RAPPORT
M LA CORTIRaICI
ioModiée toUle.
^^ La dépense effectuée en 1 899 pour rentretien des garde-feu s*élève à 6,977 francs dans le département de la Gironde et à 3,907 francs dans le département des Landes.
Si l'on adoptait pour ces forêts les mêmes mesures de préservation que pour les forêts domaniales, la perte annuelle serait réduite dans une forte proportion.
État des peuplements. — Aménagements. — Bien que
les forêts des dunes ne présentent pas, en général, une aussi belle végétation que les massifs situés dans la lande, on a obtenu, cependant, conformément aux prévisions de Brémontier et de ses contemporains, des peuplements très suffisamment productifs.
Ainsi qu'on peut s'en assurer par l'examen des semis qui se sont développés à la suite d'incendies ou de coupes d'ensemencement, la nouvelle génération sera supérieure à celle qui existe aujourd'hui. Les jeunes pins maritimes végètent dans de meilleures conditions que ceux qui les ont précédés, et ils seront activés dans leur croissance par des éclaircies, fortes et fréquentes, faites en temps utile; ces dernières opérations auront aussi pour effet d'empêcher le contact des racines des arbres voisins et de mettre ainsi obstacle au développement de la «r maladie du rond d.
De plus, le sol s'améliore constamment par les aiguilles de pin et les débris d'exploitation qui se transforment en terreau.
Dans la lande, le pin maritime, dont la longévité est de cent cinquante ans, atteint 20 à 26 mètres de hauteur, et le grossissement moyen annuel, mesuré à soixante ans, est de o m. 02 5. Dans les dunes, la hauteur s'abaisse à 10 ou 1 s mètres, et l'âge des arbres est indiqué par le double de la circonférence mesurée en centimètres à 1 m. 3 du sol; la longévité paraît décroître à quatrevingts ans environ. Mais la fructification est extrêmement abondante à partir de l'âge de quinze ans; la production résineuse augmente en avançant vers l'ouest, et la richesse en essence de cette résine est supérieure de 2 5 p. 100 à celle de la lande.
Les forêts des dunes ont été divisées en séries dirigées suivant la direction nord-sud, c'est-à-dire à peu près parallèlement au littoral.
Les révolutious adoptées sont celles de soixante-dix ans avec ik périodes de cinq ans, soixante-douze ans avec is périodes de six ans, soixante-quinze ans avec i5 périodes de cinq ans, et quatre-vingts ans avec 1 6 périodes de cinq ans.
Pendant la durée de chaque période , les affectations sont parcourues par des coupes d'amélioration par gemmage à mort, avec gemmage à vie, et par des éclaircies sans gemmage. L'affectation la plus âgée est régénérée par coupe à blanc étoc précédée d'un gemmage à mort.
Lorsque la durée des périodes est de six ans, les exploitations consécutives sont séparées par une année de repos.
Dans un certain nombre de forêts, la révolution définitive est précédée par une révolution transitoire, qui est le plus souvent différente pour chaque série.
Gîeininage. — Des ventes de produits résineux ont eu lieu à la Teste à partir de 1 8 1 3 , pendant plusieurs années consécutives. L'adjudication du 3 juin 1 8 1 8 a donné les résultats suivants :
3oo kilogrammes de gaiipot, vendus 8 fr. 76 les 100 livres, soit Ss fr. 5o;
5 barriques de térëbenthine , vendues &8 francs la barrique , soit s&o francs;
3,o&6 kilogrammes de barras, vendus & fr. 30 les 100 livres, soit 289 fr. 37 ;
17 barriques de résine molle, vendues i3 fr. 76 la barrique, soit 333 fr. 78;
Plus le dëcime et 36 francs pour frais d'adjudication.
Dans les autres massif, les exploitations n'ont produit longtemps que les bois nécessaires aux travaux de fixation, mais en 1839, par ordonnance du 3 1 janvier, l'Administration des eaux et forêts a été cr autorisée à mettre en adjudication la résine à extraire des 7,5/10 hectares de dunes boisées, déjà soumises au régime forestier et des autres portions des mêmes dunes qui lui seront ultérieurement remises par l'Administration des ponts et chaussées?).
