‹ Notes d'un musicien en voyageChapitre 24 sur 29 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

Howe-Point^ près de la bouche du lac, a reçu ce nom en Thonneur de Tidole de Tarmée, lord Howe, qui fut tué à ^et endroit lors de sa première bataille contre les^Français. C'est ici que Louis XVI de France,fpar rintermédiaire de deuxprêtresfrançais,envoyaenexil,enl79S(sic),

son fils, le Dauphin Royal, âgé de sept ans, et

s'entendit avec un chef indien Thomas Williams pour que celui-ci l'adoptât et le fit passer pour son propre fils. L'Indien lui donna le nom d*ÉLÉAZAR. Il le fit élever dans un séminaire et

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après lui avoirdonné le titre de Révérend Eléazar j Williamt, il l'envoya prêcher pendant de Ion- ) gaes années chez les Oneïdes de l'ouest, et pins i tat'd au VerconsÏD. C'est là qu'il fat visité par ! le PRINCE DE JoiNviLLB, qui IqÎ offrit de i grandes propriétés en France à la conditton qu'il renoncerait AU TRONE DE FRANCE. I Ces offres tentantes furent repoassées. Le Rêvé- I reod préféra conserver tous ses droits de ROI * DE FRANCE et rester chez les Sauvages. Il ' continuaà leur prêcher l'Évangilejusqu'anjoiir de sa mort qui eut lieu dernièrement. i Après avoir lu ce récit, aussi émouvant que | vraisembluhle, je pris des informations et j'appris que le Révérend Dauphin Éléazar avait !

laissé UD fils. ' Un prétendant de plas I 1 Voyez-vous ce monsieur arrivant en France ? I Quelle complicatJonUe frémis rien qu'en y son- ' géant. j

SLEEPIN6-GARS

Pour revenir du Niagara, j*ai pris le train de nuit. Je n'étais pas fâché d'expérimenter par moi-même les sieeping-cars, ou wagons-lits, dont on m'avait tant parlé.

J'entrai donc dans le wagon-salon qui était disposé comme d'habitude, c'est-à-dire avec de grands fauteuils de chaque côté de la galerie, des cabines particulières pour les fumeurs, et toutes les commodités que j'avais déjà tant admirées en venant. Rien n'indiquait dans Tinstallation de ces cars qu'on pût y dormir dans un lit. Un moment je crus à une mystification tant il me paraissait impossible qu'on pût donner à

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coucher à tous les messieurs el à tontes les dames qui se tronyaienl avec moi dans ce beau salon.

Tout à coup, vers ueuf heures du soir, au moment où l'obscurité nous enyahissait, deux employés de lacompagaiePulImann apparurent el se mirent à l'œuvre. Les habiles machinistes I ou plutôt les. jolis trucs I En un clin d'œil nos fauteuils avaient été transformés en lits. Gomment cela s'élait-il fait? Bien simplement. Sur les fauteuils reliés ensemble par une planche, on avait d'abord déposé un matelas, des draps, une couverture. Le salon ainsi métamorphosé en dortoir serait insuffisant pour le nombre des voyageurs si l'on n'avait recours à un autre expédient. Au-dessus de chacun des fauteuils-lits, se trouve un petit appareilque l'on déploie et qui se trouve élre un lit de sangle. Il y a donc deux étages de lits superposés dans chaque compartiment, lits du rez-de-chaassée et lits de l'entre-

sol. Avoir des lits, c*est bien; s'y coucher, c'est parfait. Mais il y a une petite opération préalable que Ton n*aime pas à faire publiquement. Les hommes — s'ils étaient seuls — se déshabilleraient bien les uns devant les autres; mais les femmes — et cela se comprend — ne peuvent pas se déshabiller devant un aussi grand nombre de voyageurs. Il fallait donc que l'inventem* des sleeping-cars trouvât un moyen d« rassurer la pudeur des Américaines. 11 y est arrivé en faisant de chaque couple de lits — un lit d'en haut et un lit d'en bas — une véritable chambre. Deux grands rideaux tirés parallèlement dans le sens de la longueur du wagon forment au centre du compartiment un long corridor de dégagement que les voyageurs peuvent parcourir si bon leur semble. Entre chacun de ces rideaux et la paroi du wagon, d'autres petits rideaux se déploient perpendiculairement. Une personne couchée se trouve donc au centre d'une

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petite chambre qai a, du côté de la télé, un mur de bois, et sur les trois autres faces des cloisons de toile. J'ai connu des hôtels où les murs de carton pâte étaient moins discrets que les murs

d'étoffe du sieeping-car.

