‹ Note sur le chateau de Saint-FloretChapitre 2 sur 9 · partie du château; par ce fait, qui ne lui importe guère, de · texte numérisé non relu

partie du château; par ce fait, qui ne lui importe guère, de

son propre aveu il prépare une destruction totale de l'édifice, qu'il était possible de sauver à peu de frais.

Ce bâtiment, intact, comme je l'ai dit, du château de Saint-Floret , contient, 1° des caves voûtées, remplies de foudres et de futailles, dont je n'ai pu me procurer la clef, le propriétaire n'habitant pas le village, 2° la salle, ou grande salle, qui est le véritable objet de cette note et qui forme le rez-de-chaussée ou plutôt le premier étage actuel; 3° une autre salle, au deuxième étage, à laquelle on accède maintenant par des escaliers extérieurs: cette salle, dont la voûte est portée par des arêtiers plats, nue, dégradée, présente les mêmes proportions que la salle inférieure; 4° une terrasse flanguée, aux angles nord-est et sud-est, de tourelles en encorbellement, couvertes en forme de poivrières est maintenant plantée d'une vigne en plein rapport, d'arbres

fruitiers d’une belle venue, et d'un énorme massif de buis, arbuste dont la croissance est lente, comme on sait. Plus de deux mètres de terre végétale couvrent cette terrasse, qui produit le revenu le plus clair de toute la propriété.

Le deuxième étage est envahi par d ' innombrables pigeons, et le premier sert d'aire à battre les grains.

Des paliers irréguliers, et découpés dans le rocher, conduisent à la salle du premier étage, dans laquelle on pénètre par une petite porte en ogive surbaissée, pratiquée à l'angle sud-ouest. Cette salle est carrée; chaque côte' mesure 9m, 60; la hauteur, sous la clef de voûte, est également de 9m, 60. Les murs, de deux mètres d'épaisseur, offrent un bel appareil. Douze nervures portent ces voûtes et s'appuient sur ries consoles à figures. Je n'analyserai pas ces sculptures, que mes dessins feront connaître mieux que toute description. On y trouve un évêque mitré, une femme échevelée et couronnée, un lion, un veau, des groupes et des têtes d'animaux fantastiques, une femme enveloppée d'une cornette, un chien, un oiseau. Ses nervures et les consoles étaient coloriées (fig. 6). Les voûtes paraissent blanches avec un semis d'astéries et d'étoiles en argent à huit pointes. L'incoloration de la voûte ne me semble pas prouvée; plus d'une fois j'ai rencontré de grandes surfaces peintes en bleu, et totalement altérées; l'enduit était tombé sans laisser trace de la coloration; il suffit d'un apprêt mal exécuté pour

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produire ce résultat. Mais je n'insiste pas pour la voûte de Saint-Floret, le "bleu étant absent de la tonalité generale.

Les moulures et les sculptures présentent une execution ferme et même savante, qui ne peut être méconnue, maigre les dégradations chaque jour renouvelées,

La salle était ainsi éclairée: au nord, deux fenêtres percées en quatre-feuilles; à l'est, une fenêtre semblable et aeux fenêtres basses garnies de bancs latéraux; au sud, deux fenêtres en quatrefeu illes et une fenêtre centrale, à demi cintrée et atteignant le formeret de la voûte; à l'ouest, aucune baie n'est ouverte, le mur s'appuyant sur le rocher,

La cheminée est au centre de la paroi nord, presque en face de la porte d'entre/e.

Moulures, baies, nervures, sculpture des consoles, tout,

dans la grande salle du château de Saint-Floret, indique

l'art élégant de la fin due XIII siècle. Voilà pour l'architecture ,

La peinture est bien autrement importante.

J'espère démontrer que celle-ci, presque contemporaine de la construction du château, n'est pas postérieure aux premières années du XIVe siècle, et qu'elle fournit pour l'histoire du costume militaire des éléments curieux et peutêtre inconnus.

Avec l'aide des dessins, on se rendra compte de la dis-

position des tableaux

Avant tout, c'est la représentation, 1 ' illustration , comme on dirait aujourd'hui, de l’un des nombreux romans de la Table ronde. Mais lequel? Celui-ci est en prose, indubitablement. D'autres, plus habiles que moi, le reconnaîtront et le. nommeront certainement , après avoir étudié les textes encore lisibles que j'ai pu reproduire. Par malheur, je n'ai recueilli que dix-sept légendes, incomplètes pour la plupart, ce qui produit à peine la moitié des textes inscrits sous les tableaux de la région supérieure, équivalant à plus de cent vingt mètres de développement; j'ai dû abandonner la lecture des quatorze lignes de la légende écrite au-des-sous des tableaux inférieurs et produisant près de six cents mètres de texte.

L'ensemble de la décoration de la salle comprenait environ quarante tableaux. Je n'ai pu en reproduire que treize, les murs est et ouest étant totalement éraillés et dépourvus d'enduits.