La gemme provenant surtout des canaux longitudinaux des couches récentes, on est conduit à pratiquer, pour son extraction, des entailles aussi larges et aussi profondes que le permettent la vie de l'arbre et la possibilité d'un prompt recouvrement de la plaie. La hauteur est sans importance au point de vue du rendement; elle est limitée par l'habileté du résinier.
Dans les forêts soumises au régime forestier, le gemmage à vie est pratiqué sur les pins ayant au moins i m. i o de circonférence à 1 m. 3o du sol. De plus, l'expérience a permis de reconnaître que les quatre années de gemmage à mort, correspondant à la durée d'une exploitation, sont insuffisantes pour permettre d'extraire la totalité de la résine produite par les arbres de dimensions moyennes. Pour ce motif, il est utile de gemmer à une quarre, pendant une période de cinq ans, les pins ayant au moins om. 90 de tour, et destinés à disparaître, après gemmage à mort, à la fin de la période suivante.
Les arbres à vie sont gemmés à une seule quarre commencée au-dessus du collet de la racine et élevée de o m. 55 pendant la première année, de o m. 75 pendant chacune des trois années suivantes, et 1 mètre pendant la dernière année.
La largeur ne peut excéder m. 09 dans la partie inférieure de l'arbre et o m. 08 au-dessus de la quarre de la troisième année.
La profondeur ne peut excéder o m. 1 , mesure prise sous corde tendue d'un bord à l'autre de l'entaille, à la naissance inférieure de la partie rouge de l'écorce.
Les quarres successives sont disposées, autant que possible, aux extrémités de deux diamètres rectangulaires.
La production de la résine dépend des dimensions en largeur et en profondeur de la quarre, c'est-à-dire du nombre des vaisseaux résinifères tranchées, et aussi des conditions de la végétation des arbres. Il est donc possible que des entailles deom. oSàom.oy de largeur et de m. 008 de profondeur donnent le même rendo*
ment que les incisions actuelles de o m. 09 à o m. 08 de largeur sur o m. 1 de profondeur. La hauteur des quarres pourrait être aussi réduite de 3 m. 80 à 3 mètres.
Emplois de la résine. — L'unité de vente de la gemme est la barrique de s 35 litres dans la Gironde et la barrique de 3 ho litres dans les Landes.
Une barrique de â35 litres produit 5o kilogrammes d'essence de térébenthine et 160 kilogrammes de matières sèches.
D'une façon générale, on peut dire que les produits fabriqués immédiate^ ment tendent à se réduire, d'une part à Tessence de térébenthine, d'autre part aux colophanes et aux brais divers : brai sec, brai clair, brai demi-clair, brai noir, etc.; un certain nombre dWnes y joignent le brai gras. Déjà les pâtes de térébenthine, les pAtes de Venise ont disparu; la pâte de térébenthine à la chaudière n'est fabriquée que dans quelques usines. La résine jaune se pré* pare encore, mais la production diminue d'importance d'année en année. Beaucoup d'usines ne fabriquent plus les goudrons, noirs de fumée, etc., mais vendent leurs déchets à des fabricants spéciaux. On produit encore sur certains points des huiles pyrogénées.
Les produits obtenus dans d'autres usines avec ces produits directs sont très nombreux :
Couleurs à l'huile, vernis à l'alcool, vernis à l'essence, vernis gras, enduits, cirages de toutes sortes, mastics, industrie des cuirs vernis;
Savons, stéarines, bougies, paraffine, etc.;
Torches de résine, cires à cacheter, collage du papier;
Brai de marine, goudron, poix, calfatage des navires, noir de fumée, in-« jection des bois;
Huiles pyrogénées, graisse végétale ou graisse de résine pour machines, encres d'imprimerie» encres lithographiques , crayons ;
Industrie du dégraissage , huiles vestimentales ;
Industrie du caoutchouc, vêtements caoutchoutés ;
Soudure de certains métaux, emploi du plomb;
Médecine, pharmacie, art vétérinaire (^).
