SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
bas vers le haut, de manière à constituer un tronc de cône renversé. Ce corps présentait sur un côté une fente longitudinale presque complète, et, du côté opposé, une seconde fente beaucoup moins prolongée. La première de ces fentes correspondait à un carpelle ouvert longitudinalement et elle en laissait sortir les deux files d’ovules bien conformés. La section transversale de cette formation centrale montrait comme entrant dans sa composition 6 carpelles réunis en un seul corps, présentant tous une loge avec 2 files d’ovules et, au sommet, un double repli stigmatique bien conformé. Il était d’ailleurs facile de reconnaître que les 3 carpelles supplémentaires, correspondant aux 3 faces de l’ovaire, appartenaient à un verticille plus interne que les 3 carpelles typiques situés sous les 3 angles saillants de ce même corps.
Il existait donc ici un pistil à 6 carpelles en majeure partie cohérents, mais élargis et plus ou moins séparés par des fentes courtes dans leur portion supérieure. D’ailleurs un des carpelles était encore entièrement ouvert.
6° Dans la fleur qui m’a fourni le terme extrême de cette série, le pistil avait acquis une régularité remarquable en même temps qu’il était devenu complètement 6-earpellé. Extérieurement il formait un ovaire sensiblement resserré à ses deux extrémités, relevé dans sa longueur de 6 angles parmi lesquels 3 étaient plus proéminents que les 3 autres ; enfin il se terminait par une étoile formée de 6 doubles replis stigmatiques. Intérieurement il présentait 6 loges qui renfermaient chacune un grand nombre d’ovules en 2 files longitudinales. Seulement les 3 loges situées sous les angles les plus proéminents, c’est-à-dire celles des 3 carpelles typiques, étaient visiblement plus externes que les 3 autres. En outre, celles-ci, c’est-à-dire les loges supplémentaires, communiquaient avec une cavité centrale, grâce à la liberté de leurs deux bords carpellaires chargés d’ovules.
En résumé, grâce aux complications successives dont je viens d essayer de donner une idée, la nature est arrivée à ce résultat remarquable de changer le type ternaire, regardé comme essentiellement fondamental p° ul le pistil des Monocotylédons, en un type senaiie qu’on pourrait peut-ètic regarder comme complétant et régularisant la symétrie florale de ces végétaux. En effet, la fleur dans laquelle ce résultat avait été produit présentait 2 verticilles ternaires de folioles pour le périanthe, 2 vertici 1 les ternaires d étamines pour I androcée, 2 verticilles ternaires de carpelles pour le pidib Or on peut se demander si ce type senaire, analogue à celui du périanthe et de I androcée, et qu’on observe au reste dans certains Monocotjlé dons, devrait être regardé comme le type réel du pistil de ces végétaux plutôt que le type ternaire qn on observe habituellement dans la gcneialité d entre eux; mais je ne crois pas devoir m’occuper ici de cette question Je n’ajouterai donc rien au simple exposé des faits que je m’étais pt’Op° sé de faire connaître à la Société. \