisson.)

Les uilnra, eiamincosqualrejoura après, offrent à peu près la même quantité de aucre ; mal» celte fuis 11 no erfstallsc paa. La loui et Ira autres symptômes

(Prescrlpliou : Même régime, suivi avec la plua scrupuleuse eiactllnje; gelée et tisane do lichen.)

Le !9, les urines sonl observées de nouveau. Cette rois elles son! beaucoup plua colorées el d'une odeur forlcmenl urineuso; élira ne se caramélisent plua

sur les cliarbeus urdenls. Une termine 11 ;tiLi- ini-r i;ri contact avec ton poids

d'acide nitrliiue, se concreialt ausslic-t el paraissait fournir beaucoup d'urée ; abandonnée pendant quelque temps, elle laissait déposer une poudre rougeatre d'acide urlque. Les urines avalent acquis les caractère» d'une urine normale.

que nous lui avens annoncé que ace urines ne contenaient plua de sucre. Il se promet de suivre encore longtemps le régime animal qui ne lui Inspire encore

Depuis lors M. Tr. a suivi pendant plusieurs mois le régime Indiqué; durant un mois déplus 11 a été soumis a l'usage du lait d'âneaac. Nous avons eu récemment l'occasion de nous assurer de l'absence complète de glucose dans les urines. Le 10 mars 1816,11 nous mande qu'il a repris un peu d'embonpoint. C'esli dater de celte époque que nous lui prescrivons do reprendre lo régime mine ; depuis un

TflotBLi rosciiondEL nOTAStc (Observation reotueiJlle par M. R. Choppet, Interne dos hôpitaux.)

OBvlV.-MarleEffinun.dévldeuse, de SI .m, n™ mariée, entre a l-BoW-Meo le K octobre 1918 et est couchée an n« S3 des femmes du petit

Elle présente les caractères du tempérament lymphatique sanguin, arec un embonpoint asiei considérable. Une toni-stec oppression qui la tourmenta depuis environ qulnieans est retenue depuis une semaine mec une grande luten-

«bondànte. La longue rat blanche, rouge a la pointe; l'appétit nul) le pouls petit et : fréquent s'accélère encore II nuit; la soif est trra-Ylve, et cependant, au dire de la malade, l'état fébrile a diminue sa soif habituelle. Elle raconte qu'en 1313, elle ib rit Bltelnte, sans cause connue, d'un tel besoin de boissons, qu'elle ab-

La malade entra alors a l'HÔtel-Uleu, dans le service de M. delal'rades. La prër sence du lucre tut consistée dans les urines, dont In quantité s'élevait Jusqu'à 44 litres pu Jour, colle dos boissons restant ou chiffre de 18 à m litres. Après nu an de traitement Infructueux, celle femme sortit do l'hôpital, et la persistance du diabète pendant de longues années n'altéra on rien la santé générale. La règles, habituellement trés-abondanlea, ayant pris, en II II, les caractères de métronnagles graves, la malade subit un traitement assez long au dispensaire, et là on constata encore la présence du sucre dan* les urines. En 1811, la suppression déOfllUïe du (lui menstruel exerça une grande Influence sur la santé dD la malade, qui prit dès ce moment un embonpoint très-notable. A dater de celle époque, une sorte d'équilibration t'établit entre les boissons et les urines, le chiffre des unes et dos autres s'él étant a !4 litre» par jour. Utis alors, comme par le passé, le diabète n'était pour elle qu'une Incommodité.

Pendent son dernier séjour à l'hôpital qui a dur* environ trois mois, la soif et les urines ont diminué. L'eiplorailon de cea dernières, opérée à différentes reprises, n'a point fait constater In présence du glucose A la An de son séjour, la malade, qui butait entlion 31 lllrespar Jour, n'a plus besoin que de 10 à I? litres pour satisfaire sa soif, et la quantité des urines a subi une réduction proportionnelle.

Celle obser va lion prouve que l'on peu! guérir de la glucosurie et conserver Je diabète simple, ce phénomène s'explique Bans doule par l'hypertrophie rénale devenue une lésion persista nie. Ce l'ail, en second lieu, renlre dins l'ordre de* ras rares où l'on a vu des iliabèles se prolonger pendanl

de langues années sans avancer sensiblement le terme naturel de l'raistenté.