(^^ 1893. Note de M. du Ghatenet, inspecteur des eaux et forêts à Ghâteaurour,
Débit du pin maritime. — Le gemmage cause dans la croissance du pin un ralentissement assez sensible , mais cependant on observe parfois que des arbres arrêtés dans leur croissance se développent après quatre ou cinq ans de résinage, ce qui parait être la conséquence de la diminution de pression de l'écorce. Cette opération donne au bois une dureté et une durée supérieures à celles du pin non gemmé.
Cette modiBcation se manifeste non seulement dans la partie gemmée directement, mais aussi dans la partie de la tige supérieure à celle où sont pratiquées les quarres; elle s'étend à l'aubier.
L'avis général est que le pin gemmé est préférable pour les parquets, la charpente, les traverses, les madriers, etc.; le pin non gemmé s'emploie pour les poteaux télégraphiques, les étais de mines et les planches pour caisses d'emballage.
Pour avoir toute sa qualité , le bois de pin ne doit pas avoir été gemmé trop longtemps; des bois gemmés à mort pendant trois ou quatre ans seulement sont préférés à ceux qui ont été gemmés à vie pendant vingt-cinq ou trente ans, parce que ces derniers se piquent parfois.
En 1874, on a établi dans divers cantonnements, à titre d'expérience, 100 mètres de palissade comprenant, par tiers, des planches provenant de la partie de l'arbre gemmée directement (n° 1), de la partie de la tige supérieure à celle où sont pratiquées les quarres (n** 2), et, enfin, d'arbres n'ayant jamais été gemmés (n-3).
Les planches avaient 1 m. 60 de longueur, m. o3 d'épaisseur, m. 1*8 à m. 22 de largeur, et elles étaient séparées par des intervalles de m. 02.
Elles étaient disposées dans l'ordre suivant : n*** 1, 2, 3, 1,3,3, etc.
Il a été rendu compte chaque année de l'état de la palissade, de 1875 à 1881 inclusivement.
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Dans chaque cantonnement les planches sont mentionnées cidessous par ordre de durée :
Cantonnement de Parenlis, n® s, n*" i, n° 3.
Cantonnement de la Teste, n^ i, n"" s, n'^ 3. Cantonnement d'Ares, n"* i, n** 3, n** a.
Cantonnement de Lacanau, n"" t, n""* a et 3 (durée égale). Cantonnement de Lesparre, n° i, n° s, n"" 3.
Ces observations sont peu concluantes, mais il faut remarquer que les bois expérimentés étaient soumis seulement aux influences atmosphériques et non à l'ensemble des causes ordinaires de détérioration.
Les billes de o m. ao de diamètre et au-dessous peuvent être débitées en barres pour soutenir les fonds des barriques, en douelles pour barriques à brai, en étais de mines bruts sous écorce pour l'Angleterre, en étais écorcés pour les mines françaises, en bois sciés pour les mines françaises et portugaises.
Les longueurs des étais sont extrêmement variables. Lorsqu'ils sont écorcés, ils se vendent au mètre courant. Pour les bois non écorcés, l'unité de vente est ]a tonne anglaise de i,oi6 kilogrammes, soit 20 quintaux de 1 12 livres, valant chacune /i53 gr. SgS; petit diamètre : o m. 08 à o m. 35; longueur : 2 mètres à û mètres.
De m. 20 à o m. 2 5 de diamètre, et au delà s'il y a lieu, les billes peuvent être débitées en madriers pour pavés; la longueur de ces madriers est un multiple de o m. 1 52 ou de m. 180; l'épaisseur est de m. 08 et la largeur de o m. i5 à m. 20.
