Notes biologiques sur quelques espèces d’Alpheidés observées à Djibouti
toujours complètement inenne. La nageoire cardale ne présente rien de particulier.
Habitat. — Talisman, aA août i883, n° J 3 ^ , 4 , 060 mètres; Açores. Vase blanche molle.
Celle espèce tient le milieu entre la M. Autonii A. M. Edw. et la M. Reynohlsi A. M. Edw. Elle ressemble à la première par la forme générale de ses pédoncules oculaires et par l’épipodite de ses pattes antérieures; h la seconde, par les ornements de sa carapace et par la longueur du rostre et des appendices. Elle est toutefois beaucoup moins ornée que les deux espèces précédentes et ne présente pas, comme elles, de nombreuses épines sur les pattes; ses pédoncules oculaires sont plus larges, plus courts et ont une épine moins longue que ceux de la M. Autonii; les sillons de la carapace sout beaucoup plus larges que dans la AL Reynoldsi.
SUR QUELQUES ESPECES d’AlPIIEIDÈS OBSERVES A DjIBOUTI,
, PAR H. COUTIÈRE.
(Laboratoires de MM. les Professeurs Milxe Edwards et Bouvier.)
Les observations sur l'habitat et le genre de vie des Alphées sont assez peu nombreuses. Brooks et Herrick, ce dernier surtout, dans un mémoire relatif au développement de ces animaux (Menu of Nat. Ac . of Sciences , Washington, 1891 ), insistent sur la biologie de quelques espèces, A. helcroebdis (Say) et A . Saulcyi (Guérin), dont Herrick admet deux variétés : brevicarpus et longicarpus.
Pendant mon séjour à Djibouti, j’ai pu observer les habitudes d’un assez grand nombre d’espèces. A . Saulcyi var. brevicarpus (Herrick), identique à l’espèce décrite par Say sous le nom de A. minus , n'a pas été jusqu’à présent rencontré dans la mer Rouge, mais on y trouve assez fréquent A. lumido-mauus (Paulson), qui paraît u’ètre qu’une simple variété de A . minus, s’en distinguant par les épines frontales plus grêles et plus allongées. Son habitat est le même que sur les cotes américaines, et nous montrerons dans une note ultérieure que son développement est tout semblable.
A. minus se rencontre, d’après Herrick, dans nue Eponge assez irrégulière, vert olive à la surface, de couleur chair sur la coupe, très mucilagineuse et se putréfiant rapidement. Nous ignorons si l’espèce qu'on rencontre à Djibouti est identique, comme les caractères indiqués par Herrick sembleraient l’indiquer. Cette Eponge se rencontre très communément sur la table du récif, dans de petites flaques à fonds sablonneux laissées par la
basse mer. Elle affecte fréquemment la forme d’une couronne plus ou moins complète; sa structure est assez fine et sa coupe de couleur fauve, tandis que sa surface est d’un vert noirâtre très fonce'.
Les Éponges sont en général de véritables hôtelleries. L’espèce en question englobe dans sa niasse des coquilles vides d’IIuîtres et de Moules, dans lesquelles se réfugient des Vers, des Crustacés isopodes et amphipodes. Les Ophiures, extrêmement abondants sur le récif, se glissent dans les oscules inoccupées au point de «■ bourrer» littéralement l’Éponge; une grande espèce d’Annélide (Amphimonien?), molle et rougeâtre, s’étend dans les plus grands canaux. Un Palémonidé du genre Typton (Costa) s’y rencontre par couples a peu près constamment, et les cavités anfractueuses formées par les lobes de l’Éponge abritent de nombreux Brachyures et plusieurs espèces de Gonodaclylus , qui y cherchent momentanément un refuge.
A. minus se trouve dans celte Éponge toutes les fois qu’elle présente une taille un peu forte. Comme le fait remarquer Herrick, il est rare d’en trouver plus d’un couple. La femelle occupe le fond de l’oscnle, qu’elle remplit presque en entier de son énorme abdomen chargé d’œufs, le mâle se tient h l’entrée et défend l’abord du gîte de sa grosse pince étendue. Celle-ci, a son exlrémilé surtout, est vert olive foncé, passant au vert clair sur la paume. La femelle paraît entièrement verte, grâce à la couleur de ses ovaires ; les œuls avancés sont de couleur rosée, ou vert jaunâtre, lorsqu’ils sont fraîchement pondus. Le mâle est à peu près incolore ou légèrement vert glauque, sauf le bout des pinces. Sa taille est notablement plus faible que celle de la femelle, d’un quart environ et même plus.
A. minus n’est pas, du reste, étroitement limité à cet habitat. INous en avons (rouvé quelques exemplaires sur le revêtement uvantqne formaient, à des bouées du port, des Huîtres perlières, des Balanes, soudées par des colonies de Lcptoclinum , de Bolrylles et de volumineuses Cynthies. A, minus se rencontre, avec ses mêmes caractères, dans les nombreuses anfractuosités de celte masse; on le trouve encore, assez rarement, dans les Madrépores hémisphériques et très cespiteux où habile une autre espèce, Alpheus lœms .
