LE DIRECTEUR MAURICE GRAN
Un tout jeune homme. — Vingt-huit ans à peine — mais il en parait quarante. Le travail incessant, les soucis de toute sorte, une activité extraordinaire, des préoccupations de tous les instants l'ont vieilli avant l'âge. Il a mené la vie des affaires, plus fiévreuse, plus dévorante en Amérique que partout ailleurs. Déjà il a gagné et perdu cinq ou six fortunes. Million-
naire un jour, il est san^ argent le lendemain. Cela n'a rien d'extraordinaire. Le directeur Ala,urice Grau dirige souvent jusqu'à cinq théâtres à la fois : an opéra italien à New- York, un thé&lre français à Chicago, une salle d'opérette à San-Francisco, nn Ihéfltre anglais de drame à la Havane, et un opéra comique espagnol au Mexique.
C'est lai qui a fait venir en Amérique Rubenstein, le fameux pianiste. Quelle campagne que celle-là I Deux cents concerts en moins de six mois I Quelquefois deux concerts par jour.
En ce moment, Maurice Gran dirige la troupe de mademoiselle Aimée. C'est encore lui qui a traité avec Itossi. Le grand tragédien italien arrivera dans deux mois, et voyagera pendant une année avec son habile impressario.
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