‹ Note sur des Feuilles de Senecio Sagittifolius akerChapitre 2 sur 3 · P. ET H. DUCHARTRE. -4- LES FEUILLES DU SENECIO SAGITTIFOLIUS · texte numérisé non relu

P. ET H. DUCHARTRE. -4- LES FEUILLES DU SENECIO SAGITTIFOLIUS

deux faisceaux angulaires et par les faisceaux voisins de ceux-ci dans la lame transversale du pétiole et de la nervure primaire, ou prolongement du pétiole, tandis que les nervures du limbe viennent de la seconde branche des faisceaux angulaires et des faisceaux compris dans la portion demi-cylindrique des mêmes parties.

Outre les faisceaux, la portion parenchymateuse des deux ailes du Senecio sagittifolius mérite d’être examinée à son tour. Au niveau où elles commencent seulement à émerger, ces ailes sont formées de tissus entièrement analogues à ceux de la région de laquelle elles s’élèvent. De même que dans celle-ci, l’épiderme, nullement modifié, est soutenu par quelques assises hypodermiques, qui passent à un parenchyme mince, de même aspect que son homologue, mais plus riche en chlorophylle; elles ne sont alors caractérisées que par l’orientation du mince faisceau qui les traverse. Plus haut, au niveau où chaque aile commence à être nettement accusée, son parenchyme tend à devenir palissadique vers la face organiquement supérieure dont l’épiderme est encore soutenu par un hypoderme et il se montre lacuneux vers la face opposée, par conséquent inférieure, qui regarde le plan médian de la feuille. Il existe là une liaison entre chaque aile et le limbe dont elle est très voisine, effectuée par un parenchyme lacuneux vert, semblable à celui de ce dernier.

Enfin, quand l’aile est tout à fait développée, sa structure est semblable à celle du limbe : on y voit, en effet, un épiderme simple, dissemblable aux deux faces, un parenchyme palissadique sous l’épideimesupérieur et lacuneux vers la face inférieure. A ce niveau, sa ligne d’émergence s’est éloignée sensiblement de celle du limbe; aussi le parenchyme lacuneux vert, qui jusque-là existait en couche continue entre ces deux lignes, est-il maintenant interrompu, dans le milieu de sa largeur, par un prolongement du tissu de la côte.

En résumé, dans les feuilles du Senecio sagittifolius Baker que nous avons eues sous les yeux, l’anatomie confirmait ce que faisait présumer l’examen par l’extérieur : elle montrait, en effet, que les deux ailesdressées verticalement sur la portion supérieure du pétiole et sur la plus grande partie de la nervure primaire devaient être assimilées à deux portions du limbe, tournant l’une vers l’autre leur face inférieure, comme si chaque moitié latérale de ce limbe avait été ployée à angle droit en deux portions inégales, qui auraient adhéré aux deux bords de

la côte par toute leur ligne de plicature.

M. Malinvaud demande à M. André si tous les pieds de Senecio sagittifolius qu’il a observés présentaient des feuilles semblables

à celles qu’a décrites M. Duchartre et si la culture n’aurait pas exagéré le développement des singulières productions dont elles étaient munies.

M. André répond que ces expansions foliaires étaient inégalement développées suivant les individus et manquaient même sur quelques-uns, mais il en a constaté l’existence sur des pieds rapportés d’Amérique.

M. Jeanpert fait à la Société la communication suivante :

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