MOULINS
blasé qui minaude et cherche des tours de tête gracieux. A coté de lui et en arrière , la duchesse est assise les mains jointes sur le genou , dans cette attitude d'abattement pensif^ où Desdemona- Pasta savait alHer tant de naïveté à tant de uoblesse. Elle regarde le ciel et semble lui demander de la résignation. La tête, où respire une douleur profonde et concentrée, est d'unie beauté idéale. Tout l'ajustement est parfaitement disposé; revêtue de longues draperies, cette figure me rappelle^ de bien loin il est vrai , par la forme de ses vêtements qui laissent deviner les formes sans les accuser , l'admirable groupe des Parques du Parthénon. Il est facile de voir d'ailleurs que le sculpteur avait étudié l'antique et s'était pénétré de ses modèles. Je ne crois pas qu'il soit possible de mieux rendre les détails, la souplesse des étoffes , par exemple , et leur différent degré de finesse. Ainsi la robe de dessous plissée à petits plis, et parfaitement moelleuse , se distingue par un travail particulier du manteau qui la recouvre d'une étoffe moins souple et plus épaisse. J'en viens à la critique la plus sérieuse qu'on puisse faire à toute cette composition. Son défaut capital, c'est le manque d'ensemble. Non-seulement les deux figures allégoriques ne s'y lient en aucune façon,. mais encore, pour être placées l'une à côté de ^ l'autre , les deux statues principales ne forment point un groupe. Rien de plus facile que de les séparer : peut-être même y gagneraient-elles; car ce jeune homme^
détournant la tête d'un air d'ennui, à côté de cette femme désolée , ne rappelle que trop luie scène conjugale de comédie. Un fat boudant sa femme qui a la bonté de l'aimer , voilà l'idée qui se présente involontairement. On peut répondre , il est vrai, qu'une partie de la critique tombe sur la ressemblance historique du héros, dont les traits efféminés démentaient le grand courage : mais , pourquoi ne pas lui faire regarder sa femme^ pourquoi ne pas donner aux deux statues un mouvement , simultané qui les réui^isse par un même sentiment ? Il parait que Henri de Montmorency n'était point un modèle de tendresse et de fidélité conjugale; mais, sur son tombeau, il ne fallait pas rappeler au spectateur les anecdotes scandaleuses qu^ les mémoires du temps ont recueillies.
( Silvîniacum. )
Aujourd'hui, simple village , Souvigny fut une ville autrefois et la résidence des princes du Bourbonnais. Leur palais ne pré$ente plus aujourd'hui qu'une masse confuse de masures , si complètement défigurées qu'on y cherche vainement quelque trace d'ornementation. En revanche, malgré de grandes et cruelles mutilations, l'église de l'an-
390 S(W¥ÏGinr.
oieniie abbajre e»t encdre le motmniQiil; le ploa i^nnarquable de la province, et patr aè^ Bcjblâ^ prop0rtioii8 ferait hùttioieur à uxie grande ;Ville. Daos itne Taste église,. <m ^ait <{u'd e»|: i^re d^ trouva une architecture umlorsEie ; $pU¥igiiy.naiis montrera biea des styles diâSérents , rémltats dm travaux de dinq siècles au moips , non qDe ^ OPivstraiction ait duré ^aiussi longtemps ; mai» eih a èté> pendatit le moyei^âge, atig)»entée ou réf^r rée presque sans relâcbe, et sans que }B3(ùiSW OQ ait pris soin de 4égmser ees additions ou ces réparations en se conformant au style primiti£ £n un mot, eBe ëontia^tt comme un abrégé des àiSh^ rentes transfornmtions par lesquelles a, paasé Vm^ cbitectupo ^iepuis le commencema^ de Téfioqne bysantine jusqu'à la décadence de l'art go^ifae. Je vais essayer d'assigner une date à chacune des parties hétérogènes qui composent cette masse imposante, et d'y retrouver l'histoire du monument. Ici les caractères architectontqnes sont presque les seuls documents qui nous restent pour cette tâche, car les traditions historiques ne nous ont conservé que la date, encore assez obscure, de la fondation de l'abbaye au commencement du x^^ siècle ( i ) ^ et ceHe d'une grande réparation que l'on app^e^
(i) On observera que ta'cbarte la plus aneieune, datée de Tan XXIII de Charles'le-Sîmple, mentiomie que, dans le domaiBedc SoBvigny, donaé al» moines de Cluiij» iipe ^liseétiMl; dé^kfo»die } ftoifon eDtepdre p^r ce mot une église existante oq seulement commencée? Trado çurtem Silviniaci ubi ecclesia Sancti Pétri estfundata , etc.
SOVVtGNY, m
évidomn^ k u^r^^ we mxmstxjoctiQUp ^qi^i eut Jiiçu ver» i44o«
La j&çade actuelle qui u^annonce guère la grandeur de l'église de Saint-Pierre 9 resserrée au Kord,, pat* de B)isér^â>l§s écho{>pes , au Midi, par T^ui)erge deM Postc^ àutreiois le Prieuré, n'est^u'up jph^ge du xv^ siècle 9 dépourvu d-éléigaace ^ de fiobiesae. lljae ,pefiLte porte înacrite daw wie o|;i¥e à ^contre«courI;>^ donne accès dans la nef diu coté 4^ rOcQident;^ Au-desisus ^ derrière une galerie extérieure de style flamboyant » pu voit up fronton en ai^parence beaucpup plus ancien et fort en rer traite. U sépare deux toprs peu élevées; celle du «Nord, percée À son étage si:qp^ieur de longues fenêtres en plein cintre^ flanquées de colonnes en Àisceau, qi^'à leurs chapiteaux ii crochets» on peut r^rder comme apparjjenant à la fin du xiii^ sièide. L'autre tour, celle du Sud» a des ienetrei> en plein cintre égsdement, mais pljus basses, dont i^hapune encadre deux petites arcades» A cette dif- 4*érence de forme , il n'est pas difEcile de prononcer x{ue Tétage supérieur de cette tour est notablement plus ancien que Tét^e correspondant au iNprd. JL'une et l'auire tour , k leur base , ou, pour par- ^r plus exactement , à leur sortie du toit de la nef, montrent des arcades en plein cintre bouchées, que je crois de construction primitive (i).
