‹ Note sur les effets de l'introduction de l'air dans les veinesChapitre 1 sur 2 · COL · texte numérisé non relu

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cales de l’artère pulmonaire, la cessation de l'hématose, et les organes privés de leurs stimulans; lors donc que M. Mercier me demande de quoi sont morts les animaux sur lesquels je n’ai point observé d’emphysème , je puis lui répondre en le renvoyant au Mémoire qu’il cite: lisez quinze lignes encore, et vous verrez que j’expliquais alors ce phénomène, à-peu-près comme vous l’expliquez aujourd’hui ; tout en regrettant d’être obligé de rectifier cette petite omission , je m’applaudis de ce que, pour le fond , je me trouve d’accord avec M. Mercier, qui possède un talent remarquable d'observation et de raisonnement , ainsi que le prouve la brochure qu’il vient de publier. Ce qui m'appartient dans les connaissances acquises au sujet de l’introduction de l’air dans les veines, c'est d’avoir montré que les désordres commencent , non dans le cerveau , comme le pensait Bichat , non dans le ventricule droit du cœur , comme le pensait Nysten . mais dans le poumon , où la stase du sang estproduiteparles diverses causes que j’ai indiquées; ces causes, je ne prétends pas les avoir signalées toutes; M. Mercier, par exemple, a rappelé que les liquides mêlés aux gaz ont beaucoup de peine à circuler dans les tubes d’un petit diamètre ; eh bien , c’est là une explication à joindre aux miennes , et je m’en réjouis.

Si le remède aux funestes effets de l’introduction de l’air dans les veines peut être trouvé, l’on y sera probablement conduit par l’appréciation des phénomènes physiologiques qui l’accompagnent et parla connaissance des altérations qu’elle produit; c'est cette considération qui me paraît donner quelque importance aux recherches entreprises sur cette matière. De tous les moyens proposés, la prompte aspiration au moyen d’une sonde, de l’air introduit, me semble offrir le plus de chance de réussite; l’insufflation pulmonaire tentée vainement par Warren est une cause de mort ajoutée à celles qui existent déjà; quant aux pressions exercées sur la poitrine, en laissant ouverte la veine, ainsi que le propose M. Amiissat, elles se- < raient, je crois, plus nuisibles qu’utiles cl n’auraient d'autre

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effet que de rendre la mort plus certaine, S’il était possible de fermer l’ouverture de la veine au moment de l’inspiration, et cle la tenir ouverte pendant le temps de V expiration , si cette alternative d’occlusion et d’ouverture pouvait être combinée avec les alternatives de pression et de réaction des côtes, peut-être pourrait-on obtenir plus de résultat. Cependant il ne faut pas .perdre de vue combien les effets délétères de l'introduction de l'air dans les, veines^sont rapides, quelques pouces cubes d’air suffisent pourr produire la cessation complète des phénomènes vitaux en .deux’ou trois minutes; et peut-être alors l’altération et les désordres dans les poumons sont-ils assez graves pour que dès< les premières secondes le mal soit irréparable.

Dans l’absence d’un remède à cet accident formidable, le mieux à faire serait de s’attacher à le prévenir en faisant autant! que possible la ligature temporaire ou la compression des, troncs veineux qui se rendent aux tumeurs du cou, de l’aisselle, de la poitrine dont on veut faire l’extirpation.

