‹ Note sur la chapelle de la Conception dans l'église de Saint-Père, à ChartresChapitre 1 sur 1 · Note sur la chapelle de la Conception dans l'église de Saint-Père, à Chartres · texte numérisé non relu

Note sur la chapelle de la Conception dans l'église de Saint-Père, à Chartres

La chapelle de la sainte Vierge , située à l'apside de l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Père ', offrait naguère encore des embellissements empreints de ce gorit détestable qui était en usage au commencement de ce siècle : d'autre part la maçonnerie réclamait des réparations indispensables : aussi, M. l'abbé Dallier, curé de cette paroisse, avait-il depuis longtemps le désir d'y faire exécuter des travaux, et de remettre en honneur cette jolie chapelle dont la date remonte au Xlh siècle. La restauration a été entreprise au mois d'avril 1856, et les travaux préparatoires ayant fait reparaître au jour plusieurs choses crue nous jugeons intéressantes, nous espérons faire plaisir aux personnes qui s'occupent d'histoire ou de beaux-arts en exposant ici brièvement ces découvertes.

Nous dirons d'abord quelques mots sur une sépulture du commencement du XHIe siècle, trouvée sous le sol au mois de mai 1856; puis nous parlerons de l'ancienne décoration de la chapelle, et nous terminerons par quelques réflexions que nous suggère cette décoration.

Le sol de l'église de Saint-Père a changé plusieurs fois de niveau; il est aujourd'hui considérablement exhaussé : une des premières choses à faire était donc de rechercher l'ancien niveau de la chapelle, pour lui rendre ses proportions primitives ,

1 Depuis quelques années la dénomination de cette église s'est altérée ■ on dit aujourd hui communément : l'église de Saint-Pierre.

et en même temps dans un but d'assainissement. On fut assez heureux pour retrouver, à environ 70 cent, au-dessous du sol, une bande de pierres, formant Le long des murs un reste de dallage, el de [tins, au milieu de la chapelle, et exactement au même niveau que ce dallage, une belle dalle tumulaire que nous allons décrire.

Sur cette pierre, dont la gravure est un peu effacée (voir la planche ci-jointe), on voit l'image d'un personnage revêtu du costume sacerdotal; les mains sont croisées sur la poitrine : le bout des manches, les parties inférieures du manipule et de l'étole devaient être remplies de mastic coloré, ainsi que des ornements au collet du vêtement supérieur.

Autour de cette dalle on lit l'inscription suivante :

*%* VERVS CATHOLICVS ET DEVOTVS TIBI, CHRISTE , CARTIS CANONICVS ET PRESBITER EXTITIT ISTE, SIMON DE BERO, S0L1TVS BONA PVBLICA CLER1 AFFECTV VERO MVLTOQVE YIGORE TVERI:

IIVIC YKXIAM TRIBYE, YENIE DATOR, HYIG MISERERE ECCLESIEQVE TVE TYTOREM, CHRISTE, TVERE ».

L'histoire du pays chartrain nous apprend que Simon de Bérou était, en 1 194 , chanoine de Notre-Dame. Il appartenait à la haute noblesse de ce pays : son père, Geoffroy II, fit partie de la deuxième croisade , son oncle Geolfroy était doyen du chapitre vers 1150, et son frère Robert 2 en était chancelier.

Les documents originaux ne manquent pas à son sujet. Il mourut vers 1220, le 13 des calendes de mars (17 février), et on trouve à cette date cette mention dans les nécrologes manuscrits conservés à la bibliothèque de Chartres : « Obiit Symon de Be- » rou , hujus sancte ecclesie canonicus et sacerdos , vir magni

1 Nous avons cru devoir traduire les abréviations qui existent dans l'inscription originale ; mais nous publierons à la suite de cette notice une réduction de cette belle pierre tumulaire, et nous renverrons d'ailleurs nos lecteurs à la tombe ellemême, ou à l'estampage que M. A. Moutié en a donné à la Société.