Tous les préparatifs sont terminés ; alors commence une scène assez piquante. Chacun choisit son Ht et se glisse dans le petit compartiment qui lui semble le plus avantageux. Puis, pendant quelques minutes, on entend autour de soi, dans les chambres voisines tantôt des bruits de bottes qui tombent, tantôt d'agréables froufrous qui trahissent des soulèvements de jupes.

Quand un mari voyage avec sa femme, il a parfaitement le droit de se coucher sous le même rideau que sa compagne. G&fait m'a été révélé par une conversation à voix basse, extrêmement intéressante, qui se tenait dans la cabine voisine de la mienne du côté droit.

On a beau vouloir être discret, on se préoccupe toujours un peu de savoir quels voisins le sort vous a départis. Pour faire pendant à mon ménage du cdté droit, j'avais une charmante miss du cdté gauche. Elle s'était retirée dans sa chambrette aussitôt que la transformation du salon en dortoir avait été terminée, et depuis, je dois le reconnaître à sa gloire, elle ne s'était révélée que par des mouvements extrêmement discrets. Puis, notreeloison commune avait cessé de s'agiter, et le bruit d'un lit pliant sous le poids d'un corps très-légerm' avait appris qu'elle s'était enfin étendue.

Il se passa ainsi quelques instants. Je m'étais étendu'aussi sur ma couchette, mais, peu habitué à ce genre d'hôtel roulant, et tenu en éveil par la vieille habitude parisienne de ne s'endormir que fort tard, je rêvais les yeux éveillés à l'étrangeté et au pittoresque de ce dortoir américain.

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Cependant, à mes pieds, dans la galerie ménagée entre les deax grands rideaux dont j'ai parlé, j'entendais des gens qui allaient et qui venaient. Quels pouvaient être ces promeneurs? Je jetai un coup d'œil sur le corridor et je vis — horresco referens — des dames en camisole de nuit — il est vrai que c'étaient les moins jolies

— qui se dirigeaient. . . je ne sais où. Je vis aussi un beau Yankee, qui sortait de sa chambre.

Après avoir jeté un coup d'œil investigateur sur rétendue de la galerie, il se dirigea vers la plate-forme où il alluma un cigare. Un moment après, il jetait dans la nuit son havane enflammé et rentrait dans Tintérieur du car, mais au lieu de regagner directement sa cabine, il se 'dirigea

— vous l'avez déjà deviné — vers celle de ma jolie voisine de gauche.

Son irruption dans le chaste asile de la belle Américaine provoqua une série d'exclamations, des oh I et des ah I des réclamations à voix basse,

pour ne pas éveiller Tattention générale du dortoir, tout le gracieux effarouchement d'un petit nid surpris à Timproviste. L'envahisseur dut se retirer en s' excusant d'avoir fait une méprise. La nuit s'écoula sans amener aucun autre incident.

A peine l'aurore aux doigts de rose s'étailelle montrée, que les deux employés de Pullmann apparurent encore. Hommes et femmes s'élancèrent de leurs couchettes et firent leur toilette plus ou moins ensemble sous les cabinets de toile. Puis la place fut cédée aux agents de la compagnie qui remirent en un clin d'œil toutes les choses dans leur ordre habituel., Après avoir dormi chacun de notre côté, nous nous retrouvâmes tous, dans le salon, aussi frais et aussi dispos que si nous avions passé la nuit à l'hôtel.

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