Le K° 46, tome Y, de la Gazette Médicale , contient un Mémoire de M. Dénot, dans lequel se trouve exposé d’une manière toute ingénieuse, une théorie mixte. La mort dans cette hypothèse, aurait lieu, comme je l’ai supposé, par le défaut d’hématose; mais l’obstacle, à l’arrivée du sang aux cavités gauches du cœur, ne serait pas dans le poumon, comme je l’ai vu ou cru voir, il serait dans les cavités droites du cœur ; la valvule tricuspide dans l’exercice habituel de ses fonctions, suffit, suivant l’auteur, pour empêcher complètement le reflux du sang du ventricule dans l’oreillette, et déterminer son passage dans l’artère pulmonaire ; mais lorsque de l’air est contenu dans le ventricule, la valvule ne peut fermer assez hernié- k tiquement l’ouverture pour s’opposer à son retour dans l’oreil lette ; de là le murmure qui se fait entendre, produit par le passage alternatif de l’air d’une cavité dans l’autre ; delà, l’im- ie[ possibilité pour le sang de venir prendre, dans le ventricule et (|’j l’oreillette, une place que l'air occupe ; de là, le défaut d’hé- k matose et l’asphyxie. Examinons la valeur de cette explication. Si;

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M. Dénot suppose que dans l’exercice naturel de ses fonctions , la valvule tricuspide empêche complètement le reflux du sang du ventricule dans l’oreillette 3 mais cette supposition n’est bâsée , ni sur la disposition anatomique , ni sur l’observation 3 tous les physiologistes au contraire, admettent que dans l’instant où le ventricule se contracte, une petite quantité de sang reflue dans l'oreillette 3 il n’y aurait donc, sous ce rapport, que peu de différence entre le sang et l’air. Nous admettons donc comme un fait que l’air introduit dans le ventricule droit, repasse en partie dans l’oreillette ; mais lorsque cette dernière cavité se contracte, la totalité de l’air revient-elle dans le ventricule? une telle supposition est démentie par le phénomène du pouls veineux qui se fait sentir jusque dans les jugulaires , comme l’ont fait voir depuis long-temps Rüdiger, Haller, Morgagni , et comme l’ont vérifié depuis tous les expérimentateurs. A chaque contraction de l’oreillette, à chaque mouvement expiratoire surtout, une certaine portion de l’air contenu dans l’oreilette et dans le ventricule, devrait passer dans les veines caves où il se mêlerait au sang dans un état de division qui permettrait ensuite son passage; en sorte qu’aprés quelques contractions , les cavités droites devraient être débarrassées de la najeure partie de l’air qu’elles contiennent, et la circulation joui rait se rétablir.

M. Dénot tire de sa théorie la conséquence pratique sui- 'ante : c’est que pour dégager le ventricule droit de l’air qui e distend , il faut incliner sur le côté droit le corps du paient pour favoriser le passage de l’air dans l’artère pulmolaire. Tant que je demeurerai convaincu que c'est l’obstrue ion des radicules de l’arlère pulmonaire par l’air qui produit a mort, je me garderai d’approuver une telle proposition 3 si, h effet, l’inclinaison sur l’un des côtés du corps pouvait avoir te l’influence sur l’engagement de l’air, soit dans l’artère pulmonaire, soit dans l’oreillette, ce serait précisément le conraire qu’il faudrait faire. Un physiologiste distingué de mes

amis, M. Poiseulle, vient même de publier, dans le N° 42, tome V, de la Gazette Médicale , le résultat d’expériences très importantes, desquelles il résulte que si l’on empêche l’air introduit dans les cavités droites du cœur de s’engager dans l’artère pulmonaire, il ne produit pas la mort; aussi M. Poisseule attribue-t-il cette mort à l’engouement des poumons et au défaut d’hématose : il oublie, à la vérité, lui aussi de me faire l’aumône d’une citation ; mais cette aumône, je puis la demander comme le soldat estropié de Gil-Blas, non par une escopette, mais un imprimé à la main.

Les effets de l’introduction de l’air dans les veines, sont dignes d’attirer l’attention des chirurgiens et des physiologistes, maintenant surtout que la hardiesse chirurgicale constamment progressive fait entreprendre des opérations qui jusqu’ici avaient semblé impraticables , et retrancher des tumeurs que pour leur volume, leur nature et leur situation, nos aïeux plus timides ou plus prudens n’auraient point osé toucher.

Imprimerie de Madame de LACOMBE 1, faubourg Poissonnière.

LEROY D’ÉTIOLLE

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