2 Robert de Bérou avait donné une verrière à la catbédrale de Chartres. On voit encore aujourd'hui ce personnage au bas de la première fenêtre du chœur (côté nord), où il est représenté à genoux et tourné, comme les autres donateurs, vers l'image de la Vierge qui occupe la fenêtre au fond du chœur. Audessus de sa tête on lit en grandes et belles lettres capitales du XIIIe siècle : ROBEBTVS DE BEROV CARN. CANCELLARIV.

eonsilii, génère, moiïbus, scientia et facundia clarus et in utroque jure peritissimus, manus ab omni minière excutiens, nec terrebatur minis nec precibus curvabatur. In multis et gravissimis causis que tempore suo emerseriuit, contra omnes murum pro domo Domini se opponens, felicissime evicit. Duas capas sericas huic ecclesie dédit et bibliothecam optimam cum glosulis continuis super eandem. Operi bujus ecclesie L libras legavit et octo anulos aureos. Anniversaria patris sui ' et matris sue 2 m bac ecclesia fieri instituit , centum libras ad emendos redditus qui distribuentur canonicis qui anniversariis intererunt de propriis largitus. Apud Fontanetum, redditus quosdam acquisivit, canonicis qui ejus anniversario intererunt distribuendos, et ad eosdem augmentandos XX libras legavit. Ornamenta capelle sue reliquit et octoginta libras ad emendos reditus ad opus capellani , ita tamen quod capellanus, quotienscumque mutabitur, tenebi fur jurare quod singulis annis cantabit unam missam pro Gaufrido , quondam hujus ecclesie decano et ejusdem Symonis avunculo, et pro predicto Symone in eadem missa specialem orationem dicet. » On voit encore, dans le Nécrologe de Saint-Père, que Symon de Bérou avait donné à cette abbaye la terre de Crossay, située à peu de distance de la ville de Chartres , et dont le monastère est resté en possession jusqu'en 1790.

Mais revenons à. notre chapelle et poursuivons nos fouilles. — Le sol qui entourait cette sépulture étant excessivement humide et imprégné de sels, on fut obligé de continuer les excavations et d'enlever une grande quantité de terre. On reconnut que ce terrain n'avait jamais été bouleversé comme celui de tant d'autres monuments religieux; il contenait de nombreux débris d'ossements humains , mêlés à des fragments de cercueils en bois et à des vestiges ou morceaux d'une grossière étoffe de laine brune tombant en détritus.

1 On trouve en effet dans le Nécrologe, au 15 des calendes de mars (15 février) : « Statutum est ut anniversarium Gaufridi , militis, patris Symonis de Bero, singulis annis in ecclesia ista celebraretur, ad cujus anniversarium assignai sunt unus modius annone et unus modius avene , ad valorem Loenii , in granariis episcopi. »

2 On lit dans le Nécrologe, à la date du 10 des calendes de mars (20 février) : « Statutum est etiam ut anniversarium Marie , matris Symonis de Bero , unnuatim, hac die, in ecclesia ista celebretur. »

Au dessous de la pierre tumulaire de Simon de Bérou, on découvrit bientôt un grand sarcophage en pierre, d'un seul morceau, sans aucun ornement, et recouvert, en guise de couvercle, par cinq ou six grosses pierres irrégulières el aon taillées. Ces pierres furent soulevées, et l'on put s'assurer que la sépulture du chanoine n'avait jamais été violée. Un écoulement déterre avait pénétré sur la partie supérieure du squelette et recouvrait complètement le crâne; mais les os des cuisses et des jamhes étaient encore assez Lien conservés et visibles; les pieds avaient disparu, un petit tas de poussière humide occupait leur place. Après avoir recherche avec le soin le plus respectueux si le cercueil contenait quelque objet en métal ou en bois, après s'être assuré qu'il n'y avait ni insigne, ni inscription, ni même de ces pots en terre avec de la braise, qui se rencontrent presque toujours dans les sépultures de cette époque, on replaça sur le sarcophage les pierres qui le recouvraient précédemment, et les restes de Simon de Bérou, qui ne furent point touchés, continuent à reposer sous la belle pierre qui a été replacée religieusement à son ancienne place. Il fut question un instant de mettre cette pierre debout contre un mur, afin de la préserver du frottement des pieds qui achèveront d'effacer l'effigie du chanoine; mais la chapelle n'étant plus aujourd'hui accessible au public et formant une sorte de sanctuaire où le prêtre seul pénètre, il est probable que l'image du noble el savant chanoine pourra se voir encore pendant de longues années, et l'impression qu'elle produit au-dessus des cendres de celui qu'elle représente étant ainsi plus profonde, on a cru devoir la laisser au lieu et place qu'elle occupe depuis plus de six siècles.