L’un des exemples les plus parfaits d’habitat localisé est fourni par une forme nouvelle, que nous avons décrite sous le nom de A. spongumnn (Bull, du Muséum, 1897, n° 6). C’est une simple «race* de l’espèce A. crinitus (Dana), en différant par la disparition à peu près totale de J’écaille anlennaire et la différence sexuelle présentée par les pinces de la première paire, différence plus marquée que chez aucune autre espèce du genre Alpheus .
A, spongiarum vit exclusivement dans une grosse Éponge brune (f/ircinia sp.?) commune dans les herbiers h vase calcaire et débris de c quilles où se plaisent les Huîtres perlières et les Piuun et qui ne découvrent jamais en entier, même aux plus iorles marées d’équinoxe, C est une Eponge de texture très grossière et très solide, difficile h déchirer, se décomposant ra-
paiement avec une forte odeur d’hydrogène sulfuré. Le système compliqué de canaux dont elle est creusée donne asile a de nombreux commensaux, dont les plus constants et les plus caractéristiques sont un beau Porcellanien, de couleur orange vif, et Alphcus spongiarum. Nous possédons au moins '*oo exemplaires de celte forme, et ne l’avons jamais rencontrée ailleurs, à l'exception d'un spécimen d trouvé en compagnie de A. parvirosfris (Dana) et A. Edwardsi (Audoin) dans une pièce de bois que les tarets avaient percée de nombreuses galeries.
A, spongiarum, comme A. minus, vit constamment par couples. La femelle, de taille notablement plus grande, abrite son abdomen, toujours chargé d’un nombre considérable d’œufs, au fond de la cavité choisie. Le male est placé à l’entrée, sa grande pince étendue. Cet appendice atteint presque la taille de 1 animal entier et, lorsqu’il est ouvert, il obture en grande partie la loge ou habite le couple, de façon à constituer une protection très efficace contre tout ennemi extérieur.
A. crinitus typique, beaucoup plus rare, vit dans les Madrépores et montre également une différence sexuelle accusée. Parmi les spécimens dVL spongiarum, on en trouve un certain nombre chez lesquels l’écaille antennairc est beaucoup plus visible et montre une tendance très nette vers 1 * type. On peut en conclure que ces deux caractères, joints h l’habitat si localisé de la variété spongiarum sont unis par une relation de cause à effet, mais il ne semble pas que l’on puisse généraliser cette influence du milieu.
A. lœvimamus a été décrit par Costa sons les noms de Cnjptophtalmus vcn’ricosus et Costœ ( Faim a Napoli). Il se trouve, d’après cet auteur, dans les anfractuosités des Polypiers et des pierres, entre les racines des fucus. La forme longicarpus décrite par Herrick, comme variété de A . Saulciji, habite une Éponge (Ilircinia arcula) exactement dans les memes conditions (pie A. spongiarum .
A. Saule pi var. longicarpus (Herrick) et A. lœvimanus (Heller) se ressemblent etroitement et sont unies par des caractères aussi marqués que ceux rapprochant A. cnnitus et Spongiarum . Or, bien que présentant la meme différence d habitat, la forme longicarpus et la forme typique ne diffèrent pas au point de vue des caractères qui nous occupent; l’écaille anlcnnaire est absente chez l’une et l’autre, et la différence sexuelle aussi faible.
La réduction de I écaillé est caractéristique de quelques autres formes chez les Macroures Natantia. Les Palémonides du genre Tijpon, qui vivent dans les Éponges, en sont un des meilleurs exemples. Parmi les espèces du genre Alphcus, ce caractère est présent chez quelques-unes de façon plus ou moins marquée; tels sont, avec A. lœvimanus, A. mallcodigilus et obesomanus, A. d»utcropus , A. rugmianus , A . mallcufor, qui vivent dans les trous des Madrépores et sont très sédentaires, A. minus des Eponges. Mais il existe aussi des exemples très concluants du fait inverse. Si Automate do - Musmi. — m. 2 (3
lichogmlha possède une écaille antennaire réduite, Amphibetæus et Jousscauinea (H. Goutière) qui vivent dans les mêmes galeries, h la façon des Tlialassiniens, ont au contraire une écaille très développée.
La différence sexuelle dans la dimension des pinces de la première paire nest jamais pins accusée que dans une espèce du genre Alhanas, A. dimorphus (Ortmann) = A. dispar (H. Goutière). La disproportion est telle entre ces appendices chez le mâle et chez la femelle, comme forme et dimensions, que nous les avions décrits tout d’abord comme espèces distinctes (A. leptocheles et A, solenoinerus) avant de les recueillir en grand nombre à Djibouti et â Suez et de constater qu’il s’agissait bieu d’un simple dimorphisme sexuel. Or, A, dnnorphus vit sous les pierres, parmi les algues et la vase, dans les minuscules flaques d’eau laissées par la basse mer. Jamais on ne le rencontre abrité dans une oscule d Eponge ou une cavité anfractueuse de Madrépore, et l’existence de couples est beaucoup moins apparente que chez Alpheus spongiarum, parce qu’on ne réussit pas ii voir les animaux que l’on capture en place dans leur gîte. Si 1 on en juge parles moyens de défense absolument nuis chez la femelle, alors qu ils sont cliez le mâle d’une très grande puissance, il faut admettre au contraire que le commensalisme du couple est très étroit, et qu’il a été la cause déterminante du dimorphisme, bien plus que l’habitat spécial, qui semble surtout avoir agi dans le cas de A. crinitus , lorsque cette espèce s est adaptée a vivre dans les Eponges.
