TYPOGRAPHIE EDMOND MONNOYER
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Extrait du Bulletin de la Société des Arts de la Sarthe, 1886.
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DE
La Bibliothèque de la ville du Mans possède un exemplaire de la Flore du Maine qui paraît présenter un grand intérêt.
Son inscription dans le Catalogue est accompagnée de la note suivante :
« Cet exemplaire contient les additions et corrections (( jugées utiles par MM. Desportes, Manceau, pour une « seconde édition de la Flore du Maine. »
La haute valeur d'un exemplaire ainsi enrichi est indiscutable. Il faut remarquer en effet que la Flore du, Maine date de 1838 et que son auteur, qui a vécu jusqu'en 1856, n'a absolument rien publié depuis sur le même sujet. On ne peut croire cependant que Desportes ait complètement négligé la botanique. Il a dû continuer après Tapparilion de sa Flore à recueillir de nouvelles observations, à vérifier ou faire vérifier les localités douteuses, à examiner les plantes litigieuses du département, afin de publier une seconde édition, ou une simple note complémentaire et rectificative.
Notre éminent botaniste savait en effet fort bien que Fauteur le plus consciencieux n'est pas à l'abri des erreurs : on a pu précisément en relever quelques-unes dans la Flore du Maine. Il n'ignorait pas non plus qu'une flore locale ne sera jamais un ouvrage complet et définitif: tantôt c'est une plante rare qui disparaît des stations connues par suite de culture,
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d'assainissement (i), ou encore après des razzias trop souvent répétées de certains collectionneurs qui se disent botanistes ; tantôt c'est une espèce nouvelle apportée des pays voisins, ou quelquefois même de très loin, d'Amérique par exemple, el qui s'acclimate si bien qu'elle appartient à la flore locale (2). D'un autre côté, malgré toute l'activité déployée par Desportes et ses nombreux collaborateurs, plusieurs régions étaient restées inexplorées ; elles pouvaient renfermer -des espèces intéressantes à signaler.
Ces réflexions faites, si on se reporte h la note citée plus haut, on doit s'attendre à trouver dans l'exemplaire en question des notes nombreuses, intéressantes, de vraies richesses botaniques. On sait en effet combien les quelques descriptions que Desportes a introduites dans sa Flore sont exactes, et avec quelle sûreté elles permettent la'détermination des espèces difficiles; je n'en citerai pour preuve qu'un exemple, les Carex disfans L. et C, binervis Sm. si voisins l'un de l'autre et si nettement distingués par Desportes. Pour ma part, en empruntant le précieux volume, j'avais le ferme espoir de faire une bonne trouvaille ; car personne, h ma connaissance, n*avait jusqu'alors utilisé des notes de Desportes postérieures à 1838.
Je vous dirai tout de suite que ma douce espérance a été déçue. J'ai fait cependant une découverte, c'est que Desporles n'a nullement rédigé les notes qu'on lui attribue.
(1) Exemple : Lipaiis Lœselii Rich, indiqué par la Flore de DesporU's, dans des marécages A Ardenay,où d'ailleurs M. Manecau le trouvait encore abondant en juin 1864. Depuis celle époque, les terrains sont assainis, et il est impossible de retrouver un seul pied de celle rare orchidée. Un de nos collègues, M. Roquet, de Laigné-en-Belin, vient dX'tre assez lieureuit pour en découvrir une localité à Pontvallain.
Aulre exemple : Scirpus compressus L. Trouvé au Breil en 1883, disparu en 1885 à la suite de travaux exécutés sur le chemin où il se développait.
Voir à ce sujet, Diard, Cal. St-Calais, p. 93 et 208.
(2) Ex. Elodea Canadensis Mich,
Eriger on Canadcfisis L.
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L'exemplaire annoié comprend seulement; les Phanérogames — la Bibliolhëque de la ville du Mans ne possède donc pas Touvrage eniier de Desportes — il est inierfolié, et les pages non imprimées sont couvertes de notes manuscrites. Celles-ci ont été rédigées par deux personnes différentes. L'œil le moins exercé s'en rend facilement compte, cçir le premier des annotateurs, qui, d'après le Catalogue, serait Desportes, employait la plume d'oie, tandis que le second se servait de plumes métalliques.
