SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE F KAN CE
tion qui caractérisent chacune d’elles; seulement, tandis que le sépale ainsi soudé avait gardé sa largeur normale, le labelle avec lequel il s’était soudé n’avait qu’une partie de sa largeur naturelle et ne représentait eu réalité qu’un demi-labelle placé au-devant et en dedans du second sépale latéral. Par l’effet de cette réduction du labelle, la colonne, dont l’organisation n’avait été altérée sous aucun rapport, se montrait tout à fait à découvert. Quant aux deux pétales, ils n’avaient que faiblement modifié leur manière d’être habituelle; ce qu’ils présentaient de plus remarquable, c’est que celui des deux qui était voisin du labelle monstrueux, avait contracté une adhérence intime avec la colonne, dans le sens de sa ligne médiane et dans sa moitié inférieure. Tous les deux avaient conservé leur situation normale. — Il est assez curieux (pie, dans cette fleur, un sépale se soit ainsi soudé avec une pièce du verticille interne, et que cette pièce plus intérieure, avec laquelle il avait contracté une adhérence intime, soit précisément le labelle, qui eu diffère beaucoup par toute sa manière d’être.
La fleur supérieure de la même inflorescence présentait une altération plus profonde et plus complexe de l’organisation normale. Le sépale inférieur et l’un des deux latéraux n’avaient été modifiés sous aucun rapport; quant au second sépale latéral, il s’était comporté absolument comme dans le cas précédent : son bord gauche s’était soudé, sur toute sa longueur, avec un demilabelle bien caractérisé, et une bande longitudinale épaissie indiquait également la ligne médiane de cette pièce singulière que formaient deux moitiés si différentes d’aspect et de nature réelle. De leur côté, les deux pétales latéraux étaient restés parfaitement normaux et libres. Une autre particularité remarquable, c’est qu’en dedans de la pièce complexe dont je viens de parler il existait un labelle entier, libre, faiblement trilobé vers le sommet, parcouru sur toute sa ligne médiane par une bande longitudinale épaissie ; le côté droit de ce labelle était à peu près étalé, ondulé à son bord ; mais une portion de sa moitié gauche s’était brusquement repliée eu dedans, de manière à venir se placer parallèlement au reste de celte foliole, et entre celle-ci et la colonne. Enfin, plus en dedans encore, on voyait un labelle supplémentaire plus petit, étalé, qui tournait le dos à la face plane de la colonne, et qui ne montrait que de faibles indices d’une ligne médiane épaissie. Je dois ajouter que le grand labelle avait sa ligne moyenne reportée sensiblement vers la gauche, et que le petit labelle interne avait la sienne visiblement déplacée vers la droite. Quant à la colonne, elle était restée parfaitement normale et à découvert.
Au total, on voit que la seconde fleur monstrueuse dont je viens de parler présentait trois labelles situés à peu près l’un devant l’autre, de dehors en dedans : le plus développé était intermédiaire aux deux autres, libre, et représentait probablement le labelle normal ; le plus petit était tout à fait intérieur et libre aussi ; enfin le troisième était de dimensions intermédiaires, dimidié et soudé à un sépale. Il y avait donc dans cette fleur une tendance manifeste