CHRONOLOGIQUE
Avril , m • Note sur la possibilité de sonder l’urètre de l’homme avec une sondï tout - à- fait droite, sans blesser ce canal ce qui a donné l’idée d’extraire les petits calculs urinaretencore contenus dans la vessie et de briser les gros avec la pince de Hun ter modifiée
. tr .A* pvnlicite insérée dans le Nouveau journal de C'est sur cette note^ P ^ [ondés les droits de M. Amussat
médecine du mois d a * ? Avant 1822 il n’avait nullement été
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igo 5 Remarques sur l’urètre de l’homme et de la femme
1825 . Hein q ge d . employer des instrumens droits
Î’ou P r solder ces conduits et extraire on détruire la plupart des corps étrangers pontenus dans la vessie.
Ce Mémoire, qui n'était que le développement, l'extension des idées que
M. Amussat avait émises et imprimées au mois d’avril 1822, ^étè lu à l’Académie de Médecine, le 11 décembre 1823, et il a été inséré avèc des planches dans les Archives générales de Médecine, 1824. Tome IV, pages 31 et 547.
Dans ce Mémoire M. Amussat a cherché à établir que le canal de l’urètre est presque droit, lorsque la verge est portée en avant et eh haut, et que le rectum et la vessie sont vides, dans leur état normal et non insufflés. Il a ensuite décrit la glande prostate qui n’est pas percée par l’urètre, copine on le dit ordinairement, et qui n’entoure que les trois quarts inférieurs d’ç ce conduit. De plus, la prostate présente en arrière et en haut une bride\u saillie transversale qui arrête souvent le bec des sondes dans le cathétérisme.
Il a fait remarquer que la portion désignée sous le nom de membrarfeüse, au lieu d’être mince et faible, est au contraire très épaisse et très fort<L et il a proposé de lui donner le nom de musculeuse parce qu’elle est entourée d’une couche épaisse de fibres charnues. V
Relativement au bulbe, il a fait observer que ce corps est tout-à-fai\ situé sous l’urètre et que c’est dans ce point que s’arrêtent souvent les' sondes.
Le tissu spongieux qui fait suite au bulbe est beaucoup plus abondant en dessous de l’urètre qu’en dessus. Cette disposition inégale du tissu spongieux en impose aù premier abord sur la véritable direction du conduit excréteur de Turine.
Par l’examen du calibre de l’urètre , il a établi que ce canal, au lieu d’être élargi dans l’endroit correspondant Su bulbe , est là plus rétréci que partout ailleurs et que-darfcs le gland il n’ÿ a qhe l’apparence d’une fosse naviculairë.'
Quant au cathétérisme, M. Amussat â démontré par des expériences directes faites sur des cadavres :
1 ° Que le veru-montanum n’est pas un obstacle au cathétérisme; mais que les sondes sont souvent arrêtées au col de la vessie par la saillie de \l portion transverse de la prostate ;
2 » Que la difficulté du cathétérisme qu’on attribue à l’aponévrose périnéale est indépendante de cette membrane, mais quelle est produite par le contour fibreux du commencement de la gouttière du bulbe.
Ces différens obstacles existant sur la paroi inférieure de l’urètre , tandis que la paroi supérieure est égale et presque lisse dans toute son étendue', cest sur celte dermere qu’il faut se guider pour pratiquer le catliélé/isme convenablement et sans craindre de faire des fausses roules.
Enfin après avoir expliqué plus complètement qu’on ne l’avait fait jusqu alors le mécanisme de l’excrétion de l’urine et du sperme, M. Amussat a démontre par des dissections longues et difficiles que des vésicules séminales ne sont pas de petites poches comme on le croyait généralement, mais qu elles sont constituées par des canaux qui se replient un plus ou moins
grand nombre de fois sur eua-mêmes, pour former ce qu’on appelle les yésiculês. Gcllcs-e 1 ne sont donc formées que par des circonvolutions si intimement liees entre elles, qu’au premier abord il est impossible de soupçonner qu elles soient autre chose que deux petites poches bosselées. Leur paro. interne est fortement réticulée et présente un aspect fibreux analogue à celui des oreillettes du cœur et de l’intérieur de la vésicule biliaire, c’est-àdire qu’il paraît y avoir des fibres charnues.