Examinons d'abord les notes attribuées à Desportes. Leur auteur s'est astreint à reproduire avec une exactitude scrupuleuse les noms de toutes les espèces et variétés comprises dans la page voisine, en laissant après chacun d'eux un espace libre, destiné à recevoir les observations qui pourraient être faites plus tard. Mais pour beaucoup d'espèces cette préparalion a été inutile; des pages entières, en effet, ne contiennent aucune annotation. On considérera peut-être ce travail préparatoire comme puéril et indigne d'un auteur sérieux.
Dans le texte, les noms d'espèces ou de variétés nommées par Desportes sont suivies de l'abréviation généralement usitée en pareil cas, N {nobis) ; tandis que l'annotateur a écrit chaque fois Desp, au lieu de N. Ce changement serait bien extraordinaire s'il avait été fait par Desportes lui-même.
On relève d'ailleurs dans ces notes des fautes d'orthographe fort nombreuses. Il est inadmissible qu'elles aient été commises par l'auteur de la Flore du Maine. On écrit, par exemple, étang d' « Auvoux », quand le texte porte « Auvours », etc., etc.
A la page 198, on lit : « Siblhorpia Europœa^ Vire, Nor- « mandie; Pontivy, Bretagne. »
Cette observation, qui concerne une plante vivant assez loin de nous, n'est d'aucune valeur pour la flore du Maine ; Desportes, cela est évident, se serait contenté de relever les localités du Maine ou des pays très voisins.
A la suite à'Anlirrhinummajus L., page i97, on a écrit :
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« Le Mans, murs de la Psalette, murs des jardins rue de « la Grimace. Au lieu de croire que celle planle est allée « des jardins sur les murs, je croirais au contraire qu'elle « serait tombée des murs dans les jardins, tant elle est com- « mune sur un grand nombre de murs. A Coutances, en Nor- (( mandie, tous les grands murs des enclos en sont couverts.»
Ces réflexions répondent à Taffirmation contenue dans le texte : « Naturalisé sur les vieux murs. » On ne peut songer à attribuer h Desportes la paternité de ces lignes, qui contredisent carrément Topinion formulée dans sa Flore et universellement admise parles botanistes sérieux.
Une observation que nous relevons à la page 4 est plus significative encore :
« APontivy, la rivièreduBlavetétaitcontinuellement remplie « de vaches qui mangeaient cette Renoncule avec avidité. »
Ceci n'a pu être écrit que par une personne ayant séjourné à Pontivy. Ce n'est probablement pas Desportes. Mais M. et M™® Cauvin ont habité cette ville plusieurs années, car. M. Cauvin a été professeur au collège de Pontivy jusqu'en i818(i).
Ces deux botanistes amateurs ont aussi fort voyagé, particulièrement dans le centre elle nord de la France; M. Huard, qui les a fort bien connus, l'affirmait dernièrement encore.
On ne doit donc pas s'étonner si à propos de Diplotaxis tenuifolia DC, on lit :
« Nous avons trouvé cette plante en Bretagne, Tours, « Blois, Chambord, Orléans, Paris, St-Quentin, Cambrai, a Douai, Valenciennes, St-Omer, Arras, Lille, Dunkerque, « Calais, Boulogne, Amiens, Abbeville, Beauvais, Ponloise, « St-Denis; en Belgique, Mons, Bruxelles, Malines, Anvers» « Gand, Bruge, Oslende. »
11 est évident que les quelques annotations que je viens.de citer n'apportent que des présomptions insuffisantes pour
(i) D'après M. F. Legeay, Nécrologie et Bibliographie contemporaines de la Sartlie.
permettre de porter un jugement définiiif. 11 faut une preuve indiscutable. Elle se trouve à la page 141 : Desportes cite entre autres localités du Calendula arvensis L, : « Champagne, vignes (Mme Cauvin). » Ces mots sont soulignés/et en face on a écrit :
« C'est par erreur que mon nom est cilé; c'est M. Drouet « qui Ta trouvé à Champagne et c'est sur Tindication de « M. Despories que je Tai trouvé. »
Ces lignes sont donc de la main de Mme Cauvin. Examinons-en récriture, nous ne la trouverons pas différente de celle de toutes les autres notes.