(x] Autrefois ces deux tours étaient surmontées ^e flèches en pienre. Une troisième flècbe s'élevaft à ^intersection cla traidtept ; toute» oBt été démolies dans la Révohitîon.
Avant d'entrer dans la nef , il &ut s'arrêter dei^ ^ant une ruine singulière dont il est dffîcSe dé deviner Torigine. Le palais du prieur , ainsi que je Tai dit plus haut , flanque le portail dé l'église au Sud y et se trouve fort en avance sur celui-ci. A droite de ce portail, appliquée contre le mur latéral du palais , on remarque une haute' arcaturé esï plein cintre 9 retombant sur des colonnes et des pilastres alternant ensemble, et surmontés de cha^ pîteaux bjsantins , d'un travail assez grossier. D^ traces dune réparation ancienne , dans ce niiur^ frappent d'abord les yeux; car, en p^usieur» ipfidroits , des briques ont remplacé les pierres d'un échantillon assez fort, qui composent la masse de l'appareil. On ignore la destination première de cette arcaturé et de la muraille à laquelle «lie s'appuie. Au premier abord on est tenté d'y voir le côté intérieur du mur d'une ancienne nef, mis à découvert par suite de la destruction du toit, et des piliers qui correspondaient aux colonnes et aux pilastres de l'arcature. On pourrait même en inférer qu'autrefois la nef de Souvigny s'étendait jusque-là , et qu'elle n'aurait été raccourcie qu'à l'époque où l'on construisit la façade que je viens de décrire. Mais, un examen plus attentif renversera, je crois, cette hypothèse. En effet, non seulement on ne pourrait, dans ce cas, expliquer la position des tours, qui évidemment sont très anciennes, mais on remarquera, en outre , que 1^ muraille du Prieuré ne se joint point à angle
SÔUVIGNY. 393
droit avec la feçade ; et si les colonnes engagées de Farcâture avaient leurs correspondantes isolées^ en un mot y si elles avaient fait partie d'une nef, cette nef a dû avoir un autre axe que celui de la grande ndP actuelle de Souvigny . Restent deux supposi* tions : Tune, que l^arcature a décoré extérieurement un édifice j peut-être un porche ou un cloître , dépendant de l'abbaye ; l'autre^ qu'elle faisait partie d'un bâtiment plus ancien , détruit lorsque l'église actuelle fut bâtie; mais la première de ces suppositions me paraît la moins invraisemblable, car si l'on compare les chapiteaux de l'arcature avec ceux de la grande nef, on ne peut y méconnaître une identité de style. Or, comment croire ^ju'on ait détruit ce bâtiment pour en construire aussitôt après un autre de même architecture ?
Après avoir passé un nartbex intérieur , surmonté d'une tribune , on se trouve. dans la grande nef, flanquée de chaque côté de deux collatéraux, de largeur inégale. Les premiers, j'appelle ainsi ceux qui touchent à la nef centrale, sont très étroits , couverts par une voûte en berceau à plein cintre, renforcée d'arcs doubleaux épais. Des deux autres, celui du Nord, presque aussi large que la nef, a également une voûte en plein cintre , mais d'arêtes. Une arcature cintrée, basse, règne le long du mur qui le ferme. L'autre collatéral , à l'exception de ses deux premières travées, qui* répètent exactement la disposition précédente,, a été refait au xv* siècle. On n'en doutera pas en exa-
m* SOUVIGNY.
«uiMMt M». YGÂiM oginlm^ pam» de «uerroM»
(Mûlkntet ifui reiondi^eiit sur îles pilien» Mil» !diar
Ia pftrtie 9ti|3érteiiped6la:gnajidrn^^«'esl«èr 4m k^ fetiétre» et lias v<mte» { il a'y a ipoônt 4e g«lwie9 )9M rapporte ftswisdaata eomma ce eotUtr •K^ à la faraude restamution île 1 44o; pu y d^saiv !»^m tiQ peu plw d'élégance, par ex^apleidfiSidbar {Âtcaux ou des consoles de feuiUiiges fiiiaés , qui TCÇQJhreBtieswlmiibées des serrui»^ el qui ont reaqfilaoé sans doute d'andeos <^ia^lemxliysaiitttis, iSauf la partie restaurée duMCood collatéral Sud , tons ks pilien de la nef et de ses bas-eotés, sont de ferme csnée et flanqués 4e cohoneB ^angagées^ kiirs ehapiteaux I^y^otinase distinguent non seukm^it par la i^ariété <ie lews motifs» mais encore par de tra f^eandes diiâérences dans i'eiéoition matérielle» Si l'on compare ce»» de la nef c»»trate et de ses deux premiers collaté^ ratix, avec ceux du cdyktéral Nord , il es| impo^ sible de les croire co!e^n]q|>orains» he^ prennerS;^ en effet , pnt ce rapport coDoanun d'une rudesse de travail remarquable; et 4e la trè$ médiocre saillie de leurs ornements. Deus: seuleinent ;9 «ont historiés ; les autres, ornés de rinceaux ou de feuil- |$g^ sèchement sculptés et en général dépourvus d elégajace. Dans le collatéral Kord , au contraire^ le travail e^ hien meilleur , les motife plus variés
(i) EHes se proloofieiit fort bas , jusqu'au sommet des arcades de I» ntà.