L’auteur a obtenu à l’Institut, pour ce travail, un prix de deux mille fr
4823. Mémoire sur les rétrécissemens de l’urètre et sur les injections forcées, lu à l’Académie Royale de Médecine, les 4 3 septembre et 24 octobre 4823.
Ce travail a paru depuis en 1832 sous le titre de Leçons de M. Amussat sur les rétentions d’urine,etc., publiées sous ses yeux parM. A.Petit (de l’ile de Ré).
Rétrécissemens de l’urètre.— D’après l’anatomie pathologique, M. Amussat a établi cinq espèces de rétrécissemens organiques : 1° des rétrécissemens formés par des brides, 2° des rétrécissemens valvulaires, 3<> des rétrécissemens par gonflemens chroniques de la muqueuse, 4° des rétrécissemens calleux qui comprennent les duretés, les nodosités qui se forment dans les tissus sous-muqueux et spongieux, 5« enfin des rétrécissemens produits par des végétations polypeuses développées sur la muqueuse. M. Amussat a observé un très beau cas de cette dernière espèce, qu’il a fait représenter. Sans doute les anciens auteurs avaient exagéré cette cause de rétrécissemens; mais les modernes, en la rejetant, avaient commis une erreur que le fait observé par M. Amussat servira à rectifier.
Après avoir décrit successivement ces différentes espèces de rétrécissemens et être entré dans les plus minutieux détails d’anatomie pathologique , M. Amussat établit: l°que les rétrécissemens ne siègent presque jamais au delà du bulbe; 2° que, dans la plupart des cas, la muqueuse paraît saine et que l’induration a son siège dans les tissus cellulaire sous-muqueux et fibreux; 3° et que presque toujours, surtout dans les trois dernières espèces, 1 urètre est dilaté eu ampoule derrière le rétrécissement; c’est ce qu’il a appelé anévrisme de l’urètre
Pour le traitement de ces affections, M. Amussat pense qu’il faut dans le plus grand nombre des cas combiner ensemble l’emploi de la dilatation, de la scarification et de la cautérisation. lia imaginé divers instrumens qui seront mentionnés dans la partie de cette note où il sera question de l’invention et du perfectionnement des instrumens. Voyez page 15.
M. Amussat a cru devoir faire ressortir ici l’anatomie pathologique des rétrécissemens de l’urètre, afin de montrer que M.Civiale, en reproduisant
les trois propositions qui vienuent d'être formulées, n'a fait, comme pour la lithotripsie, que répéter et mettre en pratique des tdees ém.ses long emps avant lui. Au reste, on peut vériûer ce que nous venons de dire, en lisant le Mémoire que M. Civiale a lu à l'Institut, dans la séance du 10 octobre dernier.
injections forcées. —Convaincu des difficultés quoflrent souvent et le cathétérisme et l’introduction des bougies, dans les cas de rétention d urine par rétrécissement, autant que des dangers auxquels se trouvent exposés les malades, M. Amussat a imaginé les injections forcées. Il a été surtout porté à employer ce moyen, parla certitude qu’il avait acquise que le canal de 1 uretre n’est jamais entièrement oblitéré.
L’auteur s’est efforcé d’établir les cas où elles sont nécessaires , de faire connaître leur manière d’agir et de tracer les règles de leur emploi.
4824. Recherches sur Tappareil biliaire.
Dans ce travail, M. Amussat a démontré pourquoi la bile remonte contre son propre poids dans la vésicule biliaire.
Yoici à ce sujet l’extrait du procès-verbal de la séance de la section de chirurgie de l’Académie royale de médecine.
« M. Amussat présente à l’Académie une préparation anatomique des con- » duits biliaires, faite pour démontrer le véritable mécanisme du reflux de » la bile , du canal cholédoque dans la vésicule du fiel*M. Amussat a décou- > vert et démontré l’existence d’une valvule en spirale, sorte de vis d’Archi- » mède renversée dont est garni le col de la vésicule du fiel. »
C’est après cette communication que M. Amussat fut nommé membre de l’Académie royale de médecine, quoiqu’il n’eût pas encore le titre de docteur en chirurgie.