' Je possède d'ailleurs des étiquettes provenant de Tlierbier Cauvin ; c'est h Tobligeance de M. Huard que je les dois. Si Ton rapproche l'écriture de ces étiquettes de celle des mêmes mois de la Flore, on s'aperçoit sans peine que la ressemblance est frappante, je dirai même surprenante.
La démonstration est donc complète. Les notes sont dues à Mme Cauvin. Pourquoi pas à M. Cauvin, dira-t-on? Cette opinion est en effet soutenable. Mais vaut-elle la peine d'être discutée ? Que ces notes appartiennent h M. ou Mme Cauvin, le fait que j'ai établi n'est pas moins évident : Desportes ne les a pas écrites (1).
Maintenant que nous connaissons l'auteur, examinons la valeur de ses observations.
(1) A la séance où ce Iravail a été lu, M. le docteur Teillcux a eu l'obligeance de me communiquerrexemplaire ayant appartenu à Despories; notre collègue Ta reçu de la veuve de cet éminent botaniste. Despories y a laissé un certain nombre de notes manuscrites dont récriture n*a rien de commun avec celle des notes que nous examinons.
Poussé par une curiosité bien naturelle, j'ai parcouru le volume en entier afln de me rendre compte de la nature et de Timportance des notes enregistrées par Desportes. Ma surprise a été grande, car Texemplaire renferme bien pou d'observations concernant la botanique locale, rectifications, additions, localités nouvelles ; la plupart des notes s'appliquent, en effet, à la synonymie, que Desportes a toujours cherché k rendre aussi complète que possible, ainsi qu'il l'annonce dans sa courte préface.
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Ce sont des indications trop sonomaires de localités ; on mentionne simplement le nom de la commune où la plante a été rencontrée. Or, s'il s'agit d'une espèce rare et peu abondante, comment la retrouver dans le petit coin où elle est cantonnée ? Dans certains cas cependant, comme on le verra plus loin, l'observateur a élé moins sobre de détails.
Ajoutons que ni Mme Cauvin ni M. Manceau n'ont cru devoir indiquer les dates de leurs observations. Les étiquettes de rherbier Cauvin sont de même sans date. C'est une lacune regrettable.
Parmi les espèces dont Mme Cauvin cite des localités non connues jusqu'alors, j'ai pu relever les suivantes, comme méritant seules une mention :
« Delphinium Ajacis L. Champs depuis Foucauge jus- « qu'au parc d'Yvré. Vignes enclos de St-Joseph ou Notref( Dame de Ste-Croix, champ de la Mariette, sans doute c( transportée avec les fumiers. »
La Petite Flore mancelle, de M. Amb. Gentil, ne comprend pas cette espèce.
Cependant j'ai dans mon herbier un échantillon de la même plante que je dois à l'obligeance de M. Gentil, et qui a été récoltée à Bouloire (Sarthe), le 12 juillet 1876, par M. Bône.
D'un autre côté, M. Morière {FL Normandie, J)° éd.) constate que le D, Ajacis L. est répandu dans les moissons des alluvions du Loir, aux environs de La Flèche (Sarthe).
La Flore du centre (Boreau, S"" éd.) signale cette espèce dans la vallée de la Loire et particulièrement sur les alluvions.
Tout en émettant des doutes sur la spontanéité du Delphinium Ajacis dans la Sarthe, comme Ta fait M. Gentil, on peut se demander s'il n'y aurait pas lieu d'inscrire dans la flore de notre département, une plante apportée, il est vrai, mais qui persiste dans les cultures, et qui tend à s'acclimater, ainsi que l'attestent les observations citées, faites a plusieurs années de distance.