Passant maintenant à un autre ordre d'idées et de choses, m ms allons dire quelques mots sur l'ancienne décoration de la chapelle, et à cette occasion je ferai quelques réflexions sur l'ornementation des églises en général.

Les fenêtres, qui aujourd'hui n'ont plus que des vitres blanches, devaient être autrefois garnies de vitraux de couleur ou au moins de grisailles.

Les voûtes el les murs ayant été recouverts de plusieurs couches successives de badigeon, il était bien difficile de se formel' une idée du système d'ornementation des diverses parties de la construction. Depuis longtemps cependant, dans un endroit où le badigeon tonifiait en écailles, il me semblait aper-

cevoir une tète de perroquet montrant le bout de son bec à travers la peinture exfoliée, et mes yeux soupçonnaient au-dessous du badigeon la silhouette d'un oiseau. Aussi dès que les échafaudages furent dressés, je m'empressai de vérifier le fait. On enleva avec précaution le badigeon qui recouvrait ces anciennes peintures , et l'on put bientôt reconnaître avec évidence que les trois portions de la voûte qui sont au-dessus de l'autel avaient été décorées avec plus de soin que le reste de la chapelle.

Sur un fond blanc (voir la planche ci-jointe), on avait peint en gris pille des tiges et des branches très-fines, garnies de petites feuilles de même couleur et portant çà et là de petits bouquets de trois grains écarlates. Ces rinceaux tapissaient les voûtes et s'entrelaçaient autour d'un certain nombre de groupes de perroquets ou perruches, placés symétriquement 2 à 2, ou affrontés comme des oiseaux héraldiques. La couleur vive de leur plumage vert, leurs becs et leurs pattes rouges, les détachaient avec netteté sur le pâle feuiïlage que nous avons décrit. Cette décoration originale était complétée par un médaillon occupant le centre de chacune des trois voûtes. Il a été tout-à-fait impossible de distinguer ce que renfermaient ces médaillons : les enduits étaient tellement dégradés qu'il ne restait plus en cet endroit le moindre vestige , la moindre trace de dessins ni de figures. La forme des encadrements qui entouraient ces médaillons et le style des feuillages et des rinceaux me font croire que cette décoration, au-dessous de laquelle on en retrouvait deux autres beaucoup plus simples, avait été exécutée au XIVe siècle. Cette ornementation toute chamarrée de feuillages et d'oiseaux devait être l'imitation de ces étoffes d'Orient fort recherchées à cette époque. Tous les recueils d'archéologie nous offrent des dessins d'étoffes analogues, ornées d'oiseaux et notamment de perroquets. Un ancien inventaire de la cathédrale de Chartres fait même mention d'ornements en soie sur lesquels on voyait despapcgaits, comme on disait alors. Il est à regretter que cette décoration n'ait pu être conservée , toute incomplète et dégradée qu'elle fût. Mais les voûtes étaient tellement endommagées qu'il fallut refaire en entier les enduits et effacer les derniers vestiges de ces gracieux dessins.

La clef de voûte formée par un élégant rinceau de feuilles et de fruits de lierre sculptés dans la pierre , offrait des traces de

vermillon, de couleur verte et de dorure : à l'entrée de la chapelle , sur l'épaisseur des pieds-droits , à droite et à gauche , on apercevait les silhouettes à peine visibles de deux compositions : L'Annonciation et la Visitation, œuvres du XIV1, siècle.