\ 825 % Recherches sur le système nerveux.
1 ° M. Amussat a démontré la véritable disposition des origines antérieures et postérieures des nerfs de la moelle épinière avant leur entrée dans le ganglion , dans le ganglion lui-même et après le ganglion ; il a découvert des ganglions nouveaux dans le nerf glosso-pharyngien et dans le nerf de la huitième paire, à leur passage dans le trou déchiré postérieur ; enfin, il a indiqué la disposition des nerfs dans le plexus sciatique.
Ces travaux ont fait le sujet d un Mémoire lu à l’Académie de médecine le 30 juin 1825*
2 ° L’auteur a démontré, contrairement à l’opinion de Bogros et de quelques autres anatomistes, que les nerfs ne sont pas canalisés. Pour cela, il a
injecté du mercure dans les prétendus canaux nerveux, non pas de haut en bas, mais de bas en haut, c'est-à-dire de la périphérie au cenlre, et ilavu que le métal tombait entre les membranes d’enveloppe de la moelle dans le canal vertébral. De ce fait, il a conclu que le mercure avait parcouru, non pas un canal existant au centre des nerfs, mais bien une espèce de conduit lorme par le névrilème qui se trouvait décollé par le métal.
Ces expériences , nouvelles alors, ont été répétées depuis et trouvées exactes par la plupart des anatomistes qui se sont occupés du système nerveux.
4826. Anatomie des hernies»■—«Taxis.
Au moyen d’une coupe d’anatomie chirurgicale que M. Amussat a fait représenter dans une planche, il a permis d’étudier les hernies dans leur ensembleetil a fait comprendre, mieux peut-être qu’on ne l’avait lait jusqu’alors, la disposition de l’artère épigastrique dans les différentes espèces de hernies. Ce travail a été présenté à l’Académie de médecine le 12 octobre
Continuant à s’occuper du même sujet, M. Amussat a imaginé plus tard un procédé particulier de taxis, à l’aide duquel il est parvenu souvent à faire rentrer des hernies étranglées dont la réduction avait été impossible par les moyens ordinaires. Par ce procédé qui devra être, d’après son auteur, généralement adopté dans un grand nombre de cas, on évitera souvent de pratiquer une opération dont le résultat est très chanceux. Ce procédé consiste à exercer sur la tumeur des pressions dans tous les sens à l’aide de plusieurs mains placées simultanément les unes au-dessus des autres pour augmenter la force de l’opérateur et à réduire ainsi le volume de la hernie en la ! dirigeant dans le sens le plus favorable à la rentrée des viscères, c’est-à-dire dans la direction des anneaux. On a le soin d’élever le bassin du malade avec un tabouret ou avec une petite planche recouverte de draps ployés en plusieurs doubles, de manière à donner à toute la partie supérieure du tronc une direction très déclive. On met aussi tous les muscles dans le relâchement en tenant soulevés la tête et les cuisses.
Le taxis, pratiqué par ce procédé , peut être exercé beaucoup plus longtemps que celui qu’on emploie généralement, parce qu’il agit sur toute la masse de la tumeur qui, se trouvant ainsi soumise à une pression lente, égale, et dont la force peut être graduée, résiste sans inconvénient à cette compression méthodique.
\ 826. Thèse sur l’étude de l'anatomie.
Après avoir enseigné pendant longtemps l’anatomie par une méthode qui
n’était pas généralement suivie, M. Amussat a cru devoir dans sa dissertation inaugurale faire ressortir les principaux avantages de cette méthode.
La tradition oraH pour l’enseignement de l’anatomie; l’observation de la nature plutôt que la lecture des livres; enfin les expériences sur les animaux vivans pour l’étude de la physiologie, et pour s’exercer à pratiquer sur l’homme la plupart des opérations: tels sont les points principaux que l’auteur a développés dans sa dissertation.
4 829. Torsion des artères.
Le 1er juin 1829, M. Amussat a déposé à l’Institut un paquet cacheté, contenant l’exposé de la découverte qu’il venait de faire de la torsion des artères , et il a lu quelque temps après, devant la même assemblée, un Mémoire sur ce sujet.
