Guillermond, Archiv. f. Protistenk
A. DAIN6EARD. - STRUCTURE DU CHROMATIUM OKENII. 295
Bactériacées dérivent des Flagellés; In ressemblance qui existe entre l'appareil locomoteur dans les deux qroupes vient donner une ç/rande force aux raisons déjà invoquées en faveur de celte descendance.
On peut avancer avec une quasi-certitude que les Bactériacées n’ont aucune relation de parenté avec les Ascomycètes : nous croyons personnellement qu’il s’agit d’un groupement monophylétique dans lequel une diminution de grosseur et une dégradation du contenu cellulaire nous conduisent aux espèces ultramicroscopiques, alors qu’un perfectionnement du à la production de pigments variés et finalement de chlorophylle conduit aux Cyanophycées.
Nous arrivons ainsi à la discussion sur la présence ou l’absence de novau chez les Bactériacées.
Voici comment on peut s’expliquer la structure des Bactériacées dans sa ressemblance avec celle des Cyanophycées.
L’organisme flagellé a transmis à la Bactérie son organisation générale : protoplasma et noyau: ce dernier a même conservé tout d’abord ses relations ordinaires avec l’appareil locomoteur. Parmi les Flagellés — et j’aurai par ailleurs l’occasion de traiter ce sujet en détail — la structure du noyau et son mode de division varient beaucoup; on y rencontre la téléomitose, l’haplomitose et la division directe‘. Le « corps central » des Chrnmalium , qui ressemble d’autre part d’une manière si frappante à celui des Cyanophycées, possède quelques-uns des caractères des noyaux se divisant par haplomitose. En tout cas, il est impossible d’attribuer à ces formations la valeur d’un noyau véritable chez les Cyanophycées, si on refuse cette signification au même
élément chez le Chromatium Okenii.
Pour interpréter les faits actuellement connus, nous sommes disposé à admettre que certaines Bactériacées possèdent encore un noyau véritable qui leur vient des Flagellés et qu elles ont transmis sans grande modification aux Cyanophycées; ce noyau par contre a perdu ses principaux caractères, s’est désagrégé pour ainsi dire dans la plupart des autres Bactéries.
1. Danoeard (P. A.), Recherches sur les Euylénicns (Le Botaniste, 8 r Série, p. 233-248).