‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 19 sur 79 · Ces deux pensées sont barrées · texte numérisé non relu

Ces deux pensées sont barrées

belle statue tu va parler (pour epigrame) d'une femme sotte)

la vérité des choses dépend d'un point de vue d'où on les voit ainsy sont les astres qui nous paroissent des points de feu quand on voit les astres dans un miroir convexe

les astres paroissent bien plus distant les uns des autres qu'ils ne sont et qui sçait si nous ne voions pas tous avec ce miroir

que la vérité protège mes ouvrages »

quand on combat les préjugés la vérité ne prend pas d'abord elle s'eleve comme un crépuscule et souvent il faut attendre un siècle suivant pour que les hommes la regarde comme le

soleil a son midy^ l'abeille sent au loin Todeur du miel et les gens d'esprit

le génie

la vérité imbibe son ame comme l'humidité imbibe un corps

a mezure que l'on tire de l'esprit il faut y verser de nouveaux aliments

De même que l'harmonie et l'ordre de l'univers nait du combat des éléments les uns contre les autres ainsy la vérité nait des différentes disputes ainsy l'on a tort de n'ozer disputer et parler de toutes les choses 5

les grands esprits sont traités de foux par les petits c'est un homme d'une excellente vue sur la hune d'un vaisseau qui crie a ses compagnons, je vois la terre tous monte a la hune

1 . V. Les belles pages d'Helvetius sur la vérité dans la Préface de V Esprit,

2. « En vain des hommes vils et lâches voudraient la proscrire (la vérité) et lui donner quelquefois le nom odieux de licence ; en vain répètent-ils que les vérités sont souvent dangereuses ; en supposant qu'elles le fussent quelquefois, à quel plus grand danger encore ne serait pas exposée la nation qui consentirait à croupir dans rignorance... Si la connaissance d'une telle vérité peut avoir quelques inconvénients dans un tel instant, cet instant passé, cette même vérité redevient utile à tous les siècles et à toutes les nations ». (De f Esprit, t. I, p. 185).

3. On osait « disputer et parler de toutes les choses » dans le célèbre salon delà rue S«-Anne, sous le regard attentif et bienveillant de M. Helvetius.

personne ne la voit on le traite de fou comme il les traite de gens a courte vue et il faut que l'expérience ait couvaincu les compagnons et si le vaisseau etoit pris par le calme tandis durerat ses compagnons le traiteroient de meme^

il y a des esprits qui paroissent produire des pensées qui ratent toutes comme ces fusées volantes qui devroient éclairer tout l'horizon et qui ne font que sillonner le feu et qui ne rependent point des étoiles

souvent du sein des mers agitées ^ on voit sortir des feux et souvent des gens médiocres on voit sortir des bluettes d'esprit

les plus grands 3 esprits font les plus grandes fautes c'est des nues que viennent les tempêtes

il y a dans l'esprit des maladies epidemiques auxquelles peu de gens echapent

lorsque l'esprit ne considère les objets qu'en gros on n'y voit que de la confusion de l'embarras et des obscurités impénétrables mais ce ne sont que des fantômes crées par la paresse perce cette nuit apportez y les raions de la méditation tout ce qui etoit obscure deviendra clair

il faut accoutumer son esprit a avoir des idées sur toutes les

sciences 4 quoiqu'il ne s'aplique particulièrement qu'a un art

il faut que l'esprit s'étende en tous sens car sans cela on ne

, voit que par la lunette de son art et l'esprit devient inepte 5

aux autres choses

1 . Toutes les notes contenues dans la page précédente sont barrées à l'encre ou au crayon sur le manuscrit.

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