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Note sur Marc Lescarbot, avocat vervinois [microforme]

Les biographes qui se sont occupés de Marc Lescarbol, n'ont donné que des renseignements (rèsvagues sur la vie de cet avocat vervinois, dont les voyages ont été réimprimés tout dernièrement et publiés chez Tross.

M. Piette lui consacre une page dans son Histoire de Vervins. Le seul fait curieux qu'il y rapporie est le choix fait par la ville de Vervins de Mare Lesceibot pour haranguer les plénipotentiaires du congrès de 1598, commission, dit-il, dont il s'acquiita deux fo.s avec applaudissements (1).

M. Amédée Pielte n'appuyail que sur la tradition ce fait qui ne se trouve mentionné, ni dans les mémoires de Bellièvre et de Sillery, contenant un journal concernant la négociation de la paix traitée à Vervins, ni dans le manuscrit de Lecomartin, copié du reste, en grande partie, pour ce qui concerne la paix, sur ces mémoires. M. Edouard Piette, député, veut bien nous communiquer une plaquette unique, croyons-nous, inlitulée Harangue d'action de grâce pour la Pair, prononcée en la ville de Veruin Le dernier iour d: may 1598, par deuant le Tres-illustre et Tres reuerend Cardinal de Florence Legat de nostre

(1) Histoire de Vervins p. 258,

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S. Pere en France, par M. Marc Lescarbot, Licentier ès Droicts, Auec Poëmes sur la Pair du mesme Autheur. À Paris, Federic Morel, Imprimeur ordinaire du Roy. MDC XC VIII. Auec privilege de sa majesté. Cette brochure comprend 37 pages in-8°, el parmi les pièces de vers qui se trouvent à la fin plusieurs sont dédiées à MM. de Bellièvre et de Sillery et une à Madame de Couey, sur la trève par elle traitée pour sa ville de Vervins avec la Capelle en Thiérache et les villes du païs bas en l'an 1592.

Cité par Bayle et par Moreri, omis par Bouillet, Lescarbot a aussi des articles dans les biographies de Michaud et de Didot, le premier, dù à M. Weiss, de Besançon, ne renferme rien de précis, le second, signe A. de L. (Alfred de Lacaze,) contient de nombreuses erreurs de dates; il fait naître Lescarbot en 1590, le marie avant son départ, qu'il fixe au 22 avril 1564, et place sa mort vers 1630.

M. Jal, daus le Dictionnaire critique de biographie et d'histoire qu'il vient de publier, déclare qu'il n'a pu se procurer son acle de baptême, mais il ajoute, que comme la tradition veut qu'il ail suivi peu de temps le barrean et qu'il soit parti jeune pour le Canada, en supposant, dit-1l, qu'il ait porté la robe et le sac aux procès pendant deux ans, 1! fut reçu avocat en 1604, et comme il fallait avoir vingt-cinq ans, pour être admis à plaider, il était né vers 1578 ou 1579 : mais, une traduction d'un ouvrage du cardinäl Baro-

nius, Le discours de l'origine des Russiens et de leur

miraculeuse conversion et de quelques actes mémorables de leurs vois ; en outre comme par laps de temps ils ont quitté la vérité, comme et maintenant une grande partie d'iceux se sont rangez à la communion du Saint-Siége apostolir, traduit en françois du latin, publiée par Marc Lescarbot en 1599, et dans laquelle il prend déjà le titre d'avocat, rend inacceplable cette hypothèse (Le prince Labanoff en a, il y a peu d'années, publié une réimpression).

Choisi par ses compatriotes pour haranguer le légat en 1598, il était déjà licencié en droit et devait avoir près de vingt-cinq ans, el était né vers 1570 à 1570. : 2

Le 13° jour de may 1606. samedi veille de la Penlecôte, emmené par M. de Poutrincourt, 1l partit pour la Nouvelle-France, sur le Jonas, navire de cinq cents loineaux commandé par le capitaine Foulques.

Lescarbot ne resta que peu de temps à Sainte-Croix, car 1! s'embarqua le 30 juillet 1607 pour revenir en France. Il commença à cette date son Adieu à la nouvelle France, longue pièce de vers médiocres qu'il termina à bord du navire qui le rameuait en Europe. Celle pièce fut insérée dans le recueil qu'il dédia au chancelier Pierre Séguier, et publia en 1609, sous le lire de les MUSES de la Nouvelle-France (Paris Jean Millot, in-8° de 66 piges) (1).

(1) M: dal cite à to * 1611 pour la première édition de ce recueil, qui fut en | réimprimé en 1611 et 1612 à la suite de son Histoire de La Nouvelle-France.