Quoique ce travail, comme on peut le voir, n'ait qu'un but purement clinique, l'auteur ne peut cependant s'abstenir tout i fait de jeter un coup d'oail sur la théorie physiologique de la glucosurie : celle donnes n'étant point sans importance pour le traitement. Cet eismen de vient, 1 l'heure présente surtout, d'un puissant iniérêt, puisque les einérienccs si curieuses de notre ssviiil ami et compalriote Bernant, professeur au oollége de France, tendraient, si elles étaient confirmées universellement, achanger en entier les idées actuellement reçues louchant la nature du diabète. Il résulte en effet des eipériences de ce physiologiste, qu'on modifie presque Instantanément la constitution des urines, et qu'on y fait apparaître le sucre, en blessant avec un inslrument piquant, avec 11 pointe d'uae aiguille, une Certaine partie du plancher du quatrième ventricule du cerveau, (trace ilafaieur, ou disons routai, a l'engouement qui s'attache i toute découverte nouvelle et surprenante, on s'est hsié de tirer de ces faits des conclusions prématurées, on a voulu Faire remonter i une lésion du cerveau l'origine de la glucosurie. flans le catalogue des personnes atteintes de celle affection, on n'a retrouvé que des savants épuisés par des éludes trop prolongées, et des hommes d'une organisation forte, mais délicate, surexcités par une activité exagérée ou par des contrariétés excessives (voir dans la Puisse du 16 avril le comple rendu do l'Académie des sciences}. Ceci n'est que de l'exagération ; et si l'auleur de cette statistique n'était point aussi complètement étranger i la clinique médicale, Il n'aurait point oublié d'ènumérer au nombre des victimes de celte maladie les artisans et les gens de la campagne.

Sans vouloir nier la part que peut avoir dans la production du diabète, maladie dénature asthénique, un èpuisemenl dn système nerveui, on ne peut s'empêcher d'admelire que le rôle capital dans la production de cette maladie ne soit joué par les organes digestifs. La méthode de traitement jusqu'à ce jour la plus efficace en est une preuve péremptoire. La théorie physiologique qui satisfait alors le plus l'esprit, en se fondant sur une masse Imposante de Faits, est celle de la catalyse. Ce mode d'action dont nous ne pouvons nous rendre raison dans ses détails, et qui se trouve placé, comme Indit iturdach, sur l'extrême limite de notre chimie, n'a lieu prertpM exclusivement que par rapport aux produits organiques, par exempt* dut la conversion de l'amidon en gomme et en sucre par les acides affaiblis, dans la Feroenlalion qui convertit le sucre en alcool et en acide

carbonique 1 l'aide de la levure de bière, dans la germination pendant laquelio la diaslase produile transforme l'amidon en dexlritre el en mure, et lait preuve d'nno action tellement énergique qull n'en faut qu'une seule partie pour décomposer ainsi mille parties d'amidon. Il exista entra cette dernière substance et le sucre une corrélation bien déterminée : un grand nombre d'actions chimiques, n'ayant d'antre effet que de modifier la direction des attractions élémentaire» du l'amidon, transforment ce corps en sucre de raisin. (1). Cette théorie, comme nous l'avons remarqué, trouve dans la thérapeutique du diabète une puissante confirmation, Les estimables travaui de M. Bouchardat ont fait ressortir avec la dernière évidence tons les avantages qu'on relirait en supprimant chez les diabétiques les bollaona et les alimente sucrés ou fecnlants qu'ils prenaient auparavant. Toute U thérapeutique de la glucosurie ne réside point sansdoule dans celte indication, mais an ne peut nier que ce ne soi! une des plus journellement applicables. I

Si, comme nous l'avons dit précédemment, il faut dans la cure du diabète donner une large part au cdté chimique de la vie, l'expérience ne larde pas a démontrer aussi que toutes les indications fond amen taira ne résident point de ce coté. Comme nous l'avons pu voir, on arrive 4 la glucosurie sous l'innuénce de causes différentes. Une alimentation composée de matériaux de mauvaise qtiillié, l'abus des féculents, «I, d'une autre pari, les excès de lable. un régime fortement aioté provoquant à iaboisson, peuvent amener le diabète. Nous avons vu récemment un exemple de ce dernier cas. Ceci établi, on dam InttHuer pour chaque malade une diététique différente; à Ton vous prescrirai le régime animal seul: vous lui recommanderai de faire choix pins particulièrenicnl d'aliments contenant de l'azote et des sels phosphoriquei. Vous Inslsterei auprès des seconds malade* anr l'importance qu'il y a pour eux rie substituer à leur régime excitant des aliments d'une nature plus simple composant la dièle végétale et doucsj Nous ne pensons même pas que dans ce dernier cas ['ingestion de quelques aliments féculents soit beaucoup à redouter. Ce qui est fondamentalement nuisible c'est la persévénnee dans le même régime, les mêmes habitudes alimentaires. On a vu des malades diabétiques, et Pinel en cite des exemples, parvenus au dernier degré, après avoir épuisé toutes les ressources de l'art, recouvrer la santé en séjournant à la campagne, en se livrant à un