Frappé des inconvéniens de la ligature des artères et des veines lorsque ces vaisseaux ont été divisés, et rapprochant en même temps ce fait, que dans les plaies par arrachement il n’y a point d’hémorrhagie, M. Amussat a entrepris en 1827 et 1828 une suite d’expériences sur les animaux vivans pour arriver à un résultat analogue au moyen de la torsion.
De même que pour la lithotripsie, il a eu à soutenir une discussion de priorité avec deux chirurgiens qui prétendaient avoir imaginé la torsion avant 1829. Il a prouvé, par des documens authentiques, que MM. Velpeau et Thierry n’avaient appliqué la torsion qu’après le dépôt de son paquet cacheté. M. Amussat a obtenu à l'Institut pour ce nouveau moyen hémostatique, un prix de six mille francs.
4 854. L auteur a publié dans la Lancette, Française plusieurs articles intitulés : Quelques réflexions sur la nécessité de rétablir les laboratoires particuliers d’Anatomie..
Bien que le but de ce travail n’ait pas été atteint, M. Amussat n’en persiste pas moins à penser que la liberté de l’enseignement présenterait de grands avantages pour l’éducation médicale, avantages qu’il avait déjà signalés dans sa Thèse. J
1852. Table synoptique de la Lithotripsie et de la Cystotomie hypogastrique.
Dans ce travail, M. Amussat a démontré par des documens authentique, classe» par ordre chronologique, que la lithotripsie ne date que de iS22 époque a laquelle il a publié sa note sur la possibilité de sotler r„rènV
de 1 homme avec une sonde tout-à-fait droite et d’introduire des instrumens droits destinés à briser la pierre dans la vessie.
L’auteur a prouvé que c’est à tort qu’on a attribué à M. Giviale l’invention de la lithotripsie. Il a cité un passage de l’ouvrage de M. Leroy d’Étiolles, publié en 1825, dans lequel il est dit que c’est M. Amussatqui (en démontrant la possibilité d'introduire des instrumens droits dans la vessie) a fait disparaître à ses yeux les difficultés qui l’avaient arrêté jusqu’alors. Enfin il a cité l’opinion de Boyer sur l’importance de ses travaux.
Dans ce même travail, il a décrit un procédé qu’il a imaginé pour pratiquer la taille hypogastrique.
4 852. Tableau des concrétions urinaires de l'espèce humaine classées sous le double rapport de leur volume et de leur forme.
Ce tableau peut servir à indiquer les difficultés que l’on rencontre en pratiquant la lithotripsie et la cystotomie.
4855. Suture des intestins.
Après avoir répété les expériences de Travers , ayant remarqué que si on étrangle circulairement l’intestin , la membrane séreuse de la portion supé rieure contracte des adhérences intimes et rapides avec la séreuse de la portion inférieure; que la partie étranglée, obstruant le canal, se gangrène et s’échappe par le rectum ; qu’enfin dans l’espace de trois jours le tube intestinal a repris son calibre et qu’au dix-septième jour les adhérences sont si complètes qu’il est impossible de reconnaître la cicatrice sur la muqueuse intestinale, M. Amussal se demanda si, en employant la constriction circulaire décrite par Travers, il ne serait pas possible de conserver à l’intestin une portion de son calibre, pour permettre aux matières de s’écouler et de pfévenir les accidens produits par l’étranglement.
M. Amussat s’est attaché avec soin à atteindre le but qu’il se proposait. Après une élude soutenue et des expériences répétées, il est parvenu à établir un procédé opératoire plus avantageux que ceux qui ont été imaginés jusqu’à présent.
4 855. Nouvelles recherches expérimentales sur les hémorrhagies traumatiques, suivies de quelques considérations sur l'importance des vivisections pour former des chirurgiens opérateurs.
Dans ce Mémoire qui a été inséré dans les fascicules de l’Académie royale
de Médecine, M. Amussat a indiqué les caractères différentiels des hémorrhagies artérielles et veineuses. 11 a signalé également les effets mortels de l’introduction accidentelle de l’air dans les veines ainsi que les avantages principaux de la torsion des artères. Enfin, M. Amussat a démontré dans ce travail la nécessité de la chirurgie expérimentale.