Il existe chez les Aphéidés quelques cas de commensalisme, beaucoup plus typiques que le fait de vivre dans les Eponges. Hasswel a fait connailre
et Miers a confirmé — les mœurs de la remarquable espèce Alpheus
{ Synalpheus ) comatularum, qui vit constamment fixé, par sa petite pince modifiée dans ce but, aux branches d'une Comatule (Hasswell, Cat. des Crust . de Nouvelle-Zélande ; Miers, Zool. de TAlert, 1 884 ).
Lockington ( Ail of Nat. Ilist., 1878 ) a signalé le cas, jusqu’à présent unique, d’un Betœus (Alpheus) Harfopdi (Kingsley) vivant en commensal sous le manteau A H aliotis rufesccns .
Enfin nous avons eu l’occasion d’observer à Djibouti un fait de ce genre, relatif a Arete dorsalis (Stimpson). Le large récif qui, dans cette localité , s’étend an large du « plateau du Serpent^ se montre dans la région extrême qui découvre aux fortes marées, sons forme d’une large bande continue, absolument plane, faite de petits îlots madréporiques séparés par d’étroites flaques irrégulières. Dans les anfractuosités de ces Madrépores encroûtants on trouve en abondance, entre autres animaux, Echinomctra lucenler, petit Oursin de couleur fauve allant jusqu’au violet foncé. Lorsqu’on écarte ces Oursins pour la recherche des petits animaux du récif, il n’est pas rare d apercevoir dans le voisinage immédiat un petit Crustacé d’un violet pourpre, ressemblant, avec ses pinces étendues, a un minuscule Homard, et qui s’efforce de regagner son gîte. C’est Arete dorsalis, qu’une recherche atten-
tivc fait alors déco avril* entre les piquants de l'Oursin. Ce curieux Alphéidé se tient, généralement par couples, dans la région orale, tournée vers le sol, de son hoic. Nous n’avons jamais vu qu’il fut fixé en saisissant avec ses pinces un piquant de l'Oursin, par exemple, et il est toujours très facile de l’en détacher,
Stimpson (/V. Acad. Philad., 18 G 0 ), qui a découvert Arctc près de Hong-Kong, * in freto Ly-i-mon, inter rupes sublittoralcs^, et Ricliters (b mata .1 laur. cl Seych., î 88 o), qui l'a décrit à Maurice sous le nom AWtitauas mascara tiens y ne mentionnent ni l’un ni l'autre cette particularité. La facilité avec laquelle Arete abandonne son gîte la rend, à la vérité, facile à omettre, mais, à Djibouti au moins, l’habitat de ce Crustacé nous a paru des plus constants.
Recherche de l oxyde de carbone
DANS LE TUYAU D’ÉCHAPPEMENT d’un MOTEUR A GAZ ,
PAR M. N. (jRÉll WT.
Dans une communication que j’ai faite à l'Académie des sciences le 8 novembre dernier, j’ai publié les résultats des expériences d’absorption , par le sang d’un Mammifère vivant, de l’oxyde de carbone contenu dans des mélanges titrés déplus en plus rares, résultats qui doivent servir de base à de nombreuses recherches d’application de la physiologie à l’hygiène.
Je suis parvenu à reconnaître que, dans un mélange aussi dilué que î/Goooo, le sang est encore capable de fixer des traces d’oxyde de carbone qui donnent dans mon grisoumètre des réductions notables.
Je fais projeter sur l’écran le dispositif de mes expériences et le tableau des résultats. Puis voici en projection un dessin de mon grisoumètre perfectionné; î centimètre cube d’oxyde de carbone produit dans cet instrument une réduction égale à 5.4 divisions.
J’ai déjà fait autrefois l’analyse des gaz qui s’échappent d’un moteur à gaz, mais je produisais dans le tuyau une aspiration continue, tandis que l’échappement a lieu par intermittences ; il en résultait que j’analysais un mélange en proportions indéterminées des produits de la combustion et de Pair pur entraîné.
Il vaut beaucoup mieux employer un autre dispositif : on introduit dans le tuyau d'échappement, au-dessus du toit de la salle des machines, un tube métallique plus étroit, uni à un gros robinet ouvert fixé à un sac de caoutchouc; chaque fois (pie le mélange enflammé par l’étincelle électrique est projeté au dehors, le sac se gonfle peu à peu jusqu'à ce qu'il contienne üoo ou ooo litres; on ferme le robinet; le sac est descendu et vidé dans un gazomètre à rainure.