Mê h m\hB Hittoût trè^ coiisidén^Ie* Ce dernier ^ut ^tf cf^nme oa Mît;, caractéristique. 3ar icette ^uie f^iserv^jkm, i^pproci^ de la difBjpeace4e9 voùtei^ eoirç le» preixiier^ collatéraux et ii^ui du Nord.) on poii irait cp^clure que <)e4êrmer n^est qu'ufti^ addition mi plan primitifs II ne peut jneaier 4^ doate à <?et é^rd^ loraqu'on e^Eamine i'ép<ii4«eur iMiradrdiiiali^ d€^ piUeiti qui sépai^iM: ies premîef a çoUatét^aux^ de9 sçeonds» On recon*. mitra sasii peine qu'il» isont formé» par ies pilier» «nffagé» dans ks mura de l'égUse primU^yei douille» par ki contre&wrt» , autrefois eictérieui^ , ccM^respondant à ceux-ci Le nmr priiiiutif abattu, cesmasaifs wmt d&fmm des piliers iso^9 ^ ^'^ ààti» les amtre&m^ que To» ^ taillé les colonnes qpi font fane au seocmd collatéral*
¥<i^d<mc p^ur h wi trois époques^ bien caractérisées. Étroite f oomme celles des églises d'Auvergne, elle s'éleva d'abord âanqu^ de deux côlliQtéra^K encore plus étrcnts. Telle f|it , je le sifppose, la première ocmstruction des Bénédictins, car régtise antérieure à leur prise de possession , cette église , fondée dans le domaine de Souvigny , dut^treTemplaoée (i) bientôt par une autre plus
(c) J'igoore s'il lieste quelque tr«<^ 4e l*4gli98 antérieure aix( BéBédictîoB, el FoQ.a vu qn^ j/e ne 4sroîs pas devoir rapporter à octteépoqne Tarfiature ftpjîliqiiée ecHtlre ]a waiscm abbatiale. Id, le ' caré de Soittigny m'ayant fait Biopler fiant iefreiûerid'qp terrocierj adossé à l'église, et toudiant à la tour J<foi^d^ j'ai observé dans la miiraitie de la nef une portion d'appareR réticulé «^ d'i^i^ très grande précision , et fort semblable à l'appareil que j'avais remar-
considérable et plus digne de la riche commu* nauté qui vint s*y établir. D'après le style des chapiteaux, et la ressemblance qu'offre la disposition de cette nef avec les églises de TAuvergne , j'estime que la date de cette première construction se rapporte au commencement du xi* siècle. L'addition des collatéraux suivit sans doute d'assez près, et peut-être l'intervalle d'un siècle est-il trop long pour justifier les légères différences de style que je viens de signaler. Nulle difficulté pour la répa-ration du collatéral Sud. D'accord avec les témoignages historiques, le caractère de son architecture indique le milieu du xv* siècle.
Peut-être , après Faddition du collatéral Nord vers la fin du xii** siècle, quelques réparations encore furent-dles exécutées dans Ja nef. Par exemple, deux pilastres cannelés à l'entrée des transsepts , et leurs chapiteaux ornés de rinceaux d'une élégance extraordinaire, ne se rattachent à aucun des grands travaux dont je viens de montrer lie résultat. Ils sont isolés en quelque sorte de tous les autres,, et la rare délicatesse de leurs sculptures les sépare aa-
t|ué dans certaines églises du Poitou, particalièrement sur la façade de Notre-Dame à Poitiers. It est difficile de trouver une date à cette espèce de fragment enclavé au milieu d'une muraille en apparence beaucoup plus moderne. Quelques antiquaires Je croient ires ancien, plusieurs même lui donnent une origine romaine. Il n*est pas impossible que ce ne soit un reste de Téglise antérieure aux Bénédictins: j'incline cependant à croire que cet* appareil n'est qu'une décoration de la muraille extérieure, eC je ne croîs pas qu'elle remonte plus loin que le tli* siècle.
tant des chapiteaux du collatéral Nord , que ceux-ci se, distinguent des chapiteaux de la nef. Cette restauraticm partielle , si toutefois je ne me trompe pas en lui assignant une date à part, est au surplus d'une importance tellement jsecondaire, qu'il est inutile de s'y arrêter davantage.
Au transsept commence un nouveau mélange des styles bysantin et gothique , et là /aussi bien que dans le choeur , les dispositions primitives deviennent un peu incertaines par la manière dont les réparations ont été exécutées. En effet, il semble qu'on n'ait refait que les parties détruites ou qui menaçaient ruine, en sorte que les styles des deux époques s'y confondent pour ain^i dire intimement. Dans un pilier gothique, par exemple, on découvre une colonne bysantine qui semble avoir été oubliée; ailleurs, au-dessus de constructions toutes modernes, paraissent des portions de mors et d'omen^entation évidemment contemporaines de la grande bâtisse du xn* siècle, peut-être même encore plus anciennes.
