‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 217 sur 348 · Q.— Qu'est-ce que le mariage · texte numérisé non relu

Q.— Qu'est-ce que le mariage

Le Mariage. Mariage en latin désigne les diverses Marins. charges de l’epouse ou de la mère.

Il semble en effet que le Mariage soit beaucoup moins onéreux pour le père que pour la mère, qui doit avoir soin de l’intérieur de la maison et surtout des enfants,

Le mariage existuit déjà avant Jésus-Christ, non pas comme Origine sacrement, mais comme contrat naturel ou civil, ordinairement accompagné de cérémonies religieuses. L'origine en est au commencement du monde, dans la première union d'Adam et d'Eve.

Ce contrat naturel, civil, et même religieux, Jésus-Christ l’a élevé à la dignité de sacrement.

est un sacrement ; car il a les trois éléments requis. Sacrement

1. Le signe sensible se trouve dans le consentement mutuel et exprimé des deux époux, se donnant actuellement l’un à l'autre.

2. L'institution divine, annoncée aux noces de Cana, précisée Institution dans son objet lorsque Notre-Seigneur dit ‘ Que l'homme ne sépare point ce que Dieu à uni”, ne fut probablement consommé comme sacrement qu'après la résurrection, Ce qui est certain, c'est que &int Paul, rappelant aux Ephésiens l’union et les devoirs des

Grâce

Alliance légitime

Union chrétienne

Question

Réflexion

époux. dit : «* Ce sacrement est grand en Jésus-Christ et dans son Eglise.” Eph. v, 33.

3, La collation de la grâce et d’une grâce sacramentelle, que nous expliquerons plus loin en parlant des effets de ce sacrement; q. 304.—Du reste, le concile de Trente prononce l’anathème contre quiconque dirait que le Mariage n’est pas un des sept Sacrements institués par lésus-Christ, mais qu’il est d'institution humaine et ne confèrr. pas la grâce, ‘“Le Mariage dans la loi évangélique, étant plus excellent que les mariages anciens, à cause de la grâce qu'il confère par Jésus-Christ, doit être mis au nombre des sacrements de la Loi nouvelle.” Conc. Trid.

qui sanctifie l'alliance légitime... Alliance légitime signifie union selon les lois.

11 s’agit ici des lois divines et ecclésiastiques, qui règlent les conditions de ce contrat spécial, par lequel l’homme et la femme se donnent mutuellement l’un à l’autre le pouvoir sur leur corps et s’obligent à vivre touiours ensemble sans se séparer. Ce contrat, étant de droit naturel et divin, ne dépend pas comme les autres contrats de la loi civile ; et ies contractants ne peuvent pas le modifier à leur gré.—I[l est donc évident que les causes matrimoniales, qui regardent la licéité et la validité du mariage, appartiennent à l'Eglise. Conc, Trid.—Le pouvoir civil ne peut s'exercer que sur les effets purement civils du mariage, par exemple le domaine des biens des époux.

de l’homme ch:ctien et de la femme chrétienne ; caril n’y a de sacrement que pour les chrétiens.

Le mariage ne peut exister sans être sacrement que chez les intidèles, dont le mariage comme contrat est légitime sans être sacrement.—Par conséquent, les hérétiques, s’ils observent toutes les lois prescrites par l'Eglise, sous peine de nullité, reçoivent le sacrement, pourvu que leur baptême soit valide.

en leur donnart la grâce de vivre ensemble chrétiennement ; c'est la grâce sacramentelle ; q. 304, A. Mariage? Sacrement? Alliance légitime ? Entre chrétiens?

Notre-Seigneur, chers enfants, a voulu sanctifier tous les âges et toutes les conditions de la vie; et voilà pourquoi, il a élevé à la

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dignité de sac: ement l'alliance chrétienne de l’homme et de la femme, comme symbole de son union indissoluble avec son Eglise. Admirons la sagesse de Notre-Seigneur dans toutes ses œuvres. Pratique

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301. Q.—Peut-il y avoir alliance légitime entre chrétiens, autrement que par le sacrement de Mariage ?

Non, il ne peut y avoir alliance légitime entre chrétiens, tnégitimité c’est-à-dire contrat matrimonial licite et valide.

que par le sacrement de Mariage : toute autre union est illégitime et concubinage coupable,

parce que Jésus-Christ a élevé le mariage entre chrétiens à la dignité de sacrement : paroles de Pie IX.

Voici ce que dit Léon XIII : ‘ Le mariage est le contrat lui-même : Contrat et tout mariage légitime entre chrétiens est en lui-même et par lui- sstremié même un sacrement ; et il n’y a rien de plus contraire à la vérité que de prétendre que le sacrement est une propriété extrinsèque et qu'on peut la séparer du contrat.” Par conséquent, le contrat luimême serait invalide si quelqu'un s’engageait dans le mariage, avec l'intention prédominante d’exclure le sacrement.

Le mariage entre chrétiens est donc un contral-sacrement.

