Note Sur Une Tulipe A Tige Tripartie
longeai à leur sommet en une vrille ordinairement enroulée, ou sont ellesmêmes totalement transformées en vrilles. On se rappelle qu’en 1855, M. Naudiu a publié sur ce sujet un mémoire (voyez Ann. sc. nat., h t série, t. IV, p. 5) dans lequel il cherche à démontrer, par des faits tératologiques, d’ailleurs ligurés dans son mémoire, que la vrille des Cucurbitacées n’a rien de commun avec les stipules proprement dites, et qu’elle résulte des nervures d’une foliole, le plus souvent dépourvue de parenchyme, et qui appartient à un rameau atrophié dont elle est, sauf certains cas d’anomalie, l’unique production. Cette interprétation, quoique basée sur des faits nombreux et fort remarquables, a été repoussée par M. le docteur Clos, qui maintient que la vrille, ici, est une dépendance de la feuille adjacente, et, pour nous servir dises propres expressions, un organe appendiculaire en partie avorté , analogue à la vrille du Lathyrus Aphaca, mais provenant d'un dédoublement collatéral de la feuille normale (voyez Bulletin de la Soc. bot. de Fr., t. III, p. 546). Or, dans le nouvel exemple qui est mis sous les yeux de la Société, pas plus que dans ceux qui ont été signalés il y a cinq ans par M. Naudiu, il n’est possible d’invoquer un dédoublement quelconque, puisque c’est la nervure médiane elle-même de la foliole du calice qui se transforme en vrille. Ainsi, dans les Cucurbitacées, les vrilles ne sont pas des dédoublements latéraux des feuilles ; elles ne sont pas davantage des axes divisés, ni des pédoncules atrophiés, ni des stipules unilatérales, ni des racines. Devant les faits, toutes ces hypothèses, aussi gratuites qu’ingénieuses, doivent tomber.
M. Ducluirlre fait à la Société la colrmumication suivante :
NOTE SUR UNE TL'LU-E A TIRE TRIPARTIE, par M. P. MJCHARTKE.
Les exemples de partition de la tige du Tulipa Gesneriana, donnant naissance à deux prolongements terminés chacun par une fleur, sont assez fréquents dans les jardins ; cette année une planche de Tulipes, d’une assez faible étendue, m’en a offert en même temps trois ; je crois donc inutile de m’en occuper. Mais je désire appeler un instant l’attention de la Société sur une partition plus complexe, à deux degrés, par suite de laquelle un pied de Tulipe, cultivé dans la même planche, portait trois fleurs parfaitement développées et à fort peu près d’égales dimensions. Cette anomalie m’a semblé assez curieuse, soit sous ce rapport, soit par la disposition des feuilles situées au point où se faisait la première division.
La lige de cette Tulipe était entièrement normale et cylindrique à sa base. A une faible hauteur au-dessus du sol, et à partir de la première feuille, elle se creusait latéralement de deux sillons opposés, dont un plus profond, fl" 1 venaient aboutir chacun à l'un des deux bords de la seconde feuille. L’entrenœud intermédiaire à ces deux feuilles avait environ 0*“.06 de longueur. Le
SÉANCE DU '22 JUIN J8t)0.
troisième entre-nœud avait U'",00 de longueur; il montrait la continuation
des deux sillons latéi
, qui se creusaient de plus en plus du bas vers le
haut, et à son extrémité supérieure sc faisait la première partition. Au niveau de cette division sc trouvaient trois feuilles inégales en grandeur. La plus grande de ces feuilles (A) jouait le rôle de feuille-mère (ou axillaute) relativement à la plus grosse des deux divisions de la tige ; mais sa moitié gauche était insérée dans la scissure même, c’est-à-dire dans l’angle formé par la bifurcation. La deuxième feuille (B), plus petite que la première, était en partie adossée dos à dos à celle-ci, mais son bord droit arrivait seul jusqu’à I angle de bifurcation ; son insertion était très oblique sur la lige, et même sa portion inférieure était déchirée par l’effet de l’allongement qu’avait pris la tige dans l’étendue de la ligne oblique tracée par son insertion. La troisième feuille (C) avait une insertion symétrique à celle de A, c’est-à-dire qu’elle jouait relativement à la plus petite ramification le rôle de feuille-mère (ou axillante), et avait une de ses moitiés insérée presque tout entière dans l’angle de la bifurcation. Ainsi les deux feuilles A et C, situées au niveau de la bifurcation, étaient à moitié intérieures relativement aux deux ramifications de la tige. La plus faible de ces ramifications ne formait qu’un prolongement nu, long de <) n, ,:J0, que terminait une fleur parfaite. Quant à la plus forte, elle portait, au bout d’une longueur de 0 m ,02, une feuille (D) opposée à la feuille A et longue d’environ 0 m ,15. Au-dessus de cette feuille D, cette demi-tige sc
creusait latéralement de
oppose
plus en
plus prononcés du bas vers le haut, et qui lui donnaient l’apparence de deux cylindres inégaux d’épaisseur, soudés entre eux de manière à se confondre de plus en plus. La division de cette demi-tige, ou la seconde partition, ne présentait pas de feuille et s’opérait par une simple séparation des deux moitiés inégales qui étaient restées confondues jusque-là. Chacune des branches qui en provenait se terminait par une Heur très bien organisée et aussi grande que celle des pieds de Tulipe voisins, dans lesquels rien de pareil ne s’était produit. Les particularités qu’offraient ces deux branches n’avaient rien de lemarquable, si ce n’est peut-être que l’une d’elles formait d’abord une spire sur elle-même dans un sens et plus haut dans un sens opposé.