Le chœur, je crois, beaucoup plus encore que le transsept, parait avoir été retouché en i44o. Ainsi l'hémicycle oriental tout entier appartient au XV® siècle, de même que les voûtes, les fenêtres supérieures et presque toutes les arcades* Slaiâ^ vers l'entrée du chœur, presque tous les piliers « offrent quelques traces de l'époque bysantine. Toutes les apsides encore en ont conservé le caractère. Il y en avait cinq autrefois; mais deux ont
398 SOUVl&llY.
éié sdcrifién y Fniicf pour ndre tiit ptlÈKêgé cMnhA^ sant à une graiide sttcrisiSe toiite mtMtftrne; FattÊM a été entamée et presque détruite par Hb'MtMMi d^tne grande ch^elle bâtie au xv^ Âède ^ qiii dé» passte légèrement ralignemeDl dtr seeoad coUa^ téral Nord. L'apode priiicîpdle 4M carrée, k& deux autl*es semi^ni^^ulaires ; toutes ha^ troi» percée» de fenêtres en plein cintre^ efflanquées de éoiotmetlei* bysantines d'une exécution si grossière, «pie je n'hésite point à les croire oontemporaines deift nef centrale.
La chapelle ajoutée au H ord du choeur, el qu'on pourrait appeler une petite églises, £ait pendant k une chapelle im peu plu^andenne et moins grande, construite aux dépens; du eoU^^térd opposé* Celle^ ci s'appeHe hi Chapelle Yieifie et l'autre la Chapelle Neuve; l'une et Fautif ont eu une destinati^i semblable; elles iienferment les lombedu^ de deux souverains du Bourbonnais. Ty reiFl^dfai tout à l'heure. Jeme bâte de comf^ter le» observMiens^^ auxquelles peut donner lieu le chœur de Son- Vigny.
Et d'abord ^ remar^qfuons^ quo ces grands imvaux exécutés dans la période gothique n'ont pas «o^ difié le plan primitif autant qu'on pourrait lé croire; en effets la conSertation des apsttde» et celle des colcmnes bysatntines, engagées dans te» piliers du choeur, prouvent que ces restaurâliOM n''ont ni diminué ou augmenté sa longueur /ni changé son axe primitif, lequel dévie, assez sensî*'
SOUVIGIfY, 300
Vkment ver» le Nord (i). QQânt à ht lai^[6te ikt ehcettr , 1m cBoiiemionspritiiitives ne sauraienit édiB plurdontenses. Ai l'on iiit att^tipA à la position dMÉipêiâ»j qu)^ cûmtneje l'ai dit plus haut, me parakse&t cimteiiijSora&ned de la nef centrale , si Fon remarque qu'dka sont fort rémepté^j si l'pn examine la disposition de la crypte au'^essous de k partie orientale dn choeor^ dont die repète k dispositîpti (a), l'on sera conduit à penser que pri^ mititement k cfaosor, ainsi que k n^, n'avait qu'un seul collatéral de chaque c6t^«
Depâis les transsepta^ jusqu'aux légers piliers qui fermât rhémicyck oriental du diceury on eompie quatre tmvées» Les trois dernières, tou'* jours eu parlant des transsepts, sont occupées an Nord, par kCliapellé.ISeoTe ^ et du côté du Sud y les deux pt^emières, par la Chapdle Vieille , et lesl deux suirantes, par FescaKer qui mené à k erfpie ,. ^ par k passage conduisant à k grande sacristie; en seurte qife k |nrmaière tmv^ée, d«i côté du Nord,
(t> Si cette dM|^s»tioa s'est fas due ai« baeard, ce qui a'eet pa» impossible, attendu la grossièreté de la première construction , il faut ta considérer comme un très ancien exeinpfe de cette dévialioaMurre qpi#ron «HrilMMà une» alkaîe» my^nit^mp maiiaqui tmpÊsnaâ poîitf aivotv été cooaaeréo palP Kusi^è «vaÉt le Xff* siècle.
(il) O» de aeqa d dasa^ ctMe erypie pnv u» eaeaiîea eu defaior» «te régliae ytn l'eiirteité âm U ClMfdle Vieille» SU» 8> de nteeifiie le eboMir^ cmm| apatdM donaant» danr wt larfs paaaAfje seaM-cwc»* iMre^cfttt «épooé mib llàa-tÂtés du elnsur^ Teiilee le» veAtaa aein c» pteî» GB9lre f ierl épaisaea , meie oonstruitea eveo beeucoiap de rodeaw. On Mf Y«ii ê^mikmatsi dans ce cfaaaur sooterrmi aucinse ■ornementation. -
reste seule pour attester la dispositioA priiultive . Au-dessus de cette première travée , du côté du Nord 9 et au-dessus de la première travée Sud^ c'est-à^lire au-dessus d'une partie, de ,1a Chapelle Vieille y se trouvent deux vastes salles, voûtées en ogive , et dont les murs latéraux montreQt des colonnes appliquées, à chapiteaux bysantios, d'un travail assez médiocre. On monta dans la^saUe, du coté du Nord , par un escalier en hélice placé en dehors de l'église ; on n'accède à l'autre aujourd'hui que par la galerie du toit.
