‹ Note sur la charpente en fer du Marché de la MadeleineChapitre 2 sur 2 · CHARPENTE EN PER · texte numérisé non relu

CHARPENTE EN PER

fait pénétrer également dans le vide des deux colonnes , et que l’on fixe ensuite au moyen de quatre goupilles rivées , fig. 8 et 9.

Le comble de la nef a i"*.8o de montée pour iî“.oo de longueur ; les arbalétriers ont o"'.o6y sur o”.oi 3 , ils sont en fer forgé , et ne comportent d’autre ajustement qu’un tenon rapporté 1 5 , vers leur extrémité inférieure, et disposé pour s’emboîter dans la mortaise pratiquée à l’extrémité de l’entrait. Cette réunion de l’arbalétrier à l’entrait fait que l’effort d’écartement , produit par la poussée des arbalétriers , agit directement sur l’entrait au moyen, d’une clavette, et sans l’intermédiaire de la fonte de la colonne , qui porte au-dessus de son chapiteau deux oreilles , entre lesquelles viennent se loger ces deux pièces , et ne sert plus ainsi que de support. Cependant la clavfette traverse les deux oreilles dont on vient de parler, afin que l’entrait relie en même temps les têtes des deux colonnes d’une même ferme.

A leur partie supérieure les deux arbalétriers d’une même ferme viennent s’engager entre les oreilles opposées d’une pièce en fonte préparée pour les recevoir ,^/Σ. 4» i 3 et aa ; elles y sont fixées par des goupilles.

Les contre-fiches de o“.o 54 sur o™.oi 3 partent du milieu des arbalétriers et aboutissent au pied du poinçon principal , fig. i, y et i i ; de sorte que celle qui se rattache à un des pans du toit est parallèle à l’arbalétrier du pan opposé. Au point de jonction de l’arbalétrier et de la contre-fiche, aboutit un faux poinçon en fer forgé; on relie ces trois pièces entre elles au moyen de deux oreilles adaptées à la partie supérieure du faux poinçon et goupillées à l’aibalétrier. A leurs extrémités inférieures les deux contre-fiches viennent s’emboîter, fig. 10, dans un sabot en fer forgé , qui reçoit en même temps le pied du poinçon, et se trouve traversé par l’entrait.

L’entrait est en fer rond, de o m .0»8 de diamètre,

6 MÉMOIRES ET 0OCDM£NTS.

fig. i, 10, 1 1 et 12 ; il n’exige d’autre travail que celui qu’entraîne l’exécution des xüortaises ouvertes, par lesquelles il se termine comme on l’a vu précédemment.

Les poinçons sont en fer rond , de o m .oi 8 de diamètre, fig. i, y, to, ii et ta. Celui du milieu pénètre à sa partie supérieure dans une douille adaptée à la pièce de fonte qui reçoit les arbalétriers, fig. 4. A sa partie inférieure il s’assemble , comme on l’a vu , dans le sabot en fer forgé placé à la jonction des contre-fiches. On a vu comment les poinçons latéraux sont fixés du haut : du bas ils sont reliés à l’entrait par des croupières qui embrassent cet entrait et auxquelles ils sont goupillés. D’après cela ces divers poinçons ne comportent que le travail nécessaire pour faire les assemblages à leurs abouts.

Le faîte a la même dimension que les arbalétriers ; il est fixé à chaque ferme au moyen des oreilles adaptées à la même pièce en fonte qui reçoit les parties supérieures des arbalétriers: des goupilles en fer forgé, traversant à la fois les deux oreilles en fonte et le faîte, établissent la liaison entre ces pièces.

Les pannes sont fixées sur les arbalétriers au moyen d'anneaux en fonte qui embrassent les arbalétriers, fig. 5 , et qui portent latéralement des mortaises ouvertes du haut, et dans lesquelles s’engagent les abouts de ces pannes. La panne inférieure fait seule exception à cette règle ; elle est recourbée à ses extrémités, et fixée par un rivet aux abouts des deux arbalétriers quelle relie.

Les chevrons qui soutiennent la couverture dans les vides que laissent les pannes et les arbalétriers, ont o m .oi 35 de grosseur en quarré ; ils s’assemblent à miépaisseur sur les pannes et sur le faîte ; mais sur celui-ci ils sont disposés à queue d’ardnde , yîg. 19 , afin qu’ils ne puissent glisser ; leur écartement est de i m .oo.

Ils sont croisés perpendiculairement par des traverses de pii -grosseur , espacées de o ™. 34 les unes des autres, et

servant à retenir lés ardoises en zinc qui forment la couverture . A cet effet on a soud é , sous les ardoises , et à o™ . 1 o de leur extrémité inférieure , deux crochets qui embrassant ces fausses pannes, fixent les ardoises delà manière la plus solide sur le treillis qui les supporte , fig. 2 1 .

Les^armatures qui relient les colonnes dans le sens de l’axe sont formées chacune, comme on l’a vu, de deux pièces, l’une horizontale, l’autre arquée, de o ra .35 de flèche , reliées par des bagues qui les rendent solidaires au moyen de rivets , traversant à la fois les deux branches des bagues , et les pièces droites et courbes. Ces pièces ont o m .o54 sur o m .oi3 , elles s’adaptent aux colonnes au moyen d’oreilles en fonte, qui , comme toutes celles que nous avons décrites, ont o m .o , j 2 de longueur, et o m .oi3 d’épaisseur.

Tout l’artifice de la charpente que nous venons de décrire consiste , comme on le voit , à réduire autant que possible le travail du fer forgé, en exécutant en fonte toutes les pièces d’assemblage. On gagne ainsi non-seulement une grande partie de la main-d’œuvre , mais encore tout le déchet qu’éprouve le fer lorsqu’il faut le travailler à la forge pour façonner les assemblages.

On remarquera encore que les dimensions et les formes des différentes pièces ont été choisies de telle sorte que leur résistance soit la plus grande possible pour la destination qu’elles avaient à remplir. Ainsi les pièces chargées sont méplates , et ont leur champ perpendiculaire à la direction de l’effort quelles supportent , tandis que celles qui tirent sont rondes.

Aussi la vue de cet édifice, satisfait-elle à la fois la raison et le goût , tant par l’apparence de solidité bien entendue qu’il présente à l’œil que par son élégance et sa légèreté.

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