‹ Note Sur Une Monstruosité De RoseChapitre 1 sur 3 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

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situation, les (leux sépales qui, selon l’ordre quinconcial, auraient porté les numéros l et 2. L’un et l’autre portaient quelques lobules ou barbes sur leurs deux bords. Quant au sépale 3, il s’était soudé sur presque toute la longueur de son bord externe avec le bord adjacent du sépale 5. Cette soudure s’était effectuée dans des conditions qui m’ont semblé lui donner de l’intérêt. Un sait, en effet, que la théorie des soudures, introduite dans la science et développée avec un rare bonheur surtout par De Candolle, après avoir été admise par tous les botanistes, est mise aujourd’hui de côté parla plupart d’entre eux. Il est même de nos jours des observateurs qui la rejettent d'une manière absolue et qui voient des disjonctions plus ou moins complètes partout où d’autres ont vu des confluences ou des soudures plus ou moins prononcées. Or, il me semble impossible de faire intervenir pareille théorie dans l’explication de l’adhérence qui existait entre les sépales 3 et 5 de la Itose dont il s’agit dans celte note. En effet, les deux bords de ces folioles s’étaient soudés selon l’ordre de superposition qu’amenait naturellement pour eux la disposition quinconciale; la face interne du sépale 3 adhérait sur une largeur de 1 millimètre environ avec la face externe du sépale 5 ; et, au delà de cette portion adhérente, les deux bords, redevenant libres sur une très faible largeur, formaient deux lignes saillantes, dont l’une était nécessairement externe tandis que l’autre était forcément interne, et qui, par une conséquence inévitable, se trouvaient écartées l une de l’autre. Cette soudure avait eu lieu jusqu’à la base des prolongements ter-

b millimètres, hile n’avait pas même fait disparaître entièrement les lobules ou barbes que devait porter, dans l’état normal, le bord externe ou gauche du sépale ô, et un de ees lobules faisait saillie sur ce bord dans une longueur de k millimètres.

La soudure des sépales 3 et 5 par leurs côtés en contact n’avait pu avoi»

lieu sans amener une irrégularité sensible dans le calice entier; maintenus

ainsi adhérents, ils s’étaient forcément écartés des sépales adjacents, et

notamment le bord libre du sépale 5 s'éloignait du sépale 2 par un angle très ouvert.

2 La corolle se faisait remarquer par I état semi-pétaloïde et semi-caly - " cinal de sa foliole alterne aux sépales 3 et 1. Ce pétale anormal avait toute sa portion médiane verte, consistante, épaisse, couverte d’un léger duvet glanduleux, en un mot, calycinale sur une bande large vers le bas de 1 ou 2 millimètres, qui s élargissait ensuite beaucoup vers l’extrémité où fllle ut teignait 8 millimètres de largeur. La portion terminale de ce pétale avait aussi une configuration intermédiaire a celle des folioles normales du calice et de la corolle; en effet, elle formait un angle prolongé en un acumen également vert, long d’environ U millimétrés. A droite et a gauche de cette portion moyenne et calycinale s’étendait une partie blanchâtre, déjà plus nettement

SÉANCE 1)1 tià J L'IN 1858 .

corolline de texture ; enfin, les deux ailes, si je puis le dire, de celle même foliole, étaient entièrement petaloïdes de délicatesse et de coloration, et de plus très inégales, la plus voisine du calice, dans le sens de la spirale, n’ayant guère que le tiers des dimensions de l’autre, il me semble difficile de voir une transition mieux ménagée qu’ici entre le tissu et la couleur du calice et de la corolle.

La foliole coroi line qui suivait celle-ci dans l’ordre du verticille et qui alternait avec les sépales 1 et 4, ne conservait plus que très affaiblis quelques-uns des caractères du calice. Son contour était déjà celui des pétales normaux, presque sans modification : elle avait même l’échancrure terminale habituelle ; seulement sa portion médiane, dans ses deux tiers inférieurs, constituait une bande, blanchâtre, plus consistante et plus épaisse que tout le reste. Le pétale qui suivait celui-ci dans le verticille ne présentait absolument plus rien d’anormal.

Sans doute, des faits analogues à celui que m’a offert la corolle de cette Rose sont assez fréquents pour avoir été signalés plusieurs fois ; moi-même,

j ai eu déjà occasion d’en observer et d’en signaler d’assez curieux. J’ai cru cependant devoir eu ajouter un de plus a ceux qui étaient déjà connus, par ce motif que, tout analogues qu’ils sont, des faits de ce genre ne sont jamais identiques, et que, dés lors, leurs différences deviennent aussi instructives que leurs ressemblances.

M. Chalin dit que l’un des faits observés par M. Ducharlre rentre dans la règle ordinaire; en effet, quand un des pétales n’est pas enveloppé dans le bouton par le calice, ce pétale prend la coloration

verte.

M. Ducharlre fait remarquer qu’il n’a observé la plante qu’en lieur, et qu’il n’est, par conséquent, pas possible de savoir quelle était la disposition des parties dans le bouton.

M* Payer fait à la Société la communication suivante :

Dans mes études sur la structure des tiges, j’ai eu occasion d’étudier celle du Campanula bonariensis, et j’ai été fort étonné d’y rencontrer, sur la coupe transversale, au dedans du bois et par conséquent au milieu de la moelle, un cercle de libres identiques par leur forme et par les liquides ( (u elles contenaient aux libres corticales ou libériennes. Même épaississement de la paroi, même éclat de transparence, même liquide sortant avec abondance par les incisions faites; et les quelques expériences que j’ai entreprises sur cette plante, et dont je communiquerai plus tard le résultat à la Société, tendent a me faire penser que c’est par les libres libériennes de

• écorce et par ces libres libériennes de la moelle que la sève monte des

racines vers les feuilles.

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