Bien que Ces salles , condamnées depuis longtemps^ soient encombrées de gravOis, et de plus dénaturées par la restauration du choeur , on pcsut S(& faire une idée de leur destination primitive ^ enrles comparant à des salles semblables qu'on voit, dans l'église de Saint-Julien à Brioude. C'étaient je le suppose des tribunes réservées aux di|^itaires ^de l'abbaye. Quant à leur date, il ntest pM facile de la fixer f car on n'a pou£ la détananer que Informe des chapiteaux a^fJiqnés contre les murailles de ces tribmief^, eteéRe des chapiteaux engagés dans le» j^Siers inférieurs qui les supportent (i). Leur
(i) Vu4é eoBfbratanebaptlBaax mérâe une description pfMticulMn«.Aiil»«i»tt k^aUséi^ écSmam^^pifanknt le prhîlége de bmxn uWH i ww ; et fosajecsinilpté sur ce cbapiteao icpr éaca teiafabricatton dcsetpèœs. Uo homme met en moQvemêiit an soufflet ^ dteax autres raarqoeiii les pièces aamavleaa; un quatrième les pose dans «ine ImImm». Se ne pak m'expliqner.rattitiide d'un dernier personnage qni tient ses mains sor sa poitrine sans paraître prendre part aux tranm^. Pteul-étre est-ce un abbé deSouVigny, surteillant ses ouvriers en personne.
ressemblance avec ceux du collatéral Nord, m'engagent à leur assigner la même date , outre qu'il semble naturel de penser que Paccroissement du (iiœur ait été une conséquence de celui de la nef.
Une autre question se présente : à Tépoque où s'opéra l'addition des collatéraux de la nef, les continua-t-on dans le chœur jusqu'à ses dernières travées? Cela ne me semble pas probable , car les apsides qui existaient alor^ , et s'ouvraient dans la quatrième travée du chœur, s'opposaient à ce prolongement. Je pense donc qu'un 9iur, ou peut-être une apside , fermait à l'Est les premières travées Nord et Sud, correspondant ainsi aux collatéraux ajoutés de la nef. Cette disposition me parait même la seule conforme aux pratiques de l'architecture bysantiner De la sorte les arcades au-dessous des tribunes auraient formé une espèce de collatéral , à l'orient des transsepts, collatéral composé de .deux travées , et répondant ainsi aux doubles collatéraux de la nef.^.
L'ornementation ^l|u chœur est fort simple et se réduit à quelques feuillages , d'ailleurs assez bien sculptés. Les colonnes gothiques des piliers, groupées en faisceau, portent à leur sommet, non point des chapiteaux, mais une espèce de moulure de feuillages frisés, qui sert de couronnement à tout le pilier. C'est en quelque sorte un amortissement commun à tout le faisceau de colonnes. Les voûtes en ogive assez aiguë, sont garnies de nervures très saillantes et prismatiques.
Ali milieu de la toute 'règne une m<niliire [dus large que les autres , accolée de deux toi*es épais et travaillés à jour, 'représentant comme des guirlandes de feuillages. L'effet de, cet ornement , qtai se prolonge d'un bout à l'autre du chœur et dans la grande nef, est certaihemeiit très agréable.
La Chapelle Yieilie est séparée du trisinssept, et des bas-côtés du chœur par luie espèée de doturie en pierre, découpée à jour dans le ^tyle flamboyant^ et malgré de nombreuses mutilations, d'une élégance et d'une' légèreté remarquables^ Bans Ten^ ceinte on voit le tombeau chi duc Louis de Bourbon, et d'Anne son épouse , avec leurs statues en mcailire blanc. I1& sont représentés suivant IVisage^ couchés sur le dos , lesmains jointes; à leurs pieds sont des chiens , et des espèces de dais fort orties au-dessus de leurs têtes. Ces statues ont beatu^oup soufEeal: des fureurs révolutionnaires , mais on y reconnaît encore une exécution peut-être tJhop minutieuse, mais qui assurément n'est point sans mérite. En face du tombeau , dans ia paroi de l'église , oin a pratiqué une grande niche , espèce de trihiÀe' réservée probablement dans certaines cérédsonies aux princes de la famille de Bourbob. Cette nîchet toute délabrée qu'elle est^ offre encore' im ^ÇKand intérêt par Félégânce; et la licheiâse de' son ornementation. La deviise àe l'ordre du Ghat*don institué par ce prince : Espérance^ y est vingt fois répâée au milieu iles motifs caprioieus d'une ^décoration flamboyarite. A quelques pieds du tom*
beau y oii re^iarque une large dalle qui recouvre l'ouverture du caveau j où les corps ont été déposés. En 1 83o , madame la duchesse d' Angou^ lême ayant visité J'église de Souvigny, le curé, M. Ghapabon , fit lever la dalle et pénétra dans le caveau. Il y trouva des cercueils de plomb posés sur des tréteaux de fer, à côté d'un grand puisard. Les corps étaient déjà presque réduits en poussière.
L'autre chapelle est ainsi que la précédente en* tourée d'une clôture découpée à jour, mais encore plus maltraitée par les vandales de 93 , qui n'ont pu parvenir pourtant à détruire toutes les fleurs de lys dont elle était semée. I^ tombeau du duc Charles et d'Agnès de Bourgogne occupe le centre de la chapelle , fort semblable par le style à qelui du duc Louis, mais, ce me semble, inférieur sous le rapport de rexécution. Près de l'autel et contre la paroi Sud on voit une petite tribune avec une cheminée. Pour rprnemeutation , cette chapelle est moins remarquable que la précédente; cet pendant on y trouve de jolis détails sculptés avec beaucoup de finesse^et de goût.