De o m. 2 5 et au-dessus de diamètre, les tiges des arbres se transforment habituellement en traverses de 2 m. 5o à 2 m. 80 de longueur, de o m. 20 à m. 3 o de largeur, et de m. 18 à m. 16 d'épaisseur. Ces arbres peuvent aussi fournir, amsi que ceux de la classe précédente, des planches de toutes longueurs et de toutes largeurs, sur o m. o3 d'épaisseur. La longueur la plus usitée est celle de 2 m. 33, et la largeur celle de m. 2/1.
On fabrique aussi les produits ci-après :
Poteaux télégraphiques. — Longueur : 7 à ta mètres; diamètre à 1 mètre de la base sous écorce :om. i5àom. 35 suivant la longueur; diamètre au sommet sous écorce : o m. 10.
Bois pour pilotis, — Toutes longueurs; circonférence au petit bout : 1 mètre.
Planches pour caisses Remballage, — Longueur : 3 mètres h s m. 33; largeur : m. 30 à m. 3o; épaisseur : o m. 01 à o m. os.
Bois p<mr parquets. •-* Longueur variable; largeur : o m. 08 à o m. i5; épaisseur : m. 037.
SoUves. — Longueur : h partir de 3 mètres; équarrissage : m. 18 à o m. 30 X o m. 10 à o m. 13.
Grosse charpente. — Longueur : à partir de U mètres; équarrissage : o m. 35 à m. 33 X o m. 18 à m. 30*
Le charbon se vend à la charge comprenant dix barriques de 3 00 litres. On pense généralement que la chaleur et la fumée des fourneaux sont favorables au développement de divers champignons ; c^est pour ce motif que Ton prescrit d'entourer les charbonnières de fossés de 1 m. 5o d'ouverture, sur o m. 80 de profondeur et o m. 1 5 de largeur au fond.
Fahurdes. — Bois fendus en deux ou en quatre, écorcés. Longueur: i m. i&; autres dimensions : m. lA et o m. 07.
EscorUs. — Bûches de 1 mètre de longueur, fendues en prisme triangulaire de o m. 1 3 de côté. Deux piles juxtaposées de 65 bAches chacune forment Tunité de vente, le «rquas^ï.
Bois de chauffage ordinaire. — Longueur : 1 mètre; toutes grosseurs. Deux piles juxtaposées de 1 mètre de base sur 1 m. 33 de hauteur forment Tunité de vente.
Échalas. — Longueur : o m. 70, 9 mètres à 9 m. 60; circonférence au milieu sur écorce : o m. i5 (lattons); circonférence au milieu sous écorce : o m. iB (œuvres); circonférences plus fortes, bois fendus (carassonnes); bois de o m. 13 de circonférence au petit bout sous écorce (manches à balai).
On peut ajouter à ces produits la fabrication de la pâte chimique à papier.
Les frais de façonnage sont indiqués ci-après pour les principaux produits, ainsi que la valeur en gare :
Bais de service. — Frais de façonnage : 8 francs par mètre cubé; valeur en gare : 20 franc;s.
Traverses. — Frais de façonnage : o fr. 35 la pièce; valeur en gare : 117 francs le cent.
Ét€M de mines bruts. — Frais de façonnage : fr. 5o la tonne; valeur en gare : 9 fr. 5o.
Bésine. — Frais de façonnage : lA fr. 5o la barrique de 935 litres; valeur aux usines : 99 francs.
Planches. — Frais de façonnage : ik francs le cent; valeur en gare : 3o francs le cent.
Production des forêts des dunes. — L'étude statistique , effectuée en 1898, a donné les résultats indiqués dans le tableau de la page suivante pour la production, en matière et en argent, des forêts des dunes pendant Tannée 189s.
La production en matière, déduction faite des surfaces impro* ductives, a été, en 1 89a, de m. c. 706 par hectare, et la production en argent de 3 fr. 06; cette dernière s'élève à 3 fr. 45, en tenant compte des produits accessoires : chasse, pèche, concessions de terrains, etc.
Lorsque toutes les séries seront parcourues par des coupes de régénération et qu'un système de voies de desserte aura été établi, la valeur en argent de la production augmentera dans de très fortes proportions, ainsi que l'indique le résumé ci-après (pages 129 et i3o) W.
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