Le mur nord a conservé neuf tableaux. Dans tous, les chevaliers combattent avec une énergie remarquable. J'insisterai même sur la vigueur des mouvements, peu habituelle à ces époques, si l'on en juge par certaines miniatures contemporaines des peintures de Saint-Flore t. Ici tous les personnages sont de grandeur naturelles, proportion qui permet des développements plus positifs, en même temps qu'elle réclame une science plus exacte de la forme. Le trait est

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sûr, sans repentirs, presque magistral à force de simplicité. Certes le peintre connaissait à fond les allures militaires de son temps. En l'absence de visages, on ne peut le juger sur l'expression qui, dans ce cas, ne s'exprime que par la justesse du geste, mais, dans les quelques têtes conservées, on ne peut nier un sentiment vrai de la situation représentée. Sous les cavaliers sont bien en selle; les montures, malgré leur ressemblance avec les chevaux de bois des fêtes foraines, prennent leur part du combat; les combattants, désarçonnés ou renversés, tombent bien dans l'attitude qui convient. Le paysage est un peu naïf, je l'avoue, si les cinq chênes alignés représentent la forêt périlleuse dont parle le texte, pourtant ne soyons pas trop sévères: trois cents ans plus tard, deux lances croisées au fond du théâtre, présentent l'image d'un combat dans les drames de Shakespeare. Les chênes valent les lances.

Mais je parle de l'art, et ces peintures, que j'estime très-précieuses, ont encore d'autres titres à notre intérêt, elles peuvent être de la plus grande utilité pour l'histoire des costumes en France.

Dans les peintures que j'ai découvertes, en 1849, au château de Cindré (Allier), et qui ont été reproduites par la gravure dans le Bulletin du comité historique des arts et monuments . tome III, année 1852, et dans plusieurs autres

publications consacrées aux arts et à l'archéologie, j'ai

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montre un tournoi datant probablement du milieu du XIIIe siècle. Tous, vêtus de l'habit de mailles, les cavaliers sont coiffes de casques de cuivre ou de fer, carrés, lourds et présentant de larges surfaces aux coups. A Saint— Floret , les casques n'ont plus cette forme rigide du métal, cuivre ou fer; ils semblent en cuir bouilli, matelassés ou capitonnés en dedans, arrondis à l'extérieur afin de laisser glisser les masses d'armes et les estafilades des épées. Ces casques, ainsi taillés, déchiquetés, donnèrent naissance aux hachements, aux lambrequins, qui plus tard devinrent d'importants ornements héraldiques. Je n'affirme rien, mais je produis cette hypothèse en me réservant de l'étudier dans un temps prochain.

A côté du lourd habit de mailles, usité pendant le XIIIe siècle, apparaissent des armures de fer ou de cuivre, articulées et bien moins pesantes que celles qui étaient en usage au temps de Louis IX ou saint. Louis. Les exemples de ces modifications du costume militaire sont peu communs et présentent un intérêt des plus évidents. Le cimier couronnant le casque du chevalier qui porte sur son écu parti d'argent et de sable, ainsi que la têtière de son cheval, prend la forme d'un éventail aux mêmes couleurs, il est semblable à celui qui se voit sur le sceau de Hugo de Chastillon (1)

en 1299, Ce renseignement fournit une date certaine aux

(1) Voir les Éléments de paléographie, par M. de Wailly, t. II, p. 50.

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peintures de Saint-Floret •

Les blasons méritent-ils une étude sérieuse? Je ne le pense pas. L'argent est le seul métal employé. Peut-être n'est-il que de l'or décoloré.

Je n'entrerai pas dans le détail des scènes représentées cette tâche serait trop difficile en l'absence de noms pour désigner les personnages. Les tableaux sont divisés en deux zones, supérieure et inférieure, séparées par une légende en trois lignes et par une bordure ou frise de consoles simulées d'un caractère étrange. Ornements et lettres s'étendaient autour de toute la salle, même sur les retombées des voûtes et les égouts des fenêtres. Au-dessous de la zone inférieure, une longue légende, en quatorze lignes de lettres inscrites sur des portées rouges, expliquait les derniers tableaux, même en enveloppant les consoles, et produisait ce long texte dont j'ai déjà parlé, à peu près détruit aujourd'hui et désormais illisible, perte regrettable assurément, car cette légende devait contenir le sujet du roman, sinon le roman tout entier.

Les inscriptions sont bien mieux conservées au-dessous de la zone supérieure, mais le sens y est parfois interrompu. Je les ai toutes reproduites au bas des tableaux, qu'elles n'expliquent pas toujours.

Les soubassements des murs, jusqu'à la hauteur des consoles, sont décorés de joints et refends d'appareil, blancs

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sur un fond couleur marron d'Inde,

L'importance des peintures qui j'ai recueillies dans le château de Saint-Floret ne saurait être douteuse; cependant elle sera plus évidente lorsque j'aurai termine la reproduction de toutes les parties retrouvées et que tous les textes seront rassemblés. Je prie donc mes bienveillants auditeurs de ne considérer la présente note que comme un rapport verbal, n'ayant d'autre but que d'expliquer rapidement les quelques dessins achevés que Son Exc, M, le Ministre de 1* instruction publique et des cultes a désiré voir exposés dans cette enceinte, à l'occasion de la réunion des délégués des sociétés savantes.

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légendes Qui Se Lisent Au-Dessous Des Tableaux De La Région Supérieure De La Grande Salle.

Nota.- On commence par l’angle nord-ouest.

ITo. 1. Paroi nord. Angle nord-ouest. Face à gauche de la fenêtre.

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