Parmi les ornements répétés fréquemment dans la clôture delà Chapelle Neuve, et sur une balus* trade à jour qui en couronne le toit, j'ai remarqué quantité de vases arrondis d'où sort une flamme. Sauf une espèce de pied , cela ressemble fort à une grenade ou a une bombe, surtout à l'emblème de ces projectiles meurtriers, tels qu'on les représente d'ordinaire dans les attributs militaires. On
dit que Charles de Bourbon avait le titre de grand . maître de l'artillerie , mais de son temps les bombes n'étaîent point encore inventées. Il est mani* feste^ d'ailleurs, que cet emblèipe singulier n'a pu être ajouté dans une réparation moderne. Je cherdhe vainement à m'en expliquer la signification (i). Au Sud de l'église , le long de la nef et du transsept, on voit un grand portique du xv^ siècle, qui paraît avoir fait partie dtm cloître dont la majeure partie est détruite» Plusieurs arcades portent les armoiries des prieurs de Souvigny. Un autre cloître, à peu près du même style, également ruiçé, dans l'auberge de la poste , où il sert aujourd'hui de cellier, dépendait encore du monastère; enfin, à la- hauteur du transsept Sud , on trouve une salle assez grande qui communiquait autrefois avec l'église. Elle tombe en ruines, et je ne la cite que par ce que son architecture diffère essentiellement de celle du cloître de 1 église , et du por-tique auquel elle est contiguë. Elle se rapporte au gothique primitif, et c'est, je crois, le seul morceau de ce style qui existe à Souvigpy. Peut-être servaitelle aux réunions de la communauté; peut-être était-ce une salle capitulaire. Les autres dépendances de l'abbaye , encore existantes , datent des XVII® et xviii* siècles , et sont absolument dépourvues d'intérêt.
(i) Louis II avait adoplé pour emblème : la main armée soriant d'une nue, tenant lances brisées, jetant feux de toutes parts» Je vois bien des feux, mais ni lances ni main.
Je terminerai cette longue description , en rap* pelant sommairement les différentes époques que j^ai cru reconnaître dans l'égUse de Souvigny.
i^ Commencemcint du xi^ sièclfT: la nef, une partie du chœur, les apsides , la tour Sud , une partie de la tour Nord.
a* Fin du xi® et commencement du xii® : Le collatéral Nord , deux travées du collatéral Sud , les tribunes du cboqur et les arcades au-dessous, ou le collatéral oriental du transsept.
3® Fin du xii^ siècle (?) : Les pilastres du transsept ; Tétagé supérieur de la tour Sud.
' 4^ Commencement du xiii® siècle (?) : Salle capitulaire attenant au transsept Sud.
5" i44o* Voûtes et fenêtres de la nef, la plus grande partie du chœur, quatre travées du second collatéral Sud de la nef, la ^çade, probablement la Chapelle Vieille, et les cloîtres au Midi de l'église.
6** Fin du xv® siècle ou commencement du XVI® : La Chapelle Neuve.
J'aurais du parler plus tôt d'un grand bas-relief bysantin d\ine magnifique exécution, ençastr^dahs un mur au fond du second collatéral Nord. Il représente le Christ assis et quatre autres grandes figures, dont deux, également assises, me paraissent des évéques , à en juger par leur pallium. Les deux dernières debout, de chaque côté du Christ, sont pi^bablement les saints patrons du monastère y car le fond du bas-relief conserve encore leurs nimbes. Toutes les têtes, toutes les mains sont
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cassées, et toutes les figures de ce monument sont très endommagées. Cependant , FexceUente txéca* tion des ajustements et surtout des draperies , Féiégance et le goût merveilleux des rinceaux et des moulures semées à profusion sur ce bas-relief , le rendent encore un des morceaux les plus remar* qùables et les plus précieux de la ^alpture bysantine. C'est à M. le curé de Souvigny que Ton en doit la conservation. On ne sait d'ailleurs d'oli il provient; il gisait abandonné avec d'autres débris à rentrée de l'église. S'il faisait partie de la feçade^ il faut croire qu'elle n'aurait été exécutée que "Vers le milieu du xii^ siècle; car la richesse extraordi-. naire de ce bas-relief ne convient qu'à l'époque du développement le plus complet du style bysantin. Tous les amateurs des arts connaissent l'église de Soiivigny par les charmants dessins qu'elle a inspirés à M. Allier dans son ouvrage sur l'ancien Bourbonnais. Point de voyageur^ passant à Moulins qui ne se détourne pour la visiter; personne qui né radmii*e et ne se récrie sur lé vandalisme y dont elle garde de si douloureuses m^arques. Son curé, M. Chambon , apporte le zèle le plus louable à l'entretenir 9 à la réparer, à la préserver de dangers plus grands que ceux qu'elle a déjà courus, je veux dire des restaurations maladroites qui lui ^feraic^nt perdi^e son caractère; Malheureusement les ressources dont il peut disposer sont fort insuffisantes pour un aussi grand édifice , et tous ses efforts ne peuvent qiïe retarder un f*u les progrès
SAIHT-MENOUX. 407
.de la. destruction. Je \:ous demanderais Afon^iisur lë^Minifitre, aa no^ de taules les personnes qui. ^j^Mntéressent à nos monuments nationaux, de vou** loir bien comprendre cette belle église au. nombre ..: di^ édifices auxquels votne département accorde ^/ dSss secours. Je vous demaiiderai également de la. V ï^çpmmander à l'attention du conseil général de : ^^Allier, dont lies membres sont trop éclairés , j'en ■,; suis sûr, pour ne pas répondre avec empressement : à votre appel , lorsqu'il, s'agit de la conservatioi) ï d^i plus beau pionument que le. moyen-%e ait. :• laissé, dans le Spurbonoais.