(i) Voy. Biinlnch. 1 IX, n. 4M, eiLleblg, flninii mcamoDi, ne., p. M.

exercice régulier el en insistent autant sur le régime végétal que sur toute antre substance, contrairement aux préceptes posés par certains auteurs. U pratique nous démontre qu'il est très-difficile de fixer longuement les malades au régime purement animal. En ceci la clinique est conforme aux données que nous fournit surabondamment la physiologie touchant la nécessité du régime mixte pour la santé de l'homme. Un de nos malades a pu, pendant plusieurs mois, ne manger que de la viande, s'abstenir même de pain, mais c'est une exception. Avant loulil Faut ménager cl utiliser les forces de l'estomac el ce lui donner que des aliments qu'il puisse aisément supporter. Comme l'observe judicieusement IL llocboui, quelque pressante que soit l'indication d'introduire une grande quantité d'aiole dans l'économie, elle ne peut passer avant celle de procurer ces bonnes digestions sans lesquelles le malade est privé du premier des médicaments, un chyle réparateur.

Les médicaments, combinés au régime, remplissent quelquefois des indications qui échappent à ce dernier. Ainsi les amers, le quinquina, les martiaux, sont d'une utilité incontestable lorsqu'il y a un grand affaiblissement de tnutle système et des phénomènes dyepepsiqucs. Les astringents, et particulièrement le petit-lait fortement aluminé, conviennent dans les cas ou la profusion des urines est effrayante, où tous les tissus du corps humain disparaissent dans la colliqualion. Dans un petit nombre de cas, cl c'est surtout ce qu'il est important de faire ressortir, la rare du diabète es! subordonnée i l'accomplissement de quelques indications particulières lout a fait indépendantes du régime, et sur lesquelles une médication générale n'aurait aucune prise. Ainsi l'expulsion d'un lénia fut pour une de nos malades la condition de sa guèrison. 11 existait certainement dans ce fait un rapport de causalité entre l'existence de l'helminthe et la glucosurie. Le ténia aurait-il déterminé la production dans l'estomac de la diastase? C'est une question qu'on se pose sans pouvoir la résoudre.

Dans les circonstances où la cause déterminante du diabète se trouve dans une répercussion, dans l'impression du froid, le corps étant en sueur, les bain» elles douches de vapeur constitueront la majeure méthode de traitement. C'est dans ce cas aussi que les exutoires et les vèsicanls pourront rendre quelques services.

Dans un très-grand nombre de circonstances, les boissons alcalines, et entre autres l'eau de vichy, auront une remarquable efficacité, lorsque les digestions seront pénibles, accompagnées de renvois acides, qu'il y aura, en un mot, un cortège de symptômes dyspepsiques. Elles seront un adju-

vant salutaire dans les circonstances où le médecin sera appelés prescrira le Irailemenl animal stricl, l'usage exclusif des viandes conduisant a la longue i une plus grande proportion d'acides dans l'économie.

Nous terminerons par un dernier conseil , qui peut de prime abord paraître (utile, mais qui en somme, comme l'expérience nous l'a démontré, peut avoir une influence réelle pour la cure du diabète. 11 rentre d'ailleurs dariB les applications si préconisées de la médecine morale dani les maladies de long coure. Chez la plupart des diabétiques, il eiisle du découragement, une profonde tristesse. L'esprit semble se mettre 1 l'unisson de l'affaibli sseraent progressif de l'organisme. Or, lorsque le médecin se livre i l'élude des urines glucosuriques, qu'il sait journellement let proportions de matière sucrée qu'elles renferment, s'il arrive, pendant le cours du traitement, a constater une diminution notable de celle-ci, il doit en prévenir le malade et le mettre ,1 même de s'en rendre compte comparativement, en plaçant sous ses jeui ce que nous pourrions appeler les fiieu dt conviction. Ed suivant celte conduite dans l'occasion que nous avons mentionnée, on peut arriver non-seulement à relever un moral abattu, mais aussi a encourager le malade â persévérer longuement dans l'observance du régime si important, mais d'une autre part si pénible à suivre. Le diabétique puise dans cette pratique des gages d'espoir; il peut se convaincre que ses longues privations uc seront point infructueuses.

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