Mare Lescaro ot arriva en relâche à Roscoff le 28 seplembre 1607, el moins d'un an après son retour dans sa patrie, 1 avail achevé la redaction de son Histoire de la Nouvelle-France, puisque le privilege accordé pour celle impression est du 27 novembre 1608. Le titre exact de ce livre est: Histoire de la Nouvelle France contenant les navigations, découvertes et habitations faites par les François es Indes occidentales et Nouvelle France et ies diverses fortunes d'iceu.c depuis cent ans jusqu'à huis, en quoi est comprise l'histoire morale, naturelle et géographique de la dite province, avec figures par Marc Lescarbot, avocat en parlement, témoin oculaire d'une partie des choses récitérs. On en connait plusieurs éditions: 1° Paris, Jean Milot, 1609, petit in-8°; 2° 1d., 1611, et quelquefois 1612; 3° Paris, Ad. Perier 1618, alias, 1617, même format avec cartes (1). rierre Erosduile a donné en 1€09, l'année mème de sa publication en France, sous le titre de Nova Francia, or the description of that part of nex France, which is one continent 1vith Virginia. (Londres, G. Bishop, 1609. in 4°), uue traduction anglaise de cel ouvrage qu, au jugement de Charlevoix, est sincère, judicieux et impartial, et dont Bayle parle comme d'un livre curieux. L'auteur, ajoute-t-1l, y entreméle plusieurs remarques de Hilérature et commence par le voyage de Jean Verrazzano, Florentin, envoyé en Amérique

(2) Voir Brunet, Manuel du libraire et Boucher de la Richarderie, Hibliothèque des voyages

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par Francois 1*%en 1524, Une édition allemande en fut aussi puoliée à Augsbourg en 1613,

M. A. de Lacaze attribue à Lescarbot une édition annotée des Voyages de Samuel de Champlain, mais c'est en vain que nous l'avons cherchée dans la dernière édition du Manuel du libraire, de Brunet, et dans la bibliothèque des voyages, de Boucher de la h.charderie: il y a encore ici évidemment confusion.

L'année suivante, il fil imprimer {a conversion des sauvages quiont été baptizés en la Nouvelle France, cette année 1610, avec un récit du voyage du sieur de Pout*incourt (Paris, Milot, sans date, in-8°).

Envoyé en Suisse avec Pierre de Castille, ambassadeur de Louis XIE, il publia à son retour un Tableau de la Suisse et autres alliez de la F'ance és hautes Allemagnes auquel sont décrites les singularités des Alpes, etc., sorte de poème descriptif, accompagné de plusienrs morceaux en prose (Paris, Ad. Perier, 1618, in-4°),

C'est peu après cette époque que se maria Marc Lescarbot, En effet, on trouve dans les registres de Ja paroisse Saint-Germain -FAuxerrois l'acte suivant : « Du jeudy {* jour d'aoust 1619 à affidatious entre M° Marc Lescarbot advocat en parlement et da“ Francoise de Valpergue. Espousez le 3° jour de sept. 1619.» Bien que sur cet acte il ne prit que la qualité d'avocat, Lesearbot avait le droit, dit M. Jal, d'y prendre un autre litre, car il avait une charge de

commissaire de marine. Un état de paiement des pen-

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sions, appointements et gages des officiers de marine arrêté par le roi le 23 décembre 1619. signé Louis, et plus bas Montmorancy. montre Mare Lescarhot commissaire de marine aux gages de deux cents livres. 1 v est le 38°, et la liste est de 133, ce qui montre qu'il avail acheté celte charge longtemps avant 1619 Su: un autre etat du 25 octobre 1627, conservé egalement aux archives de la marine, Mare esi reinplacé par un Jean Lescarbot qui ne doit pas être le tils de Marc. imais pourrait ètre son frère, el qui ne figure plus sur un élal de 1634. (Les états intermédiaires inanquent.)

En 1627, Marc vivait cependant encore, car nous le voyons deux ans après publier un nouvel ouvrage en vers, la chasse aux Anglois en l'Isle de Rez et au Siège de la Rochelle, et la réduction de la dite ville à l'ubéissance du Roy (par Marc: Lescarbot, avocat. Pa. ris, Jacquin, 1629, petit in-8°).

Aucun reuseignemeut précis ne nous permet de fixer la date de la mort du voyageur vervinois, que M. de Lacaze place vers 1630 et M. Pielte en 1634.

Avant de terminer celte note, nous sommes heureux d'adresser lous nos remvrciments à M.d'Avezuc. membre de l'Institut, qui a bien voulu nous fournir quelques renseignements nou\eaux.

(Ezstrait du Aie rie du 5 juillet 1868).

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