J'ajouterai, pour être complet, quelques mots sur un autre genre de décoration extrêmement simple qui reparut non-seulement sous ces peintures, ainsi que nous l'avons dit, mais encore sur toutes les autres parties de la chapelle dès que le badigeon fut enlevé. Voici quelle était cette décoration. Les murs et les voûtes étaient d'abord peints en blanc ou en ocre jaune très-pâle, puis on figurait par dessus, des joints de pierre, avec des fdets d'ocre rouge si le mur était blanc , ou des filets blancs si le mur était jaunâtre. L'épaisseur des arcs qui surmontent les fenêtres, et l'épaisseur des arcs ogives de la voûte, offraient de plus quelques ornements fort simples, comme des rangées de perles ou de petites arcades en feston. Ce genre d'ornementation très-simple , très-économique , et cependant d'un effet agréable et monumental, a été fort usité pendant tout le Moyen-Age, non-seulement dans de modestes églises de village, mais encore dans des églises importantes et fort riches. L'église entière de l'abbaye de Saint-Père n'avait point d'autre décoration, comme on peut encore aujourd'hui s'en convaincre; on en trouve des vestiges dans une foule d'endroits de la nef et du chœur, à différentes hauteurs. L'église de Saint-Marlin-au-Val (aujourd'hui Saint-Brice), près de Chartres, nous en offre aussi des échantillons dans les bas-côtés en ruine qui entourent le chœur, et les ruines de l'église de Saint-Denis, à Nogent-le- Rotrou , nous montrent une belle application de ce système de décoration architecturale '.

J'insiste beaucoup à attirer l'attention sur la simplicité des moyens qu'employaient les artistes du Moyen-Age, parce qu'il sciait bien à désirer que le temps employé par nous à admirer

1 Deux siècles environ après cette première ornementation de la chapelle de la Conception , Christophe de la Chaussée , prieur et sacristain de L'abbaye de Saint-Père, voulut faire reconstruire à neuf cette chapelle. Nous avons les marchés qu'il passa à cet effet, le 8 novembre 1013, avec Jehan Bénardeau, maître maçon d'Orléans, et François Marchand, maître imager, demeurant aussi à Orléans. Ces marchés originaux , dont il est facile de comprendre tout L'intérêt, ont été publiés in extenso par M. Luc Merlet dans les Archives de l'Art français, Documents, T. IV, p. 387 et suiv.

les monuments de cette époque ne fût pas sacrifié entièrement à la vaine et stérile satisfaction de contempler de belles choses. Tâchons aussi de tirer quelques renseignements utiles de l'étude de ces monuments, surtout si nous voulons les mettre à profit pour la restauration d'anciens édifices , ou la décoration des églises. L'engouement outré que l'on a aujourd'hui pour les productions du Moyen-Age nous porte à exagérer l'emploi des couleurs brillantes et de l'or dans la décoration actuelle des monuments religieux. L'examen attentif des édifices anciens nous montrera souvent combien , au contraire , on était ordinairement sobre et réservé dans l'ornementation des murs et des fenêtres. Presque toutes les églises antérieures au XVIe siècle nous offrent des traces de coloration sur diverses parties de l'architecture et de la sculpture : ce sont des documents précieux qui nous révèlent l'ancienne richesse de la décoration de ces monuments. Cependant cette richesse n'était point prodiguée d'une manière insensée : ce n'était que dans quelques édifices privilégiés, comme des chapelles princières ou royales, dans quelque sanctuaire en grande vénération, que l'or, l'azur, le vermillon et les couleurs les plus vives étaient employés sans épargne et même avec une prodigalité surprenante. Le vulgaire, ébloui par cet éclat merveilleux de certaines œuvres du Moyen- Age, s'est figuré qu'il en avait été ainsi partout et toujours : si bien qu'aujourd'hui, en quelque endroit de la France que l'on aille , on voit les murs des églises ( sous prétexte de retour aux anciens usages) disparaître sous un vêtement étincelant d'or et de couleurs éblouissantes : j'avoue que, pour ma part, loin de trouver en cela une preuve de bon goût, je déplore que les recherches de la science ne conduisent qu'à une imitation si mal comprise de l'harmonieuse et sage ornementation des époques reculées. Les productions des arts à ces époques anciennes avaient quelque chose de spontané et de naturel, quelque chose de vrai qui doit avant tout attirer notre attention et nous préoccuper dans nos études. Au lieu d'imiter au hasard et sans discernement telle ou telle forme matérielle prise clans un monument ancien ou même un monument ancien , ne serait-il pas à désirer que l'on se pénétrât profondément , par l'étude et par la réflexion , de l'esprit et des idées qui guidaient la main de ces artistes et leur faisaient produire de si belles œuvres ? Ce serait, il me semble, le moyen de faire encore aujourd'hui quel-

