SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
qu'il avait été facile de le concevoir à priori, un fait semblable à ceux qu’on observe chez la plupart des plantes qui développent des tubercules, appelés généralement bulbilles, à l’aisselle de leurs feuilles, comme certains Dioscorea. Je ferai cependant observer que plusieurs bulbilles axillaires sont dues à l’épaississement, non de l’axe, mais bien des feuilles du bourgeon: c’est, par exemple, ce qui a lieu chez les Liliiim tigrinum Lindl.
et bulbiferum L.
Mais ce qui me semble mériter d’être signalé plus particulièrement dans le fait du Bégonia Vesavius dont il s’agit ici, c’est que la tubérisation y avait affecté non-seulement l’axe primaire du bourgeon, mais encore un ou deux axes émanés de celui-ci, et que le grossissement des tubercules axillaires avait été la conséquence de la formation successive ainsi que de la fusion de ces axes d’ordres différents. En effet, le tubercule supérieur, le plus petit des trois, consistait en deux petits tubercules inégaux, situés sur un même plan horizontal, totalement confondus en un corps continu dans la plus grande partie de leur masse, mais dont les deux extrémités, quoique surbaissées, étaient cependant distinctes sous la forme de deux mamelons obtus et inégalement saillants. Celui de droite était notablement plus petit que l’autre, sur lequel il avait pris naissance et dont il était, dès lors, une ramification encore jeune. Le tubercule moyen avait la même organisation, mais ses dimensions un peu plus fortes tenaient à ce que la ramification latérale y avait grossi jusqu’à égaler à fort peu près l’axe primaire. Quant au tubercule inférieur, le plus développé des trois, il résultait de la réunion de trois tubercules partiels, un médian et deux latéraux, c’est-à-dire d’un axe médian primaire et de deux ramifications opposées et provenues du premier. Aussi son bord libre offrait-il trois petits festons arrondis qui indiquaient les trois sommets. Il y aurait intérêt à observer des productions analogues plus avancées en développement pour voir si, après que l’axe primaire de la pousse a émis des axes secondaires, ceux-ci à leur tour émettent des axes tertiaires se comportant de la même manière. 11 suffirait, pour se fixer à cet égard, de continuer le plus longtemps possible l’expérience que M. A. Malet a trop tôt arrêtée. Je tâcherai, en temps et lieu, d’obtenir ce résultat.
Je terminerai cette courte note en faisant observer que, dans les petits tubercules ci-dessus décrits, le plan dans lequel se trouvaient les deux ou trois axes confondus en un seul corps croisait celui des feuilles de la branche mère, c’est-à-dire que, selon l’expression introduite dans la science par M. Al. Braun, il y avait prosenthèse. C’est, encore un point qu’il n’est pas inutile de signaler.
M. de Seynes communique à la Société l'observation qu’il vient de faire de conidies angiogastres, analogues à celles du Fistulina hepatica Fr. dans le Polyporus sidfureus.