8AINT-MEWOUX,
^5. Menulftu,J
J" • Çest une ancienne abbaye de Bénédictin^, peu
/.r .éloignée de Souvigny. Fondée vers le commence*
}y ment du xt® siècle, elle fut réparée à la fin d|ixv*l
. .', • .'Vioilàles seuls renseignements historiques que foie
: iÇ- • pu mè procurer sur cette église, et Fexamen dç
? .. l'édifice prouve combien ils sont incon^plets, car
négligeant les réparations tout à fait modernes , on
n'y rencontre pasi moins de quatre styles i^archi-
tectiire bien distincts , assez mal soudés les uns
aux autres , et qui témoignent d^aulant de grandes
restaurations,
La partie la plus ancienne, c'est l'extrémité oc-
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cidentaie de la nef, qui comprend trois arcades de chaque côté ^ portée» sur des piliers cylindriques, trapus y fort épais ^ couronnés par des chapiteaux bysantins , d'un médiocre relief et très grossièrement sculptés. Des monstres informes, des feuil* lages ou des rinceaux lourds et sans grâce., voilà Fomementation des corbeilles, lies arcades sont en plein cintre;, mais la voûte est ogivale, en berceau. Point de fenêtres ni de galeries aurdessus des, arcade; la voûte s'appuie sur une corniche assez basse,, or^ée d'un rang d^ petits modUlons fantastiques, à peine plus saillants que des bilïettes.
La façade occidentale , dont le mur paraît avoir été exhaussé, est maintenant presque nue, et je ne crois pas que sa décoration ait jamais été remarquable. Une porte en plein cintre , autrefois flanquée de colonnes; au-dessus, une fenêtre de méiue forme, entqurée dune archivolte à bilïettes. et. séparée de la porte par u|)ç moulure saillante; deus; contreforts encadrant l'entrée; un fronton triaQguJUûre surm^ontant la fenêtre i voilà ce qui reste de la faça4e ancienne. La partie supérieure du portail actuel est évidemment ajoutée. On le voit, cette simplicité convient à l'époque que la tradition assigne à la première construction de l'église.
Un pilier carré , portant quelques moulures bysantines d'un style très ancijen , suçcèdeaux grosses colonnes de l'entrée de la nef, et paraît coïitemporain de ces dernières.
Ce changement dans la forme des piliers indique,
SMNT-MENOUX. 400
je crois , une ancienne division de la nef f marquée encore par une différence de niveau dans l'aire , et l'on en peut conclure , à mon avis , que les trois arcades précédentes appartenaient primitivement à un narthex. A l'appui de cette opinion, on peut encore citer Fabsence des fenêtres^ et le peu d*élévation dés voûtes.
Après le pilier carré, viennent trois travées ogi~ yales, inégales de diamètre, dont les piliers sans chapiteaux , les voûtes garnies de nervures très minces et saillantes , les fenêtres à meneaux flamboyants , dénotent la décadence du style gothique. A n'en point douter , voilà la partie de l'église réparée, ou plutôt reconstruite à la fin du xv^ siècle. Rien, d'ailleurs, n'est plu$ médiocre et moins digne 4'attention,
Nous voici au centre de l'église, et là se montre une autre-architecture. C'est le gothique primitif, encore dépourvu d'ornementation , mais bien caractérisé par sa tendance à l'élancement. De hauts ; piliers, formés decololines en faisceaux ^ terminés par des chapiteaux à crochets , soutiennent imé coupole, au-dessus de laquelle s'élève une tour aussi pauvrement décorée que sa base.
L'un des piliers qui soutiennent la coupole surprend d'abord par son épaisseur énorme; c'est une espèce de tour cylindrique , renfermant l'escalier qui conduit à la plateforme de la tour. Je n'ai pas besoin de dire le mauvais effet produit par cette lourde masse , k laquelle rien ne fait équi-
libte. Les arcade» jetées entve lés piliers cpii foiv ment la base de là tour j ne s'élèvenl; pas ^ à beau*, coup près y. jusqu'à la naissance de la coupole» Cest un grand mur nu qui remplit l'interTalle ; il est percé de deux longues ouvertures surmontées d'une rose. Ainsi encadrée , la coupole produit l'effet d'une cloche allongée que l'on verrait en -dessous. U est probable d'ailleurs que lorsq^'elle a été construite 9 la voûte de la nef ^tffit beaucoup, moins haute qu'elle n'esC aujourd'hui ^ et alors, cette rose et ces espèces de longues fenêtres s'^e^vai^nt au-dessus du toit. Tout cela, m'a paru du commencement du xiii^ siède.
Au Nord et au Sud de la c^upole^ les murs laté^ mux de l'église, percés de ^ès petite» fenêtres bysantines , me semblent bien antérieiirs à cette construction , et je les crois coot^nporains du narthex : peut-être le chalcidique de FégUse pri<mitîve existaitril en cet endroit. Il paraît eertain qu'elle n'avait pcÂnt de transsept , et qu'elle a eu de tout temps la forme d'une longue basilique.