4835. Observation sur une opération d’anus artificiel pratiquée avec succès par un procédé nouveau à la région anale d’un enfant nouveau né, dans un cas d’absence congénitale du rectum, suivie de quelques réflexions sur les obstructions du gros intestin.
Ce travail a été lu à l’Institut, dans la séance du 2 novembre 1835, et il a été publié dans la Gazette Médicale de la même année.
L’enfant sur lequel M. Amussat a pratiqué cette grave opération est actuellement âgé de sept ans et il jouit d’une très bonne santé.
4 855. Observation sur une opération de vagin artificiel pratiquée avec succès par un nouveau procédé, suivie de quelques réflexions sur les vices de conformation du vagin.
Ce travail a été lu à l’Institut, dans la séance du 2 novembre 1835, et il a été inséré dans la Gazelle Médicale de la même année.
La jeune personne chez laquelle a été pratiquée cette grave opération s’est mariée il y a deux ans environ. Sa santé est assez régulièrement bonne
4 856. Du Spasme de l’urètre et des obstacles véritables qu’on peut rencontrer en introduisant des instrumens dans ce canal.
Mémoire lu à l’Institut, le 8 février 1836 et inséré dans la Gazette Médicale. M. Amussat a démontré par des preuves nombreuses que le spasme de 1 urètre, auquel on fait jouer un si grand rôle, n’est jamais assez puissant pour s’opposer, à lui seul, à l’introduction d'une sonde dans la vessie.
Dans une conférence remarquable qui eut lieu sur ce sujet, Astley Cooper, Dieffenbach, Regnoli, etc., citèrent des faits qui leur paraissaient être en opposition avec ces idées. Mais dans le cours de la discussion, M. Amussat démontra que les faits cités n’infirmaient en aucune manière les principes qu’il a établis.
-1837. Fistules.
Dans plusieurs cas de fistules urétrales, congéniales ou accidentelles, M. Amussat s’est servi de la cautérisation' avec l’acide nitrique porté au moyen d’un stylet d’argent ( nitrate d’argent instantané ) dans toute l’étendue de la fistule. Il est parvenu ainsi à un résultat très heureux, alors que beaucoup d’autres moyens avaient échoué.
Non seulement la cautérisation pratiquée comme il vient d’être indiqué a réussi dans des cas de fistules uréirales rebelles, mais aussi dans un cas de fistule recto-vaginale survenue chez une jeune fille, à la suite d’une chute qu elle avait laite sur la pointed’un manche à balai, en courant sur les bancs de la classe de sa pension.
4838. Suture entortillée, perfectionnée.
Depuis plusieurs années, M. Amussat emploie pour toutes les sutures qu’il est obligé de faire pour réunir des plaies de la face , du sein et de toutes les parties du corps , des aiguilles en platine très fines, mais assez résistantes pour ne pas se ployer lors de leur introduction. Cette modification dans le moyen de faire les sutures, en apparence peu importante , offre pourtant des avantages pratiques assez grands. Ainsi, l’introduction des aiguilles en platine ne cause que très peu de douleur ; on peut facilement les couper avec des ciseaux ; lorsqu’on les retire, ce qui est très facile, puisque la rouille ne les atteint pas, on n’est pas exposé à désunir les tissus par des tractions forcées et on n’aperçoit que la trace de leur entrée et de leur sortie, tandis que les autres aiguilles sont difficiles à retirer et laissent souvent, pendant longtemps sur la peau, des lignes transversales indiquant leur présence; pour les plaies de la face, cette considération n’est pas sans importance; enfin, avec les aiguilles en platine, on a pu même dans des coupures inégales, en prenant seulement de part et d’autre le bord muqueux du derme, obtenir des cicatrices linéaires, et tellement imperceptibles, qu’il a été plus tard impossible d’en retrouver la trace.
4 839. Mémoire intitulé : Recherches sur l'introduction accitentelle de l'air dans les veines, et particulièrement sur cette question : l’Air en s’introduisant spontanément par une veine ouverte pendant une opération chirurgicale peut-il causer subitement la mort?
