‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 332 sur 348 · ENFER · texte numérisé non relu

ENFER

Où est ce lieu ? Ni la raison, vi la révélation ne le disent ; ma.s l'expression des saints Livres “ Descendre en enfer” autorise à penser qu'il est au-dessous de nous, en bas, par opposition au Ciel que nous plaçons en haut.

L'existence de l'enfer est un dogme de foi. L’Ecriture est très affirmative sur ce point : Notre-Seigneur en parle jusqu’à quinze fois dans l'Evargile ; l’,useignement catholique est unanime en cela.— Le paganisme lui-même professait cette croyance : Platon parle nettement des supplices des méchants et de ‘‘ leur effroyable et douloureuse éternité.” Les écrivains grecs et latins ont décrit le Tarlare ; et Mahomet enseigne dans son Coran l’existence de

châtiments éternels.

où ceux qui sont mort en état de péché mortel, dans un état de séparation de Dieu, sans grâce sanctifiante.

L'homme qui, s'étant librement séparé de Dieu et détourné de sa fin dernière, est surpris par la mort dans cet état de séparation» est défiritivement confirmé dans cet état, — Il ne pourrait se convertir qu’à l’aide d'une grâce actuelle ; or, il n’y a plus de grâce actuelle à attendre, parce que le damné n'est plus viateur ; il restera donc à jamais sans la charité de Dieu, ou plutôt avec la haine de la Justice divine qu'il sait inexorable.

Par conséquent, la faute, qui est temporaire dans son acte, demeurera toujours dans la volonté, et le blasphème ne cessera de sortir de la bouche des damnés.

sont privés de la vue de Dieu pour toujours; c’est la peine du dam, ou la privation de Dieu,

Cette peine du dam consiste dans la privation de vision intuitive de Dieu, dans la perte du bonherr que procure cette vision et dans le regret de l'avoir perdu. ‘ Le ver qui les ronge ne meurt point.” Marc, 1x, 42.—4 Avoir perdu le royaume d'à ciel, dit saint Chrysostôme, c’est là un genre de supplice plus rigoureux mille fois que toute l’activité des feux dévorants. Je sais bien qu’il y a des hommes qui n’ont peur de l’enfer que pour l'enfer lui-même; je n’en affirme pas moins qu'il y a quelque chose de pire, Que je ne

puisse pas rendre toute ma pensée nar des paroles, n’en soyez pas surpris.

Pour bien comprend’e le inaïheur qu’il y a de perdre le

Existence

de l'enfer

Etat permanent fe péché

Peins

Paroles

de 8. Chrysostome

Eternité de

l'enfer

696 CATÉCHISMË DE QUÉBEC.

un D ht ne vs he qe

royaume du ciel, il faudrait comprendré le bonheur de ceux qui en jouissent.”

Les damnés ont consciente de cette perte ; car cette perte ne peut faire leur tourment qu’autant qu’elle leur est connue.—Les damnés pénsent à Diéu, nôn pour l'aimer ou l’implorer, mais pour blasphémer contre s4 Justice; ils maudissent leur supplice sans se repentir de leur péché.=Les damnés connaissent, quoique d’une manière imparfaite, le bonheur des élus; ils savent qu'il est d’un prix ineëtimable; et cela est pour eux une torture ; et cette peine séra éncore accrue, au jugement dernier, par la connaissance plu” parfaite qu’ils auront de la gloire céleste et par le désespoir éternel de l’avoir à jamais perdue.

et souffrent des tourments épouvantables ; c’est la peine du sens et surtout du feu.

C’est le juste châtiment de l'attachement du pécheur au bien créé, ‘“ Dans le péché, dit saint Thomas, il y a deux choses: d’abord l'aversion du bien immuable et ensuite Za conversion désordonnée vers le bien muable. A l’aversion correspond là peine du dam, qui est la perte du bien infini, c’est-à-dire de Dieu ; à la conversion désordonnée correspond la peine du sens.”

Le mot feu est répété onze fois par Notre-Seigneur parlant de l'enfer. L’Ecriture nous représente cé lieu d’horreur comme un vaste cachot, à l’entrée duquel il faut laisser toute espérance; un abime épouvantable où règne une éternelle frayeur; une fournaise ardente, un étang de feu, une vallée ténébreuse où roule sans cesse un torrent dé soufre, un brasier allumé par la vengeance divine,

“ L'enfer, dit saint Thomas, est un lieu lénébreux, où Dieu fait pénétrer assez de lumière pour que les damnés y voient dans un jour sombre ce qui est de nature à les tourmenter.”—" Par un effet de la puissance divine, dit saint Basile, la chaleur, séparée de la clarté, sera le supplice des damnés.”

D’après une décision de la S. Pénitencerie, on ne peut absoudre un pénitent qui, après avoir été instruit, persisterait à soutenir que le feu de l’enfer n’est pas réel, mais métaphorique. (30 avril 1890).

et étérnels, qui ne finiront jamais ; C’est de for.

“ Allez, maudits, au feu éternel.” Math. xxv,4l.—Notre-Seigneur, chaque fois qu’il parle du feu de l'enfer, affirme aussi son éternelle

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