Élevé de plusieurs marches aades^s de la nef |^ le cheerur présente la richesse ett le caprice d'ornementation qui caracl^sent le style bysanlin fleuri C'est la partie la plus remarquable et la plus élé^ gante de toute l'église. Cinq apsyles s'y joignent, celle du milieu carrée, comme à Souvigny. Les arcades do chevet , très surélevées , retombent sur des piliers cylindriques , couronnés de chapiteau^ parfaitement sculptés ^t de formes très variées.
SAINT-IMENOUX. 411
Dan& cpielqued^ufis on voit déjà les crochets sail* la0fis> qui paraissent presque partout avec tes* premiers essais du style gothique ;^ le plus graad nombre est orsié de palmettes - ou de rinceaux de très bon goût ; je n en ai point vu d'historiési Dea pilastres cannelés correspondent à ces piliers , dans les parois latérales : l'église de Souviguy nous en; avait déjà offert ua exemple isolé. Ici , bien que ces pilastres se repf oduisent eA assez grand nombre ^ ils ne forment point un. système^ si je puis m'exprimer ainsi, comme à Autan, à Vienne, à Langres, et dans d'autres villes où l'on trouve leurs modèLes dans des monuments: antiques. Les pilastres de Saiât-Menoux sont, à mon avis, une importation étrangère , et je les crois empruntés à l'église de Saint-Lazare , d'Aututi. Un autre motif, tout an*tiquer, se retrouve dani^une large frise qui règne à l'intérieur du chœur, au--dess(us des arcades; c'est une grecque dSine charmante exécutioa. }e regarde comme très « probable que l'architecte di^ choeur de Saint-Menoux avait vu quelques monu** ments d'architecture romaine.
3'ai observé avec surprise la forme des arcades du chœur, et l'emploi singulier qu'on y a fait de l'ogive et du plein cinti%. Dans la partie semi-cir-> culaire, dans le chevet proprement dit, les ajrçs sont en plein cintre ^ fort étroits et très surélevés. Les arcades en ligne droite, au contraire, sont fort larges et en ogive, aussi bien que les arcs douUeaux des bc^^cotés. On voit dans beaucoup
d'édifices bysantîns Finverse de cette disposition , et à Saint-Germain-des-Prés à Paris, par exemple, toutes les arcades du chœur scmt cintrées, à Fexception des dernières du chevet qui ont la forme ogivale. Le motif en est facile à compreindre ; on a Yoidu ainsi conserver une hauteur égale aux.arcade&^ et leur donner des courbes semblables^ sur lesquelles la poussée se. répartit également. Ici,, le seul bttt de Farchitecte, en adoptant Fogive pour les arcades en lignes droites> paraît avoir été d'augmenter leur résistance en raison de leurgrande portée^ Il aurait dû employer également Fogive dans Fhémi* cycle du choeur. De la sorte, il eût évité nonseulement un effet dés^réable à Fœil, surtout au point de transition entre les deux arcs , et ce qui était encore plus important, il eût donné à sa construction plus de solidité. On observera^ en: effet, que la poussée des masses s'exerçant d'une manière inégale sur des courbes différentes^ il en est résulté que toute cette partie de Fédifice menace ruine»
Des dispositions toutes modernes ont en partie défiguré le chœur de Saint-Menoux. Un énorme autel du xviu^ siècle, fort orné de marbres et de dorures, mais d'ailleurs d'assez mauvais goût, placé à l'entrée de ce chœur, le masque, au point qu'il est impassible de juger de son effet à distance. Ce n'est pas tout, on a fait une sacristie dans l'une des apsides du Sud , et le collatéral du même coté est fermé par un mur de clôture. Il semble qu'on
mt pris plaisir à cacher la seule partie réellement intéressante de l'église.
Quelques débris de statues bysantines, phis ou moins défigurées , gisent péle-méle , déposées dans ce chœur qui depuis assez longtemps paraît n'étrè considéré que comme une espèce de magasin.
J'ignore d'où proviennent ces fragments dont plu* sieurs sont d'un travail remarquable. On m'a mon* tré dans le même lieu un tombeau de pierre sans ornement et sans inscription , qui serait, m'a-t-on dit j celui du patron de Féglise , saint Menulfe ou saint Menoux. Il est assurément fort ancien.
Non seulement le chœur ^ mais toutes les parties de l'église de Saint-Menoux, montrent des crevasses et des infiltrations véritablement effrayantes. Le narthexy qui est certainement plus anciennement construit que tout le reste , se trouve peut-être moins compromis aujourd'hui que les parties les plus modernes. En un mot, murs, voûtes , piliers, tout est dans un état déplorable , et si l'église se trouvait dans une grande ville, la police interviendrait assurémentpourlafaire fermer dans la crainte d'un accident qui semble prochain.
Il faudrait, je le crains, une dépense très considérable pour la préserver d'une ruine complète ; et, connaissant les ressources dont vous pouvez disposer, Monsieur le Ministre, j'hésite à vous demander des secours pour un édifice qui en absorberait peut-être une grande partie.^ Sous le rapport de l'art, le chœur seul mérite un vif
intérêt et je dé$irerais qu'il fôt possaible de le sauver. Mais la commune est pauvre , et je ne crois pas qu'on en puisse attendre tles sacrifices de quelque in^portance. Si le conseil-général consentait à prendre /à sa charge une >partie de la dépense , je vous demanderab de vouloir bien concourir à cette bonne œuvre. Là riche ornementation du choeur étant bien conservée > il ne s'agirait absolument que de grosses réparations j qui pour être coûteuses seraif^t cependant beau^ coup plus faciles à exécuter que celles où il faut refaire des parties d'ornementation.