Ce Mémoire étendu contient le résumé d’un grand nombre d'expériences
faites sur les animaux vivans, ainsique toutes les observations connues d’introduction de l’air dans les veines, survenue chez l’homme pendant le cours d’une opération. M. Amussat croit avoir, sur ce point de la science, rendu un service important, puisque les chirurgiens devront être désormais en mesure de prévenir, d’arrêter et même de combattre un accident plus formidable encore que l’hémorrhagie.
Il a obtenu à l’Institut pour ce travail un prix de quatre mille francs.
>1859. Mémoire intitulé: Relation delà maladie de Broussais, suivie de quelques réflexions pratiques sur les obstructions du rectum.
Dans ce Mémoire, M. Amussat a émis pour la première fois l’idée que le procédé de Callisen , tant critiqué par la plupart des auteurs de chirurgie, était préférable à celui de Littré. Ceite opinion, confirmée depuis par des faits assez nombreux, était fondée sur des travaux d’anatomie chirurgicale auxquels il s’était livré, dans la prévision qu’une opération d’anqs artificiel deviendrait peut-être indispensable pour prolonger la vie de notre illustre Broussais auquel il donnait des soins.
>1859. Mémoire sur la possibilité d’établir un anus artificiel dans la région lombaire sans pénétrer dans le péritoine; lu à l’Académie Royale de Médecine, le >l er octobre >1859.
Ce travail, fondé sur l’anatomie chirurgicale et l’anatomie pathologique , contient les deux premiers faits de succès obtenus par M. Amussat sur l’homme par le procédé de Callisen modifié , ainsi que toutes les observations d’opérations de ce genre pratiquées par la méthode de Littré.
>1859. Rétroversion delà matrice dans l’état de grossesse.
Dans un Mémoire inséré dans le Journal de Chirurgie de M. Malgaigne, tome 1er, pag. 13, M. Amussat publie les observationsde deux femmes affectées de rétroversion de la matrice à trois ou quatre mois de grossesse, et chez lesquelles il est parvenu à remettre l’organe dans sa position normale, ce qui en thèse générale avait été jugé impossible par beaucoup de chirurgiens.
Ces deux observations ont été communiquées à l’Académie de médecine.
Les deux femmes se portent bien ; l’une d’elles est accouchée heureusement à terme, et dans le troisième mois d’une nouvelle grossesse, la rétroversion s’est reproduite; l’autre est également accouchée à terme, et depuis elle a fait une fausse couche à deux mois.
M. Amussat a réuni dans son Mémoire tous les faits connus de rétroversion de la matrice dans l’état de grossesse. Ces faits, assez nombreux, joints aux deux qu’il possède, lui permettent d’espérer que désormais, par les moyens qu’il indique, on parviendra, dans la grande majorité des cas, à remettre la matrice dans sa position normale.
Il ne s’occupe pas dans ce travail de la rétroversion de la matrice dans l’état de vacuité, bien que ce déplacement soit fréquent, quoi qu’en aient dit plusieurs chirurgiens, lorsqu’il y a plusieurs années il communiqua à l'Académie le résultat de sa pratique sur ce point.
4840. Mémoire sur l’anatomie pathologique des tumeurs fibreuses de l’utérus et sur la possibilité d’extirper ces tumeurs lorsqu’elles sont encore contenues dans les parois de cet organe.
Dans ce Mémoire, M. Amussat décrit avec soin l’anatomie pathologique des corps fibreux de l’utérus, et il donne la relation de deux opérations qu’il a pratiquées avec succès pour des tumeurs fibreuses contenues dans les parois de l’organe.
Ces deux opérations, les seules qui existent dans les annales de la science, ont été publiées dans [a Revue médicale , elles sont le résultat des études d’anatomie pathologique auxquelles M. Amussat s’était livré il y a déjà longtemps.
