Santé excellente. Pression, 35 k
l*r septembre. La demoiselle Savary quitte l’Hôtel-Dieu pour aller occuper en ville une place plus avantageuse.
20 septembre. Elle est venue visiter ses anciennes voisines ce jour-là.
Sensibilité toujours normale.
Pression des deux mains, 40 k.
Appétit et digestions parfaites; absence complète de bruit de souffle. N
Nous terminons ici nos observations; nous nous étions d’abord proposé d’y en ajouter d’aulres, s’il se peut encore plus authentiques, et notamment trois observations fort intéressantes recueillies à l’Hôtel-Dieu par M.le docteur Pierre, dans le service de M, Tardieu; mais nous avons craint d’abuser de l’hospitalité de ces colonnes. Si c’est là une lacune, ceux de nos confrères qui prennent intérêt à nos recherches la combleront aisément en lisant la série d’exemples de succès par le même traitement que MM. les docteurs Pierre et Collin, MM. Salneuve et Liandon, anciens internes des services où nous avons fait le plus grand nombre d’expériences, ont publiée, soit dans notre thèse inaugurale, soit dans plusieurs numéros de la Gazette Médicale de 1852. Le même motif de discrétion et l’habitude, que nous avons heureusement prise de bonne heure, d’éviter jusqu’à nouvel ordre de nous servir de témoin à nous-même, ne nous permet pas de parler de ceux de nos propres malades qui nous ont encore donné lieu d’observer ; 1° l'existence constante de V anesthésie, de l'amyosthénie ou de V aménorrhée dans la chlorose ; 2° la nécessité d'imprimer des modifications à la sensibilité périphérique , lorsqu'elle a été atteinte avant que de pouvoir atteindre les autres phénomènes morbides ; 3° et la relation parfaite qui nous semble exister entre l'action des substances métalliques a l'intérieur et celle des mêmes métaux à
V extérieur , mais que les praticiens qui auront été le plus surpris par la nouveauté de ce sujet, consentent seulement à se munir d’une longue aiguille et de quelques petites plaques des métaux les plus vulgaires, cuivre , fer et acier y qu’on a partout sous la main, et nous ne doutons pas qu’ils n’arrivent promptement à reconnaître la vérité de toutes nos assertions (1).
Un dernier mot maintenant.
Lorsqu’on pénètre un peu avant dans la question qui nous occupe, il est vraiment difficile de comprendre la faveur que l’on accorde si généralement encore à l’ancienne théorie de l’action directe du fer sur les globules sanguins des chlorotiques. Eh quoi ! d’une part, la masse totale du sang d’un adulte en bonne santé renferme 2 ou 3 grammes de fer à peine, et pour une perte de quelques décigr. de ce très-précieux métal, les malades affectées de chlorose seraient en proie à des accidents sans nombre jusqu’à ce ce que, par une patience d’un et plusieurs mois, et avec des doses de fer cent, deux cents fois plus considérables, on fût arrivé à leur rendre ces 5 ou 6décigrammes, accordons même 1 gramme, qui leur manque, tandis que d’un autre côté, quelques chlorotiques seulement, la moitié si l’on veut, auraient le privilège exclusif de guérir par les préparations martiales ? Mais ce qui est pis encore, vous vous êtes servi inutilement sinon avec désavantage du fer, nous allions presque dire du prétendu spécifique de la chlorose, et voilà que quelques doses d’une substance nouvelle, l’oxyde ou un sel de zinc, que l’on administre volontiers, malgré ses propriétés toxiques, vous donnent au contraire une guérison rapide. Le sang contient-il du zinc? et puisque ce métal est étranger à sa composition, il faut bien qu’il se passe là toute autre chose que ce qu’annoncent la plupart des livres dogmatiques. Oui certainement, pour nous cela ne paraît pas douteux, l’idée du passage du fer dans l’hématosine où il irait se fixer est fausse de tous points, et ce métal, aussi bien que tous les autres métaux qui sont capables de lui être substitués, ne fait que modifier heureusement l’état nerveux des chlorotiques et préparer les voies digestives à une bonne assimilation des aliments, qui, nous l’avons déjà dit, se charge seule de tous les frais de la guérison.
Du reste, hâtons-nous de le reconnaître, l’opinion que nous combattons
(i) C’est à la région externe des avant-bras que se fait presque toujours l’exploration. Tous les moyens qui nous servent pour cela sont, ainsi que nos armatures, mis à la disposition de nos confrères, chez M. Lüer, place de l’Êcole-de- Médedne.
commence à ne plus avoir grand crédit dans ia science, car, sans parler des efforts de quelques médecins qui, également, fort peu convaincus de la spécificité du fer dans la chlorose, ont cherché à doter ce métal de nouveaux succédanés (1) presque tout aussi étrangers que le zinc aux éléments constitutifs du sang. Si nous ne nous trompons pas, M. le professeur Trousseau en a fait depuis longtemps bonne justice dans ses leçons. 11 y a plus : c’est que, à peu près à la même époque où nous rédigions notre note sur la chlorose, et où , guidé seulement par la connaissance que nous avions acquise de la différence des aptitudes métalliques, nous indiquions à priori le cuivre comme pouvant agir tout aussi efficacement et tout aussi souvent que le fer lui-même, des médecins à l’étranger commençaient déjà à nous donner raison en publiant des observations de chlorotiques guéries par l’administration de ce métal à l’intérieur (2).
(1) Nous avons oublié de signaler le manganèse comme succédané du fer après le zinc.
(2) Dans notre thèse inaugurale nous avons consigné l’observation recueillie par M. le docteur Pierre , alors interne du service , sur une malade de l’Hôtel- Dieu, paraplégique depuis plusieurs mois, qui recouvra l’usage de ses jambes au bout de quelques jours d’application d’anneaux de cuivre jaune, et celle d’une dame de la ville chez laquelle des applications d’argent, deuxième titre, amenèrent plus rapidement encore le même résultat.