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V Antirrhinum majus L.y le Myagrum perfoliaium L,, VElodea Canadensis Mich., le Straliotes aloides L. ei quelques autres qui ont ou vont acquérir droit de cité dans la Flore mancelle n'ont pas d'autres titres à cet honneur que ceux que j'invoque pour le Delphiniurn Ajacis. Je recommande donc cette plante h Tindulgence de M. Gentil.
« Berberis vulgari^ L. Haie sur le chemin qui conduit de Moulin-rÉvêque à Coulaines. »
Sur les indications de M. Poivet, professeur à Técole normale, j'ai trouvé un buisson de Berberis vulgaris non loin de la, sur la route de Coulaines à Neuville, 8 mai 1884.
n Erodium moschalum VHérii. Commune à La Ferté- « Bernard, dans tous les lieux cultivés, même sur les murs de « la ville. »
C'est une plante de Touest et du midi de la France. Les localités se comptent dans la Sarlhe.
« Irmla graveolens Desf. Lande au bout des étangs d'Au- « vours. »
« Senecio viscosus L. Ardenay, entre l'auberge et le che- « min du Breil, dans un pré marécageux. »
« Lysimachia nemorumL, Forêt de Bonnétable. »
« Villarsia nymphoides Vent. Le Mans, canal en face du « petit St-Georges. La Sarihe, du Mans à Chahoué. Moulin- « rÉvéque, rive droite de la Sarlhe. »
Malgré des recherches réitérées, M. Gentil n'a pu retrouver cette plante dans la Sarthe, en amont et en aval du Mans, où elle est aussi indiquée par Despoftes^, aurait-elle disparu? On la rencontre fréquemment dans la vallée du Loir, Le Lude, La Chartre, etc.
(( Veronica iriphyllos L. Champs près de Moulin-rÉvéque. »
« Liltorella lacustris L. Etangs d'Auvours et de Bordc- « beurre. »
M. Gentil, l'an dernier, trouvait en effet cette espèce très abondante aux localités citées.
« Amarantus rciroflexus L, Ste-Croix,au pied des murs.
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— iO —
« On la dit échappée des jardins. Ce n'est pas une plante « d'ornement. A Angers, à Poitiers, on la trouve au pied des « murs. »
Cette même plante a été recueillie Tannée dernière au Mans, également au pied des murs. M. Gentil se propose de la comprendre dans la deuxième édition de la Flore mancelle.
ft Chenopodium opulifoHum Schrad. Pontlieue, tout le long du chemin qui conduit au Gué-de-Maulny. »
« Lemna trisulca L. Fossés près la chaussée du Moulin- « rÉvêquc, Le Mans.»
Arrivons maintenant aux notes qui paraissent avoir été rédigées postérieurement à celles que nous venons d'examiner. Le catalogue désigne M. Manceau comme en étant Fauteur. Cette fois il est dans le vrai. La confrontation avec un spécimen de récriture de M. Manceau ne laisse pas de doutes à cet égard. S'il fallait d'autres preuves, on pourrait les trouver dans le grand nombre d'observations faites à Cossé-en- Champagne, pays d'origine de ce botaniste, et dans les environs.
Les notes rédigées par M. Manceau paraissent nombreuses et importantes, malheureusement elles ne sont pas toujours le fruit de ses observations personnelles; car, à la première page, il nous apprend qu'il a rais à contribution le Catalogue des plantes de S t- Calais et des environs, de Diard.
Il n'y a donc rien de nouveau pour nous dans une partie de ces notes. L'autre partie comprend encore d'assez nombreuses observations. Il est regrettable qu'elles s'appliquent trop souvent à des plantes réputées communes dans notre pays.