M. Amussata tracé les règlesdu procédé opératoire qui sont simples et faciles; il a dit que par un mouvement de roiaiion imprimé à la tumeur au moyen de pinces de Museux placées successivement les unes au-dessus des autres, on abrège beaucoup l’opération. Il pense que ce procédé trouvera son application dans les cas de polypes volumineux ou de tumeurs renfermées dans l’utérus ou descendues dans le vagin. Quant aux tumeurs trop grosses pour pouvoir franchir la vulve, il conseille de les diviser incomplètement en deux moitiés latérales au lieu de les enlever par tranches transversales] ou de toute autre manière, et si les tumeurs étaient ou trop grosses ou trop dures, peut-être pourrait-on tenter de les extraire par une espèce d’opération césarienne, mais seulement dans le cas où des accidens graves devraient amener une issue funeste. M. Amussat croit donc avoir franchi la limite opératoire qui avait été établie entre les tumeurs fibreuses pédiculées ou polypes et les tumeurs fibreuses interstitielles , c’est-à-dire renfermées dans les parois de l’utérus; il espère que l’opération nouvelle, qu’il a déjà exécutée deux fois avec succès, pour des tumeurs de cette dernière espèce, sera généralement admise dans la science et dans la pratique chirurgicale.
Cependant, comme il ne faut pas croire que l’extirpation de ces tumeurs
puisse se faire aussi facilement que celle des polypes, M. Amussat termine son Mémoire en faisant remarquer que pour se préparer à faire convenablement cette opération, qui n’est ni aussi difficile, ni aussi dangereuse qu’on l’avait pensé, il faut néanmoins observer avec attention des dessins de tumeurs fibreuses, des pièces d’anatomie pathologique surtout, et étudier tout ce qui se rapporte à ce sujet important.
4 840. Strabisme.
De concert avec M. le docteur Lucien Boyer, M. Amussat a cherché à établir l’opération du strabisme sur des bases solides, et pour arriver à ce but qu’ils croient avoir atteint, ils se sont livrés à des études anatomiques sur les muscles de l’œil et sur leurs enveloppes inconnues ou incomplètement décrites jusqu’alors; en outre, M. Lucien Boyer a démontré , par de nombreuses expériences faites sur les animaux vivans, la stabilité des résultats de l’opération du strabisme et détruit des préventions qui n’étaient fondées que sur des insuccès individuels et sur une appréciation inexacte des procédés que la nature emploie pour la cicatrisation du muscle coupé.
4 841. Bégaiement.
Avant de connaître la méthode imaginée par M. Dieffenbac h, pour le traitement chirurgical du bégaiement, M. Amussat avait, le premier en France, pratiqué avec succès la section des muscles génio-glosses? les résultats qu’il a obtenus sur un grand nombre de bègues permettent cTespérer que cette opération se perfectionnera encore, et quelle pourra remplacer dans beaucoup de cas les traitemens gymnastiques, souvent insuffisans. Déjà M. Bonnet de Lyon, en employant ce procédé auquel il a apporté des modifications, est arrivé à des résultats très satisfaisans.
4844. Deuxième mémoire sur l’anus artificiel; lu à l’Académie Royale de Médecine, le 6 septembre 1844.
Dans ce travail, il a publié plusieurs faits nouveaux qui constatent les avantages du procédé de Callisen modifié sur celui de Littré.
4 842. Troisième Mémoire sur le même sujet; lu à l’Institut, le 4 juillet.
Ce Mémoire encore inédit est surtout relatif aux enfans nouveaux nés affectés d'atrésies du rectum.
M. Amussat a démontré , par la disposition anatomique des colons lombaires , ainsi que par des faits authentiques, qu’on pouvait ouvrir le colon lombaire <;nu ht- sans intéresser le péritoine, aussi sûrement sur les enfans que sur les adultes.
Pour ses travaux, sur ce point de la chirurgie, M. Amussat a obtenu à l’Institut un prix de trois mille francs.
4842. Cicatrices d’allongement.
Malgré les efforts des chirurgiens, l’art était resté presque toujours impuissant, pour agrandir des ouvertures naturellement ou accidentellement trop étroites et pour détruire des adhérences formées par des tissus de cicatrices.
Par un procédé qu’il a imaginé et appliqué déjà dans un grand nombre de cas, il a obtenu l’agrandissement permanent d’ouvertures trop étroites, telles que le méat urinaire, l’anus, le prépuce, etc. Le même procédé appliqué dans les cas d’adhérences des paupières au globe de l’œil, et pour la destruction des brides fibreuses suites de brûlures, a également donné des résultats satisfaisans.