302. Q.—Que doit-on penser des personnes qui ne sont mariées que civilement ?

Les personnes qui ne sont mariées que civilement ou Mariages devant un personnage civil, civils

Ce qu'on appelle improprement mariage civil est seulement une formalité qui règle, devant la loi, les intérêts matériels des époux; le vrai mariage, pour les catholiques, est celui qui se conclut par le

consentement des deux époux en présence du curé et de deux témoins.

sont dans l'habitude du péché mortel, et indignes de Concubi- (out sacrement, comme concubinaires. di

Le concubinage légal est un crime d’autant plus grave qu'il

Usurpation

Clandestinité

Indissolubilité du lien

inclut le mépris du sacrement de mariage, qu’il est un état permanent de péché, et qu'il est ordinairement public et scandaleux.

et leur union n’est pas légitime devant Dieu, qui certainement a en horreur cette union.

À l’Eglise et non au pouvoir civil Jésus-Christ a confié le soin des choses spirituelles ; et puisque le Mariage est à la fois un contral-sacrement, le pouvoir civil usurpe les droits de l'Eglise lorsqu'il prétend sanctionner un pareil contrat, aussi bien que lorsqu’il prescrit sous peine de nullité d’autres points qui déterminent les conditions du consentement.

parce qu’elle n’est pas faite selon les lois de l'Eglise. L'Eglise peut seule statuer en cette matière,

En conséquence, le pouvoir civi! n’a aucun droit sur le Mariage proprement dit, quoiqu'il ait tout droit sur Les effels purement civils, c.-à-d. la réglementation des biens des époux, la succession des enfants, els.

Ajoutons ici cependant que, dans les lieux où le çoncile de Trente n’a pas été publié, le mariage est valide, pourvu qu'il n'y ait pas d'autre empêchement canonique, comme celui de parenté. Parmi les pays où la loi de la clandestinité n’a pas été publiée sont notammeït en Amérique, les anciennes possessions anglaices de l'Amérique du Nord, la plus grande partie des Etats-Unis, les Provinces maritimes, l'Ontario, etc. Au contraire la loi est censée publiée dans la plupart des anciennes possessions françaises, portugaises et espagnoles d Amérique,

303. Q.—Le lien du Mariage chrétien peut-il être dissous par quelque pouvoir humain ?

Non, aucun pouvoir humain ne peut dissoudre le lien. Le lien conjugal est indissoluble.

Il y a l’indissolubilité du lien et le devoir de {a cohabilalion. L'Eglise reconnait qu'il peut survenir des circonstances graves, où les époux peuvent être dispensés de la vie communs et être séparés de corps et de biens ; mais ces causes de séparation ne détruisent pas le lien conjugal.

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Cette indissolubilité fut établie par Dieu dès l’origine du

monde ; plus tard, la loi de Muïse permit en certains cas de rompre ce l'en par la répudiation. ‘ Mais, dit Notre-Seign ur, ce fut une tolérance, et il n’en était pas ainsi dans le principe,” Aussi ramena=t-il le mariage à sa première et véritable condition, en le proclamant indissolub'e, ‘Je vous déclare que quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre comnet un adultère ; et quiconque épouse une femme renvoyée par son m:ri commet également un adultère...Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni.” Aucun pouvoir humain, civil ou ecclésiastique, ne peut donc dissoudre Le lien du Mariage consommé.

du Mariage chrétien. Une fois consommé, le Mariage chrétien est indissoluble, même chez les hérétiques.

Il est encore de foi, contre les prot-stante, que la polygamie est défendue de droit divin, ‘“ Si qu-lqu’un dit qu’il est permis aux chréliens d’avoir plusieurs femmes à la fois, et que cela n'est défendu par aucune loi divine, qu'il soit anathème.”

Nous ne parlons pas du mariage des infiièles, mais seulement du lien conjugal entre chréliens.

la mort de l’un ou de l’autre époux peut seule rompre le lien. Seule {a mort de l’un des coujoinis permet au survivant de convoler à de nouvelles noces,

Cette loi est formulée clairement en saint Paul, Rom. vi, 2.

Le divorce, qui veut non seulem nt la séparation de corps et de biens, mais encore une nouvelle alliance, du vivant des deux époux, est un crime énorme, qui ne peut être autorisé par aucune législation chrétienne.

D’après une décision du Saint-Office, datée du 27 mai 1886, les juges ne peuvent pas prononcer le divorce purement civil sur un mariage valide devant l'Eglise ; les avocats ne peuvent pas plaider pour le divorce ; les magistrats ne peuvent pas unir civilement des éprux civilement divorcés,

Voici comment Léon XIIT résume les effets désastreux du divorcs, “ Par le divorce, les engagements du mariage deviennent mobiles ; l'affection réciproque est affaiblie ; l’infidélité r: çoit des encouragements pernicieux ; la protection et l'édu:ation des

Loi nouvelle

Polygamie simultanée

Nouvelles noces

Divorce

Effets désastreux du divorce

Effets da sacrement

Amour saint

Amour mutuel

Support mutuel

enfants sont com, romises ; il sème des discordes dans les familles ; la dignité de la femme est amoindrie et abaissée. Et parce que rien ne contribue à la ruine des familles et à l’affaiblissement des Etats comme la corruption des mœurs, on voit facilement que le divorc:, qui ne nait d’ailleurs que des mœurs dépravé:s des peuples, est l'ennemi le plus redoutable des familles et des Etats.”

csérmsrensé (lmears

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