que chose d'original et de naturel, et de sortir de l'ornière et de la routine d'une imitation servile et si souvent maladroite !

Que l'un de nous se transporte en imagination dans ces époques reculées, qu'il se figure rencontrer sur les bords de l'Eure ou dans quelque promenade solitaire, le ma/ttre des œwwes de la cathédrale de Chartres, méditant le plan du bel ouvrage qu'il nous a laissé à admirer, qu'il l'interroge; que va lui répondre le grand et religieux architecte ? Croyez-vous qu'il lui dise : J'ai vu dans mes voyages, à Paris, ou à Sens, ou ailleurs, une église magnifique : je songe à la reproduire ici et à l'imiter pour remplacer celle qui vient d'être détruite par le feu. — Non. Ce n'est pas ainsi que lui aurait répondu le savant artiste : dans ce cas, en effet, au lieu du divin monument qui s'élève au milieu de notre ville, nous n'aurions eu qu'une fade et insipide imitation d'un édifice du Xlle siècle ou de quelque époque antérieure. Savez-vous quelle sera la réponse de ce savant rryabçon ; Vous allez certainement sourire, vous allez me trouver bien hardi et bien téméraire si je vous dis que je la connais cette réponse. Quelle est-elle donc? Notre constructeur sublime (par quelle fatalité son nom est-il enseveli dans l'oubli !), tiré de ses méditations profondes et de ses contemplations idéales, fera cette simple réponse à son interlocuteur :

Quid verum atque decens euro et rogo, et omnis in hoc swn *.

L'étude de ce qui est vrai et de ce qui est cowoendble, voilà en effet ce qui seulement doit nous préoccuper dans toute question d'art. Un autre écrivain du plus grand mérite, que notre artiste avait certainement appris aussi à connaître dans les écoles qu'il avait fréquentées dans son enfance (peut-être en l'abbaye même de Saint -Père), lui avait encore inculqué ce principe qu'il nous invite à ne jamais oublier : Caput artis decere 2, « La convenance est la tête de l'art. »

Faisons notre profit de ces axiomes antiques, que je me permets de mettre dans la bouche du constructeur de l'un des plus beaux édifices que nous ait légués le Moyen-Age. Employons tous

1 Ilorat., epist., 1,1.

s Cicero, de oratore, I, xxix.

nos efforts pour que notre goût, au lieu de se laisser entraîner par les idées frivoles el éphémères de la mode, ne s'éloigne jamais de la route du bon sens et de ce qui est convenable. Ne croyons pas cependant que cela soit chose facile, et que l'on puisse faire, sans travail et sans instruction, quelque chose de bon et de beau , quelque chose qui puisse pendant de longues années exciter l'admiration. Le dernier écrivain , dont je viens d'invoquer le témoignage et dont le jugement et l'expérience, en fait de beaux-arts comme en fait de belles-lettres, ont la plus grande autorité , nous avertit que rien n'est plus difficile à connaître que cette convenance, point capital de l'art: Nihil est ili/Jiri/iùs quam qu/id dcceat videre '.

1 Cicero, orator, xxn.

P. Durand, del .

Chromolilh Hanéard-MauÇe a Pans

E Beau Lith .

Page 1