SUR LE DORONICÜM SCORPIOIDES DU CENTRE DE LA FRANCE ET SES
AFFINITÉS, par M. A. LE GRAND.
Voilà une plante critique qui a, dans un bref espace de temps, le privilège de bien des controverses. Cependant, et malgré les avis de botanistes fort compétents, les discussions ouvertes par MM. Chabert (1), Barratte (2), Battandier (3) et Rouy (4) ne sont pas closes; elles n’ont point encore, en effet, débrouillé ce petit chaos. La lumière n’est pas faite, et le dernier mot n’est pas dit. Bien que je n’aie, en aucune façon, la prétention d’élucider cette question multiple, que de plus habiles résoudront certainement, il m’a paru intéressant d’apporter dans le débat quelques documents nouveaux. L’important travail de M. Rouy présente une étude d’ensemble d’un vif intérêt sur le Doronicum scorpioides, ainsi que sur les espèces et formes voisines. Je dirai immédiatement pourtant qu’il offre une grosse lacune; comment, en effet, notre savant collègue a-t-il pu passer sous silence les travaux du seul auteur récent qui ait signalé en France, à l’état spontané, celte espèce si peu connue? Que la forme, abondante dans la vallée de la Creuse, soit ou ne soit pas le type de Willdenow, il semble nécessaire de discuter l’opinion et les textes de Boreau et d’analyser la plante qu’il avait en vue. Cette omission s explique d’ailleurs parfaitement : en 1840, date de sa première édition, Boreau ne connaissait pas encore cette espèce litigieuse. C’est en 1853
(1) Bull. Soc. bot. XXXVIII, p. 285 et XXXIX, p. 33A.
») Ibid., XL, p. 115.
(3) Ibid., XXXIX, p. 166 et XL, p. 63.
( 4 ) Ibid., XL, p. 186.