Voici d'ailleurs les quelques localités qu'il m'a paru utile de relever :
« Helleborus viridis L. Brûlon, derrière les ruines de « l'abbaye de l'Isle. »
« Isopyrwn thalictroïdes L. Viré, la Basse-Roche, près du « Treulon. »
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i(Draba muralis L. Cossé-en-Chatnpagne. »
« Sisymbrium irio L. Champs enlre le bois de Monsor et « le bourg d'Yvré. »
La Flore mancelle ne fait pas mention de cette espèce. C'est d'ailleurs la seule fois, h ma connaissance, qu'elle est signalée dans la Sarthe. C'est donc une localité à vérifier. J'ajouterai que sa présence dans notre département ne m'élonnerait nullement ; on la trouve en effet dans les déparlement limitrophes delà Sarthe, au sud, et aussi dans la Normandie.
« Mœnchia glauca Pers. Haies sablonneuses de Noyers à « Changé. »
« Holosteum umbellatumL. \\gnes deGazonfiers.Pont-de- « Gennes. »
« Lotus angustissimus L. Cossé-en-Champagne. »
« Kentrophyllum lanatum L. Cossé-en-Champagne. « Brûlon, rochers de Pissegrêle. »
a Anchusa italica Rei. Cossé-en-Champagne. Bas des « buttes de Gazonfiers, Ste-Croix. »
« Linaria Pelisseriana Mill. Cossé-en-Champagne. »
Retrouve-t-on dans ces quelques notes éparses tout ce que Manceau a vu et observé? Certainement non. J'aime mieux croire qu'il avait réuni autre part de riches documents sur la flore de la Sarthe^ et que des circonstances indépendantes de sa volonté l'ont empêché de livrer son manuscrit à l'impression.
Manceau qui publiait en 1862 dans le Bulletin de notre Société une Première note sur les plantes phanérogames du Maine, annonce en effet dans ce travail qu'il prépare un Catalogue raisonné des f Unies phanérogames du Maine, or cette première note fut aussi la dernière concernant la botanique. Cependant Fauteur a vécu jusqu'en 1871, et notre Société, dont il a toujours été membre titulaire, se serait fait un honneur d'accueillir ses communications.
Nous devons regretter que Manceau n'ait pas continué
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Félude qu'il avait commencée, car si sa Première note peut, en quelques points, donner prise à la critique, elle n'en prouve pas moins qu'il était botaniste consciencieux et excellent observateur.
Pour ma part, je suis convaincu que ce Catalogue raisonné dont il annonçait la préparation aurait complètement rajeuni et amélioré la Flore de Desportes, qui n'est en somme ellemême qu'un catalogue.
Je me hâle de conclure.
L'exemplaire de la Flore de Desportes appartenant à la Bibliothèque de la ville du Mans est incomplet, et c'est le seul que cette Bibliothèque possède.
Les notes attribuées à Desportes par [a Catalogue sont dues à MmeCauvin.
Les autres sont bien de Manceau.
Quoi qu'il en soit, elles sont pour la plupart insignifiantes} les localités indiquéess'adressant souvent à des plantes banales. J'ai réuni d'ailleursdanscetteétude les observations qui méritent d'être conservées; elles sont en bien pelit nombre, et encore plusieurs d'entre elles ne peuvent-elles être acceptées à titre définitif qu'après une vérification préalable (I)*
(1) La page 44 de ce même exemplaire renferme une noie étrangère aux précédentes, elle est ainsi conçue :
< Géranium moschalum, planie exhalant une forte odeur de musc.
« Prairies sèclies. Mai-juin.
« Entièrement distinct de VErodium du même nom, pourrait toutefois se rattacher au Géranium molle comme variété remarquable.
« MM. H. LéveiUé et £. Gbevajon. »
Inutile de dire que ceci estde la plus haute fantaisie. La plante dont on parle est le G. molle L. et pas autre chose. Quelquefois cette espèce répand une odeur plus ou moins forte, rappelant celle du musc ; j'en ai rencontré un pied dans ces conditions, en 1885, à Fresnay-sur-Sarlhe, moulin de la Coursure. A part Todeur, qui n*est qu'un accident, ce pied ne se distinguait en rien du Géranium molle L.
On ne peut que s'étonner de trouver une semblable note dans un volume appartenant à la Bibliothèque de la ville du Mans, et considéré comme ayant une grande valeur.
Le Mans. — Typ. Ed. Monnoyer. — Août 1886.
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