Ce procédé consiste à aviver tous les jours ou tous les deux jours l’angle de la plaie qui a été faite, afin de détruire la membrane piogénique qui tend toujours en s’organisant à rapprocher les deux bords de la solution de continuité. On comprend que l’angle étant détruit, les deux surfaces de l’incision se cicatrisent isolément.
4842. Destruction des hémorroïdes internes.
En considérant les accidens nombreux survenus à la suite d’opérations pratiquées pour la guérison des hémorroïdes internes, M. Amussat a pensé qu’on pourrait par la ligature atteindre le but, sans exposer les malades aux chances si souvent défavorables de l’excision.
Depuis plusieurs années il employait exclusivement la ligature et sur un grand nombre d’opérations qu’il avait pratiquées par ce procédé pour des hémorroïdes internes, il n’avait constaté aucun mauvais résultat, lorsqu’il y a quelques mois il eut l’idée de recourir à la cautérisation afin d’éviter même les accidens nerveux qui surviennent quelquefois à la suite de la constriction produite par la ligature, et de simplifier aussi une opération dont la nécessité se fait si souvent sentir. Déjà sur plusieurs malades la cautérisation a été pratiquée avec le caustique de M. Filhos , c’est-à-dire avec un cylindre composé de potasse et de chaux solidifiées, et les suites de l’opération ont été beaucoup plus simples que par la ligature.
4842. Mémoire intitulé : Quelques considérations nouvelles sur le mécanisme du cours de la bile dans les canaux biliaires; lu à l’Institut, le 26 septembre '4842.
Dans ce travail, M. Amussat a développé l’idée qu’il avait émise en 1824
sur le mécanisme du cours de la bile. La véritable cause du phénomène de l’ascension de la bile » du canal cholédoque dans la vésicule biliaire , lui paraît exister, d’une part, dans l’étroitesse de 1 orifice du canal cholédoque, d’autre part, dans la disposition en spirale des valvules contenues dans le canal cystique, chez l’homme et chez le singe seulement. M. Amussat cherche ensuite à prouver qu’on a nié à tort l’existence d’une tunique musculeuse dans la vésicule biliaire. C’est surtout dans les cas où cette poche est hypertrophiée par suite de calculs ayant obstrué le canal cholédoque, qu on reconnaît manifestement des fibres musculaires; car alors elles font saillie sous la muqueuse et donnent à l’intérieur de la vésicule un aspect semblable à celui d’une vessie urinaire à colonnes.
D’après M. Amussat, la vésicule et les canaux biliaires se débarrassent du liquide qu’ils contiennent par la pression qu’exercent sur eux les organes voisins et aussi par une action propre et particulière à tous les réservoirs et canaux contractiles. Cette dernière cause est, au reste, fort difficile à constater par l’expérimentation directe sur les animaux vivans; Ynais le raisonnement basé sur la disposition anatomique et le resserrement sensible de la vésicule observé pendant la vie sur plusieurs animaux, ne permet pas de la rejeter. Sur les oiseaux, on peut, par l’observation directe, distinguer un mouvement vermiculaire dans les canaux biliaire et cystique. Cette remarque appartient à M. Magendie.
\ 842. Mémoire intitulé: Quelques considérations nouvelles sur la disposition des tumeurs sanguines et sur les épanckemens de sang qui se forment après la blessure des vaisseaux.
Dans ce travail, M. Amussat a démontré que les tumeurs sanguines qui se forment après la blessure des vaisseaux, ont une disposition toute particulière fort importante pour la pratique chirurgicale. En effet, il existe toujours au centre de ces tumeurs un conduit qui peut être appelé trajet conducteur, parce que c’est le guide le plus sûr pour trouver la blessure des vaisseaux.
D après cette remarque, M. Amussat pense que le meilleur procédé pour arriver à travers ces tumeurs sanguines, sur un vaisseau blessé, consiste à suivre le trajet de la plaie au centre des masses de sang superposées, entre les lames du tissu cellulaire. Enfin d’après l’analogie qui existe sur ce point entre les faits observés sur l’homme et ceux qu’on peut produire à volonté sur les animaux, M. Amussat conclut à la nécessité de faire des expériences sur les animaux vivans, afin d’apprendre à éviter les erreurs et les fautes qui ont été commises même par les chirurgiens les plus habiles, dans les cas de blessures de vaisseaux.